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ces de la vie ascétique. Il lui vint des disciples avec lesquels il travailla à se perfectionner dans les voies intérieures. Quelques années après , Probien, évêque de Bourges, le fit abbé du monastère de SaintSymphorien, qui étoit dans le voisinage de cette ville. Il ne laissa

pas

de veiller toujours sur sa petite communauté, à laquelle il avoit donné un directeur pour le remplacer. Dieu lui révéla le lieu où étoit le corps de saint Ursin, premier évêque de Bourges. On met ordinairement sa mort vers l'an 560. Les martyrologes lui donnent la qualité de prêtre, mais non celle d'abbé. Celui de France, après l'avoir qualifié prêtre confesseur, au jour où tombe sa fête, le qualifie ailleurs vénérable abbé de Bourges ou du Berry.

Voyez saint Grégoire de Tours , de Glor. Confes. c. 80 ; le Gallia Chr. nova , t. II ; Baillet, etc.

S. PALLADE, VULGAIREMENT S. PALAIS,

ÉVÊQUE DE SAINTES. PALLADE, d'une famille illustre , succéda à Didyme sur le siège de Saintes, vers l'an 573. Il fit éclater sa piété dans le soin qu'il prit d'orner les églises , et d'en bâtir de nouvelles. Il avoit une grande dévotion pour saint Eutrope, premier évêque de Saintes, et il fit la translation de ses reliques, ainsi que de celles de l'abbé Saint-Martin. Il assista aux conciles qui se tinrent à Paris et à Mâcon, l'un en 573, et l'autre en 585; mais l'éclat de ses vertus fut terni

par

des actions dignes de reproche.

Unaventurier nommé Gondebaud , qui se disoit fils de Clotaire I, mit plusieurs provinces dans ses intérêts ; il gagna même Mommol, général du roi Gontran. Etant à Bordeaux,il voulut faire sacrer

Faustin , évêque d'Acqs, dans la troisième Aquitaine. Pallade fit la cérémonie de ce sacre à la place de Bertrand de Bordeaux qui l'en avoit prié. Une telle conduite ne pouvoit manquer de lui attirer l'indignation du roi Gontran. Ce prince, l'ayant vu officier à Orléans, vouloit sortir de l'église; mais les autres évêques qui étoient dans cette ville le prièrent de ne pas faire cet affront à l'épiscopat. Gontran s'adoucit, et reçut même Pallade à sa table, mais lui fit sentir le mécontentement qu'il avoit eu de sa conduite. L'évêque de Saintes et celui de Bordeaux, qui jusquelà avoient été amis, s'oublièrent en présence même du roi, et eurent une dispute fort vive. Les deux prélats promirent de se représenser devant le concile de Mâcon qui se tint

se tint peu de temps après. Dans cette assemblée, on déposa Faustin qui avoit été sacré évêque d'Acqs, et il fut décidé que Bertrand de Bordeaux, Pallade de Saintes , et Oreste de Bazas , qui avoient concouru ou consenti à son ordination, le nourriroient tour à tour, et fourniroient à son entretien.

Quelque temps après , Pallade fut encore accusé de favoriser les desseins de Frédégonde contre Gontran; mais c'étoit une calomnie. L'évêque de Saintes n'avoit point reçu les députés de Frédégonde, comme ses ennemis le publicient; il étoit en retraite dans une île voisine , pour se préparer à célébrer la fête de Pâques. Antestius,gouverneur d'Angers, qui s'étoit rendu à Saintes, profita de cette occasion pour mortifier l'évêque qu'il n'aimoit pas. Il pilla sa maison, et ne voulut le laisser rentrer dans sa ville qu'à condition qu'il lui vendroit une terre qu'il avoit en Berry: Pallade

passa

le reste de sa vie dans l'exercice de ses fonctions; et l'on ne peut douter qu'il n'ait

effacé par la pénitence les fautes qu'il pouvoit avoir commises, puisque l'église l'a mis au nombre des Saints. Le pape saint Grégoire-le-Grand lui écrivit pour lui recommander saint Augustin et les autres missionnaires qu'il envoyoit en Angleterre; il lui écrivit encore en lui envoyant des reliques de saint Pierre et de saint Paul, qu'il avoit demandées pour enrichir l'église qu'il avoit fait bâtir à Saintes, en l'honneur de ces saints apôtres, de saint Laurent et de saint Pancrace. Il mourut à la fin du sixième siècle. Il est nommé en ce jour dans le martyrologe de France.

