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Paris. - Imp. Bénard et Comp., succ. de Lacrampe, rue Damielle, 2.

DE FRANCE

DEPUIS LES TEMPS LES PLUS RECULÉS JUSQU'en 1789

PAR

M. HENRI MARTIN.

Ouvrage qui a obtenu de l'Académie des inscriptions et belles-lettres

LE GRAND PRIX GOBERT.

NOUVELLE ÉDITION
ENTIÈREMENT REVUE ET AUGMENTÉE D'UN NOUVEAU TRAVAIL SUR LES

ORIGINES NATIONALES.

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PARIS.
FURNE ET Cie, LIBRAIRES - ÉDITEURS.

RUE SAINT-ANDRÉ-DES-ARTS, 45.

1849.

DE FRANCE.

LOUIS XIII.

DEUXIÈME PARTIE.

LIVRE SECOND.

DE LA DESTRUCTION DU PARTI HUGUENOT A LA DÉCLARATION

DE GUERRE CONTRE L'ESPAGNE.

(1629-1655.)

Richelieu premier ministre en titre. – Affaires de l'Empire. Oppression de l'Al

lemagne par l'empereur et par son général Wallenstein. Traité secret entre a France et la Suède pour la délivrance de l'Allemagne. — Traité de commerce avec la Russie. - Le Canada recouvré sur les Anglais. Établissement des Français aux Antilles. - Affaires d'Italie. Conquête de Pignerol et des passages des Alpes. Victoire de Vegliana. Saluces recouvré. – Diète de Ratisbonne. Succès diplomatiques de la France contre l'empereur.- Intrigues contre Richelieu. Maladie du roi à Lyon. Le Grand Orage de la Cour. Journée des dupes. Le duc d'Orléans et la reine-mère quitlent la France. – Victoires de Gustave-Adolphe sur les impériaux. Bataille de Leipzig. Les Suédois sur le Rhin et sur le Danube. Les Français en Lorraine. Les électeurs de Trèves et de cologne se mettent sous la protection de la France. - Supplice du maréchal do Marillac. Le duc d'Orléans rentre en France les armes à la main. Révolte du Languedoc. Défaite des rebelles à Castelnaudari. Supplice de Montmorenci. Bataille de Lutzen. Mort de Gustave-Adolphe. L'alliance renouvelée entre la France et la Suède. Les Français sur le Rhin. - Lo duc d'Orléans fait sa paix avec le roi et le cardinal. – Fondation de l'Académie française. - Déclaration de guerre contre l'Espagne.

Ce ne fut probablement pas sans regret que Richelieu quitta le théâtre de sa gloire, pour retourner dans une

T. XII.

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se le

cour où l'attendaient des périls sans honneur et d'indignes rivalités. Maintenant, que les grands et les huguenots étaient abattus, c'était la maison royale qui devenait l'instrument des ennemis de la France. Le frère et l'héritier présomptif du roi, Gaston d'Orléans, avait montré une aigreur croissante dans le cours de cette année : excité par deux intrigants qui voulaient se rendre imporfants, il avait refusé de suivre le roi en Italie ; il avait affecté de vouloir se remarier contre le gré de Louis; il avait réclamé une augmentation d'apanage et le gouvernement d'une des grandes provinces frontières. Sur le resus du roi, il crut ou feignit de croire sa liberté menacée, s'éloigna quand Louis revint de Languedoc à Paris, lui écrivit des lettres déclamatoires contre Richelieu, et, d'après les insinuations d'agents espagnols, passa en Lorraine, où le duc Charles, qui persistait dans son mauvais vouloir contre le gouvernement français, fit un brillant accueil au prince fugitif, sous prétexte d'honorer dans sa personne la maison de France.

Pendant ce temps, la reine-mère recevait fort mal Ri. chelieu à Fontainebleau. Le cardinal n'avait jamais manqué de procédés envers sa bienfaitrice ; sa correspondance atteste les égards obséquieux auxquels il se pliait pour adoucir cette intraitable humeur ; mais Marie voulait plus que des égards : elle voulait un pouvoir dont elle était incapable et indigne, et, chez elle, se mêlait à l'orgueil de la reine et aux préjugés de la dévote l'amertume de la feinme galante, qui ne peut se résigner à vieillir et qui rend l'homme qu'elle a aimé responsable des torts du temps et de la nature. Richelieu expiait en ce moment la liaison qui avait commencé sa fortune. Marie lui montra, devant toute la cour, un visage si hostile, que le

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