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approcherons de cette conformitéque nous devons avoir avec le fils de Dieu.

S. PAXENT, MARTYR. Suivant une ancienne tradition de quelques églises de France, saint Paxent reçut la couronne du martyre dans les premiers temps du christianisme, et il est probable qu'il fut un des disciples de saint Denis. On garde ses reliques chez les Bénédictins de Saint-Martin-des-Champs à Paris. Son culte est devenu sur-tout célèbre en cette ville, depuis le commencement du quatorzième siècle, que l'on renferma ses sacrés ossemens dans une châsse d'argent avec ceux de sainte Albine , vierge. C'est par une suite de la dévotion singulière des Parisiens pour ce saint martyr, que dans les processions qui se font à l'occasion des calamités

publiques, on porte sa châsse avec celle de sainte Geneviève.

Voyez le nouveau bréviaire de Paris, sous le 23 Septembre.

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S. GÉRARD, ÉVÊQUE DE CHONAD, EN Hongrie, MARTYR. Tiré de sa vie, écrite avec fidélité , ap. Sur. et de Bonfinius, Hist. Hung. Dec. 2, l. 1, 2. Voyez Fleury, t. IX; Stilting , t. V, Sept. p. 713, et Mabillon , Act. Ben. sect. 6, part. 1

L'AN 1046. SAINT GÉRARD, Vénitien de naissance, vint au monde vers le commencement du onzième siècle. Il quitta le monde de bonne heure pour se consacrer à Dieu dans l'état monastique. Il porta toujours depuis avec joie le joug du Seigneur , auquel il s'étoit accoutumé, pour ainsi dire, dès l'enfance. Il nourrissoit en lui l'esprit de ferveur par

l'exercice continuel de la prière et de la méditation; il prenoit aussi tous les moyens possibles pour empêcher que l'orgueil ne portât en lui la moindre atteinte à l'humilité et à la simplicité par lesquelles il tâchoit d'avancer chaque jour dans la perfection chrétienne. Au bout de quelques années, il demanda à ses supérieurs la permission de faire un pélerinage au saint sépulcre de Jérusalem.

Lorsqu'il traversoit la Hongrie, le roi saint Etienne eut occasion de le connoitre. Ce prince, charmé de son mérite et de sa piété, tâcha de lui persuader que Dieu ne lui avoit inspiré le désir de faire un pélerinage à Jérusalem, que pour le mettre à portée de l'aider de ses conseils, et de travailler avec lui à détruire l'idolâtrie parmi les Hongrois. Gérard ne voulut jamais consentir à rester à la cour; mais en 1030, il se bâtit un petit ermitage à Béel, dans un désert de ce nom, au diocèse de Vesprin. Il y passa sept années, avec un compagnon nommé Maur, dans la pratique du jeûne et de la prière (1).

Lorsque saint Etienne eut vaincu ses ennemis, et rétabli la paix dans ses états, il' tira Gérard de sa solitude pour l'appliquer aux fonctions du ministère. Notre Saint prêcha l'évangile avec beaucoup de fruit

. Quelque temps après, il fut placé malgré lui sur le siége épiscopal de la ville de Chonad ou Chzonad, qui est à huit lieues de Temeswar. Il ne vit dans sa dignité que des travaux et des croix, avec l'espérance du martyre. La plus grande partie de ses diocésains étoient encore plongés dans les ténèbres du paganisme. Ceux qui portoient le nom de chrétiens (1) Stilting, in S. Stephano , n. 26, p

520. Tome IX.

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étoient ignorans, et d'un caractère barbare. En moins d'un an, il leur fit parfaitement connoître Jésus-Christ: Ses' travaux apostoliques eurent presque le même succès dans les autres parties de son diocèse. Les fatigues qu'il avoit à essuyer étoient excessives, et l'on ne pouvoit se lasser d'admirer la patience avec laquelle il les supportoit. Il alloit ordinairement à pied ; si quelquefois il se seryoit d'un chariot , ce n'étoit que pour avoir plus de facilité de lire et de méditer. Partout il régloit avec soin ce qui appartenoit au culte divin , et il donnoit son attention jusqu'aux moindres cérémonies , qu'il vouloit qu'on accompagnât d'un véritable esprit de religion. Il étoit persuadé que les hommes grossiers, qui font toujours la plus grande partie du peuple, avoient besoin du secours des rites ceremoniels

