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auxquels la rage des persécuteurs l'avoit exposée. On lit dans un ancien martyrologe qui porte le nom de saint Jérôme, et qui a été publié par Florentinius, que ce fut à Rome

que

Dieu sauva miraculeusement sa servante de l'activité des flammes.

Thècle accompagna saint Paul dans plusieurs de ses courses apostoliques, afin de se former à la perfection chrétienne sur un modèle aussi accompli. Saint Chrysostôme, saint Grégoire de Nazianze, saint Augustin, etc. lui donnent le titre de vierge et de martyre. Ses souffrances lui ont justement mérité le second de ces titres, quoique Bède dise dans son martyrologe qu'elle mourut en paix. Ce dernier sentiment a été adopté par plusieurs auteurs graves (4)

La Sainte passa le reste de sa vie dans la retraite. Elle mourut dans l'Isaurie , et fut enterrée à Séleucie, capitale de ce pays. On bâtit une église sur son tonbeau, sous les premiers empereurs chrétiens , et cette église, qui portoit son nom, fut visitée par sainte Marane et sainte Cyre, qui l'une et l'autre menoient une vie anachorétique, comme nous l'apprenons de Théodoret. Il y venoit des pélerins de toutes parts , et il s'y opéra un grand nombre de miracles, suivant le même auteur , saint Grégoire de Nazianze, etc. La cathédrale de Milan est dédiée sous l'invocation de sainte Thècle, et l'on y a gardé longtemps une partie de ses reliques.

Nous ne pouvons plaire à Jésus-Christ, à moins que nous n'imitions l'amour qu'avoient les Saints pour la pureté, et que nous ne suivions les règles de la plus exacte chasteté, chacun selon son

(4) Voyez Tillemont, t. II, n. 2 p. 489, et Papebroch, t. 1, Maii , p. 42.

état; mais cette vertu ne peut s'acquérir que par les moyens suivans : 1.° nous devons prier Dieu de nous pénétrer de la crainte de ses jugemens, de nous inspirer l'horreur du péché, de purifier nos affections, et de nous apprendre à veiller avec soin sur tous nos sens. 2.° Nous devons nous former à la pratique de l'humilité, et vivre dans une entière défiance de nous-mêmes. Ce seroit une folie et un crime

que

d'oublier notre foiblesse , et de présumer de nos forces. 3.° Il faut éviter tout ce qui est capable d'allumer les passions, comme les amitiés trop tendres, sur-tout lorsqu'il s'agit de jeunes personnes; sans cette précaution, on courroit risque de finir par

la chair, après avoir commencé par l'esprit. 4. On doit toujours s'occuper à quelque chose de sérieux, et ne rester jamais oisif. Il est nécessaire d'entre-mêler le travail aux exercices de piété, afin que le démon ne puisse nous trouver dans le désouvrement. 5.° La pratique de la mortification , qui doit s'étendre aux inclinations et aux sens, doit être ajoutée aux quatre premiers moyens. Si nous laissons une pleine liberté à nos penchans par rapport aux choses qui ne sont pas défendues, bientôt nous n'en serons plus les maîtres, et nous ne pourrons plus les contenir dans les bornes du devoir. Nous nous animerons par le souvenir des biens invisibles, et

par

celui des austérités auxquelles des vierges délicates s'assujettirent avec joie. L'habitude de la mortification une fois acquise, nous nous éleverons au-dessus des sens, nous les maitriserons facilement, et nous nous rétablirons, à certains égards, dans l'heureux état dont le péché fit décheoir nos premiers parens Plus le vieil homme sera crucifié, et le corps du péché détruit en nous, plus nous

approcherons de cette conformité que nous devons avoir avec le fils de Dieu.

S. PA XENT, MARTYR. Suivant une ancienne tradition de quelques églises de France, saint Paxent reçut la couronne du martyre dans les premiers temps du christianisme, et il est probable qu'il fut un des disciples de saint Denis. On garde ses reliques chez les Bénédictins de Saint-Martin-des-Champs à Paris. Son culte est devenu sur-tout célèbre en cette ville, depuis le commencement du quatorzième siècle que

l'on renferma ses sacrés ossemens dans une châsse d'argent avec ceux de sainte Albine, vierge. C'est par une suite de la dévotion singulière des Parisiens pour ce saint martyr, que dans les processions qui se font à l'occasion des calamités

publiques, on porte sa châsse avec celle de sainte Geneviève.

Voyez le nouveau bréviaire de Paris , sous le 23 Septembre.

