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mence son évangile par la génération temporelle du Sauveur.

Nous lisons dans l'évangile (16), que le fils unique, qui est dans le sein du père, nous la fait connoître, et nous a enseigné les plus sublimes vérités. C'est ce qui a fait dire à saint Augustin (17), que nous devons écouter la lecture de ce livre divin, comme nous écouterions Jésus-Christ présent au milieu de nous. Les Chrétiens de la primitive église se tenoient debout lorsqu'ils le lisoient, ou qu'ils l'entendoient lire (18). « Quand on lit l'évangile dans les

églises d'Orient, dit saint Jérôme (19), on » allume des cierges, quoique le soleil luise, » pour témoigner sa joie. » Saint Thomas d’Aquin le lisoit toujours à genoux. Nous y trouvons nonseulement les divines instructions du Sauveur , mais encore l'histoire de sa vie sur la terre, qui nous est proposée pour modèle. «Chaque action, » chaque parole du Seigneur Jésus-Christ, dit » saint Basile (20), est une règle de piété. Il » s'est revêtu de la nature humaine , afin de nous > tracer et de nous rendre sensible le modèle » proposé à notre imitation, »

Etudions-le ce modèle, et prions saint Matthieu de nous obtenir la grâce d'être bien pénétrés de l'esprit de JésusChrist, qui est un esprit d'humilité, de pénitence, de mortification, de charité et de détachement du monde.

(16) Joan. 1. 18. (17) Tr. 30 in Joan.
(18) Constit. A post , l. 2, 6, 62.
(19) Adv. Vigilant,
(20) Constit. Monast. , C. 2.

$. CASTOR, ÉVÊQUE D'APT , EN PROVENCE,

SAINT CASTOR, néa Nimes, d'une famille illustre, se distingua, dès sa jeunesse, par la ferveur de sa piété, et par l'abondance de ses aumônes. Il épousa une femme vertueuse qui désiroit, comme lui, tendre à la perfection. Ils s'engagé rent, d'un consentement mutuel, à vivre dans la continence, et bientôt après ils embrassèrent l'un et l'autre l'état monastique. Castor fonda un monastère à Manancha ou Manancuegno, à deux lieues d’Apt, en Provence, et il en fut le premier abbé : mais il ne goûta pas long-temps les douceurs de la retraite; on l'élut unanimement pour remplir le siége d’Apt. Les précautions qu'il prit pour se cacher furent inutiles; le peuple , qui vouloit l'avoir pour pasteur, trouva le moyen de le découvrir. Voyant qu'il ne pouvoit résister à la volonté de Dieu , qui lui étoit manifestée si visiblement, il ne pensa plus qu'à remplir dignement les fonctions épiscopales. Brûlant de zèle pour

le salut des ames, il se rappeloit souvent ces paroles de saint Augustin : « Attirez à Dieu » toutes les ames que vous pourrez. Criez à tous : » Aimons Dieu de toute notre force. Aimons tous » ensemble celui qui est tout aimable, tout ado» rable. » Il ne perdit point de vue son monastère; il regardoit au contraire ceux qui l'habitoient comme la plus précieuse portion de son troupeau. Il pria le célèbre Cassien, abbé de Marseille , son ami, de composer pour eux une règle d'après les observances qu'il avoit va pratiquer en Orient. C'est ce que Cassien exécuta vers l'an 420, par ses Institutions monastiques , qu'il dédia au saint évêque. Il écrivit ensuite, pour l'usage de Castor, ses dix premières Conférences; mais le Saint étant mort avant qu'il les eût achevées, il les dédia à saint Léonce, évêque de Fréjus. Léonce étoit frère de Castor. Il mourut vers l'an 431 , le 1.er Décembre, jour auquel il est honoré à Fréjus et à Apt. Quant à notre Saint, il mourut le 2 Septembre, vers l'an 420, suivant l'auteur de son ancienne vie; mais on l'honore le 21 du même mois à Apt et à Nimes. Il est , conjointement avec la sainte Vierge, patron de la cathédrale de la première de ces deux villes. Il y a dans la seconde une grande église paroissiale qui l'honore aussi sous le même titre.

Voyez l'ancienne vie du Saint ; l'Hist. gen. du Langued. t.' I; Ménard , Hist. de Nimes, t. 1, l. 1 ; p. 64, etc. et D. Ceillier, t. XIII, p. 42.

