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Solein, et en Touraine, sous celui de saint Solan. Il est nommé en ce jour dans la plupart des martyrologes.

Voyez le Cointe , ad an. 497 el 509 ; Bollandus , ad 4 Feb. in S. Aventino; Baillet, etc.

S. GERMER , I. er Abbé de FLAY, EN BEAUVOISIS.

GERMER, issu d'une famille noble, naquit à Warde, sur la rivière d'Epte, aux extrémités des diocèses de Rouen et de Beauvais. Il reçut une éducation conforme à sa naissance, et on le forma tout à la fois aux sciences et à la piété. Ses heureuses dispositions secondèrent les soins de ses parens et de ses maîtres. Son rare mérite le fit appeler à la cour par le roi Dagobert I.er et il sut y vivre dans l'innocence. Domaine qu'il épousa , étoit digne de lui par ses belles

qualités et par ses vertus; il en eut un fils nommé Amalbert, qui fut baptisé par saint Ouen , évêque de Rouen, et deux filles, dont l'une fit à Dieu le sacrifice de sa virginité , et mourut saintement dans le cloitre. Domaine est aussi honorée d'un culte public dans quelques églises.

Germer, qui se conduisoit en tout par les conseils de saint Ouen, fit bâtir auprès de Warde le monastère de l'Isle , qui a subsisté jusqu'aux ravages des Normands ; il en donna la conduite à un homme d'une grande sainteté , qui se nommoit Achaire. Comme le mépris du monde augmentoit en lui de jour en jour, il le quitta de l'agrément du roi Clovis II, et du consentement de sa femme; puis il se retira dans le monastère de Pentale, qui avoit été bâti par le roi Childebert I, entre Brionne et Pont-Audemer. Ayant été établi abbé de cette maison par saint Ouen , qui lui avoit donné la tonsure cléricale et l'habit religieux, il devint un

modèle de vertu pour tous ses frères ; mais sa régularité lui attira des ennemis qui en vinrent jusqu'à former le projet de lui ôter la vie. Dieu, par une protection spéciale, le sauva du danger qui le menaçoit. Il alla se renfermer dans une grotte qui étoit à quelque distance du monastère, et dans laquelle il continua de joindre l'exercice de la prière à la pratique des austérités de la pénitence. Saint Ouen le fit consentir à recevoir la prêtrise.

La mort lui ayant enlevé son fils Amalbert, qui, · par son mérite et ses vertus , donnoit les plus belles espérances , il le fit enterrer dans le monastère de l'Isle. La haute idée qu'on avoit de la sainteté de ce jeune seigneur, lui a mérité une place dans le catalogue des Saints. Il est nommé dans le martyrologe de France, quoique cependant il ne soit point honoré d'un culte public.

Germer, par la mort d’Amalbert , rentra en possession de tous ses biens; mais ce ne fut que pour les consacrer au Seigneur. Il dota richement l'église où l'on avoit enterré le

corps

de Résolu de finir ses jours dans la retraite, il fonda dans sa terre de Flay, en 655, un monastère qui étoit peu éloigné de celui de l'Isle : on l'appelle aujourd'hui Saint-Germer de Flay. Cette maison, gouvernée par le Saint , devint bientôt célèbre, et tout sembloit annoncer que cet établissement seroit perpétuel ; on y mit cependant des chanoines dans le neuvième siècle, et on en réunit les revenus à l'évêché de Beauvais; mais il fut rebâti environ deux cents ans après , et donné aux Bénédictins , qui l'ont toujours possédé depuis.

Saint Germer mourut le 24 Septembre , vers l'an 658, et fut enterré dans l'église de son mo

son fils.

nastère de Flay. Sa sainteté fut attestée par plusieurs miracles. Ses reliques se gardent dans la cathédrale de Beauvais , où il est honoré comme un des patrons de la ville.

Voyez sa vie écrite dans le haitième siècle, Ap. Mabil. , sect. 2, Ben. Baillet, le P. Longueval, Hist. de l'église. gal. t. III, p. 540 , et le Gallia Christ. nova , t. IX, p. 788.

S. CÉOLFRID, ABBÉ EN ANGLETERRE. Tiré de Bède, Hist. 1. 5, et l. de vilis abbat. Wirim. Item l. de Temporibus. Voyez Léland, de Script. Britan. ; Bulteau 1.4 ; Pitseus , et le P. Suysken, l'un des continuateurs de Bollandus, t. VII, Sept. p. 123. Ce dernier auteur prouve, p. 130, d'après le P. Mabillon , que la règle qu'on suivoit dans les monastères de Saint-Benoît Biscop, étoit la même que celle du grand Saint-Benoît, à laquelle on avoit ajouté quelques constitutions particulières.

