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ou des saints Speusippe, Eleusippe et Meleusippe. C'est aujourd'hui un prieuré de chanoines réguliers, qui est auprès de Langres , et que

l'on appelle Saint-Jeome. Les reliques de saint Céolfrid furent portées dans la suite à Jarrow , puis à Glastenbury pendant les ravages des Danois (1). Léland vit à Jarrow une pierre sur laquelle on lisoit cette inscription : « La dédicace » de l'église de Saint - Paul à Jarrow a été faite » le neuvième jour avant les calendes de Mai , » la quinzième année du roi Ecfrid, et la qua» trième de l'abbé Géolfrid , qui a fait bâtir cette ► église. »

Nous apprenons de l'exemple de tous les Saints, qu'on ne peut acquérir la vertu sans se faire violence. On se flatteroit en vain de rectifier ses inclinations, si l'on n'étoit fortement déterminé à lutter contre leur perversité : il faut jeter dans son cœur la semence des vertus, de manière qu'elle puisse y prendre racine, y croitre, et y fructifier de plus en plus tous les jours; surtout n'oublions jamais" de vaquer avec ferveur et avec persévérance aux différens exercices auxquels la grâce est attachée. Les ames lâches alleguent leur foiblesse quand il s'agit de la religion, quoique rien ne soit capable de les rebuter dans la recherche des faux biens du monde. Si nous désirions sincèrement notre salut, nous ferions bientôt avec autant de facilité

que

de plaisir , ce que notre indolence nous représente comme impossible, et nous éprouverions que la vraie vertu renferme une manne infiniment délicieuse. On ne la possède point sans avoir en soi le principe d'une joie pure et intarissable, en compa

(1) Voyez Append. Martyr. Gallic. Guil. de Malmesbury, de Reg. l. 1, c. 3 , et le Monasticon. Angl, l. 2, C. 4.

raison de laquelle toutes les voluptés du mondo et du péché ne sont rien, en supposant même qu'elles ne fussent point empoisonnées par cette amertume désespérante qui en accompagne toujours la jouissance.

S. FIRMIN, Premier Évêque d'Amiens, MARTYR.

SAINT SATURNIN , qui étoit évêque de Toulouse vers le milieu du troisième siècle, eut entre autres disciples, saint Honest de Nîmes. C'étoit un prêtre rempli de zèle , qui porta le flambeau de la foi dans la Navarre, et qui se distinguoit autant par son savoir que par ses vertus. Il fut le maître de saint Firmin (a). Ce dernier, ayant été sacré évêque, prêcha la foi dans le territoire d'Albi , à Agen , puis en Auvergne, en Anjou, à Beauvais, et enfin à Amiens , dont il est regardé comme le premier évêque. Il versa son sang pour la foi vers l'an 287. Nous apprenons de ses actes , qu'il eut pour patrie la ville de Pampelune , dans la Navarre, où il est honoré comme principal patron. Un chrétien, nommé Faustinien, l'enterra , et saint Firmin, dit le Confes , bâtit à l'endroit où étoit son corps, une église qui étoit dédiée sous l'invocation de la sainte Vierge. On garde ses reliques dans la cathédrale d'Amiens , à l'exception d'une partie que Dagobert I donna aux moines de Saint-Denis , et que l'on voit encore dans la célèbre abbaye de cette ville.

Voyez les actes et l'histoire du martyre de saint Firmin, dans le Recueil des Historiens de France ; Tillemont, t. III; D. Rivet, Hist. litt., t. I, p. 307; le Gallia Christ. nova , 1. X, p. 1150 , et le P. Stilting , ad 1 Sept. p. 275.

(a) On l'honore le 16 Février. On garde une partie de ses reliques à l'abbaye d'Hyères, dans le diocèse de Paris.

S. LOUP, ÉVÊQUE DE LYON. SAINT LOUP passa les premières années de sa vie dans le monastère de l'Isle-Barbe, près'de Lyon, et en devint supérieur dans la suite. La réputation de sa sainteté y attira saint Lubin de Chartres. Il fut élevé sur le siège de Lyon après la mort de saint Viventioł. Quelques auteurs mettent entre ces deux évêques un saint Eucher , second du nom; mais leur sentiment ne paroit pas appuyé sur des fondemens solides. Saint Loup eut beaucoup à souffrir des troubles qui suivirent la mort de saint Sigismond , roi de Bourgogne, Il ne put remplir tranquillement ses fonctions que quand la ville de Lyon eut passé sous la domination française par le partage que Childebert et Clotaire firent entre eux du royaume de Bour gogne. Il assista , en 538, au troisième concile qui se tint à Orléans pour le rétablissement de la discipline, et il y souscrivit avant les autres métropolitains ; ce qui porte à croire qu'il y présida. Il mourut au plus tard en 542. Son nom est marqué en ce jour dans le martyrologe romain. On dit qu'il fut enterré dans l'église du monastère ou de l'ermitage de l'Isle-Barbe.

