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bienheureux glorifient et glorifieront le Seigneur pendant toute l'éternité.

Voyez Bellet, dans son traité intitulé ; L'adoration chrée tienne, et la solide dévotion du Rosaire , an. 1754, in-12.

Dieu,

LES SS. ANGES GARDIENS. On doit compter parmi les plus précieux dons de la miséricorde de Dieu envers les hommes , la communion ou le commerce spirituel qu'il a établi entre nous et les saints anges, dont nous espérons partager un jour le bonheur et la gloire. De notre côté, nous honorons avec une vénération religieuse les saints anges, que nous regardons comme des esprits glorieux, fidèles dans l'accomplissement de la volonté divine, et nous les conjurons de nous accorder leur intercession auprès du Seigneur; de leur côté, ils s'intéressent, ils prient pour nous, et nous font ressentir en bien des circonstances les effets de leur protection. C'est ainsi que toujours infiniment

sage,

infini. ment saint, infiniment miséricordieux, se plait à employer les créatures supérieures pour l'exécution des desseins de sa providence, par rapport aux créatures qui sont d'un ordre inférieur.

Divers passages de l'écriture prouvent que le nom d'anges est un nom d'office; il signifie envoyés ou messagers, parce que les esprits célestes en ont souvent fait la fonction dans des occasions où il s'agissoit de défendre et de protéger les hommes, et ces occasions ont été fréquentes, comme nous l'avons montré ailleurs (1): mạis la bonté de Dieu pour pous éclate sur-tout dans le

(1) Voyez ce que nous avons dit sur les deux fêtes de saint Michel au 8 Mai et au 29 Septembre. Voyez aussi l'excellente instruction pastorale sur les anges , que M. Jean-Joseph de Fogasses de la Bastie, évêque de Saint-Malo , donna en 1758.

choix qu'il a fait de ses anges pour être nos conducteurs et nos gardiens , et c'est là le fondement de cette charité et de cette joie mutuelle qui règnera' éternellement dans le ciel entre les anges et les élus.

La foi nous enseigne que Dieu a destiné un ange particulier à garder chacun de ses serviteurs, c'est-à-dire, des justes ou de ceux qui sont en état de grâce. L'église ne s'est pas expliquée d'une manière aussi positive sur les pécheurs et les infidèles; mais les plus célèbres docteurs ont toujours cru qu'ils avoient chacun leur ange gardien; et ce sentiment, appuyé d'ailleurs sur l'autorité de l'écriture, est si solide et si universel, qu'il ne paroît pas possible d'en contester la vérité, sur-tout par rapport à ceux qui sont dans la communion de l'église. Dieu, dit le psalmiste (1), a commandé à sos anges de vous garder dans toutes vos voies. Et ailleurs : L'ange du Seigneur environnera ceux qui te craignent, et il les délivrera de leurs maux (3. Jacob pria son bon ange de bénir ses petits-fils Ephraïm et Manassés. Que l'ange, dit-il, qui ma délivré de tous maux, bénisse ces enfans (4). Son ange , dit Judith, m'a gardée , soit lorsque je suis sortie de cette ville , et tant que je suis demeurée , ou lorsque je suis revenue ici (5). Jésus-Christ, pour détourner du scandale qu'on pourroit donner à quelqu'un de ses petits enfans, nous avertit que leurs anges voient continuellement l'a face de Dieu, et nous fait entendre par-là qu'ils demanderont vengeance contre ceux qui auront cause (2) Ps. XC, 11. (3) Ps. xxiii, 8. (4) Gen. XLVIII; 16. (5) Judith xin, 20. Voyez aussi l'Éxode , Xxuí, ja

20.

