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AI. J.-B. Felens, auteur du Manuel de Météorologie (in-18, Roret, P. 1828), après avoir exposé l'opinion de M. de Lamarck. p. 255 et suivantes, revient à celle de Pluche (1) qui prétend que ce sont des fils d'araignée, emportés par le vent et déposés ensuite d'une manière quelconque sur les différens corps terrestres.

Je ne m'étendrai pas aujourd'hui sur l'invraisemblance de cette opinion que j'ai ci-devant adoptée, sans discussion et sans conséquence, dans un article étranger à la chose, où je l'ai placée comme en passant : je dirai seulement pour cette fois que depuis six ans que j'habite à la campagne, malgré les recherches les plus attentives, ni dans les prés, ni dans les bois, ni dans les vignes, ni dans les champs, je n'ai pu nulle part observer une espèce quelconque d'araignée, et j'ose ajouter, d'insecte ou d'animal en général, et dans le règne végétal, aucune plante qui produise cette étrange substance, qui diffère très-sensiblement des fils de l'araignée pour la couleur, la densité, la texture et la composition, et qui ne s'y rapporte pas plus visiblement que la gomme du prunier, les byssus ou lichens, les flocons poudreux des vieilles hardes.

Mardi 13 mars au matin, revenant de la Cha

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(1) L'opinion de Pluche a été embrassée par M. Cuvier, sur autorité duquel je l'ai moi-même adoptée dans une note de a traduction de Pline, par M. Ajasson de Grandsagne,

pelle-Saint-Luc par le chemin des Prêtres (1), pour assister aux opérations du jury de la cour d'assises, à dix heures, j'ai observé à la suite d'un brouillard sec ou sans pluie, une véritable pluie de coton ou fils de la Vierge, dont mon chapeau, les manches et les basques de mon habit furent en partie recouverts. Ces fils tombaient visiblement de la moyenne région de l'air, suivant toutefois la direction du vent qui soufflait doux S.-S.-O. Ils s'attachaient à tous les corps qu'ils rencontraient, arbres, arbrisseaux, haies ou broussailles , s'y arrangeant diversement en figure et en longueur; mais à une grande hauteur je vis des flocons ou pelotons comme ceux de l'automne, qui suivaient la direction du vent. Je n'avais rien observé de semblable en allant, pendant le brouillard, et le phénomène ne devint sensible pour moi qu'au moment où le brouillard commença à se dissiper.

D'où je conclus, eu égard aux circonstances de temps et de lieu, sans m'arrêter à l'opinion de Pluche, que les fils de la Vierge sont un résidu des brouillards secs, raréfiés, et c'est en quoi je diffère de M. de Lamarck, qui dit condensés par l'action du soleil.

DOÉ, Docteur-Médecin.

Troyes, 15 mai 1838.

(1) Ainsi nommé parce qu'il conduit de la ville à SaintLyé, ou était le château épiscopal.

NOTE

SUR LES

ÉTOILES FILANTES OU TOMBANTES,

EXTRAITE D'UNE LETTRE ADRESSÉE A LA SOCIÉTÉ,

PAR M. LE DOCTEUR DOÉ.

Première observation. (27 Juin 1837.)

Dans la nuit du 27 juin, je remarquai une étoile filante qui glissa en rasant la face N. de la tour Saint-Pierre, à 200 pieds environ du sol, de manière à éclairer visiblement la partie correspondante de la tour.

Deuxième observation. (7 Septembre 1837.)

La nuit du 7 septembre, j'observai le même phénomène au clocher de l'église Saint-Remi, à la hauteur d'environ 120 pieds. Il pouvait être 9 heures, j'étais alors sur le mail de Preize.

Troisième observation. (30. Décembre 1837.) Enfin, dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31 décembre, allant, en compagnie de MM. Commercy et Saussier, d'Auxon à Maraye par le val Jarmon, j'aperçus une étoile filante tomber dans un grand chêne, en répandant un très-grand éclat dans le feuillage.

J'ai observé ce phénomène plusieurs autres fois en divers lieux ; mais n'en pouvant pas rapporter la date précise, je les omets, assurant néanmoins qu'il n'est pas rare et qu'il est facile de l'observer, surtout dans l'arrière saison où les météores sont plus fréquens.

De ces observations, je conclus que les étoiles filantes ne sont pas des corps solides, que leur lieu n'est pas très-éloigné de la surface de la terre, et j'ajoute qu'elles n'ont pas de périodicité certaine.

NOTICE

SUR UN ESSAI DE

FABRICATION DU SUCRE DE LETTERAVE,

tenté par M. FERRAND-LAMOTTE,

SUIVIE

DE QUELQUES CONSIDÉRATIONS SUR LE SUCCÈS PROBABLE DE

CETTE FABRICATION DANS LE DÉPARTEMENT DE L'AUBE, Lue dans une des Séances ordinaires de la Société,

PAR M. AMÉDÉE GAYOT, MEMBRE RÉSIDANT.

MESSIEURS, Mon intention n'est point d'entrer ici dans tous les détails de la fabrication du sucre de betteraves ,

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ni de résumer , par des chiffres toujours plus ou moins hypothétiques, les dépenses et les produits d'une sucrerie , il me faudrait, pour cela , répéter presque mot pour mot tout ce que d'autres ont dit beaucoup mieux avant moi. En effet, les publications de MM. Dubrunfaut, Payen, Mathieu de Dombasle, etc., sont restés d'excellens Manuels de la fabrication du sucre de betteraves , même dans l'état actuel de la science, sauf quelques améliorations introduites depuis peu ; améliorations qui, quoique très-réelles, n'ont cependant apporté aucun changement essentiel et fondamental dans la fabrication.

Je ne veux , aujourd'hui , que vous dire quelques mots d'une usine à sucre indigène établie à Troyes par M. Ferrand-Lamotte. Je m'appuierai aussi des cxpériences faites chez lui pour me livrer à quelques considérations sur la possibilité et le succès probable de la fabrication du sucre de betteraves dans les localités qui nous environnent.

M. Ferrand - Lamotte, ayant fait l'acquisition d'une papeterie à peu de distance de cette ville , changea entièrement dans cette usine le mode de fabrication, il substitua le travail mécanique au trayail à la main. Par suite de cette mesure, une grande quantité de bâtimens resta sans emploi pour la papeterie. M. Ferrand - Lamotte conçut l'idée d'utiliser ces bâtimens , ainsi

que

l'excès d'eau qui existe toujours dans son usine pendant l'hiver, en les employant à la fabrication du sucre

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