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S. GÉRARD, ÉVÊQUE DE CHONAD, EN HONGRIE, MARTYR. Tiré de sa vie, écrite avec fidélité , ap. Sur. et de Bonfinius,

Hist. Hung. Dec. 2, l. 1, 2. Voyez Fleury, t. IX; Stilting, t. Vi , Sept. p. 713, et Mabillon , Act. Ben. sect. 6, part, 1 628.

L'AN 1046. SAINT GÉRARD, Vénitien de naissance, vint au monde vers le commencement du onzième siècle. Il quitta le monde de bonne heure pour se consacrer à Dieu dans l'état monastique. Il porta toujours depuis avec joie le joug du Seigneur, auquel il s'étoit accoutumé, pour ainsi dire, dès l'enfance. Il nourrissoit en lui l'esprit de ferveur par

l'exercice continuel de la prière et de la méditation; il prenoit aussi tous les moyens possibles pour empêcher que l'orgueil ne portât en lui la moindre atteinte à l'humilité et à la simplicité par lesquelles il tâchoit d'avancer chaque jour dans la perfection chrétienne. Au bout de quelques années, il demanda à ses supérieurs la permission de faire un pélerinage au saint sépulcre de Jérusalem.

Lorsqu'il traversoit la Hongrie, le roi saint Etienne eut occasion de le connoitre. Ce prince, charmé de son mérite et de sa piété, tâcha de lui persuader que Dieu ne lui avoit inspiré le désir de faire un pèlerinage à Jérusalem, que pour le mettre à portée de l'aider de ses conseils, et de travailler avec lui à détruire l'idolâtrie parmi les Hongrois. Gérard ne voulut jamais consentir à rester à la cour; mais en 1030, il se bâtit un petit ermitage à Béel, dans un désert de ce nom, au diocèse de Vesprin. Il y passa sept années, avec un compagnon nommé Maur, dans la pratique du jeûne et de la prière (1).

Lorsque saint Etienne eut vaincu ses ennemis, et rétabli la paix dans ses états, il tira Gérard de sa solitude pour l'appliquer aux fonctions du ministère. Notre Saint prêcha l'évangile avec beaucoup de fruit. Quelque temps après, il fut placé malgré lui sur le siége épiscopal de la ville de Chonad ou Chzonad, qui est à huit lieues de Temeswar. Il ne vit dans sa dignité que des travaux et des croix, avec l'espérance du martyre. La plus grande partie de ses diocésains étoient encore plongés dans les ténèbres du paganisme. Ceux qui portoient le nom de chrétiens

(1) Stilting, in S. Stephano , n. 26, pi

520. Tome IX.

C

étoient ignorans, et d'un caractère barbare. En moins d'un an, il leur fit parfaitement connoitre Jésus-Christ. Ses travaux apostoliques eurent présque le même succès dans les autres parties de son diocèse. Les fatigues qu'il avoit à essuyer étoient excessives, et l'on ne pouvoit se lasser d'admirer la patience avec laquelle il les supportoit. Il alloit ordinairement à pied ; si quelquefois il se servoit d'un chariot, ce n'étoit que pour avoir plus de facilité de lire et de méditer. Partout il régloit avec soin ce qui appartenoit au culte divin , et il donnoit son attention jusqu'aux moindres cérémonies , qu'il vouloit qu'on accompagnât d'un véritable esprit de religion. Il étoit persuadé que les hommes grossiers, qui font toujours la plus grande partie du peuple, avoient besoin du secours des rites cerémoniels pour

s'élever jusqu'à Dieu; mais la sainteté de sa vie faisoit encore plus d'impression que ses discours. Il étoit humble, modeste, et mortifié dans tous ses sens , au point qu'il paroissoit avoir parfaitement maitrisé ses passions. Il dut cette victoire complète à la fidélité avec laquelle il veilloit sur lui-même. Ayant une fois éprouvé un mouvement de colère, il s'imposa sur-le-champ une pénitence sévère, deinanda pardon à la personne qu'il avoit offensée, et la combla de biens. Après avoir passé le jour dans les fonctions de l'apostolat , il donnoit la plus grande partie de la nuit à la prière, à des travaux pénibles et humilians , ou au service des pauvres. Il avoit une tendresse singulière pour toutes les personnes malheureuses. On le voyoit embrasser avec affection les lépreux et les pauvres attaqués de maladies dégoûtantes; souvent il les faisoit coucher dans son lit , et vouloit qu'on les pansât dans sa chambre. Son amour

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