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d'Orléans , il signa , non Lo de Coutances, mais Lo de Briovère (6).

Le saint évêque gouverna son diocèse avec autant de zèle que de vertu, jusqu'à l’an 568, qu'il alla recevoir dans le ciel la récompense de ses travaux. Il eut pour successeur un prêtre de son clergé nommé Romachaire. Il étoitAnglais de naissance, aussi distingué par sa sainteté que par son savoir , et il mérita d'être l'un des principaux ornemens de l'église dans son siècle. Les incursions des Normands firent transporter les reliques de saint Lo à Thouars en Poitou, dans le neuvième siècle. Sa fête, qui se célèbre à Coutances en ce jour , est de première classe, avec octave; elle est marquée au 22 Septembre dans le martyrologe romain. Il y a en Normandie une ville qui porte le nom du saint évêque, et une église paroissiale à Rouen qui est dédiée sous son invocation.

Voyez les actes du Saint; l’Abrégé de la vie des évêques dc Coutances, par Rouault, Coutances, 1742, in-12; Trigan , Hist. ecclés. de Normandie , p. 94 , 128 et 458.

S.te MAURE, VIERGE A TROYE S. Sainte Maure naquit à Troyes en Champagne dans le neuvième siècle. Étant encore fort jeune, elle fut singulièrement touchée de la vie peu chrétienne que menoit son père, elle pria pour lui , et obtint sa conversion. La mort le lui ayant depuis enlevé, elle continua de rester auprès de Sédulie, sa mère, et eut le bonheur de sanctifier, par ses exemples, Eutrope , son frère, avec toute sa famille : elle le porta à distribuer aux malheu

(6) Le mot de Briovère est celtique, et signifie pont sur la rivière de Vire. Le château de Briovère a appartenu l'évèque de Coutances jusqu'en 1576, qu'il fut échangé contre celui de Moutiers , par Arthur de Cossé.

tin, que

l'ordre que

reux la plus grande partie de ses biens, qui étoient considérables. Elle partageoit son temps entre la prière et les exercices de la charité. Son travail avoit pour objet le soulagement des pauyres, ou la décence du culte divin. Elle aimoit sur-tout à faire des ornemens pour les églises, et à préparer tout ce qui étoit nécessaire pour

le service des autels. Persuadée, avec saint Augus

l'on met dans toutes ses actions conduit à Dieu, elle fit une sage distribution de tous les momens de la journée; en sorte que chacun avoit son exercice propre. Elle passoit presque toute la matinée à l'église , ou à prier ou à méditer la loi du Seigneur. Les mercredis et les vendredis elle jeûnoit au pain et à l'eau. Souvent elle alloit nu-pieds au monastère de Mantenay, qui étoit à deux lieues de Troyes (a), pour y découvrir l'état de son ame à l'abbé qu'elle avoit pris pour directeur, et sans l'avis duquel elle n'entreprenoit jamais rien. On ne peut exprimer le respect dont elle étoit pénétrée pour

la parole de Dieu, et pour tout ce qui avoit rapport à la religion. Sa componction étoit si vive, que ses yeux

étoient presque continuellement baignés de larmes. Son humilité lui faisoit cacher avec soin toutes les grâces extraordinaires dont elle étoit comblée. Dans sa dernière maladie, elle reçut les sacremens de l'extrême-onction et de l'eucharistie avec autant de joie que d'amour, et elle mourut le 21 Septembre 850, en prononçant ces mots de l'oraison dominicale, que votre royaume arrive. Elle étoit dans la vingt-troisième année de son âge. On lit son nom dans le martyrologe gallican. On déposa d'abord ses reliques daņs

(a) Il y a 700 ans que ce monastère est détruit. Ce n'est plus qu'un village appelé Saint-Lye ou Saint-Léon.

l'église du village de son nom, à une demi-lieue de Troyes; mais il n'y en reste plus qu'une portion, avec le coffre de bois qui les renfermoit. La plus grande partie de ce précieux trésor se garde présentement dans l'abbaye de Saint-Martin de Troyes, on en voit aussi une portion dans la chapelle de Sainte-Maure, près de Gournay en Picardie, laquelle est célèbre par la dévotion des fidèles qui y vont en pélerinage.

