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mais plusieurs d'entre eux étoient encore livrés aux superstitions de l'idolâtrie; d'autres étoient infectés d'erreurs capitales contre la foi. Le duc Théodon I, qui commandoit dans le pays sous l'autorité du roi Sigebert III, retint long-temps le saint missionnaire à Ratisbonne, et fit tous ses efforts pour l'y fixer ; mais Emmeran refusa toutes les offres du duc, en disant qu'il ne devoit prêcher que Jésus crucifié. On a cru qu'il avoit été évêque de Ratisbonne, ou du moins associé au gouvernement de ce diocèse. Ses travaux apostoliques furent suivis de conversions innombrables. Trois ans s'étant écoulés de la sorte, il partit pour Rome dans le dessein de vénérer les reliques des apôtres et des martyrs, et de consulter le souverain pontife sur

pontife sur certaines difficultés.

Mais une femme corrompue avoit juré sa perte. Une troupe de scélérats qu'elle avoit subornés allèrent l'attendre près d'Aschaim, à l'entrée du diocèse de Frisingen, et le massacrèrent de la manière la plus barbare; ils lui coupèrent les membres les uns après les autres, et laissèrent son tronc nageant dans le sang. Son martyre arriva le 22 Septembre 652 (b). Lambert ,

fils du duc Théodon, qui avoit été le principal auteur du crime, fut banni et n'eut jamais la principauté du

pays. Le corps du Saint fut enterré à Aschaim, qui est un peu au-dessous de Munich sur l'Iser. Le duc Théodon le fit depuis porter solennellement à Ratisbonne, et déposer dans l'église de

(6) On lit dans le discours sur le martyre de saint Emmeran, publié par Martène , que le saint missionnaire avoit entendu la confession de deux personnes coupables d'adultère , et qu'il aima mieux s'exposer aux ressentimens du prince, que de manquer à un secret qu'il ne peut jamais être permis de violer.

Saint-George, aujourd'hui de Saint-Emmeran. On fonda dans la même ville , avant la fin du septième siècle, un célèbre monastère qui porte aussi le nom du Saint , et dont quelques auteurs attribuent la fondation au duc Théodon lui-même.

Voyez la vie de saint Emmeran par Aribon, surnommé Cirinus, évêque de Frisingen , qui mourut en 782 ; Raderus Bavar. Sanct. t. I, p. 42; le Cointe, ad an. 652 ; un discours sur le martyre du Saint , publié par D. Martène, Vet. Script. ampliss. collect. t. IV, part. 2 , col. 24 ; Mabillon, Annal. Ben. t. II, ad an. 730, n. 50 ; Krauss , abbé de SaintEmmeran, Ratisbona monastica ; Suyskens, t. VI, Sept.

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p. 454.

S. SALABERGE, ABBESSE A LAON. SAINTE SALABERGE sortoit d'une illustre famille établie dans le territoire de Toul. Etant devenue aveugle dans son enfance, elle recouvra miraculeusement la vue par les prières et la bénédiction de saint Eustase, abbé de Luxeul. On croit que ce prodige s'opéra à Gondrecourt sur Meuse, petite ville ainsi appelée de Gondoin son père. On la maria à un jeune seigneur, qui la laissa veuve peu de temps après. Elle ne pensoit plus qu'à vivre

pour

Dieu; mais ses parens l'obligèrent à se remarier. Elle épousa Blandin , qui a mérité par ses vertus d'être mis au nombre des Saints, et qui est honoré le 7 Mai. Elle eut cinq enfans , qu'elle prit soin d'élever dans la crainte du Seigneur. Dégoûtée enfin du monde, elle prit le voile du consentement de son mari, et fonda un monastère qu'on croit être celui de SaintPierre de Poulangey , au diocèse de Langres. Elle y apprit à un grand nombre de vierges à marcher dans les voies étroites de la perfection. Vers l'an 650, elle fit bâtir à Laon le monastère de saint Jean-Baptiste, où elle se retira avec la

plus grande partie de ses filles spirituelles, auxquelles elle ne cessa de donner jusqu'à la mort l'exemple de toutes les vertus. Les fonctions attachées à la place d'abbesse ne l'empêchoient point de vaquer aux plus bas emplois de la communauté. On met sa mort au 22 Septembre, vers l'an 665 (a), et elle est nommée sous ce jour dans le martyrologe romain.

Voyez sa vie anonyme par un auteur contemporain, ap. Mabil. sect. 2 , Ben. p. 422, avec les remarques du P. Clé, t. VI, Sept. , et Calmet, Hist. de Lor.l. 4, n. 41, p. 453.

