Images de page
PDF
ePub

rence d'âge ou de sexe. Comme Edwin étoit le prince le plus puissant de l'eptarchie anglaise, et que les autres lui rendoient une espèce d'obéissance, toute la fureur de la guerre se tourna principalement contre lui , et il fut tué dans une bataille qui se donna à Heavenfield, aujourd'hui Hatfield, dans la province d’Yorck (d). Le corps du saint roi fut enterré à Whitby; mais sa tête le fut dans le porche de l'église qu'il avoit fait bâtir à Yorck. Il a le titre de martyr dans le martyrologe de Florus, et dans tous les calendriers d'Angleterre. On voit par le catalogue de Speed, qu'il étoit patron titulaire de deux anciennes églises bâties l'une à Londres, et l'autre à Brève, dans la province de Sommerset. Saint Edwin mourut en 633, dans la quarante-huitième année de son âge (e).

Voyez Bède, Hist. l. 2, c. 9, 10, 12, 15, 20; Guillaume de Malmesbury, et Alfort, qui a donné, sous l'an 632, la lettre du pape Honorius au' saint roi, que l'on trouve aussi avec sa lettre à Honorius , archevêque de Cantorbéry, dans ? Bède et dans le tome VI des conciles. Voyez aussi la vie de saint Paulin, sous le 10 Octobre.

1

S. QUINTIN, MARTYR EN TOURAINE. Saint Quintin étoit originaire de Ville-Parisis, village du diocèse de Paris. Il avoit un emploi considérable sous Gontran, sans qu'on puisse déterminer si ce fut le roi de ce nom, ou Gontran Boson, général du roi Sigebert I. Quoiqu'il en soit, la maitresse de Gontran le sollicita de consentir à ses infâmes désirs ; mais elle trouva en lui un autre. Joseph. Furieuse d'avoir été mépri

(d) Ce lieu fut ainsi appelé, à cause du grand nombre de Chrétiens qui périrent dans le combat.

(e) Nous rapportons dans la vie de saint Oswald , comment. a religion chrétienne se rétablit dans le Northumberland,

sée, et de n'avoir pu satisfaire sa passion , elle le fit assassiner sur les bords de l'Indre, dans la Touraine, vers le milieu du sixième siècle. On garde dans la cathédrale de Meaux une partie des reliques de ce saint martyr de la chasteté.

Voyez le bréviaire de saint Martin de Tours ; Chastelain , Martyr. univ. etc.

qu'elle

S.te AURE, Abbesse A PARIS. Saint Eloi, aidé des libéralités du roi Dagobert, fonda dans sa propre maison, près de l'église de Saint-Martial à Paris, un monastère en 631, où il assembla trois cents religieuses. Aure, fille de Maurin et de Quirie, fut mise à la tête de la nouvelle communauté. Saint Ouen a cru ne pouvoir mieux faire son éloge , qu'en disant qu'elle étoit une fille digne de Dieu. Elle fut le modèle de ses sours,

gouverna trente-trois ans avec autant de prudence que de sainteté.

Un an avant sa mort, saint Eloi, qui ne vivoit plus depuis quelques années, la fit avertir , par le moyen d'une vision, qu'elle et la plupart de ses religieuses devoient se préparer au passage de l'éternité. Elle en fut remplie de joie , et tâcha d'inspirer les înêmes sentimens à ses filles , leur faisant sentir la grandeur de la félicité dont elles jouiroient bientôt. Elle mourut le 4 Octobre 666, avec cent soixante de ses religieuses , qui toutes furent enlevées de ce monde

par

la peste. Nous apprenons de saint Ouen , que saint Eloi avoit destiné l'église de Saint-Paul, qui n'étoit point alors dans l'enceinte de la ville, à servir de sépulture à la communauté dont il étoit le fondateur, et qu'il en avoit orné le cimetière avec decence (1). Sainte Aure y fut enterrée avec ses

(1) Voyez du Breuil, Antiq. de Paris , p. 817.

en

religieuses; mais cinq ans après, on transporta ses reliques dans la ville (2). Elles sont encore dans l'église de Saint-Martial, qui appartenoit anciennement au monastère, mais qui a depuis éprouvé diverses révolutions (a).

Nos rois ayant fait bâtir un palais dans le voisinage, le relâchement s'introduisit dans le monastère, et les choses en vinrent à un point qu'il fut supprimé, avec union de ses revenus au monastère de Saint-Pierre ou de Saint-Maur-desFossés ; ce second monastère fut depuis changé en un chapitre de chanoines séculiers , qui a été réuni à celui de Saint-Louis du Louvre à Paris, il y a quelques années.

En 1629, François de Gondi', premier archevêque de Paris, donna, le monastère de SaintMartial, dit core de Saint-Eloi à cause de son fondateur, aux clercs réguliers venus de Milan, et connus sous le nom de Barnabites. L'église séparée en grande partie de l'ancien monastère qui tomboit en ruine, étoit depuis long-temps devenue paroissiale.

