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dans le sixième siècle. Il étoit né dans la Connacie, et fut élevé dans le monastère de Lough-Eire, ou se rendoient tous ceux qui vouloient se former aux sciences et à la vertu. Le concours y étoit si considérable , que le désert où il étoit situé devint bientôt extrêmement peuplé : de là l'origine de la ville de Cork.

Saint Colman, disciple de saint Finbarr, fonda le siége de Cloyne, et en fut le premier évêque. Il mourut le 4 Novembre 604. Saint Nessan, autre disciple du Saint , lui succéda dans son école ou son monastère, et fut le premier fondateur de la ville de Gork, située dans de petites iles marécageuses formées par la Lée.

Quelques auteurs , d'après un manuscrit de la bibliothèque du roi de la Grande-Bretagne à Londres, attribuent à saint Finbarr, encore appelé Lochan, une lettre qui traite des cérémonies du baptême, et qui a été imprimée parmi les oeuvres d'Alcuin. Il fut dit-sept ans évêque de Cork, et mourut à Cloyne, éloignée de cette ville de quinze milles. On porta son corps dans sa cathédrale. Quelques années après, on le leva de terre pour le renfermer dans une châsse d'argent , et il s'est long-temps gardé dans l'église qui porte encore le nom du Saint. On voyoit son ermitage dans un monastère dont on le croyoit le premier fondateur, et qui étoit à l'occident de Cork. Cette maison fut depuis donnée aux chanoines régu. liers de saint Augustin. On l'appela Gill Abbey, de Gill Æda ô Mugin, célèbre évêque de Cork, vers la fin du douzième siècle, lequel y fit des agrandissemens considérables.

Voyez la vie manuscrite de saint Finbarr, qui se garde dans le collége de la Trinité à Dub lin ; Giraldus Cambrensis , de mirabilibus Hibern. 1. 2, c. 49 ; Smith , état ancien et prém sent de Corck, t. 1 ; Suysken , t, VII, Sept. p. 147.

t. IV.

S. CYPRIEN ET S.te JUSTINE,

MARTYRS A NICOMÉDIE. L'impératrice Eudocie, que Théodose le Jeune épousa cause de son savoir et de son habileté dans la philosophie , composa en beaux vers l'histoire de saint Cyprien et de sainte Justine. Ce poème , divisé en trois livres, dont Photius fait l'éloge, et dont il donne l'extrait , est présentement perdu , ainsi que les autres poésies d'Eudocie. Les actes originaux des deux martyrs ont éprouvé le même sort; mais nous avons encore la confession de saint Cyprien, écrite par lui-même, et dont saint Grégoire de Nazianze et l'impératrice avoient fait usage. Nous avons aussi deux autres pièces authentiques , la conversion et la relation du martyre de saint Cyprien et de sainte Justine, Voyez Prudence, hymn. 13, p. 215 ; saint Grégoire-de Nazianze ( qui toutefois confond par méprise saint Cyprien de Nicomédie , avec celui de Carthage ) or. 18 ; Photius , cod. 184; Tillemont, t. V : Ceillier, t. IV, p. 89: Orsi ,

p. 80 ; et le P. Clé , t. VII, Sept. p. 195; Jos. Assémani, in Gal. univ. t. V, p. 269, ad 2 Octob.

L'AN 304. SAINT CYPRIEN , surnommé le Magicien, est un exemple bien frappant de la puissance, de la grâce et de la grandeur de la miséricorde divine. Il étoit d’Antioche, qu'il ne faut pas confondre avec la capitale de la Syrie. La ville dont il s'agit étoit située entre la Syrie et l'Arabie, et dépendoit du gouvernement de la Phénicie. Les parens de Cyprien, qui étoient excessivement superstitieux, dévouèrent leur fils au démon dès son enfance; ils le firent élever dans tous les mystères impies du paganisme , ainsi que dans la prétendue science de l'astrologie judiciaire et de la magie. Lejeune Cyprien , flatté de l'espoir d'acquérir de nouvelles connoissances, alla successivement à Athènes, au Mont-Olympe dans la Macédoine, à Argos dans la Phrygie, à Memphis en Egypte, dans la Chaldée et aux Indes, lieux que la superstition et les

pratiques infernales de la magie avoient rendus fameux. Lorsqu'il eut fini ses courses ,

il s'abandonna à toutes sortes de crimes , et il se mit à blasphémer contre la religion chrétienne. Il égorgea plusieurs enfans pour offrir leur sang au demon, et chercher dans leurs entrailles palpitantes la connoissance de l'avenir. Il employoit la science funeste qu'il avoit acquise à séduire les vierges; mais il ne put venir à bout de ravir l'honneur des femmes chrétiennes.

