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► d'être dans la réalité ce que signifie ce nom.

Dacien. Quelle est votre religion? Foi. Dès » mon enfance, je sers le Seigneur Jésus-Christ, o en lui consacrant toute mon ame? Dacien. » Croyez-moi, ma fille, ayez égard à votre jeu» nesse et à votre beauté. Abandonnez la religion » que vous professez , et sacrifiez à Diane, qui » est une divinité convenable à votre sexe, et qui » vous comblera des plus précieuses faveurs. » Foi. Les dieux des nations sont des démons;

comment pouvez-vous me conseiller de leur » offrir des sacrifices ? DACIEN irrité : Et vous » osez appeler nos dieux des démons ? Il faut » vous déterminer ou à leur offrir des sacrifices, » ou à périr dans les tourmens » La Sainte se rappelant le courage des martyrs , et la couronne glorieuse promise à ceux qui persévèrent jusqu'à la fin, ne fut point effrayée de ces menaces; elle se sentit même enflammée d'un nouveau désir de donner sa vie pour Jésus - Christ. « Non - seule» ment, s'écria -t-elle; je suis prête à souffrir » toutes sortes de tourmens pour mon Dieu , » mais je brûle de mourir pour lui. » Dacien, plus irrité que jamais , fit apporter un lit d'airain , sur lequel on lia le corps de la Sainte avec des chaînes de fer; ensuite on alluma dessous un grand feu, dont on augmentoit encore l'ardeur en y jetant de l'huile et d'autres matières grasses. Les spectateurs furent saisis de compassion et d'horreur. « Comment, disoient quelques-uns » d'entre eux, peut-on traiter de la sorte une » jeune vierge qui est innocente, et dont le seul » crime est d'adorer Dieu ? » Dacien en fit arrêter plusieurs; et comme ils refusèrent de sacrifier dans le temple où ils avoient été conduits, ils furent décapités avec sainte Foi.

Voyez les actes sincères de la Sainte, qui sont fort courts. Surius et Labbe ont donné d'autres actes qui sont plus longs , mais dans lesquels il se trouve diverses interpolations, comme des histoires de miracles qui ne sont point appuyés sur de sûrs garans. On doit consulter sur-tout les commentaires du P. Ghesquière, un des continuateurs de Bollandus, 6 Oct. t. III, p. 263 (a).

Saint Dulcidius, évêque d’Agen, qu'on donne pour successeur à saint Phébabe, qui mourut à la fin du quatrième siècle (1), transféra les reliques de sainte Foi dans la nouvelle église qu'il avoit fait bâtir dans l'enceinte de la ville. Quant à celles de saint Caprais et des compagnons de son martyre, il les transféra dans une autre église qui étoit aussi dans l'enceinte d’Agen. L'histoire de cette translation, qui paroît être d'un témoin oculaire, se trouve dans les actes de sainte Foi, que Surius et Labbe ont publiés. On vénère encore le lieu où la crainte des persécuteurs avoit

(a) Quelques martyrologes mettent saint Caprais au nombre des compagnons de sainte Foi ; mais ce Saint ne souffrit que le 20 Octobre, suivant les meilleurs Mss. du martyrologe dit de saint Jérôme, et suivant Adon, Usuard , Wandelbert, et le martyrologe romain moderne.

Les actes de la Sainte, publiés par Surius, lui donnent aussi pour compagnons saint Prime et saint Félicien : mais ces actes sincères ne font aucune mention ni de ces deux martyrs , ni de saint Caprais. On honore le 9 Juin un saint Prime et un saint Félicien qui souffrirent à Rome, et dont les reliques furent découvertes en 648 sur la voie Nomentane, comme le rapporte Anastase dans la vie du pape Théodore. On met à Agen deux autres martyrs du même nom , et l'on garde dans cette ville une partie de leurs reliques avec celles de sainte Foi. Les actes de cette Sainte, qu'on trouve dans Surius , sont du cinquième ou du sixième siècle ( Hist. litt. de la Fr.) ; et le corps de saint Prime, avec la principale partie des reliques de saint Félicien de Rome , gardoient dans cette ville en 846. (Ghesquière , loc. cit. p. 270.) Il n'est donc point hors de vraisemblance que saint Prime et saint Félicien d’Agen aient souffert avec sainte Foi ou peu de temps après.

(?) Voyez le préviaire d’Agen, et les auteurs du Gallic Christ. vetus

se

nova.

fait cacher primitivement les corps de nos saints martyrs.

Vers l'an 886, les reliques de saint Vincent d'Agen, martyr, et celles de sainte Foi, furent portées à l'abbaye de Conques, dans le Rouergue (6). On les transféra dans la nouvelle église de la même abbaye, vers l'an 1050. Le

pape

Urbain V fit donner une partie des reliques de sainte Foi aux moines de Cucufat, en Catalogne, vers l'an 1365; et c'étoit peut-être pour les dédommager du don qu'ils avoient faits à la ville de Montpellier, d'un bras de saint Louis de Toulouse. On honoroit autrefois à Glastenbury un bras de sainte Foi.