S. SAINTIN, PREMIER Évêque de Meaux.

L'HISTOIRE de la vie de saint Saintin est fort obscure. S'il est vrai qu'il ait occupé le siége de Verdun avant celui de Meaux, il a vécu dans le quatrième siècle, et n'a point été disciple de saint Denis de Paris, comme quelques auteurs l'ont cru. Il est nommé dans les anciens martyrologes, sous le 22 Septembre, quoiqu'on fasse aujourd'hui sa fête le 1 Octobre à Meaux et à Verdun. On l'honore aussi dans le diocèse de Tours et de Chartres. Il y avoit à Meaux, dans le neuvième siècle, une abbaye de son nom. Quelques auteurs ont distingué deux saints appelés Saintin , l'un évêque de Meaux, et l'autre évêque de Verdun ; mais on ne peut rien dire de certain sur un point d'histoire qui remonte à un temps aussi reculé,

(a) Sainte Salaberge compta dans son monastère jusqu'à 300 religieuses , qui se partageoient en différens cheurs pour chanter nuit et jour les louanges du Seigneur, comme cela

se pratiquoit à Remiremont, à Agaune, etc. L'abbaye de · Saint-Jean de Laon appartient présentement aux Bénédictins.

Ou bonore dans cette ville plusieurs Saints de la famille de * sainte Salaberge, tels que Bodon son frère , qui fut évêque de Toul ( 11 Septembre); Baudouin son fils (8 Janvier) ; Austrude sa fille , vierge ( 22 Octobre ), etc.

et sur lequel l'antiquité ne nous a point laissé de monumens.

Voyez D. Toussaint du Plessis , Histoire de l'église de Meaux, t. 1, p. 4 et 612; le Gallia Chr. nova , t. VIII, p. 2597, etc.

S. FLORENT, ET QUELQUES AUTRES SAINTS HONORÉS En France.

Saint FLORENT , né dans les Gaules , quitta son pays pour aller vivre sous la conduite de saint Martin de Tours, qui l'ordonna prêtre. Ayant passé quelque temps à prêcher l'évangile dans le Poitou , il se retira sur la montagne de Glonne , vers les confins des diocèses de Nantes et d'Angers , pour y mener la vie solitaire. Sa saintetélui attira des imitateurs, ce qui donna naissance au monastère de Glonne, connu depuis sous le nom de Saint Florent-le-Vieux. Dans le onzième siècle, Hugues le Grand, comte de Vermandois, enleva de Saumur les reliques de saint Florent , et les mit dans la ville de Roye. Quatre cents ans après, Louis XI les fit restituer à Saumur. Les habitans de Roye intentèrent un proces, qu'ils gagnèrent ; mais comme il étoit difficile de faire exécuter la sentence, on partagea les reliques. Saint Florent est' patron de la ville de Roye , et on l'y honore le 22 Septembre.

Voyez Baillet, le P. Longueval , histoire de l'église gallicane, t. I, p. 387 , etc.

SAINT SYLYAIN est patron de la petite ville de Levroux en Berri , qui l'honore en ce jour. Il est le même que le publicain Zachée, selon une tradition populaire , mais qui n'est appnyée sur aucun fond ement solide.

SAINTE LUTRUDE ou LINTRUDE, vulgairement sainte LINDRU, eut plusieurs sæurs qui vécurent

que

comme elle en Champagne, dans la virginité, et

l'on honore d'un culte public dans l'église ; savoir, sainte Hou , sainte Amée, sainte Pusinne, sainte Ménehoud, sainte Francule et sainte Libère ou Libérie. Elles furent instruites par un prêtre vertueux nommé Eugène, et reçurent le voile des mains de saint Alpin, évêque de Châlons-surMarne. Elles restèrent toutes dans la maison paternelle jusqu'au temps où Lindru se retira dans un petit ermitage. Celle-ci ayant fait un voyage à Rome , en rapporta des reliques ; on dit aussi qu'elle en obtint de saint Maurice et de ses compagnons en passant par Agaune. De retour dans son ermitage, elle continua d'y vivre dans les austérités de la pénitence. Elle mourut le 22 Septembre, et fut enterrée dans l'église qu'elle avoit fait bâtir auprès de sa cellule. On dit que son corps fut porté depuis à l'abbaye de Corbie.

SAINTE HOILDE, autrement sainte OTHILDE, sainte Hilde, et vulgairement sainte Hou, mena à peu près le même genre de vie que sainte Lindru. Son corps resta dans le Pertois jusqu'au milieu du douzième siècle. Il fut porté à Troyes vers l'an 1159 , et déposé dans l'église de SaintEtienne. On mit un bras de la Sainte dans le monastère de l'ordre de Cîteaux, bâti sous son invocation près de Bar-le-Duc; son autre bras fut apporté à Paris, et placé, avec une relique de saint Aventin de Troyes, sous le grand autel de l'église des petites Cordelières du faubourg SaintGermain, dont le monastère n'existe plus. Sa fête est marquée au 30 Avril.

SAINTE PUSINNE se retira , après la mort de son père et de sa mère, au village de Bansion en Picardie. Sa vertu attira auprès d'elle un grand nombre de filles qui tenoient à la perfection. On

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