Images de page
PDF
ePub

> prisent, et qui sont insensibles à mon amonr * pour eux... L'impression que fit sur elle çe-songe mystérieux , ne s'ellaça jamais; et depuis ce temps là les souffrances de Jésus-Christ devinrent le sujet continuel de ses méditations. La simple pensée d'un Dieu souffrant pour nous attendris soit son ame au point qu'elle ne pouvoit retenir ses larmes.

Lorsqu'elle eut atteint l'âge de seize ans, elle épousa, par obéissance pour son pène , Ulphon, prince de Néricie, en Suède, lequel en avoit dixhuit. Les deux époux, d'un consentement mutuel, passèrent dans la continence la première année de leur mariage. Etant entrés dans le tiers-ordne de saint François , leur maison devint une espèce de monastère , où ils vivoient dans les pratiques austères de la pénitence, lls eurent huit enfans, Benoît et Hudma, qui moururent en bas âge; Charles et Birger , qui se croisèrent pour la TerreSainte, et y perdirent la vie, Marguerite et Cécile, qui se sanctifièrent dans l'état du mariage; Indeburge et Catherine, qui se firent religieuses. Catherine est. honorée comme Sainte le 22 Mars (6) ogj Après la naissance de ces buit enfans , les pioux époux s'engagèrent par you à passer le reste de deur vie dans la continence, Leurs aumônes furent plus abondantes que jamais ; ils se regardèrent comme les protecteurs de tous les malheureux; ils fonderept un hôpital pour les malades, qu'ils alloient souvent servir de deurs propres mains. Wlphop

ne voulant prons occuper que de sa sanctisa b) 'On trouve sa vie dans un appendice aux quvres de

inte Brigite. On peut voir , aussi, Vastovius , p. 107; les Sares de Banzelius R7s et ce que nous avons dit de la

inte sous le 12°Mars.

no

[ocr errors]

fication, se démit de la place qu'il avoit au conseil du roi, et renonça pour toujours au séjour de la cour. Il fit avec sa vertueuse épouse un pélerinage à Compostelle. En revenant dans sa patrie, il passa par Arras , où il tomba malade. 'On lit dans les chroniques des Pays-Bas que le prince de Néricie, noble baron du roi de Suède, arriva dans cette ville avec la princesse son épouse et ses huit enfans. Sa maladie étant devenue dangereuse , il reçut le saint viatique et l'extrême-onction des mains de l'évêque diocésain (c). Brigite lui rendoit tous les soins que sa tendresse pouvoit lui suggérer. Elle prioit sans cosse pour sa guérison, et Dieu lui fit 'connoitre que ses prières seroient exaucées. Lorsque le prinoe füti rétabli, il partit pour la Suède, où il mourut peu de temps après en odeur de sainteté, dans le monastère d'Alvastre, de l'ordre de Cîteaux: Les uns disent qu'il s'y étoit fait religieux; mais d'autres prétendent qu'il en avoit seulement formé le projet. On met sa mort en 1344 (1). Il est nommé dans le ménologe de Citeaux, sous le 12 Février.lt It * Brigite, devenue libre ,"renonça au rang de princesse, pour se consacrer entièremant à la pénitence. Elle partagea les biens d'Olphon entre ses enfans , selon les règles de la plás exacte justice, et ne pensa płus à ce qu'elle la voit été dans le monde. Elle ne porta plus de linge, à l'exception du voile avec lequel elle se couvroit la tête; elle se revétit d'un habit grossier, qu'elle attachoit aveo des cordes pleines de neudssi Les austérités qu'elle pratiquoit sont incroyable

leszlelle les redoubloit encore les vendredis, et elee (©) André Ghini', 'Florentin. i 1996 Ő) Voyez Olaus, Rosencrantz, ap: thom.

Thom. 'Bårtholinen 1. I, Actor. Medic. Hafniens: p. 56.

ne

d'un

vivoit ces jours-là que peu de pain et d'eau. Ayant fait bâtir le monastère de Wastein, au diocèse de Lincopen, en Suède ,, elle y mit, soixante religieuses ; elle mit dans un bâtiment séparé du même monastère , treize prêtres, en l'honneur des douze apôtres et de saint Paul, quatre diacres pour représenter les quatre docteurs de l'église, et huit frères convers; elle leur. donna à tous la règle de saint Augustin, à laquelle elle ajouta quelques constįtutions particulières. On lit dans quelques auteurs, que

JésusChrist lui dicta cette règle dans une vision; mais cette circonstance ne se trouve ni dans la bulle, de sa canonisation, ni dans la confirmation de son ordre par Martin V. Les papes, en parlant de la même règle, ne font mention que de l'ap probation du saint-siége, .et ne disent rien qui soit relatif à la révélation prétendue.

