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ne voit pourtant pas qu'elle ait fondé de monastère. Elle fut enterrée à Bansion. En 860, ses reliques furent portées à l'abbaye de Herwoden en Westphalie , qui étoit gouvernée par la nièce de saint Adélard de Corbie. Sa principale fête est marquée au 23 Avril.

SAINTĖ MÉNÉCHILDE, vulgairement sainte MentHOUD, suivit les traces de ses scurs. Après sa mort, elle fut enterrée dans la ville d'Auxuenne, qui depuis a pris son nom , qu'elle porte encore aujourd'hui. Cette ville est dans le pays d'Argone. La fête de sainte Ménéhoud est marquée au 14 Octobre.

On ne sait rien de sainte Ame ou Amée, de sainte Francule et de sainte Libérie. Leur culte n'a point de jour particulier. L'opinion la plus probable est que toutes ces Saintes ont vécu vers le milieu du septième siècle.

Voyez Surius , ad 22 Septemb. ; Baillet, Papebroch, ad diem 23 et 30 Ap. et le nouveau bréviaire de Châlons, sous le 14 Octobre.

S. LIN, PAPE ET MARTYR. Voyez Eusébe , l. 3 , c. 2; Epiphane, hær. 27', c. 6. Nous apprenons de saint Irénée , d'Eusébe, de saint Epiphane , de saint Optat et de saint Augustin, etc. que saint Lin fut le sụccesseur immédiat de saint Pierre sur le siége de Rome. On lit dans Tertullien (1) , que le prince des apôtres, désigna saint Clément pour le remplacer; mais ou saint Clément refusa cette dignité jusqu'après la mort de saint Lin et de saint Clet, où il ne fut d'abord que le vicaire de saint Pierre , afin de gouverner., sous son autorité, les Gentils convertis, tandis (1) Præscript, c. 32. Tome Ix.

B*

que cet apôtre s'occupoit du soin de veiller sur toute l'église; en sorte cependant qu'il s'appliquoit principalement à instruire les Juifs fidèles, et à répandre de plus en plus la lumière de l'évangile par ses prédications (2). Saint Lin étant monté sur la chaire de saint Pierre lorsque ce premier vicaire de Jésus-Christ eut été martyrisé, l'occupa onze ans, c'est-à-dire , depuis l'an 65 jusqu'en l'an 76 (3). Il est nommé parmi les martyrs dans le canon de la messe de l'église romaine, qui est d'une plus haute antiquité que

le sacramentaire de Gélase, et d'une plus grande autorité sur ce point. On voit d'ailleurs par de très -'anciens pontificaux, qu'il versa son sang pour la foi (a). Il fut enterré sur le Mont-Vatican, près du tombeau de saint Pierre. Sa fête est marquée par Bede au 7 Octobre; mais Florus , et le martyrologe romain la mettent au 23 Septembre.

S.te

te THÈGLE, VIERGE ET MARTYRE. Tillemont, t. II, p. 60 , a recueilli les principales circons

tances de la vie de cette Sainte, dans les écrits de plusieurs Pères de la primitive église. Nons n'avons point d'actes authentiques de sainte Thècle : ceux mêmes en faveur desquels se sont déclarés Baronius et Grape , Spicil. patr. t. I, p. 95, portent des marques évidentes de supposition , comme Stilting l’a prouvé, t. VI. Sept., p. 547. Nous apprenons de Tertullien et de saint Jérôme , qu'un prêtre d'Ephèse, nommé Jean , fut déposé pour avoir fabriqué de (2) V. Hammond , Pearson , Cave , etc.

(3) V. Berti, Chron. t. II, Chronologia primorum pontificum ex picturis veteribus in, basilica S. Pauli, sedente S. Lcone vel Symacho, inter Op. Anastasii Bibliot. per utrumque Blanchinum edita, Romæ , 1919et Stilting , t. VI, Sept. p. 539.

(a) Stilling, t. VI, Sept. p. 540, prouve que les raisons apportées

par Tillemont pour soutenir l'opinion contraire, ne sont d'aucune force.

prétendus actes de saint Paul et de sainte Thècle, et le pape Gélase condamna un livre qui portoịt ce titre. Il ne nous reste plus rien de ces ouvrages. C'est dans ces sources que Basile de Séleucie, qui écrivoit dans le cinquième siècle , puis les matériaux qui lui servirent à composer la vie de sainte Thècle. Voyez Stilting, t. VI, Sept. p. 546, et Fabricius, Bibl. Græc. t. IX, p. 146.