Il y a, en France, un grand nombre d'églises qui portent le nom de cette Sainte. On distingue celle de Longueville, en Normandie, qui fut considérablement enrichie par Walter ou Gautier Giffard, comte de Bukingham, en Angleterre. Sainte Foi étoit patronne du prieuré de Xorsam, dans la province de Norfolk, auquel Henri I accorda de grands priviléges (c). L'église souterraine de la même Sainte, bâtie sous celle de SaintPaul de Londres, étoit aussi fort célèbre (2).

S. PARDOU, ABBÉ DE Guéret, DANS LA MARCHE. Saint PARDOU (a), fils d'un laboureur, naquit vers l'an 658, au village de Sardène, près de

(6) Les histoires de cés translations , dont deux sont en prose et une en vers , ont été puliées par Mabillon et par les Bollandistes. Conques est à six lieues de Rodez, du côté du nord.

(c) ll avoit été fondé par Robert Fitz-Walter et par Sibile, sa femme. Monast. Angl. t. I, p. 413.

(a). Voyez Dugdale, dans son histoire de Saint-Paul de Londres.

(a) Pardulfus.

Guéret, dans la Haute-Marche, qui faisoit alors partie du Limousin. Un accident qui lui arriva dans son enfance le rendit aveugle; mais depuis il recouvra la vue. Conduit par l'Esprit-Saint , dont il écoutoit fidèlement les leçons, il acquit une parfaite connoissance des voies de la vie spirituelle. On admiroit en lui un amour extraordinaire pour la retraite et la prière. Ayant quitté la maison paternelle, il alla se renfermer dans un ermitage pour ne plus s'occuper que de Dieu. Sa sainteté le rendit si célèbre, qu'on l'obligea de prendre la conduite du monastère de Waract, fondé depuis peu par Lanthaire, comte de Limoges. Il y établit une parfaite régularité, et se montra digne du choix que l'on avoit fait de lui. Il s'y forma dans la suite une ville qui subsiste encore sous le nom de Guéret.

Le saint abbé se proposa pour modèles les anachorètes les plus pénitens. Ses austérités étoient incroyables, sur-tout en carême. Il donnoit encore à la prière tous les intervalles, qui se trouvoient entre les différentes heures de l'office divin. Après none, il recevoit les pauvres et les malades qui venoient le visiter, et leur accordoit tous les secours de l'ame et du corps qui dépendoient de lui.

Les Maures s'étant jetés dans la Marche, il exhorta ses religieux à prendre la fuite, et il voulut rester seul. Les barbares épargnèrent le monastère, ce que l'on attribua à la vertu de ses prières. Il mourut âgé d'environ quatre-vingts ans, et on l'enterra dans son monastère. On transporta depuis son corps à Sarlat, en Périgord; on le porta secrètement, sous le règne du roi Robert, dans le monastère d'Arnac, en Limousin, près de Pompadour , lequel n'est plus aujourd'hui

qu’un prieuré. Les moines de Guéret ont toujours prétendu posséder ce précieux dépôt; d'où il faudroit conclure que les translations dont nous venons de parler n'auroient été occasionnées que par quelques circonstances particulières , et que ces circonstances n'ayant plus lieu, ils faisoient rapporter les reliques de saint Pardou. Ce Saint est honoré en ce jour; mais il n'est point nommé dans les anciens martyrologes.

Voyez sa vie écrite par un auteur anonyme qui avoit vu ses disciples ; D. Ménard l'a donnée dans ses Observ. in Martyr. Ben. Le P. Labbe, dans sa Bibl. Mss. et D. Mabillon dans ses Act. SS. Ben. sect. 3, part. 2. Quelques auteurs pensent que c'est l'ouvrage attribué à Yves , prieur de Cluny, dans la chronique de Geofroi, prieur du Vigeois, en Limousin. Voyez aussi Baillet , sous le 6 Octobre.

S. MARC, PAPE. Voyez le pontifical publié par Anastase , ap. Muratori inter

İtalic. Rerum Scriptores, t. III, p. 112 ; Baronius, ad an. 336; Bosius et Arhinghi , lib. 2, c. 15.

L'AN 336. Saint Marc, né à Rome, entra dans le clergé de cette ville, y servit Dieu avec beaucoup de ferveur, et s'y distingua sur-tout par son zèle et par sa charité. La persécution avoit cessé en Occident, au commencement de l'année 305; mais elle s'y ralluma peu de temps après sous Maxence. Saint Marc, supérieur aux dangers qui menaçoient l'église, veilloit avec le plus grand soin au salut des fidèles ; il employa les intervalles de liberté que laissoient les païens, à fortifier les disciples de Jésus-Christ. Il savoit que le démon n'accorde jamais de trève, et qu'en général ses piéges sont principalement à craindre dans les temps de calme. On le donna pour suc

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