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à celles de sainte Brigite, elles furent écrites, d'après ce qu'elle en avoit dit, par Pierre, moine de Citeaux, et par Matthias , chanoine de Lincopen, qui, l'un et l'autre, avoient été les directeurs de sa conscience (e). Si elle les eût écrites elle-même, on y trouveroit plus de simplicité, plus de cet esprit qui caractérise les Saints, et elles auroient conséquemment plus d'autorité.

Le célèbre Jean de Torre-Cremata , qui fut depuis cardinal, examina , par l'ordre du concile de Bâle, le livre des révélations de sainte Brigite, et l'approuva comme utile pour l'instruction des fidèles. Le concile regarda cette approbation comme suflisante. Il n'en résultoit cependant autre chose, sinon que le livre dont il s'agit ne renferme rien de contraire à la foi, et que les révélations étant appuyées sur une probabilité historique, on peut les croire pieusement. Benoît XIV s'exprime de la manière suivante sur le même sujet (2) : « L'approbation de semblables » révélations n'emporte autre chose, sinon qu'a» près un mûr examen , il est permis de les pu

blier pour l'utilité des fidèles..... Quoiqu'elles » ne méritent

pas la même créance que les vérités » de la religion, on peut cependant les croire ► d'une foi humaine, conformément aux règles ► de la prudence, selon lesquelles elles sont pro» bables, et appuyées sur des motifs suffisans pour » qu'on les croie pieusement. » Telles sont les révélations de la B. Hildegarde, de sainte Brigite et de sainte Catherine de Sienne.

Ce qu'il y eut de plus admirable dans sainte (e) Le second , à la prière de la Sainte , traduisit la Bible en suédois en 1352. Voyez Stieroman, sur l'état des sciences en Suède, dans les temps reculės.

(2) De Canoniz. Sanct. l. 2, c. 32, n. 11,

Brigite , ce fut cette simplicité avec laquelle elle soumettoit ses révélations au jugement de l'église. Gomme elle se croyoit indigne du simple don de la foi, elle n'avoit garde de se glorifier des faveurs extraordinaires qu'elle ne désira jamais, et dont elle ne se servit que pour s'établir plus solidement dans la charité et dans l'humilité (f). Si (f) Les cuvres de sainte Brigite contiennent ,

1.° des Prières fort dévotes sur les souffrances et l'amour de Jésus. Christ. On en a inséré quelques-unes dans des livres de prières, et l'on en trouve qnelques autres à la tête des révélations de la Sainte.

2.° Sa règle , divisée en 31 chapitres, approuvée en 1363 par

Urbain v, et confirmée par plusieurs autres papes , sous le titre de règle de l'ordre du Sauveur ou de Jésus.

3.° Ses Révélations. 4.° Un discours angélique sur l'excellence de la vierge Marie , et quatre longues prières qui ont pour objet de remercier Dieu des principaux mystères de la vie de la sainte Vierge dans l'incarnation du Verbe.

Les révélations de sainte Brigite ont été imprimées à Lubec en 1492, à Nuremberg en 1521, avec des figures qui font estimer cette édition ; à Rome en 1521 , 1556 , 1606, 1608 ; à Anvers en 1611, à Cologne en 1628, à Munich en 1680. On a donné à Rome une édition de ses prières en 1530 in-8.

Le cardinal de Turre-Cremata fit une apologie des révélations de sainte Brigite, que le concile de Bâle l'avoit chargé d'examiner. La première partie de cette apologie a été imprimée avec les révélations. La seconde qui contient les objections que faisoient quelques Pères du concile de Bale, a été publiée depuis peu par Mansi , t. IV, Supplem. Conci

Jean , évêque de Chiemsée, dans son fameux livre iati. tulé , Onus ecclesiæ , c. 3, fait beaucoup d'usage des révélations de sainte Brigite. On les retrouve aussi dans l'Onus mundi , imprimë à Rome en 1485 , avec un panegyrique en l'honneur de la Sainte. François Coster prétend que les prédictions contenues dans ces révélations ont été accomplies.

Les révélations de sainte Brigite furent écrites et traduites en grande partie par Pierre , sous-prieur, puis prieur du monastère d'Alvestre, de l'ordre de Cîteaux, dans lequel mourut le prince Ulphon. Pierre d’Alcastre compila ou traduisit les nouvelles , appelées Esctravagantes, ainsi que le discours angélique sur l'excellence de la bienheureuse vierge Marie , comme on le voit par le prologue. Il fut long-temps confesseur de la Sainte, et l'accompagna dans quelques-uns

lior. p. 910.

ses révélations ont rendu son nom célèbre, ses héroïques vertus l'ont rendue vénérable à toute l'église. Vivre d'une manière conforme à l'esprit de nos divins mystères, est quelque chose de plus grand et de plus sublime que d'avoir des visions, et de connoître les choses cachées. Éût -on la science des anges, on n'est qu'une timbale retentissante sans la charité : mais sainte Brigite eut le glorieux privilége de joindre à la charité le langage des anges.

