Images de page
PDF
ePub

magnifique. Boleslas II, fils et successeur de Boleslas 1 , fut bien différent de son père; il devint un des plus grands princes de son temps, et mérita par ses vertus qu'on lui donnât le surnom de pieux. Il se montra le fidèle imitateur de saint Wenceslas son oncle. En 951, on bâtit en Danemarck une église sous l'invocation de notre Saint, dont le culte devint fort célèbre par tout le Nord.

La sûreté et le bonheur de tout gouvernement et de toute société, sont essentiellement fondés sur la religion ; il n'y a qu'elle qui puisse inspirer aux princes de l'amour pour leurs sujets, et aux peuples du respect pour les lois. On doit donc regarder comme les plus dangereux ennemis du genre humain ces écrivains impies qui ont prétendu que la crainte seule mettoit de la différence entre la vertu et le vice, ou qui ont réduit la vertu à une beauté idéale et sans réalité. Comment des hommes qui , malgré le cri de la nature, méprisent les lois de Dieu, seroient-ils retenus par celles des nations cu des états particuliers ? Que la religion ne nous rappelle pas continuellement à notre conscience, nous deviendrons esclaves de nos passions, et il n'y aura point de crime auquel nous ne nous portions dès que nous y trouverons notre utilité, ou que nous serons sûrs de l'impunité. Il vaudroit mieux vivre avec les lions et les tigres , qu'avec des hommes dépouillés du frein de la religion.

Il seroit contraire à la bonté et à la justice de Dieu d'avoir fait des créatures raisonnables, sans leur donner une loi intérieure dont la sanction fut appuyée sur les motifs les plus puissans , et sur la plus grande autorité possible ; il seroit également contraire à ces deux attributs de ne pas récompenser l'obéissance à celte loi, et d'en laisser la

violation impunie. Cette considération seule nous conduit à l'aveu d'une Providence, qui , comme la foi nous l'apprend , réserve des récompenses et des peines dans une autre vie; et cette créance est le lien sacré de la société civile sur la terre.

Les princes infidèles ou idolâtres sentirent bien la nécessité de la religion, puisqu'au défaut de la véritable, ils en adoptèrent une fausse. Ils savoient que sans cela toutes les lois n'auroient ni force ni vigueur. Ce n'est pas qu'une fausse religion ne soit un crime énorme, et tout-à-fait insuffisante pour retenir la fougue des passions, et fixer les variations de l'esprit humain dans toutes les circonstances ; mais il résulte de ce que nous venons de dire , que la nécessité de la religion est fondée dans la nature. Il n'appartient qu

u'à la véritable de nous consoler dans nos peines, de nous fortifier contre les plus rudes épreuves de nous faire maitriser nos passions , et de nous donner à la mort une ferme espérance d'un bonheur éternel. Elle nous apprend que la vertu opprimée recouvrera ses droits au dernier jour, semblable au soleil , qui n'est jamais plus éclatant que lorsqu'il sort de dessous un nuage épais.

7

S. EXUPÈRE, ÉvÊQUE DE Toulouse. SAINT EXUPÉRE, qui naquit dans l'Aquitaine, selon l'opinion la plus commune , fut élevé sur le siège de Toulouse après la mort de saint Sylvius. Saint Jérôme, qui étoit en commerce de lettres avec lui , lui donne de grands éloges en plusieurs endroits de ses ouvrages ; il loue sur-tout sa charité pour

les
pauvres.

Il souffre, dit-il, la faim pour nourrir ses frères; il se condamne à des pri

vations volontaires, afin de pourvoir aux besoins des autres. La pâleur de son visage annonce l'austérité de ses jeûnes; mais sa pauvreté le rend véritablement riche. Cette pauvreté est telle, qu'il se voit réduit à porter

le

corps du Seigneur dans un panier d'osier, et son sang dans un vase de verre. Sa charité pénétra au-delà des mers; il en fit ressentir les effets aux solitaires de l’Egypte et des contrées voisines.

Ce fut sous son épiscopat que les Vandales , les Suèves et les Alains causèrent d'horribles ravages dans les Gaules. La tendresse avec laquelle il voloit au secours des malheureux , faisoit verser des larmes de joie à saint Jérôme. Ce père lui dédia ses commentaires sur le prophète Zacharie.