Voyez le Sermo B. Prudentii episc. Trecensis de vita et morte gloriosæ virginis Mauræ , dont Nicolas Camuzat a donné une boone édition avec des notes dans son Promptuarium sacrarum antiquitatum Tricassing diæcesis, Trecis,'1610, in-8.o ; les Vies de saint Prudence, évêque de Troyes , et de sainte Maure , vierge, Paris, 1723 , in-12 ; le P. Şuiskens, Act. SS. t. VI, Sept. 271.

Il est parlé dans la vie de sainte Maure, de sainte MASTIDIE, vulgairement sainte MATHIE, vierge et patronne de Troyes ; mais nous n'avons aucuns actes de cette Sainte. Camuzat a donné l'histoire de la translation de ses reliques dans la cathédrale de Troyes, que fit l'évêque Milon en 1007

Son
corps
fut trouvé entier,

mais la

peau et les chairs étoient desséchées. Camuzat le vit en cet état en 1606, lorsque l'on fit l'ouverture de la châsse où il étoit renfermé. Il n'y manquoit que

la tête. Sainte Mathie est honorée le 7 Mai. Voyez Camuzat, Hist. inventionis S. Mastidiæ virginis , cujus integrum corpus in metropoli ecclesiâ Tricassina custoditur , fol. 50 et 57.

S. MAURICE, ET SES COMPAGNONS, MARTYRS. Tiré de l'histoire authentique de leur martyre , écrite cent

cinquante ans après leur inort par saint Eucher, évêque de Lyon, qui cite leurs actes, et la relation d'Isaac , évêque de Genève. Isaac avoit été instruit par Théodore , évêque d'Octodurum, dans le diocèse duquel nos Saints avoient souffert. Ce Théodore assista au concile d'Aquilée en 381. Il pouvoit avoir vu des témoins oculaires de ce qu'il raconte : il vivoit au moins dans le lieu où les faits s'étoient

passés. Quant à l'ouvrage de saint Eucher, on y remarque un ton de gravité, de vertu et de modestie qui ne permet pas d'en contester l'authenticité : c'est le jugement qu'en portent Ruinart, p. 290 ; Tillemont, Baillet, et tous les critiques catholiques. Son récit s'accorde avec les actes des saints martyrs, dont les exemplaires étoientcommuns dans le pays où ils avoient souffert, au cinquième et même au quatrième siècles, dit Mosheim, comme on le voit par certaines circonstances qu'en a tirées l'auteur de la vie de saint Romain , qui écrivoit avant la fin du cinquième siècle. La même chose se prouve par le titre d'un sermon de saint Avit, écrit vers l'an 490 , titre qui a été conservé parmi les ouvrages du Saint, quoique le sermon n'existe plus. Oper. Sirmondi, t. II. Malgré tant de preuves qui déposent en faveur de la vérité de l'histoire des saints martyrs , elle a été attaquée par quelques protestans. Le ministre Dubourdieu porta les premiers coups ; Hottinger vint à la suite. Moyle se déclara aussi pour leur sentiment, et montra plus d'érudition et de subtilité que ses devanciers. Burnet, Præf. in Lactant. de mort. persecut. etc. répéta les mêmes objections , mais avec plus de confiance que de force. Le docteur Hickes réfuta Burnet, et la dispute devint très-vive entre ces deux savaos, dont les principes politiques sur l'obéissance passive étoient fort opposés.