»

la perte des ames confiées à leurs soins (6). « Il » est bien dangereux, dit saint Hilaire (5), de

mépriser, celui dont les cris et les prières sont » portés par le ministère des anges au pied du » trône du Dieu éternel et invisible. >>

Les premiers fidèles étoient si convaincus que chaque homme avoit son ange gardien, que quand saint Pierre , après sa délivrance miraculeuse de la prison, se présenta aux disciples, ils ne purent croire d'abord

que
c'étoit lui, et dirent

que

c'étoit son ange (8). Les Juifs ne doutoient point que saint Michel ne fût le protecteur de leur nation, et ils donnoient aussi des anges tutélaires à la plupart des autres pays (9). Nous ferions un volume, si nous voulions rapporter tous les passages qui prouvent que tous les Pères ont cru et soutenu l'existence des anges gardiens, comme un article qui appartient à la foi catholique.

Les démons, également remplis de malice et de haine contre nous, s'occupent des moyens de nous perdre éternellement, et ils emploient , pour y réussir, les ruses et la force ouverte (a); mais

(6) Matt. XVIII, 10. G) In Matt. XVII, (8) Act. XI, 15.

Dan. XI, 1 ;XII, 1, etc. (a) L'existence des malins esprits se prouve par l'expérience , par des raisonnnemens tirés de leurs opérations dans les démoniaques , par quelques exemples que fournissent les oracles du paganisme, et par différens autres efféts. M. Seed , dans son discours sur la nature et l'existence des malins esprits, et d'autres célèbres théologiens protestans , insistent beaucoup sur la preuve qui se tire de ce que plusieurs personnes ont eu des songes et des tentations touchant des objets dont ils n'avoient jamais eu connoissance , que leur imagination n'avoit pu se représenter par elle-même, et qui étoient d'une espèce si extraordinaire, qu'on devoit nécessairernent les attribuer à un principe extérieur, à quelque esprit méchant par sa nature. De fameux déistes ont reconnu la force de ce raisonnement, et s'en sont même servis avec avantage pour établir la créance des malins esprits : mais c'est dans la révélation que nous devons puiser des connoissances sûres

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Dieu leur oppose ses bons anges, et les charge du soin de nous défendre. Pourroit-il, en pertouchant l'origine et les qualités de ces ennemis invisibles du genre humain. Elle nous apprend que les démons déchurent, par leur propre malice, de l'état de justice et de sainteté dans lequel ils avoient été créés ; que leur crime fut l'orgueil enfanté par

l'amour désordonné de leurs perfections , orgueil auquel ils consentirent par la pensée , et qui est appelé le commencement de tout péché. ( Eccli. X, 15.)

On donne quelquefois le nom de Lucifer au prince des anges apostats. Quelques théologiens et quelques interprètes ont pensé qu'il étoit le chef de tous les cheurs angéliques, qu'il étoit désigné sous la figure de Behemoth , que les Septante et la Vulgate appellent le commencement des voies de Dieu. (Job XL, 14. ) Ebloui de sa propre excellence, il dit en lui-même : Je serai semblable au Très-Haut. ( Isaïe XIV, 12.) Son cæur fut enflé de sa beauté, et par il perdit sa sagesse. Ezech. XXVIII, 17.). Selon les plus célèbres Pères de l'église , Isaïe compare la hauteur du roi de Babylone , et Ezéchiel celle du roi de Tyr , à l'orgueil de Lucifer, qu'ils prennent de là occasion de décrire.

L'ange apostat fut suivi dans sa révolte ou son péché, par une grande partie des esprits célestes , qui dans l'instant furent précipités de leurs trônes , et condamnés à l'enfer. ( 2 Petr. II, 4; Jud. 6.) Quelques-uns furentimmédiatement renfermés dans cette horrible prison ; mais d'autres eurent une espèce de liberté qu'ils conserveront jusqu'au jour du jugement, et en cela leur tourment paroît moins rigoureux. (Matt. VIII, 29, 31, etc. ; Petau, Tr. de Angelis. ) Ces mauvais esprits sont appelés princes des ténèbres, de l'air et du monde. (Ephes. II, 1,2; VI, 12; Matt. XII, 22 ; Luc. IX , 1.) Il y a parmi eux une espèce de hiérarchie, et quelques-uns sont plus méchans que les autres. (Matt. XII, 24 ; Ephes. VI, 12, etc. )

Leur prince est appelé Bėlial, c'est-à-dire, méchant, ou plutôt rebelle, suivant l'interprétation de ce mot par saint Jérôme. ( 3. Reg. XXI, 13.) On le nomme aussi Šatan ou l'ennemi, et Beelzébut, de la principale idole des Accaronites.