s'élever jusqu'à Dieu ; mais la sainteté de sa vie faisoit encore plus d'impression que ses discours. Il étoit humble, modeste, et mortifié dans tous ses sens , au point qu'il paroissoit avoir parfaitement maitrisé ses passions. Il dut cette victoire complète à la fidélité avec laquelle il veilloit sur lui-même. Ayant une fois éprouvé un mouvement de colère, il s'imposa sur-le-champ une pénitence sévère, demanda pardon à la personne qu'il avoit offensée, et la combla de biens. Après avoir passé le jour dans les fonctions de l'apostolat , il donnoit la plus grande partie de la nuit à la prière, à des travaux pénibles et humilians, ou au service des pauvres. Il avoit une tendresse singulière pour toutes les personnes malheureuses. On le voyoit embrasser avec affection les lépreux et les pauvres attaqués de maladies dégoûtantes, souvent il les faisoit coucher dans son lit , et vouloit qu'on les pansât dans sa chambre. Son amour

pour

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pour la retraite étoit si grand, qu'il fit' bâtir des ermitages ou cellules auprès des villes dans les différentes parties de son diocèse, afin de pouvoir y aller loger dans le cours de ses visites. Il alléguoit pour raison de cette conduite, que la solitude étoit un lieu propre au repos; mais, dans la réalité, il évitoit la compagnie des hommes, afin de ranimer les forces de son ame dans l'oraison et la contemplation. Il portoit un rude cilice sur sa peau, et mettoit par-dessus un vêtement grossier fait de laine.

Le saint roi Etienne , tant qu'il vécut, seconda le zèle de l'évêque de Chonad; mais Pierre, son neveu et son successeur, ne marcha point sur ses traces ; il persécuta le Saint. Ses cruautés et ses débauches l'ayant fait chasser par ses propres sujets en 1042, on mit sur le trồnë'un seigneur nommé Abas, qui étoit aussi d'un caractère trèscruel. Le peuple se repentit bientôt de ce choix. Abas fit mourir tous ceux de la noblesse qu'il soupçonnoit n'avoir point été dans ses intérêts. Selon l'usage établi par saint Etienne , le roi de Hongrie devoit être couronné par quelque évêque, un jour de grande fête.“ Abas fit dire à Gérard de se rendre à la cour pour cette cérémonie. Le Saint , qui regardoit comme injuste le détrônement du roi Pierre, refusa de communiquer avec l'usurpateur; il lui prédit même que s'il persistoit dans son crime, son règne finiroit avec sa vie par une juste punition du ciel. Il se trouva d'autres évêques qui voulurent bien se prêter à la cérémonie du couronnement; mais deux ans après, Abas fut détrôné par ceux mêmes auxquels il étoit redevable de son élévation, et eut la tête tranchée sur un échafaud. Pierre fut

rappelé, et chassé uue seconde fois au bout de deux

ans. On offrit alors le sceptre à André, fils de Ladislas, et cousin-germain de saint Etienne, mais à condition qu'il détruiroit le christianisme, et rétabliroit l'idolâtrie. André, que l'ambition aveugloit, promit d'exécuter la condition.

Gérard el trois autres évêques se rendirent à Albe-la-Royale, dans le dessein d'engager le nouveau roi à renoncer à la promesse sacrilége qu'il avoit faite. Les quatre évêques, étant arrivés à Giod, près du Danube, Gérard celebra la messe , et dit ensuite à ses compagnons : « Nous souffri» rons tous le martyre aujourd'hui , excepté l'évê» que de Bénétha. » Lorsqu'ils eurent un peu avancé,et qu'ils se préparoient à passer le fleuve, ils furent investis

une troupe de soldats qui avoient à leur tête' le duc Vatha, l'un des plus zélés défenseurs de l'idolâtrie, et l'un des plus implacables ennemis de la mémoire de saint Etienne. Gérard fut assailli d'une grêle de pierres. Sa douceur et sa patience, loin de désarmer ses persécuteurs, ne firent que les aigrir. On le tira de son chariot pour le trainer par terre. Le Saint s'étant relevé sur ses genoux, fit la même prière que saint Etienne, pour ceux qui lui ôloient la vie; à peine l'eut-il achevée , qu'on le perça d'un coup de lance dont il mourut au bout de quelques instans. Deux des autres évêques , nommés Bezterd et Buld, partagèrent avec lui la gloire du martyre. Le nouveau roi étant arrivé sur ces entrefaites, tira le quatrième évêque de la main des soldats. Il se déclara depuis contre le paganisme , vainquit les Germains qui vouloient envahir ses états , et régna avec gloire. Le martyre de saint Gérard arriva le 24 Septembre 1046. On enterra son corps dans une église dédiée sous l'invocation de la sainte Vierge, près du lieu où il avoit souffert,

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