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S. HONORÉ, ARCHEVÊQUE ET CANTORBÉRY.

SAINT HONORIUS, vulgairement saint Honoré, étoit Romain de naissance, et embrassa l'état monastique dans sa patrie. Le pape saint Grégoire-le-Grand, qui connoissoit l'étendue de ses lumières et la solidité de ses vertus, l'associa aux missionnaires qu'il avoit chargés de travailler à la conversion de l'Angleterre.

Saint Just, archevêque de Cantorbéry, étant mort vers l'an 630 , Honorius fut élu

pour

lui succéder. Il fut sacré à Lincoln par saint Paulin, archevêque d’Yorck. Le pape Honorius I lui envoya le pallium, et lui écrivit en même temps une lettre qui portoit que quand les siéges d’Yorck ou de Cantorbéry seroient vacans, celui des deux archevêques qui vivroit sacreroit la personne qui auroit été canoniquement élue (a).

(a) Il paroît que l'autorité donnée à saint Augustin par le pape saint Grégoire sur tous les évêques de la Grande-Bretagne , étoit un privilége personnel qui cessa avec lui. (Voyez Bede , l. 1, c. 29. ) En effet, le même

pape

décida qu'après la conversion de toutes les provinces de l'Angleterre , les sièges de Cantorbéry et d’Yorck auroient chacun douze suffragans. Saint Paulin fut le premier archevêque d'Yorck , et fut sacre par saint Just en 625. Il reçut le pallium de Rome , quoiqu'il n'ait jamais eu de suffragant. Le roi Edwin étant mort en 633, et ses successeurs ayant renoncé au christianisme, saint Paulin se retira , et mourut évêque de Rochester,

Saint Aïdan, saint Finan et saint Colman , apôtres des Northumbres, firent leur résidence à Lindisfarne. Pendant tout ce temps-là, le siège d’Yorck resta vacant. Enfin on choisit saint Chad pour le remplir. Ce siége recouvra la dignité archiepiscopale sous Egbert.

Offa , roi des Merciens , obtint du pape Adrien 1 le privilége de métropole pour le siège de Litchfield , qui eut six suffragans ; savoir, les évêques de Worcester, de Leicester, de Sidnachester (aujourd'hui Hatfield dans le Linconlshire ), d'Héréford, d'Elman, et de Thetford ; mais sept ans après , Léon III remit ces évêques sous la métropole de Cantorbéry, et Adulfe , évêque de Litchfield , renonça à la dignité archi

Notre saint archevêque voyoit avec joie le royaume de Jésus-Christ s'accroitre de jour en jour; il y contribuoit beaucoup par ses exemples, ainsi que par ses instructions, et par le soin extrême qu'il prenoit de mettre par-tout des pasteurs également pieux et éclairés. Il mourut le 3c Septembre 653, et eut pour successeur sairt Deusdedit. Il est nommé en ce jour dans le martyrologe romain.

Voyez Bède, Hist. I. 2, c. 18, 20, l. 3, c. 20; Wharton, Angl.' Sacr. t. 1; l'abrégé que Capgrave a donné de la vie du Saint , par Goscelin , et cette vic en entier dans un manuscrit ancien et bien conservé de la bibliothèque cottoniène. épiscopale. Enfin la primatie sur toute l'Angleterre fut attribuée à l'archevêque de Cantorbéry. Voyez le concile de Cuveshoe ou d’Abbingdon, tenu en 803 , et Johnson, ad hung an. t. I.

Fin du mois de Septembre.

203

et

1. Octobre.

S. REMI,
ÉvêQUE DE Rheims, APÔTRE DES FRANÇAIS.
Tiré de l'abrégé de son ancienne vie, par Fortunat,

d'une autre vie qu'a donnée Hincmar, archevêque de Rheims, avec l'histoire de la translation du Saint. Voyez saint Grégoire de Tours , l. 2 ; Fleury, l. 29, n. 44, etc. Ceillier, t. XVI; Rivet, Hist. litt. de la Fr. t. III, p. 155, et le P. Dorigny, Jésuite, Hist. de la vie de saint Remi , archevêque de Rheims, etc. Paris, 1714, in-12 ; Suyskens , Act. SS, t. I, Octob. p. 59, 187.

L'AN 533. SAINT REMI, l'apôtre de la nation française, illustra l'église des Gaules par son savoir, son éloquence, sa sainteté et ses miracles. Un épiscopat de soixante-dix ans, et une suite non interrompue de grandes actions, ont rendu son nom célèbre dans les annales de la religion. Sa naissance tint du prodige, et sa vie fut un miracle continuel de la grâce. Emilius , son père, et Cilinie , sa mère, qui sortoient l'un et l'autre de familles distinguées parmi les Gaulois , possédoient de grandes richesses, et vivoient au château de Laon avec une splendeur conforme à leur rang; mais ce qui les rendoit sur-tout recommandables, c'étoit leur zèle pour la pratique des vertus chrétiennes.