La rage, la malice et l'envie des démons contre les hommes sont implacables , ainsi que leur baine pour tout bien. Leur subtilité et leur force sont extraordinaires ; ce qui se prouve par la perfection de leur nature , qui est purement spirituelle, et par les exemples de l'usage qu'ils ont fait de leur pouvoir , avec la permission de Dieu , en certaines circonstances. Ils précipitèrent dans le lac un troupeau de pourceaux ; ils tuèrent les sept premiers maris de Sara ; ils firent périr des armées en une puit ; ils ont quelquefois troublé la nature , et

.

mettant aux démons de nous attaquer et de nous tenter, ne pas confier aux bons anges le soin de excité des tempêtes qui ont rempli les provinces de terreur, et porté le ravage dans l'univers entier.

Lorsque Satan attaque les hommes, il emploie quelquefois la ruse et l'artifice comme l'ancien serpent; d'autres fois il se transforme en ange de lumière, et prend le masque de la piété; semblable à un lion rugissant, il a recours aussi , dans quelques circonstances, à la force ouverte et à la violence. On sait de quelle manière il traita le saint homme Job : mais Dieu restreint son pouvoir, et il ne peut tenter les hommes, qu'avec la permission du ciel. (Job , c. 1; Luc XXII , 31, 32. ) Nous avons des exemples de cette vérité dans les tentations d'Eve, d'Achab, etc. Les démons, toujours avec la permission de Dieu , trompent quelquefois les faux prophetes et les méchans. (5. Reg. ÅXII, 21.) Ils accusent les hommes devant le trône de Dieu. ( Zach. III, 1, 2, etc. ) L'écriture leur attribue souvent divers maux physiques qu'ils causent par l'intervention des causes secondes. Voyez la dis. sertation de Calmet sur les mauvais anges,

Le pouvoir des démons sur la terre étoit beaucoup plus grand qu'aujourd'hui, avant que le Sauveur eût triomphe de Satan par sa crois, et que la lumière de l'évangile eût éclairé le monde ; mais il n'en est pas moins certain que Dieu leur permet encore quelquefois de tourmenter les hommes par leur malice jusqu'à un certain point; et c'est pour rendre leurs efforts inutiles, que l'église a institué les 'exorcismes et les bénédictions dont elle a toujours fait usage.

Dans le cas de magie et de possession, on doit employer la prière et les autres armes que fournit la religion contre les ennemis invisibles du salut ; mais il faut se tenir sur ses gardes par rapport aux faits dont il s'agit ; on sait de quoi la superstition , la crédulité et l'imposture sont capables. On a pris plus d'une fois pour des enchantemens et pour des possessions , ce qui ne devoit être attribué qu'à la maladie ou à d'autres causes physiques. En un mot, pour assurer que le démon intervient dans tel cas, il faut être sûr que les circonstances qui accompagnent le fait sont hors du cours ordinaire de la nature : mais il y a bien de la différence entre tout croire et ne rien croire sur cette matière. On ne peut douter qu'il n'y ait eu des possessions et des obsessions plus ou moins fréquentes , selon la diversité des temps et des lieux. Ceci est pronvé par le témoignage et par l'expérience de tous les siècles et de tous les peuples, même des Indiens , coinme l'observe le Clerc , Bibl. univ. t. XV, c. 4. Cette vérité së prouve encore par des passages formels de l'ancien et du nouveau Testament. Voyez la vie de Jésus-Christ par

Laurent Clarke, p. 474, et la dissertation sur les possessions et les

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