S. LO, Évêque de Coutances en Normandie.

SAINT Lo (a) sortoit d'une illustre famille du diocèse même dont il devint l'évêque. Il fut sacré par saint Gildard ou Godard, évêque de Rouen, et métropolitain de la Neustrie, vers l'an 528. Peu de temps après son sacre, il alla voir saint Melaine de Rennes, afin de conférer avec lui sur les moyens de procurer la gloire de Dieu. Il assista en personne au second, au troisième et au cinquième conciles d'Orléans, et par député, au quatrième concile de la même ville. Ce fut lui qui fit la cérémonie des funérailles de saint Paterne ou saint Pair, évêque d'Avranches. On dit qu'étant devenu l'héritier de sa famille, il enrichit son église, et qu'il lui donna les terres de Briovère (aujourd'hui Saint-Lo ), de Courci , de Treilli, etc. On assure que le château de Briovère étoit le lieu où sa famille demeuroit, et que c'est pour cela que dans le cinquième concile

(a) En latin , Lauto , Laudus , etc.

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d'Orléans, il signa , non Lo de Coutances, mais Lo de Briovère (6).

Le saint évêque gouverna son diocèse avec autant de zèle que de vertu, jusqu'à l'an 568, qu'il alla recevoir dans le ciel la récompense de ses travaux. Il eut pour successeur un prêtre de son clergé nommé Romachaire. Il étoitAnglais de naissance, aussi distingué par sa sainteté que par son savoir , et il mérita d'être l'un des principaux ornemens de l'église dans son siècle. Les incursions des Normands firent transporter les reliques de saint Lo à Thouars en Poitou, dans le neuvième siècle. Sa fête , qui se célèbre à Coutances en ce jour , est de première classe, avec octave; elle est marquée au 22 Septembre dans le martyrologe romain. Il y a en Normandie une ville qui porte le nom du saint évêque, et une église paroissiale à Rouen qui est dédiée sous son invocation.

Voyez les actes du Saint; l’Abrégé de la vie des évêques de Coutances, par Rouault, Coutances, 1742, in-12; Trigan , Hist."ecclės. de Normandie , p. 94 , 128 et 458.

S.te MAURE, VIERGE A TROYE S. Sainte Maure naquit à Troyes en Champagne dans le neuvième siècle. Étant encore fort jeune, elle fut singulièrement touchée de la vie peu chrétienne que menoit son père, elle pria pour lui , et obtint sa conversion. La mort le lui ayant depuis enlevé, elle continua de rester auprès de Sédulie, sa mère, et eut le bonheur de sanctifier, par ses exemples, Eutrope , son frère, avec toute sa famille : elle le porta à distribuer aux malheu

(6) Le mot de Briovère est celtique, et signifie pont sur la rivière de Vire. Le château de Briovère à appartenu à l'évèque de Coutances jusqu'en 1576, qu'il fut échangé contre celui de Moutiers , par Arthur de Cossé.

tin,

reux la plus grande partie de ses biens, qui étoient considérables. Elle partageoit son temps entre la prière et les exercices de la charité. Son travail avoit pour objet le soulagement des pauyres , ou la décence du culte divin. Elle aimoit sur-tout à faire des ornemens pour les églises , et à préparer tout ce qui étoit nécessaire pour le service des autels. Persuadée, avec saint Augusque l'ordre que

l'on met dans toutes ses actions conduit à Dieu, elle fit une sage distribution de tous les momens de la journée ; en sorte que chacun avoit son exercice propre. Elle passoit presque toute la matinée à l'église , ou à prier ou à méditer la loi du Seigneur. Les mercredis et les vendredis elle jeûnoit au pain et à l'eau. Souvent elle alloit nu-pieds au monastère de Mantenay, qui étoit à deux lieues de Troyes (a), pour y découvrir l'état de son ame à l'abbé qu'elle avoit pris pour directeur, et sans l'avis duquel elle n'entreprenoit jamais rien. On ne peut exprimer le respect dont elle étoit pénétrée pour la parole de Dieu, et pour tout ce qui avoit rapport à la religion. Sa componction étoit si vive, que ses yeux étoient presque continuellement baignés de larmes. Son humilité lui faisoit cacher avec soin toutes les grâces extraordinaires dont elle étoit comblée. Dans sa dernière maladie, elle reçut les sacremens de l'extrême-onction et de l'eucharistie avec autant de joie que d'amour, et elle mourut le 21 Septembre 850, en prononçant ces mots de l'oraison dominicale, que votre royaume arrive. Elle étoit dans la vingt-troisième année de son âge. On lit son nom dans le martyrologe gallican. On déposa d'abord ses reliques dans

(a) Il y a 700 ans que ce monastère est détruit. Ce n'est plus qu'un village appelé Saint-Lye ou Saint-Léon.

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