Il seroit impossible de donner une juste idée de son ardent amour pour

Jésus-Christ crucifié; ce fut ce qui lui inspira le dessein de faire le pélerinage de la Terre-Sainte. Elle arrosa de ses larmes les lieux qui avoient été sanctifiés par la présence du Sauveur, et teints de son sáng. Dans son voyage, elle visita les plus célèbres églises de Silice et d'Italie. Etant revenue à Rome, elle de ses pélerinages. Il mourut en 1390 , suivant le journal de Wastein, publié par Benzėlius. Alphonse , surnommé l'Espagnol et l'Hermite, qui se démit de l'évêché de Jena , dans l'Andalousie , et qui fut aussi quelque temps confesseur de sainte Brigite, est l'auteur du huitième livre de ses révélations. Il écrivit d'après ce qu'elle lui avoit raconté , et d'après certains ouvrages suédois.

Matthias ou Matthieu de Suède , dit aussi de Cracovie, en Pologne, parce qu'il étoit peut-être né dans cette ville, et qui mourut évêque de Worms en 1410, comme on le voit par son épitaphe , ap. Oudin , t. III, p. 1111, dirigea également la conscience de sainte Brigite, lorsqu'il étoit chanoine de Lin: copen. Il traduisit la Bible en gothique ou suédois pour son usage , et il joignit à sa traduction de courtes notes que la Sainte lisoit avec soin , suivant l'auteur de sa vie. Voyez Benzelius, p. 66, etc. Matthias écrivit aussi sur la messe l'eucharistie , et sur plusieurs autres matières théologiques. Quelques-uns de ses ouvrages , qui sont encore Mss, se trouvent dans diverses bibliothèques.

On imprima en anglais à Londres, avant l'année 1500 , un office de la sainte Vierge par sainte Brigite. Voyez Warthon, dar son supplément à Ussérius , de Scripturis sacri culis , p. 447

sur

verna

.

; s.le. BRIGITE. (8 Octobre.) 419 y fut attaquée de diverses maladies, qu'elle souf frit avec une patience et une résignation admirables. Se sentant près de sa fin, elle donna des avis fort touchans à son fils Birger et à sa fille Catherine, qui étoient avec elle, après quoi elle se fit étendre sur un cilice pour recevoir les derniers sacremens. Elle mourut le 23 Juillet 1373, à l'âge de 71 ans. On l'enterra dans l'église de. Saint-Laurent, in Panis Perna , qui, appartenoit aux pauvres Clarisses. L'année suivante Birger, son fils, et Catherine, sa fille, firent porter son corps dans le monastère de Wastein, en Suède. Elle fut canonisée

par

Boniface IX, le 7 Octobre 1391. Sa fête est marquée au 8 du même mois (3).

Le concile général de Constance, ayant égard & la demande du clergé et de la noblesse de Suède, déclara, le 1.er Février 1415, que la bienheureuse Brigite avoit mérité d'être insérée dans le catalogue des Saints (4). Il avoit entendu préalablement la déposition de plusieurs Suédois, témoins oculaires de ce qu'ils rapportoient. Quatre ans après, à la sollicitation du roi Eric, le

pape Martin V confirma de nouveau la canonisation de fa servante de Dieu (5).

La vie et les souffrances de Jésus-Christ sont le livre ou les ames qui commencent à servir Dieu , et celles qui s'exercent depuis long-temps dans la pratique de la vertu , trouveront les motifs les plus puissans, ainsi que

les
moyens

les (3) Bullar, t. I, p. 297. Voyez toute la procédure dans Mabillon , Musæum Ital. p. 535.

(4) Voyez le conclie de Constance, p. 39 ; L'enfant, Hist. du Concile de Constance , l. 1, S. 71, p. 67; Herman. ab Hardt. Prologom. III. Conc. Constant. p. 15 et 28, t. IV,

p. 67.

(5) In procmio Op. S. Birgittæ.

plus efficaces de travailler à leur perfection. Si on les considère, si on les médite avec attention, elles parleront un langage qui pénétrera jusqu'au fond du cæur; qui réformera entièrement nos pensées, nos sentimens et nos affections. C'est un antidote souverain qui fera mourir, cet orgueil et cet amour-propre, qui, par la contagion du péché, se sont, pour ainsi dire, identifiés avec notre nature; il délivrera également nos ames du poison dont les passions ont infecté toutes leurs puissances, et il y introduira le mépris du monde, la charité et les vertus qui en sont l'effet. Plus on a fait de progrès dans la vie intérieure, plus on découvre de trésors de miséricorde dans les mystères étonnans dont nous parlons. En les méditant, on se revêt de plus en plus de l'esprit de Jésus-Christ; on acquiert cette précieuse ressemblance avec lui, dans laquelle consiste la réformation et la perfection de l'homme intérieur, et qui nous assure le droit de participer à l'héritage céleste.

S. THAÏS, PÉNITENTE. Vers le milieu du quatrième siècle, vivoit en Egypte une fameuse courtisane , nommée Thaïs. Elle avoit été élevée dans la religion chrétienne; mais les sentimens de la grâce avoient été étouffés en elle par l'amour de la volupté et par le désir d'un gain infâme. Abusant de sa beauté, de son esprit, et de quelques autres qualités , elle ne rougit point de se prostituer, et elle tomba dans un tel 'abîme de corruption, qu'il ne paroissoit pas qu'elle pût se convertir par des voies ordinaires. Comme ses désordres étoient publics, le triste état de son ame faisoit couler sans cesse

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