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grotte sur le mont des Oliviers. Elle florissoit dans le cinquième siècle. Phocas, moine de Crète, dans la relation de son voyage de Palestine, qu'il fit en 1185 (3), donne la description du mont des Oliviers , ainsi que de la grotte ou sainte Pélagie consomma le martyre de sa pénitence , et où l'on voyoit ses reliques renfermées dans une urne. Çette Sainte est nommée en ce jour dans le martyrologe romain , et dans les calendriers grecs et moscovites; mais elle est nommée sous le 5 Octobre dans l'ancien marbre de Naples (c).

Voyez sa vie écrite par Jacques , diacre d'Héliopolis en Syrie , lequel fut témoin oculaire de sa conversion et de sa pénitence, ap. Rosweide , Vit. Patr. p. 374. La même pièce se trouve dans un ancien Ms. in-folio, sur vélin et bien conservé, qui appartenoit anciennement à l'abbaye de Saint-Edmondsbury en Angleterre, et qui étoit entre les mains de l'auteur anglais. Ce Ms. contient une belle collection latine des Vies des Pères du désert, publiées par Rosweide, d'après les Mss. des différentes bibliothèques des Pays-Bas. Il seroit seulement à souhaiter que le savant Jésuite n'eût pas donné, ou

Quant à sainte Pélagic , on ne peut guères douter que le vêtement qu'elle portoit ne fût fait de manière qu'il convenoit à l'un et à l'autre sexe. En effet, les ménées de Basile disent formellement qu'elle se fit religieuse. Les expressions dont se servent Théophane , Chron. ad an. 25 , et Nicéphore Calixte , Hist. I, 14, c. 30, présentent le même sens. Dans le ménologe de Basile, la Sainte est peinte à la droite comme une femme mondaine, écoutant Nonnus ass is dans une chaire, et annonçant la parole de Dieu; et à la gauche, elle est représentée habillée en religieuse , et priant devant la grande église de Jérusalem.

(3) L. de Locis sanctis , ap. Leonem Allatium in Symmictis ; p. 25, et ap. Papebroch, t: 11, Maii.

(c) On ne doit point confondre notre Sainte avec sainte Pélagie , vierge et martyre d'Antioche, qui souffrit sous Dioclétien et sur laquelle on peut voir saint Chrysostome, Pa'negyr. t. II, p. 391, ed. Ben ; Lambécius , Bibl. Vind.t. VIII, p. 228, 249, 258, 262, et les martyrologes , sous le 9 Juin. Il ne faut

pas non plus la confondre avec sainte Pélagie de Tarse, qui souffrit dans la même persécution. Voyez les martyrologes , sous le 24 Octobre, et Papebroch, t. I, Maii , p. 745. Les actes de cette Sainte, donnés par Métaphrasté, sont interpolés.

;

du moins qu'il eût distingué par quelque marque deux ou trois pièces supposées qui viennent des Grecs modernes. On peut voir encore sur sainte Pélagie, Théophane, dans sa chronologie sous l'an 432 ; Nicéphore Calixte , etc. S. ÉVODE. ÉVÊQue de Rouen; S. GALÉTRIC,

ÉVÊQUE DE CHARTRES ; S. GRAT, ÉVÊQUE DE GHALONS-SUR-SAÔNE.

On n'est point d'accord sur le temps où il faut placer saint Évode , vulgairement appelé saint Ived; mais nous suivrons les anciennes listes qui le mettent entre Innocent et Sylvestre, c'est-àdire , dans le cinquième siècle. Selon l'auteur de ces actes , il étoit fils de Florentin et de Céline , et il fut élevé dès son enfance dans l'église de Rouen, ce qui fait conjecturer qu'il avoit servi cette église sous saint Victrice. On dit qu'il mourut à Andelis , que son corps fut reporté à Rouen, et enterré dans l'église de cette ville. On le transféra depuis, avec celui de saint Victrice , à Braine, dans le diocèse de Soissons. Il y a en ce lieu une abbaye de son nom , qui appartient à l'ordre de Prémontré.

Voyez le Gallia Christ. nova , t. I, p. 9; le Cointe, ad an. 544, n. 92 ; le P. Pommeraye, Hist. des Arekev. de Rouen ; Trigan, Hist. ecclės. de Normand. t. I, p. 57.

Saint GALÉTRIC , vulgairement saint Caltry (a), étoit encore plus recommandable par ses vertus que par la noblesse de son origine. Ayant été attaqué d'une maladie dangereuse ; Mallegonde , sa soeur, envoya prier saint Lubin, évêque de Chartres , qui étoit absent de la ville, de lui envoyer de l'huile bénite. Le saint évêque l'apporta luimême, puis ayant fait sur le malade une onction, accompagnée d'une prière fervente , il lui rendit la santé. Après la mort de saint Lubin , Galétric

(a) Eu latin Chaletricus ou Chalactericus.

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fut élu pour lui succéder, quoiqu'il n'eût encore que vingt-sept ans. Il souscrivit au troisième concile de Paris en 557, et au second de Tours en 586. On remarquoit , selon Fortunat de Poitiers, une douceur admirable dans toute sa conduite, et tous les malheureux trouvoient en lui un père rempli de compassion et de tendresse. Il mourut en 567, à l'âge de 38 ans. La chapelle domestique du palais épiscopal de Chartres ayant été démolie en 1703, on y trouva plusieurs tombeaux, entre autres celui de saint Calétric, mais qui étoit vide. La cathédrale de Chartres possède une partie des reliques de ce saint évêque , dont elle fait la fête en ce jour.