Il y avoit à Antioche une jeune vierge nommée Justine,

, que sa naissance et sa beauté rendoient recommandable. Ses parens étoient idolâtres; mais elle avoit eu le bonheur de connoître Jésus-Christ. Sa conversion fut suivie de celle de sa famille. Un jeune homme , païen de religion , conçut pour elle une violente passion. Les efforts qu'il fit pour toucher son cæurayant été inutiles, il pria Cyprien de le servir par son art. Celui-ci partagea bientôt la passion du jeune homme, et mit tout en æuvre dans le dessein de réussir pour lui-même. Justine, qui se voyoit fortement attaquée, joignit la prière à la vigilance et à la mortification. « Avec le o signe de la croix, dit Photius d'après Eudo » cie (1), elle mit les démons en fuite. Elle • s'arma, dit saint Cyprien lui-même dans sa i confession (2), du signe de Jésus-Christ. , et » rendit inutile l'invocation des esprits de ténèbres. » S'étant adressée, selon saint Grégoire de » Nazianze, à la vierge Marie , pour la conjurer » de venir au secours d'une vierge en danger, elle ► se fortifia par l'antidote du jeûne, des larmes ► de la prière. »

Cyprien , se voyant vaincu par un pouvoir supérieur, commença à réfléchir sur la foiblesse (1) Cod, i84.

(2) P. 310.

des esprits infernaux ; bientôt il résolut de quitter leur service. Le démon, furieux de la perte d'un homme par le moyen duquel il avoit assu- jetti un si grand nombre d'ames à son empire,

attaqua Cyprien de toutes ses forces. Le nouveau converti résista courageusement; mais il tomba dans une profonde mélancolie , et le souvenir de ses crimes passés le jeta dans le désespoir. Tandis qu'il étoit agité par les pensées les plus affligeantes, Dieu lui inspira de s'adresser au saint prêtre Eusebe, qu'il connoissoit depuis longtemps. Il ne lui eut pas plutôt communiqué ses peines , qu'il se sentit extrêmement consolé. Il y avoit trois jours qu'il étoit dans cet état violent, sans qu'il lui eût été possible de manger. Eusébe lui fit prendre un peu de nourriture, et le matin du dimanche suivant, il le conduisit à l'assemblée des fidèles. On y admettoit les personnes qui demandoient à se faire instruire, mais on les obligeoit de sortir pendant la célébration des saints mystères. Ces assemblées se tenoient de grand matin , tant pour vaquer plus librement à la prière, que pour ne point donner ombrage aux païens. La vue du respect et de la piété dont étoient pénétrés les fidèles en adorant le vrai Dieu , frappa singulièrement Cyprien. «Je vis , dit-il lui-même,

(3), le cheur des hommes célestes ou des » anges qui chantoient les louanges de Dieu , » et terminoient chaque verset des psaumes par » le mot hébreu alleluia ; en sorte qu'ils ne me » paroissoient plus être des hommes (a). »

(3) Cod. p. 329.

(a) On lit ce qui suit dans l'Essai sur les écrits et le génie de Pope ( p. 325 ) par Warthon, qui avoit voyagé en France : » il y a, je crois, peu de personnes qui, en assistant à la v messe dans un chæur bien ordonné, n'aient pas éprouvé • de vifs sentimens , sinon de dévotivo, au moins de respect..

»

Ceux qui étoient à l'assemblée furent fort étonnés de voir un prêtre introduire Cyprien parmi eux : l'évêque qui y présidoit pouvoit à peine en croire ses yeux, ou du moins il ne s'imaginoit pas que la conversion de celui qui causoit sa surprise fût sincère ; mais Cyprien dissipa ses doutes le lendemain, en brûlant devant lui tous ses livres de magie, en donnant tous ses biens aux pauvres, et en se mettant au nombre des catéchumènes. Lorsqu'il eut été instruit, et suffisamment disposé, l'évêque lui-même le baptisa. Agladius , l'amant de Justine, se convertit de la même manière, et reçut aussi le baptême. Quant à Justine, elle fut si touchée de ces deux exemples de la miséricorde divine, qu'elle se coupa les cheveux en signe du sacrifice qu'elle faisoit à Dieu de sa virginité, et distribua aux pauvres tout ce qu'elle possédoit.

Saint Grégoire de Nazianze décrit, avec son élégance ordinaire , le merveilleux changement qui s'opéra en Cyprien, sa conduite édifiante, son humilité, sa modestie , sa gravité, son amour pour Dieu , son mépris pour les richesses, son application continuelle aux choses divines; il ajoute qu'il demanda

par

humilité un des plus bas emplois de l'église. Eudocie, citée par Photius, dit qu'il fut fait portier; mais que quelque temps après on l'ordonna prêtre , et qu'il remplit ensuite le siége épiscopal d'Antioche, devenu vacant par

la mort d'Anthime.

La persécution de Dioclétien s'étant allumée , » Le lord Bolinbroke étant à la messe dans la chapelle de

Versailles, dit au marquis de... qui étoit avec lni, lors

qu’on en fut à l'élévation de l'hostie : Si j'étois roi de » France, je voudrois faire moi-même cette cérémonie. » Voilà le langage des ennemis de l'église romaine ? On pent voir aussi Taylor, etc.

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