L'an 716. Saint CÉOLFRID, vulgairement appelé en France saint Céoulfroy, ou saint Ceufrey , naquit dans la Bernicie. Il étoit parent de saint Benoit Biscop, et abandonna le monde conjointement avec lui. Ils firent ensemble un voyage à Rome, tant pour satisfaire leur dévotion, que pour se perfectionner dans la connoissance des saintes lettres. Lorsqu'ils furent de retour dans leur patrie, saint Géolfrid aida de ses soins saint Benoît Biscop dans la fondation du monastère de Saint-Pierre de Wiremouth, au diocèse de Durham, lequel fut bâti en 674. Il eût bien désiré.

que

toutes les créatures le méprisassent comme il se méprisoit lui-même, et que personne ne pensât à lui. Il vivoit dans la courmunauté de Wiremouth, de la même manière

que

saint Antoine et saint Hilarion vivoient sur leurs montagnes. Sa pénitence étoit très-austère, et son recueillement continuel.

Saint Benoit Biscop ayant formé la résolution de bâtir le monastère de Saint-Paul de Jarrow en 682, saint Céolfrid fut chargé du soin de former le nouvel établissement, et choisi pour gouverner la communauté naissante, qui étoit composée de soixante-dix religieux. Sept ans se passèrent de la sorte. En 689, saint Benoit Biscop. l’établit aussi supérieur de Wiremouth. Il gouverna vingthuit ans les deux monastères, qui passoient pour n'en faire qu'un , parce qu'ils étoient fort voisins, et qu'il y avoit entre l'un et l'autre des rapports constans d'union et d'intelligence. Il joignoit à une sage activité dans les entreprises, un esprit pénétrant, un jugement solide', et une grande ferveur de zèle. On trouve dans Bède,

qui

vécut sous sa conduite, les

preuves

les moins équivoques de son savoir, de ses belles qualités et de ses vertus. Comme il aimoit les sciences qui avoient la religion pour objet , il forma de bonnes bibliothèques dans ses monastères ; mais il ne voulut point y mettre de ces livres qui ne servent qu'à entretenir la curiosité. Bède est un exemple du succès avec lequel on étudioit dans les communautés qui lui étoient soumises.

Nastan, roi des Pictes, le fit consulter sur le temps où l'on devoit célébrer la Pâque, ainsi

que sur la forme de la tonsure cléricale. Ses sujets ne s'accordoient point avec le reste de l'église sur ces deux objets. Le saint abbé lui répondit , et lui prouva qu'il falloit s'en tenir à la pratique de l'église romaine; célébrer la Pâque avec elle, et porter la couronne usitée dans cette même église, à laquelle il dopne le nom de couronne de saint Pierre. Sa réponse est insérée dans l'histoire de Bède (a). Nastan la reçut avec joie, et ordonna (a) Voyez le l. 5, c. 22, Saint Géolfrid appelle tonsure de

que ses sujets s'y conformassent; il demanda aussi des ouvriers à Céolfrid , afin de faire bâtir une église de pierre, qu'il dédia , comme il l'avoit promis, au prince des apôtres.

Le saint abbé sentant ses forces épuisées par P'âge et les maladies , résolut de quitter sa place, qu'il ne se croyoit plus en état de remplir. Ses religieux le prièrent, de la manière la plus pressante, de ne point les abandonner; mais ils se rendirent à la fin, et elurent

pour

abbé des deux monastères , Hucthbert ou Hubert. Il y avoit alors six cents moines , tant à Wiremouth qu'à Jarrow. Lorsque Céolfrid se vit remplacé par celui de ses disciples qu'il avoit lui-même désigné, il fit un discours pour exhorter les frères à vivre dans l'union et la charité; mais dans la crainte que les grands du royaume, pénétrés de vénération pour lui, ne fissent des efforts pour le retenir, il annonça qu'il alloit partir pour Rome, afin de visiter les tombeaux des apôtres avant que de mourir. Etant en route , il ne se contentoit pas de dire chaque jour l'office divin, il récitoit encore deux fois le psautier tout entier. Il célébroit aussi la messe régulièrement : il n'y manqua qu'une fois sur mer, et les trois derniers jours qui précédèrent sa mort. Comme il traversoit la France, il tomba malade à Langres , et y mourut le 25 Septembre 716, dans la soixante-quatorzième année de son âge. Il y avoit quarantesept ans qu'il étoit prêtre, trente-cinq qu'il étoit abbé, et vingt-sept qu'il gouvernoit seul les monastères de Wiremouth et de Jarrow. On l'enterra dans l'église des trois martyrs jumeaux, saint Pierre, une couronne entière sur toute la tête , et il appelle tonsure de Simon le Magicien, un cercle imparfait qui n'étoit que sur le devant de la tête.

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