Hickes démontre qu'on ne peut rien conclure du silence d’Eusébe, qui vivoit dans l'Orient, ni de celui de quelques autres écrivains. En convenant que Maximien favorisa d'abord les Chrétiens, il prouve que dans certaines circonstances, et et sur-tout à l'armée, il en fit mourir plusieurs pour leur religion. Constance ne les persécuta point; mais il ne devint César qu'en 293, et il paroît que le massacre dont il s'agit arriva peu après l'année 286 , que Maximien fut associé à l'empire. Il n'est pas certain d'ailleurs que le pays où il se commit fùt sous la domination de Constance ; et quand cela seroit, Constance, comme César, n'avoit qu'un pouvoir subordonné à celui de l'empereur, sur-tout par rapport aux soldats, en quelque lieu qu'il les commandât.

Mosheim, Comm. de Rebus ecclesiæ ante Constantin. M. Helmstadii , 1753, p. 588, convient que les argumens de Moyle n'ont aucune force lorsqu'on les rapproche de ceux qui constatent l'authenticité de l'histoire que nous défendons ; mais il forme une objection contre cette authenticité d'après certains actes grecs qui mettent le martyre de saint Maurice ( qu’on suppose avoir été tourmenté l'espace de dix jours), et celui de ses compagnons, à Apamée dans la Syrie , sous le règne de Maximien. Le docte luthérien confond saint Maurice d'Agaune avec un autre Saint dont parle Théodoret, Serm. 8 de curandis Græc. affectionib., et dont les actes grecs sont modernes , et ne méritent aucune créance,

Avunt la dispute qui s'éleva entre Hickes et Burnet sur le point que nous traitons, Stillingfleet avoit réfuté les objections de Moyle. Nous ajouterons aux autorités produites par ce savant , le témoignage de Prudence, Psychom. v. 36, dont on avoit faussement prétendu faire valoir le silence contre les actes de nos saints martyrs. Voyez D. Jos. de Lisle , Ben, de la Cong. de Saint-Vannes , Défense de la vérité du martyre de la légion thébèenne , 1737, in-8.•; Baldesano (Bernardin Rossignoli, Jésuite piémontais, mort en 1613), Hist. di S. Mauritio; le P. Jean Clé, l'un des continuateurs de Bollandus, t. VI. Sept. à pag. 308 ad pag. 403 , et App. ibid. à pag. 895 ad pag. 920, et l'excellent ouvrage intitulé : Eclaircissemens sur le martyre de la légion thébéenne , et sur l'époque de la persécution des Gaules sous Diocletien et Maximien , par M. de Rivaz, Paris, 1779 , in-8.°

N. B. Les actes donnés par Surius sont interpolés. Il у parlé du roi Sigismond, et la règle d’Agaune , qui fut instituée en 515, au lieu que saint Eucher de Lyon souscrivit le premier concile d'Orange en 441; mais le P. Chifflet, Jésuite, en découvrit une copie exacte qu'il fit imprimer, et que D. Ruinart soutient être le véritable ouvrage du saint évêque de Lyon. C'est de ces actes que nous avons pris la défense contre Dubourdieu , etc. Il est fait mention du martyre de saint Maurice et de ses compagnons, dans la vie de saint Séverin d'Agaune, écrite peu après l'an 500; dans deux ouvrages plus anciens que nous avons cités plus baut ; dans les martyrologes de saint Jérome, de Florentinius, etc. ; dans le concile d'Agaune de l'an 515; dans saint Grégoire de Tours , de Glor. Martyr. l. 1, c. 75; dans Fortunat, l. 2, Carm. 15. Il résulte de toutes ces autorités , qu'on avoit une grande vénération pour nos saints martyrs dans le sixième siècle.

est

L'AN 286.

L'EMPEREUR Carus, qui avoit osé prendre le titre de Dieu , ayant été tué par la foudre , et Numérien son fils assassiné par Aper son oncle, Dioclétien, homme de basse extraction, fut proclamé empereur par l'armée qu'il commandoit en Orient", le 7 Septembre 284. L'année suivante, il vainquit dans la Mésie , Carin, le second fils de Carus, et lui ôta la vie. Après cette victoire, il se fit donner le nom de Jovius, tiré de celui de Jupiter , créa César Maximien, et lui confia le gouvernement et la défense de l'Occident. Les Tome IX.

B

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