Saint Exupère ne fut point témoin de la prise de Toulouse par les barbares, Dieu lui ayant épargné ce sujet de douleur. Il vivoit encore en 409, puisque saint Paulin de Nole , qui écrivoit en cette année, le compte parmi les grands évêques qui illustroient alors l'église des Gaules. On ne sait ni le lieu , ni l'année de sa mort.

Le pape Innocent lui adressa une décrétale qui est célèbre dans l'histoire ecclésiastique. Elle est divisée en plusieurs articles , qui ont pour objet divers règlemens concernant la discipline.

Saint Exupère est honoré à Toulouse en ce jour. On y célèbre la fête de l'invention ou de la translation de son corps, le 14 juin.

Voyez saint Jérôme, ep. 4, 10, 11, præf. in lib. 1 et 2, comment, in Zach. Catel , Hist. de Languedoc, 1.5, etc.

ce que

S.te EUSTOCHIE, VIERGE. Eustochium ou EustochIE, dont la plume de saint Jérôme a rendu la mémoire si célèbre dans l'église, étoit fille de sainte Paule, et se montra la fidelle imitatrice de celle dont elle avoit reçu le jour. Sainte Paule, après la mort de Toxotius son mari , avoit renoncé au faste, pour vivre dans la simplicité chrétienne, ainsi

que

dans les exercices de la pauvreté, de la mortification et de la prière. Eustochie entra dans ses vues , et fit paroître un égal mépris pour toutes les vanités du monde. Elle employoit au soulagement des pauvres d'autres personnes

de son sexe faisoient servir à des usages profanes. Elle visitoit souvent sainte Marcelle, la première femme de Rome qui embrassa les austérités de la vie ascétique. Persuadée

que
le

moyen le plus efficace pour arriver à la perfection, est d'avoir un guide éclairé, elle se mit sous la conduite de saint Jérôme vers l'an 382, et“s'engagea , par un vou solennel, à rester dans l'état de virginité.

Saint Jérôme lui donna les instructions relatives au genre de vie qu'elle avoit choisi. Ce fut pour elle qu'il composa, vers l'an 383, son traité de la Virginité. connu ordinairement sous le nom de Lettre à Eustochie. Le saint docteur, après avoir relevé l'excellence de la virginité, et montré combien il est difficile de conserver le précieux trésor de la pureté, entre dans le détail des moyens dont les vierges doivent faire usage. Le premier est de joindre une humilité sincère à la crainte du danger;, le second est de veiller attentivement sur son cour et

ses sens, de rejeter avec horreur les premières idées du

sur

crime, de terrasser l'ennemi avant qu'il puisse se fortifier, et d'étouffer sans délai les moindres semences de tentations; le troisième est de garder la plus grande sobriété dans le boire et dans le manger ; le quatrième est d'éviter les plaisirs, les parures, et tout ce qui est capable d'amollir le cœur. Saint Jérôme défend à Eustochie de boire du vin pur, qu'il dit être un poison dans la jeunesse, et l'aliment de l'impureté. Il veut que les jeûnes soient modérés, mais continuels.

recommande la retraite , et interdit la visite des personnes dont les ajustemens et les discours peuvent inspirer l'esprit du monde. « Sortez rare» ment, dit-il à notre Sainte , même

pour

aller ► honorer les martyrs; honorez-les dans votre » chambre. » Il lui recommande de ne pas s'en tenir à la récitation de l'office de l'église , mais de se lever deux ou trois fois la nuit pour adorer Dieu , de commencer et de finir ses repas par la prière, d'avoir recours au même exercice quand elle sort de sa maison ou qu'elle y rentre , de former sur elle le signe sacré de la croix au commencement de toutes ses actions.

On lit dans saint Jérôme, qu'Eustochie étant enfant, sa mère l'accoutuma à ne porter que des habits simples, et que Prétextate sa tante l'ayant un jour richement parée, elle crut voir en songe un ange qui lui reprochoit d'une voix menaçante d'avoir osé porter les mains sur une vierge consacrée à Jésus-Christ, et d'avoir voulu inspirer la vanité à une ame que le Sauveur avoit choisie

pour son épouse.

Saint Jérômé ayant quitté la ville de Rome en 385, Eustochie accompagna sa mère dans les voyages qu'elle fit en Syrie, en Egypte et en Palestine. Elle vécut sous sa conduite dans son monas

« PrécédentContinuer »