Voyez saint Grégoire de Tours , Hist, l. 7 et 8, etc. ; saint Grégoire le Grand , l. 5, ep. 50 et 52 ; le Gallia Christ.

t. 2, p. 1058 ; le P. Longueval, Hist. de l'Eglise gallicane, t. ill, passim , et Baillet.

nova. ,

;

S.te OSITHE, MARTYRE EN ANGLETERRE. Osithe, née à Quarendon , étoit fille de Fréwald, prince de Mercie , et nièce d'Edithe , à laquelle appartenoit la ville et le manoir d'Ailesbury. Elle fut élevée dans la piété sous les yeux de sa tante, que ses vertus rendoient singulièrement recommandable. On la maria fort jeune à un roi des Est-Angles ; mais le jour même de son mariage , elle obtint le consentement du prince pour vivre dans une virginité perpétuelle. Le roi lui ayant donné le manoir de Chick, elle

y

fit bâtir monastère , qu'elle gouverna \plusieurs années avec une grande réputation de sainteté. Durant les irruptions des Danois, ces barbares lui coupèrent la tête, en haine de la religion chrétienne qu'elle professoit. On met son martyre vers l'an 870. La crainte des mêmes barbares fit porter son corps à Ailesbury, où il resta quarante-six ans; on le rapporta ensuite à Chick, dans la pro

un

vince d'Essex. Ce lieu, situé près de Colchester, prit ensuite le nom de la Sainte. On y bâtit , sous l'invocation de sainte Osithe , une abbaye de chanoines réguliers, qui devint célèbre par les miracles opérés à la châsse de la Sainte, laquelle avoit été donnée, en 1107, par Maurice , évêque de Londres. Cette abbaye a subsisté jusqu'à la destruction des monastères en Angleterre.

Voyez Tanner, Notit: Monast. in-folio; Guillaume de Malmesbury, l. 2. Pontif. ; la vie de la Sainte , par Vère , dans l'Itinér. de Léland. vol. 8, P: 41, et Ericus Pantoppidanus ; Gesta Danor. extra Daniam, Hafniæ , 1740, in-4., t. l] , sect, 1, S. 12, p. 40, 41, 42, etc.

S.te BRIGITE, VEU V E.

Tiré de la bulle de sa canonisation , publiée par Boniface IX en 1391 ; d'Hélyot , Hist. des Ordr. relig. t. IV, p. 25; de Stevens, Monast. t. II, p. 230; de Godeau , Eloges des princes et princesses , p. 454. Voyez Messeoins, Scondia illustratæ, t. IX, p. 43 auclæ à Joan. Peringkioldo, Stocholmiæ, 1700, in-fol. ; Vastovius, in Vitâ sanctæ Birgittæ , cum notis Érici Benzelii in Vastovii Vitem Aquiloniam, an. 1708. Cette vie de sainte Brigite fut coni posée par Marguerite, abbesse de Wastein, vers l'an 1420, peu de temps après la canonisation de la Sainte, que le concile de Constance confirma en 1415. Elle étoit en vieux suédois ou langue gothique ; inais Benzélius , bibliothécaire, puis archevêque d'Upsal, l'a traduite en latin , et l'a enrichie d'un bon commentaire. Nous apprevons du journal de l'abbaye de Wastein, que Nicolas Herman , évêque de Lincopen , qui avoit été précepteur des enfans de sainte Brigite écrivit la vie de la Sainte , qui commence par ces mots : Rosa rorans bonitatem ; et qu'en 1440, Jean-Benoît écrivit l'histoire de la translation de ses reliques.

L'AN 1373. Birgite, qu'on appelle communément Brigite , ou Brigide , étoit fille de Birger, prince du sang royal de Suède, et législateur d’Upland (a). Sa

(a) Upsal étoit alors la capitale de la province d’Upland de toute la Suède. Dans la cathédrale de cette ville , qui est Tome IX.

S

mère se nommoit Signide, et descendoit des rois des Goths, Birger et Sigride vivoient dans la pra+ tique la plus exacte du christianisme , et avoient une dévotion singulière à la passion du Sauveur. Le prince jeûnoit, se confessoit et communioit tous les vendredis, afin d'obtenir la grâce de porter patiemment les croix que Dieu lui enverroit jusqu'au vendredi suivant.La princesse n'avoit pas moins de piété; mais elle mourut peu de temps après la naissance de notre Sainte , que l'on met vers l'an 1302.

La jeune Brigite fut élevée par une de ses tantes, qui étoit également recommandable par ses vertus. Elle fut privée de l'usage de la parole jusqu'à l'âge de trois ans ; mais elle ne sut pas plutôt parler , qu'elle se servit de sa langue pour louer Dieu. Dès son enfance, elle ne prenoit plaisir qu'à des discours sérieux. La grâce agissoit si puissamment dans son cour, qu'elle n'avoit d'attrait que pour les exercices de piété. On ne remarquoit en elle aucun de ces défauts qui sont les suites de la foiblesse de l'enfance. A l'âge de dix ans , elle fut singulièrement touchée d'un sermon qu'elle entendit sur la passion. La nuit suivante, elle crut voir Jésus-Christ atlaché à la croix, tout couvert de plaies et de sang; il lui sembla en même temps qu'une voix lui disoit : « Regardez-moi , ma » fille. Eh ! qui vous a traité de la sorte , dit-elle ? » Ce sont, répondit la même voix, ceux qui me mécouverte de cuivre, ainsi que plusieurs autres édifices du pays, on voit le tombeau du père de sainte Brigité, parmi ceux des anciens rois et des anciens archevêques.

Stolkhom fut bâtie depuis sur pilotis dans six petites ilesz un lac et une rivière, à dix milles de la mer. Cette ville est aujourd'hui 'la capitale, non-seulement de la province , mais de tout le royaume. Elle est célèbre par la grandeur et l'étendue de son port.

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