Voyez Théophile Raynaud, de SS. Lugd.; le Gallia Christ. nova , t. IV, p.31 ; Baillet , etc.

S. PRINCIPE, ÉvêQUE DE Soissons. SAINT PRINCIPE , frère de saint Remi de Rheims, fut formé à la perfection par des maitres qui avoient vécu dans le célèbre monastère de Lérins. Saint Sidoine Apollinaire lui rend , ainsi qu'à saint Remi , le plus glorieux témoignage. Ces deux frères , dit-il, ne parurent jamais à l'autel avec un

feu étranger. On remarquoit dans toute leur conduite une ardeur incroyable pour leur sanctification , pour la gloire de Dieu, et pour le salut des ames. Saint Principe mourut après avoir saintement gouverné son diocèse plusieurs années , et fut enterré dans l'église du monastère de SainteThècle, situé dans les faubourgs de sa ville épiscopale. Sa mart arriva au commencement du sixième siècle. Ce fut de son temps que la ville de Soissons passa de la domination des Romains sous celle des Français , qui avoient Clovis pour roi. Ses reliques, qu'on avoit transportées dans la cathédrale de cette ville , furent brûlées par

les Huguenots dans le seizième siècle. On garde un bras de ce Saint dans la collégiale de Saint-Amé à Douai.

Voyez saint Sidoine Apollinaire , l. 8, ep. 14 , et l. 9, ep. 8; le Gallia Christ. nova , t. IX, p. 335, et Baillet.

S. AUNAIRE, ÉVÊQUE D’AUXERRE. Saint Aunaire, issu d'une famille distinguée de l'Orléanais, vécut dans sa jeunesse à la cour de Gontran, roi de Bourgogne. Ayant depuis quitté le monde , il alla se mettre sous la conduite de Syagre, évêque d'Autun, que son savoir et ses vertus avoient rendu célèbre. Il fut placé sur le siége d'Auxerre, vers l'an 570. Il assista au quatrième concile de Paris en 573, ainsi qu'à deux autres conciles qui se tinrent à Mâcon quelques années après. Animé du désir de rétablir la discipline dans son diocèse , il assembla un synode où l'on dressa quarante-cinq statuts , dont le premier proscrivoit les étrennes du premier jour de Janvier. Il veilloit avec un soin infatigable à la pureté des meurs, et donnoit à ses

diocésains toutes les instructions qui leur étoient nécessaires

pour

les

porter à l'observation de la loi du Seigneur. Il fit composer pour son édification et celle de son troupeau, les vies de saint Amat et de saint Germain, deux des plus illustres de ses prédécesseurs ; il augmenta aussi les revenus de son église , afin de donner plus de décence au culte divin.

Il avoit un frère, nommé Austrein, qui fut évêque d'Orléans, et qui se rendit aussi recommandable par ses vertus , quoiqu'il ne soit point honoré d'un culte public. Austrégilde ou Aide sa seur devint mère de saint Leu de Sens. Elle vécut dans la pratique la plus parfaite du christianisme, et l'on fait sa fête à Orléans, dans l'église de SaintAignan. Saint Aunaire mourut le 25 Septembre, vers l'an 606. Il est nommé en ce jour dans le martyrologe romain.

Voyez sa vie anonyme , publiée par le père Labbe , Bibl. Miss, t. I, et l'histoire des évêques d’Auxerre , in Chron, Monachi Autissiod. Baillet , etc.

S. FINBARR, PREMIER ÉvêQUE DE CORK, EN IRLANDE. Saint FINBARR est appelé par quelques auteurs saint Arrus ou saint Barrochus. Ware dit qu'il florissoit dans le septième siècle, vers l'an 630 (1); mais par une contradiction manifeste , cet auteur dit à la

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que

saint Colman son disciple vivoit dans le sixième , et qu'il mourut en 604. On lit dans les vies de saint Colman, de saint Nessan et de saint Brendan , qui vécurent sous la conduite de notre Saint, qu'il florissoit

(1) Antig. 'Hiber. in Monasteriologio Hiber. p. 228, et diatriba do Eccles. cathedral. p. 328. Tome IX.

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