On fit une translation solennelle des reliques de sainte Aure le 3 Avril 1402; on les renferma dans une nouvelle châsse , et on les porta proces

(2) Voyez le Cointe, Quétif, et plusieurs autres modernes.

(a) Mabillon, Diplom. p. 472 , confond le monastère de Saint-Martial avec celui de Christivilli, ou de Saint-Christopbe , dont l'église devint paroissiale dans la suite.

Les rois carlovingiens demeuroient à la caippagne ; mais les rois capétiens crurent qu'ils seroient plus en såreté dans la ville batie au milieu d'une île. Hugues Capet y fit bâtir un palais. Le roi Robert, son fils , fonda la chapelle de Notre-Dame, que saint Louis fit rebatir avec magnificance sous le titre de Sainte-Chapelle. Louis XII abandonna le palais dont nous parlons , et il en donna une partie au parlemnent, qui depuis. y a toujours tenu ses séances. Vuyez. Dubois, dans son Histoire de l'église de Paris ; Félibien, Lobin eau , Piganiol, etc.

sionnellement à l'église de Saint-Paul, d'où elles furent rapportées au monastère de Saint-Martial. On découvre cette chasse, qui est à côté du grand autel des Barnabites, et on l'expose à la vénération des fidèles trois jours de l'année, savoir, à la fête de sainte Aure et aux deux fêtes de saint Eloi. Les historiens de Paris assurent que cette ville a souvent éprouvé les effets sensibles de la protection de notre sainte abbesse.

Voyez la vie de saint Eloi, par saint Ouen; Quétif, Vita et Miraculu B. Aureæ ; Dubois, Hist, eccl. Paris, t. I, et les autres historiens de Paris.

S. PLACIDE, et ses COMPAGNONS, MARTYRS. Tiré de saint Grégoire le Grand , Dial. 1. 2, c. 3, 7, et de Mabillon, Annal. t. 1. Le docte Bénédictin montre que les différens actes du martyre de ces Saints sont apocryphes , et ne méritent aucune créance. Le P. de Bue, un des continuateurs de Bollandus , a fortifié ce sentiment par de nouvelles preuves, S. 3 et 4.

L'AN 546. La réputation de sainteté dont jouissoit saint Benoit pendant qu'il vivoit à Sublac , s'étant répandue au loin, les plus illustres familles de Rome s'empressèrent de lui envoyer leurs enfans, afin qu'il se chargeât du soin de leur éducation. Equice, lui confia Maur, son fils, à l'âge de douze ans. Placide, fils du patrice Tertullus, n'en avoit que sept lorsqu'il fut mis sous sa conduite. Comme le coeur de ce dernier n'avoit point encore été corrompu par

le monde, il étoit bien plus susceptible de toutes les impressions de vertu que

lui donnoit son maître. Un jour, dit saint Grégoire, le jeune Placide se laissa tomber dans le lac de Sublac où il étoit allé puiser de l'eau. Saint Benoit , renfermé dans

lo monastère, connut aussitôt cet accident; il appelle Maur, et lui dit : « Courez vite, mon » frère, l'enfant est tombé dans l'eau. » Maur lui demande sa bénédiction, et s'empresse d'obéir. Il marche sur l'eau jusqu'à l'endroit où étoit Placide; puis le prenant par les cheveux , il revient au bord du lac. Ce ne fut qu'alors qu'il s'aperçut qu

'il avoit marché sur l'eau. Saint Benoit attribua le miracle à l'obéissance de son disciple; mais le disciple l'attribua à l'ordre et à la bénédiction de son bienheureux maître. Placide décida la dispute , en disant : « Lorsque j'ai été tiré de l'eau, » j'ai vu sur ma tête la melote de l'abbé, et lui» même qui me secouroit. » On appeloit melote une peau de brebis que les moines avoient coutume de porter sur leurs épaules.

Placide étant alors fort jeune, n'avoit encore reçu ni la tonsure, ni l'habit monastique. La conservation miraculeuse de sa vie fut regardée comme l'emblême de ce qu'avoit fait la grâce pour le sauver de l'abime du péché. Il faisoit tous les jours de nouveaux progrès dans la vertu, et il parvint à un tel degré de perfection , que saint Benoit eut toujours pour lui une tendresse particulière, et qu'il le mena avec lui au MontCassin en 528. Tertullus , qui étoit le principal fondateur de ce monastère, vint quelque temps après faire une visite à l’an et à l'autre. Il fut extrêmement touché des vertus de son fils ; et pour marquer sa reconnoissance à saint Benoît, il lui donna une partie des biens qu'il avoit dans le pays; il lui en donna encore d'autres en Sicile , et le saint patriarche у

nouveau monastère près de Messine (a). Placide, âgé d'environ vingt-six

(a) Cette ville a un beau port sur le détroit qui sépare l'Italie de la Sicile.

fonda un

« PrécédentContinuer »