Voyez la vie de saint Lubin; Fortunat de Poitiers, 1.4 Carm. 7; et le Gallia Chr. nova , t. VIII, p. 1096.

SAINT GRAT, d'une des plus illustres familles du royaume de Bourgogne, servit Dieu avec ferveur dès son enfance. L'humilité fut comme son caractère distinctif. On le plaça sur le siége de Châlonssur-Saône vers le milieu du septième siècle. Il se retiroit souvent dans une solitude située au-delà de la rivière , à l'endroit où est présentement le faubourg de Saint-Laurent. Il assista à un concile qui se tint dans sa ville épiscopale entre les années 646 et 648. L'amour de la retraite augmentant en lui de plus en plus, il voulut renoncer à l'épiscopat et mena même plusieurs années la vie d'un reclus; mais comme son peuple refusoit de lui donner un successeur , il fut forcé de revenir à son église, et de reprendre ses fonctions. On met ordinairement sa mort au 8 Octobre 652. On l'enterra dans l'église de Saint-Laurent, qui est aujourd'hui un prieuré dépendant de l'abbaye de l’Ísle-Barbe, près de Lyon. Vers l'an 976, on transféra son corps au monastère de Paray.

Voyez le Gallla Chr. nova, t. IV, p.871, et Baillet. On trouve les actes du Saint dans l’illustre Orbendale , ou l'Histoire eccl. de Châlons-sur-Saône, t. 1; mais ils viennent d'un auteur qui n'étoit pas à beaucoup près contemporain , et qui d'ailleurs manque souvent de critique.

EN

S.te KEYNE ET S.te TRIDUANE, VIERGES, L'UNE EN ANGLETERRE, ET L

L'AUTRE Écosse. BRAGHAN, prince d'une partie du pays de Galles, fut la tige d'une famille qui produisit plusieurs Saints. Les plus célèbres furent saint Canoc , qui fonda divers monastères en Irlande, et sainte Keyne , que les Gallois surnommèrent la Vierge par excellence. Celle-ci mena la vie d'une recluse dans un bois de la province de Sommerset , qui n'étoit pas éloigné de Bristol (a). On trouve dans ce pays des pierres spirales en forme de serpens, et le peuple croit que ce sont de véritables serpens qui furent changés en pierres par les prières de la Sainte (a): mais ce ne sont que des pétrifications, ou des jeux de la nature. On dit que sainte Keyne mourut dans sa patrie dans le cinquième ou le sixième siècle. Plusieurs endroits du pays de Galles offrent des monumens qui prouvent qu'on l'honoroit anciennement avec beaucoup de vénération.

Voyez Capgrave , Alfort , etc.

SAINTE TRIDUANE florissoit en Ecosse dans le sixième siècle, et il y a un grand uombre d'églises et de chapelles dans le nord de l'Angleterre qui portent son nom. Tout ce que l'on sait de sa vie , c'est qu'elle méprisa une illustre naissance et des richesses considérables, pour devenir l'épouse de Jésus-Christ; qu'elle se distingua par son humilité

(a) Près de Cainsham, sur l'Avon, qui paroit avoir été ainsi appelé de la Sainte.

(1) Voyez Camden , Cressi , etc.

et son amour pour la pénitence; qu'elle parvint à un haut degré de vertu , et qu'elle fut favorisée du don des miracles.

Voyez le calendrier de King, et le savant Hunter, Dominicain ( banni de l'Ecosse pour la foi en 1559), dans son livre de Illustribus Scot. qui n'a jamais été imprimé.

S. DENIS, ÉVÊQUE DE PARIS, ET SES COMPAGNONS,

MARTYRS.

Les actes de leur martyre , donnés par Bosquet, Hist. Eccl.

Gallic. p. 68, 73, furent écrits d'après des relations orales , vers le septième siècle. Nous n'avons plus ceux qu'avoit écrits Massus , évêque de Paris, sous Constance-Chlore , lequel étoit presque contemporain. Voyez saint Grégoire de Tours, Hist. Fr., Rivet, Hist. litt. de la Fr. t. I, part. 1 p. 305, part. 2, p. 49, t. IV, p. 38; Tillemont, t. IV p. 443; D. Félibien, Hist. de l'abbaye de Saint-Denis, Append. p. 162 ; Dubois , Hist. eccl. Paris, t. I; Orsi , t. 1, l. 7, n.4. t. III, p. 141.

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L'AN 272.

Quelques auteurs ont prétendu que la religion chrétienne avoit été prêchée dans une partie des Gaules par saint Luc, et sur-tout par saint Crescent, disciple de saint Paul. Les églises de Marseille , de Lyon et de Vienne, furent redevables de la lumière de la foi à des prédicateurs grecs ou asiatiques , mais qui avoient reçu leur mission du siége apostolique de Rome. En effet , le pape Innocent I assure de la manière la plus expresse (1), que les fondateurs des églises des Gaules , de l'Espagne et de l'Afrique, avoient été ordonnés évêques par saint Pierre et ses successeurs. L'histoire des martyrs de celles de Lyon et de Vienne , qui souffrirent en 177 (2) , prou

(1) Ep. ad. Victr. Conc. t. II, p. 1245. (2) Voyez le 2 de Juin.

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