Premier siècle. SAINTE THÈCLE, dont le nom a toujours été fort célèbre dans l'église , et qui est appelée la première martyre de son sexe par saint Isidore de Péluse, ainsi que par tous les Grecs, fut un des plus beaux ornemens du siècle des apôtres. Elle étoit née dans l'Isaurie ou dans la Lycaonie. Saint Méthode dit, dans son Banquet des Vierges, qu'elle étoit fort versée dans la philosophie profane ; qu'elle possédoit toutes les parties des belles-lettres , et qu'elle s'exprimoit avec autant de force et d'éloquence, que de douceur et de facilité. Il ajoute qu'elle fut convertie au christianisme par saint Paul, et qu'elle devint trèshabile dans la connoissance de la religion. Il loue l'ardeur de son amour pour Jésus-Christ , qui éclata dans plusieurs occasions importantes , et sur-tout dans les combats qu'elle soutint pour la foi avec un courage et une force de corps dignes de la vigueur de son ame.

Suivant saint Augustin , saint Epiphane, saint Ambroise , etc. ce fut à Icône que saint Paul la convertit par ses prédications. L'opinion la plus vraisemblable est qu'elle embrassa le christianisme vers l'an 45. Les discours de l'apôtre lui firent comprendre toute l'excellence de la virginité, et elle résolut de donner la préférence à cet état, dans un âge encore tendre. Elle renonça sur-le-champ à un mariage avantageux que ses parens étoient sur le point de lui faire contracter.

Elle commença son sacrifice , dit saint Grégoire de Nysse (1), en donnant la mort à la chair, en pratiquant de grandes austérités, en étouffant dans son cœur toutes les affections terrestres, en soumettant ses passions par une vie contraire aux sens ; en sorte qu'elle ne paroissoit plus conduite que par la raison et l'esprit. Le monde étoit mort pour

elle, comme elle étoit morte pour le monde.

L'auteur d'une homélie composée du temps de saint Chrysostôme, et que l'on a attribuée à ce Père, rapporte que les parens de Thècle , qui ne connoissoient point le motif de la conduite extraordinaire qu'elle tenoit , employèrent les menaces, les caresses , et tous les moyens possibles pour la déterminer à finir l'affaire de son mariage. Le jeune homme, qui devoit l'épouser, se joignit à eux, et fit aussi valoir les raisons les plus capables de la toucher. Enfin tous ceux qui la connoissoient la pressèrent, de la manière la plus persuasive, de se rendre aux désirs de sa famille. Tous ces moyens étant inutiles, on eut recours au magistrat , qui la menaça de la sévérité des lois. Thècle triompha de tous ces différens assauts , et regarda comme ses plus cruels ennemis ceux qui affectoient de lui témoigner tant de tendresse. Se voyant un peu plus libre, elle profita de cette occasion pour s'échapper des mains de ses persécuteurs, et elle se retira auprès de saint Paul, pour y trouver quelque consolation : ainsi elle abandonna ce qu'elle avoit de plus cher dans le monde, ne cherchant

que

Jésus-Christ qui lui tenoit lieu de toutes choses.

Le jeune homme auquel elle avoit été promise en mariage, la fit chercher de toutes parts, tant

(1) Hom. 14 in Cant.

:

pour satisfaire sa passion que pour se venger de l'affront prétendu qn'il s'imaginoit avoir reçu. L'ayant découverte , et ne pouvant vaincre sa résistance, il la dénonça comme chrétienne aux magistrats , pour qu'ils la condamnassent à être dévorée par les bêtes. Thècle resta toujours inébranlable : elle fut exposée nue dans l'amphithéâtre ; mais elle étoit revêtue d'innocence, et l'ignominie dont on vouloit la couvrir , devint pour elle une occasion de gloire et de triomphe. Tranquille au milieu des léopards, des lions et des tigres , elle attendoit avec une sainte impatience le moment où elle alloit être mise en pièces par ces redoutables animaux, dont les rugissemens glaçoient d'effroi tous les spectateurs; mais les lions et les autres animaux oubliant leur férocité naturelle ,se couchèrent à ses pieds, et les léchèrent, comme pour lui témoigner leur respect. On eut beau les exciter, ils se retirèrent sans avoir fait de mal à la servante de Jésus-Christ. Cette circonstance merveilleuse est rapportée par saint Ambroise (2), qui s'exprime en cette occasion avec cette éloquence simple et énergique qui lui est particulière; on la trouve aussi dans saint Chrysostome, dans saint Méthode, dans saint Grégoire de Nazianze, et dans d'autres anciens Pères.

Une autre fois , sainte Thècle n'éprouva point les effets du feu, par une protection visible du ciel, et sortit. du milieu des flammes, sans que son corps en eût été endommagé. Saint Grégoire de Nazianze (3), saint Méthode, et d'autres auteurs qui rapportent ce prodige , ajoutent que la Sainte fut délivrée de plusieurs autres dangers

L. de Virgin. , p. 469 , in Ps. CIV, et ep. 25.
Carm, 4, et orat. 18.

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