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tère de Bethléem. Sainte Paule étant morte en 404,elle fut élue supérieure de ce monastère. Elle profita tellement des leçons de saint Jérôme, son maitre , qu'elle acquit une parfaite intelligence de la langue hébraïque, sans parler de plusieurs autres connoissances qui ne se trouvent point ordinairement dans les personnes de son sexe. Le saint docteur lui dédia ses commentaires sur Ezéchiel et sur Isaïe; il traduisit aussi en latin la règle de saint Pacôme, pour l'usage des religieuses du monastère de Bethléem.

En 416, les Pélagiens brûlèrent ce monastère , et y firent mille outrages à celles qui l'habitoient. Sainte Eustochie et la jeune Paule sa nièce en informèrent Innocent I. Ce pape écrivit de la manière la plus pressante à Jean, évêque de Jérusalem , afin qu'il s'opposât aux violences des hérétiques. Si vous ne le faites , disoit - il, j'emploierai d'autres moyens pour que l'on rende justice aux personnes lésées. Sainte Eustochie mourut vers l'an 419 , et fut enterrée auprès de sa mère.

Voyez saint Jérôme, l. de Virgin. et ep. 22 , 26, 27 , et Stilting , t. VII, Sept. p. 631.

S. CÉRAN, ÉVÊQUE DE PARIS. Saint Céraune, vulgairement saint Céran, succéda à Simplice sur le siège de Paris, et se rendit recommandable par sa piété, son zèle et sa charité. Sa dévotion envers les saints martyrs lui inspira le dessein de recueillir leurs actes. Il écrivit pour ce sujet à Warnahaire, clerc de Langres , lequel lui envoya les actes de saint Didier, évêque de la même ville , et ceux des saints Speusippe , Eleusippe, et Méleusippe. Warnahaire

accompagna cet envoi d'une lettre dans laquelle il donnoit de justes éloges aux vertus du saint pasteur.

Ce fut sous l'épiscopat de saint Céran que se tint le cinquième concile de Paris dans l'église des Apôtres, dite aujourd'hui de Sainte-Geneviève. Ce concile, qu'on met en 614 ou 615, est fort célèbre , et il s'y trouva soixante-dix-neuf évêques ; aussi fut-il appelé général par celui de Rheims en 625. Saint Géran étoit mort alors, puisque Leudebert son successeur étoit au nombre des évê . ques qui se trouvèrent à Rheims. On l'enterra dans la chapelle souterraine , à la gauche du corps

de sainte Geneviève. On enchâssa ses reliques dans le treizième siècle. Saint Géran est honoré à Paris le 28 Septembre.

Voyez la lettre de Warnahaire dans Bollandus , sous le 17 Janvier ; le Cointe , ad an, 614, n. 36; Dubois, Hist. eccl. Paris, 1.3, c. 6; Baillet, le nouveau bréviaire de Paris , et le Gallia Christ. nova , t. VII, p. 27.

S. CHAUMOND, ÉVÊQUE DE Lyon, MARTYR.

Saint EnNEMOND, vulgairement appelé saint Chaumond (a), étoit d'une illustre famille originaire des Gaules. Etant venu à Paris, le roi Clovis II, qui le respectoit singulièrement à cause de ses vertus, le choisit pour être parrain de son fils aîné, qui fut depuis roi sous le nom de Clotaire III. Lorsque son zèle et sa piété l'eurent élevé sur le siége de Lyon, il remplit avec exactitude tous les devoirs d'un fidèle pasteur. Il acheva les bâtimens de la maison de Saint-Pierre, et y établit une communauté de vierges. Deux de ses sæurs lui furent fort utiles dans cet établisse

(a) En latin , Aunemondus , Annemondus', Chanemundus , Encmundus, Dalfinus, Dalvinus.

ment. Les vierges dont il s'agit se consacrèrent particulièrement aux cuvres de charité. Le Saint reçut avec de grandes marques d’affection et de respect, saint Benoit Biscop et saint Wil frid , qui passèrent par Lyon en allant d’Angleterre à Rome.

Clovis II étant mort , Ebroïn, maire du palais, qui craignoit qu'il ne fit connoître les vexations dont il accabloit le peuple de Lyon , résolut de lui ôter la vie. Il eut recours à la calomnie, et l'accusa de crime de lèse-majesté. Il n'eut pas plutôt appris qu'il s'étoit dérobé par la fuite à ses poursuites , qu'il le fit massacrer par une troupe de soldats, près de Châlons-sur-Saône. Sa mort arriva le 28 Septembre 657. Saint Wilfrid , depuis évêque d’Yorck, et les autres ecclésiastiques qui l'accompagnoient, rapportèrent son corps à Lyon, et l'enterrèrent dans l'église de Saint-Pierre.