L'opinion la plus probable est que saint Remi vint au monde en 439 (a). Il eut deux frères

(a) Les circonstances suivantes servent à fixer la chronologie de la vie de saint Remi. 11.° Les historiens s'accordent à dire qu'il fut fait évêque à l'âge de 22 ans. 2.° Le Saint , dans une lettre qu'il écrivit en 512 , dit qu'il étoit alors évêque depuis 53 ans. 3.° Il le fut, selon saint Grégoire de Tours, plus de 70 ans. Il mourut conséquemment en 533, dans la 94. année de son âge; il naquit en 439, et il avoit soixante-quinze ans en 512.

plus âgés que lui , dont l'un se nommoit Principe. Celui-ci fut évêque de Soissons, et est honoré dans l'église d'un culte public. On dit qu'un Saint ermite, nommé Montan, prédit la naissance de Remi. Ses parens le regardoient comme un enfant sur lequel Dieu avoit de grands desseins; aussi furent-ils très - attentifs au choix de ceux qu'ils chargèrent du soin de son éducation.

Remi eut pour nourrice Balsamie, que l'on compte parmi les Saints , et que l'on honore à Rheims dans l'église collégiale dédiée sous son invocation. Cette sainte femme avoit un fils appelé Celsin , qui fut depuis disciple de Remi, et qui est connu à Laon sous le nom de saint Soussin.

Le jeune Remi, qui avoit un esprit d'une excellente trempe , fit de rapides progrès dans les sciences, et y effaça par son éloquence les orateurs de son temps, selon saint Sidoine Apollinaire (1), qui connoissoit parfaitement les premières années de sa vie; mais il se rendit sur-tout recommandable dès sa jeunesse par son amour pour la religion et par la pureté de ses meurs. On voyoit encore, dans le neuvième siècle, un appartement secret où il avoit coutume de se renfermer à Laon pour vaquer plus librement à la prière ; et on alloit le visiter avec dévotion dans le temps que Hincmar écrivoit. Remi , qui cherchoit les moyens de tendre à la plus sublime perfection, quitta la maison de son père, et se retira dans un lieu écarté, où il n'avoit que Dieu pour témoin des pratiques et des austérités que sa ferveur lui inspiroit.

Le siége épiscopal de Rheims étant devenu va

(1) L. 9. ep. 7.

cant par la mort de Bennagius (b), Remi , qui n'avoit encore que vingt-deux ans, fut élu malgré lui

pour le remplir. Son mérite extraordinaire parut aux évêques de la province une raison suffisante pour lui accorder la dispense de l'âge requis par les canons. Le nouvel évêque se livra avec une ardeur incroyable à toutes les fonctions de son ministère. Il prioit et méditoit les écritures; il instruisoit le peuple confié à ses soins ; il travailloit sans cesse à la conversion des pécheurs, des hérétiques et des infidèles. Il annonçoit les divins oracles avec tant de force et d'onction, que plusieurs l'appeloient un second saint Paul.

Saint Sidoine Apollinaire (2) ne pouvoit trouver de termes assez énergiques pour exprimer l'admiration

que

lui causoient l'ardente Charité et la pureté de coeur avec lesquelles notre saint évêque offroit les divins mystères. Le zèle avec lequel il annonçoit la parole de Dieu n'étoit pas moins admirable. L'onction qui accompagnoit ses paroles touchoit les cæurs les plus endurcis , et portoit les pécheurs les plus invétérés à réparer

(6) L'origine du siège épiscopal de Rheims est fort obscure. On peut voir sur saint Sixte et saint Sinice , apôtres de cette province, Marlot, t. I, flist. Metrop. Rhem. !: 1, c. 12; le Gallia Christ. nova ; une bonne histoire de Rheims , pu iée en 1755, 3 vol. in-12 , et le P. Wastelain, Jésuite , Descript. de la Gaule belgique. Lille, 1761.

Plusieurs disciples des saints Sixte et Sinice souffrirent le martyre vers l'an 287 , sous le cruel Rictius Varus. On compte parmi eux Timothée, Apollinaire, Maur, prêtre, Macra , vierge , etc. On découvrit leurs corps à Rheims près de l'église de Saint-Nicaise, dans les années 1640 et 1650. Leurs têtes et leurs bras étoient percés de gros clous comme ceux de saint Quentin et de saint Piat. Saint Nicaise fut le onzième , et saint Remi le quinzième évêque de Rheims.

Rheims étoit la capitale de la seconde Belgique dans le moyen âge, et le siége de cette ville avoit onze suffragans.

(2) L. 8, ep. 14.

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