Images de page
PDF
ePub

En 1102,

côté d'Edouard , et Guillaume fit couvrir son cer cueil de plaques d'or et d'argent (r). on trouva le

corps

de saint Edouard sans aucune marque de corruption. Peu de temps après, un homme perclus de ses membres fut guéri en priant au tombeau du Saint. Six aveugles recouvrèrent la vue de la même manière. Le bienheureux Edouard fut canonisé, en 1161, par Alexandre II, et sa fête fut marquée au 5. Janvier. Deux ans après, saint Thomas, archevêque de Cantorbéry, fit une translation solennelle de ses reliques le 13 Octobre, jour auquel on a depuis célébré sa principale fête. Le concile national d'Oxford, tenu en 1222, ordonna qu'elle seroit d'obligation en Angleterre.

Les rois d’Angleterre , par respect pour la mémoire du Saint, recevoient sa couronne à leur sacre , et se servoient de sa dalmatique et de son manipule. La couronne ayant été changée depuis , celle qu'on y substitua retint le nom de saint Edouard.

Ce grand prince se sanctifia dans un siècle corrompu, et au milieu des délices de la

cour. Nous apprenons de son exemple, que le défaut de piété ne peut être attribué aux circonstances de l'état. D'ailleurs, que les circonstances changent, et

les

personnes qui y cherchoient une excuse seront toujours les mêmes. Nous ne devons donc nous en prendre qu'à nos passions

(r) On enterra sous la chapelle de saint Edouard la pieuse Mathilde, fille de sainte Marguerite , et femme de Henri I. Elle fut mère de Henri II, roi d'Angleterre , et de Mathilde, qui épousa l'empereur Henri V. Elle pratiquoit des, austérités, extraordinaires , sur-tout en tarême. Elle alloit tous les jours à l'église nu-pieds et nu-jambes ; elle lavoit et baisoit les pieds des pauvres, et leur distribuoit des auinônes abondantes Elle fonda le prieuré du Christ-Church, et l'hôpital de Saiñt., Gilles-des-Champs.

l'on verra que

.

et à notre lâcheté. Lorsqu'on est véritablement pénétré de l'esprit du christianisme, on ne craint point les difficultés; on s'en fait même des moyens de sanctification. Aidés de la grâce, il n'y a point de vertu que nous ne puissions pratiquer, même dans un degré éminent; il suffit de le désirer, et d'être courageux. Si l'on est dans ces dispositions, les épreuves deviendront utiles; elles fourniront l'occasion de pratiquer la patience, l'humilité, la douceur et la charité : elles produiront encore un autre avantage; ce sera de nous inspirer une vigilance continuelle, et de nous tenir fortement attachés à Dieu.

dit : «

S. FAUSTE, S. JANVIER, ET S. MARTIAL,

MARTYRS en ESPAGNE. Ces trois martyrs, que Prudence appelle les trois couronnes de Cordoue , comparurent devant le juge nommé Eugène , et confessèrent Jésus-Christ avec une constance inébranlable. Ils furent successivement étendus sur le chevalet. Pendant qu'on les tourmentoit ensemble, Fauste

Que nous sommes heureux d'être unis dans nos souffrances ! Nous le serons aussi dans

nos couronnes. » Eugène ayant ordonné aux bourreaux de les tourmenter jusqu'à ce qu'ils adorassent les dieux, Fauste s'écria : « Il n'y a » qu'un seul Dieu , et c'est lui qui nous a créés » tous. » Le juge commanda aussitôt qu'on lui coupât le nez, les sourcils, la lèvre inférieure, et qu'on lui arrachât les dents d'en haut. Pendant ce temps-là, le martyr éloit rempli de joie, et rendoit grâces à Dieu. Janvier fut traité de la même manière. Martial, étendu sur le chevalet, continuoit de prier avec ferveur. Eugène s'étant

[ocr errors]

adressé à lui, le

pressa

d'obéir aux empereurs ; mais le martyr lui fit cette généreuse réponse : « Jésus-Christ est ma consolation; je le louerai

toujours avec cette même joie que mes com» pagnons ont fait éclater dans les tourmens. Il » n'y a qu'un seul Dieu, le Père, le Fils et le » Saint-Esprit, et lui seul mérite nos hommages v et nos adorations. » Les trois saints martyrs furent détachés de dessus le chevalet, et condamnés à être brûlés vifs. Ils consommèrent leur sacrifice à Cordoue, en Espagne, sous le règne de Dioclétien, l'an de Jésus-Christ 304.

Voyez leurs actes sincères dans Ruinart , p. 597, et Prudence, L. de Coronis Mart.