On garde la plus grande partie de ses reliques chez les religieuses de Saint-Pierre de Lyon, lesquelles suivent présentement la règle de saint Benoît. On invoque ce Saint contre l'épilepsie. Il y a dans le Forez une ville qui porte son nom.

Comme le saint évêque de Lyon est appelé aussi Daufin, quelques auteurs modernes ont imaginé d'en faire deux Saints distingués l'un de l'autre : mais leur sentiment est abandonné par les plus habiles critiques; il est également contraire aux anciennes vies du Saint.

En 1683, les filles, dites à Paris de l'union chrétienne, acquirent dans cette ville l'hôtel de SaintChaumond , où elles firent bâtir une église. C'est la principale communauté de leur congrégation. Elles sont connues présentement sous le nom du Saint, qui est leur patron,

Tome IX.

E*

Voyez Bède, Hist. l. 5, c. 20; Eddius , in Vit. sancti Wilfr. ; la vie et l'office de saint Chaumond, par Chastelain, Paris, 1692 ; Baillet , etc. le Gallia Christ, nova,

t. IV , p.43, et M. Poullain de Lumina , Hist. de l'égl. de Lyon , p. 95.

S.te LIOBE, ABBESSE EN ALLEMAGNE. SAINTE LIOBE ou Liège (a) fut un modèle de la perfection chrétienne, tant en Angleterre qu'en Allemagne. Elle sortoit d'une illustre famille anglosaxonne, et naquit dans le pays des Saxons occidentaux. Ebbe sa mère étoit proche parente de saint Boniface de Mayence. Une longue stérilité lui avoit fait perdre l'espérance d'avoir des enfans, lorsque Liobe vint au monde. Elle l'offrit à Dieu, dès qu'elle fut née, et l'éleva dans le mépris du monde.

Liobe fut mise ensuite dans le monastère de Winburn (6), que gouvernoit la sainte abbesse Tette , encore plus distinguée par sa sagesse et ses vertus, que par le titre auguste de seur de roi. Elle y fit de grands progrès dans la science du salut, et y prit depuis le voile de la religion. Elle avoit des connoissances rares dans une personne de son sexe; elle entendoit le latin , et faisoit même des vers en cette langue, comme on le voit par ses lettres à saint Boniface : mais elle ne se permettoit la lecture d'aucun livre, à moins qu'il ne fût propre à nourrir dans son ame l'esprit de piété et de ferveur.

Saint Boniface , qui étoit en correspondance avec elle, et qui connoissoit son mérite, pria instamment son abbesse et son évêque de la lui envoyer avec quelques autres religieuses. Son but étoit de les employer à établir en Allemagne des

(a) On l'appelle aussi en latin , Lesbgytha et Truthgeba. (6) Dans le comté de Dorset.

monastères

pour

des

personnes de leur sexe. Tette ne consentit qu'avec beaucoup de peine au départ de celle qu'elle regardoit comme le plus précieux trésor de sa maison.

Liobe arriva en Allemagne vers l'an 748. Saint Boniface l'établit , ainsi que ses compagnes, dans le monastère qui a été appelé depuis Bischofsheim (c). La prudence et le zèle de notre Sainte rendirent bientôt célèbre le nouvel établissement. La communauté devint si nombreuse , qu'elle fut en état de fournir assez de religieuses pour peupler divers monastères qu'on fonda dans l’Allemagne. Quelque temps après le martyre de saint Boniface , Liobe se retira dans un de ces nouveaux monastères , appelé Shoneresheim , et silué environ à deux lieues de Mayence. Elle continua d'y vivre dans la pratique du jeûne et de la prière. Charlemagne , qui fut depuis empereur, étoit pénétré de vénération pour elle, et Hildegarde , femme de ce prince, la fit venir à Aixla-Chapelle pour la consulter sur plusieurs affaires importantes. Liobe résista fortement aux sollicitations

que

lui fit la reine de rester à la cour ; elle retourna dans son monastère, où elle mourut vers l'an 779. Elle fut enterrée à Fulde, auprès de saint Boniface. Il se fit à son tombeau plusieurs miracles , de la plupart desquels l'auteur de sa vie fut témoin oculaire.

Voyez sa vie, écrite peu de temps après sa mort, par Ralph de Fulde, ap. Mabil. Act, Ben. et l. 1 Rerum Mogunt. Bulteau , Hist. de l'Ordre de saint Benoit , et le P. Périer, un des continuateurs de Bollandus, t. VII, Sept. p. 748.

(c) C'est-à-dire , la maison de l'évêque.

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