Tous les monastères de l'ordre de sainte Brigite sont soumis aux évêques.

diocésains; et il faut une permission expresse

du

pape pour en ériger de nouveaux. On s'y propose principalement d'honorer la passion du Sauveur, et sa sainte smère. Les hommes y.' sont soumis à la prieure des religieuses pour le temporel, comme, dans l'ordre de Fontevrault; mais les religieuses sont sous la conduite des religieux, quant au spirituel. La raison de ce règlement particulier est, fondée sur ce que l'ordre ayant été spécialement institue pour les femmes, les hommes 'n'y sont

leur
procurer

les secours spirituels. L'habitation des runes et des autres est séparée par une clôture inviolable : mais l'église leur est communer; en sorte cependant qu'ils ne peuvent s'y voir. Les monastères du nord furent détruits lors de la révolution causée par le chan

admis que pour

des Brigitins ou de l'ordre du Sauveur, n'ob414 Sit® BRIGITE." (8 Oetobre:) gement de religion. Il y en a deux 'fórts riches à Gênes, et l'on ne reçoit dans l'un que des filles ou femmes de qualité. La plupart des maisons servent plus aujourd'hui ce que prescrit la règle par rapport au nombre des personnes religieuses, et à la soumission des hommes aux femmes. Il y a encore quelques doubles monastères en Flandre, an à Dantzick, 'et environ dix en Allemagne (d).

Brigite, après avoir passé deux ans dans le monastère de Wasteire, fit un pélerinage à Rome, dans le dessein d'aller prier for le tombeau des apôtres, et de végérer les reliques de tant de Saints que l'on honore dans cette capitale du monde chrétien. Elle s'y fit admirer par l'éclat de ses vertus:- Elle y tivoit dans la retraite, et dans la pratique des veilles et des autres rigueurs de la pénitence. Elle' visitoit les églises , et alloit servir les malades dans les hôpitaux. Dure à ellemême, elle étoit pleine de douceur pour

(d) Il n'y avoit en Angleterre qu’un monastère de l'ordre de sainté Brigite ,, connu sous le nom de maison de Sion. II étoit près de la Tamises dans le Middlesex , environ à dix milles de Londresi, et il avoit été, fondé, en 1413 , par Henri V , avec une magnificence vraiment royale. Ce monastère étant fort riche , fut un des premiers que l'on détruisit sous Henri VIII. Edouard Vi le donna d'abord à Edouard, duc de Sommerset, et il passa ensuite à Jean , duc de Northumberland. La reine Marie le rendit à l'abbesse; mais il fut détruit de nouveau sous Elisabeth.; Les religieuses s'enfuirent, et allèrent successivement à Malines, à Ronen, etc. Elles se retirèrent enfin à Lisbonne , où le roi Philippe 11, et plusieurs personnes charitables , vinrent à leur secours. Une dame

portugaise ayant embrassé leur régle, elle leur donna une terre dont elle avoit hérité. Voyez Dugdale , Monast. vol. 2, p. 360; Stevens , t. II, p. 233 ; la Notilia Monastica de Tanner , ct l'histoire ecclesiast. de Fuller, 1.6, 362.

Les revenus du monastère de Sion , lors de sa destruction, étoient de dix-sept cent trepte-une livres sterling , suivant Dugdale , et de dix-neuf cent quarante-quatre livres sterlinga suivant Speed.

les au

[ocr errors]

tres. Toutes ses actions portoient l'empreinte de l'humilité et de la charité. On voit encore divers monumens de sa dévotion à Rome et dans le voisinage. Elle fonda dans cette ville une maison pour les étudians et les pélerins suédois, laquelle fut rebâtie sous le pontificat de Léon X, et est située dans le Campo de Flore, près du palais Farneze.

Notre Sainte sè confessa tous les jours pendant les trente dernières années de sa vie, et elle praticipoit plusieurs fois la semaine à la divine eu : charistie. Cette participation fréquente des sacremens nourrissoit et augmentoit chaque jour la ferveur de son ame.

Rien n'est plus fameux dans la vie de sainte Brigite que les révélations dont elle fut favorisée, et qui eurent pour objet principal les souffrances du Sauveur, et les révolutions qui devoient are river en certains royaumes. Ces grâces ne lui ont point été particulières : Dieu les a accordées à plusieurs autres de ses serviteurs. Quelquefois il leur parloit dans des visions; d'autres fois il leur découvroit les choses cachées, en éclairant leur esprit d'une lumière surnaturelle, ou les peignoit si distinctement et si vivement dans leur imagia nation, qu'il ne leur étoit pas possible de s'y méprendre. Il n'en est pas moins vrai qu'il faut avoir une grande prudence, et être bien versé dans la connoissance du discernement des esprits, pour distinguer les opérations de l'Esprit-Saint, d'avec les illusions de l'ennemi. Les révélations particulières n'auront jamais le même degré de certitude et d'autorité que celles qui sont publiques, qui furent faites aux prophètes, que des miracles évidens confirmèrent, et qui depuis ont été marquées du sceau de l'église. Pour revenir

« PrécédentContinuer »