S. GÉRAUD, Comte d'OrilhaC OU D'AURILLAC,

PATRON DE LA HAUTE-AUVERGNE. GÉRAUD, né en 855, hérita de ses parens de vifs sentimens de vertu et de piété. On le forma de bonne heure à tous les exercices militaires, parce qu'il étoit d'usage parmi les seigneurs de conduire en personne leurs vassaux à la

guerre. Sa mauvaise santé l'ayant retenu long-temps dans la maison paternelle, il prit du goût pour la prière, l'étude et la méditation de la loi divine; en sorte qu'il forma la résolution de renoncer au monde pour toujours. Après la mort de ses parens, il ne se réserva de ses biens que ce qui lui étoit nécessaire pour vivre, et distribua le reste aux pauvres. Il ne porta plus que des habits conformes à l'état de pénitence qu'il avoit embrassé; il jeûnoit trois jours de la semaine, ne soupoit jamais, et vouloit que sa table fût servie avec la plus grande frugalité. Il se levoit à deux heures après minuit, même en voyage, récitoit matines,

ren

et restoit en prières jusqu'au lever du soleil; en, suite il entendoit la messe et partageoit la journée entre les exercices de religion et les devoirs de son état. Après l'unique repas qu'il faisoit, il conversoit quelque temps avec ses amis, et ses discours rouloient toujours sur quelque sujet sérieux. Non content d'assister les

pauvres.,

il doit aussi justice à ses vassaux, et s'il s'élevoit des querelles parmi eux, il s'empressoit de les terminer; il les exhortoit tous à la vertui, et leur fournissoit les moyens les plus efficaces de devenir de bons chrétiens. Il fit en esprit de pénitence un pélerinage à Rome. De retour dans sa patrie, il fonda à Aurillac une grande église sous l'invocation de saint Pierre, à la place de celle de saint Clément que son père avoit fait bâtir, avec un monastère de l'ordre de saint Benoit. Il enrichit considérablement ce monastère; mais son principal soin fut d'y faire observer la discipline religieuse avec la plus grande exactitude. La réputation que s'attira cette maison par sa régularité et par

l'étude des sciences ecclésiastiques, la rendit long-temps très-florissante. Saint Géraud pensoit lui-même à s'y retirer; mais il en fut détourné par saint Gausbert, évêque de Cahors , son directeur, qui lui représenta qu'il feroit plus de bien en continuant de vivre dans le monde comme il l'avoit fait. Sept ans avant sa mort il perdit la vue. Cet accident ne servit qu'à augmenter sa ferveur dans le service de Dieu, et son zèle pour la perfection. Il mourut à Cézeinac, en Querci, le 13 Octobre gog. On rapporta son corps dans le monastère d'Aurillac, où il fut enterré, et ou divers miracles attestèrent sa sainteté. Sa châsse , qui étoit d'argent, fut pillée par les Hugenots dans le seizième siècle.

Les fidèles trouvèrent le moyen de ramasser une partie de ses ossemens , que l'on conserve encore, aujourd'hui. L'abbaye fut sécularisée et changée, en un chapitre de chanoines., par le pape Pie IV (a), en 1562. Il y a toujours un abbé commendataire qui a de beaux privileges (b).

Voyez la vie de saint Géraud , par Saint Qdon de Cluni, qui mourut 33 ans après lui; elle se trouve dans Surius , dans la Bibliot. Cluniac. et dans Mabillon , qui a donné en même temps des extraits de plusieurs autres écrivains. Cette vie a été traduite en français par M. Compaing, curé de Savanes, au diocèse de Toulouse , et imprimée à Aurillac en 1715, in-8.0

[ocr errors]

S. COLMAN, MARTYR EN AUTRICHE. Au commencement du onzième siècle, les peuples voisins de l'Autriche, de la Moravie et de la Bohême, divisés par une haine implacable, se faisoient une guerre cruelle. Ce fut dans cette circonstance que Colman, Écossais de nation, et même du sang royal', selon quelques historiens , arriva dans la ville de Stockeraw, qui est à six milles de Vienne. Il alloit faire un pélerinage à; Jérusalem. Comme il avoit traversé un pays ennemi, on le prit pour un espion. Il protesta inutilement de son innocence; on lui fit souffrin mille tortures , après quoi on le condamna à être pendu;, ce qui fut exécuté le 13 Octobre 1012. La sainteté de sa vie qu'avoit prouvée son courage invincible dans les souffrances, fut encore attestée par plusieurs miracles. Trois ans après

(a) Et non par Pie V. L'abbé de Longuerue , Descript. de la Fr. part. 2, p. 138, a prouvé contre Baillet et Piganiol, que ce changement s'étoit fait par Pie IV.

(6) L'abbaye donna naissance à une ville, qui étoit encore peu de chose en 1317. lorsqu'on érigea un évêché à Saint-Flour, mais elle devint fort considérable peu de temps après , et elle a été long-temps capitale de la Haute-Auvergoe.

« PrécédentContinuer »