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gardoit leurs reliques dans une église de leur nom. il leur donne le titre d'illustres athlètes et de généreux soldats de Jésus-Christ. L'empereur Justinien, qui commença à régner en 527, fit agrandir, orner et fortifier la ville de Cyr, par respect pour les saints martyrs dont les sacrés ossemens y reposoient. Voyant que leur église de Constantinople tomboit en ruines, il en fit bâtir une magnifique, en reconnoissance de ce qu'il avoit été guéri d'une maladie dangereuse par leur intercession (2). Pour satisfaire sa dévotion envers les mêmes Saints , il construisit une seconde église à Constantinople sous leur invocation. On trouve dans la chronique de Marcellin (3) et dans saint Grégoire de Tours (4), le récit de plusieurs miracles opérés par leur intercession. Une partie de leurs reliques est présentement à Rome dans l'église de leur nom , qui est un titre de cardinaldiacre (5). Elle fut portée dans cette ville , du temps

du

pape saint Félix, bisaïeul de saint Grégoire-le-Grand. Il y en a deux autres parties à Venise, l'une chez les Bénédictins de SaintGeorge le Majeur (6), et l'autre chez les Bénédictines, dont le monastère fut fondé en 1583 (7). La cathédrale et la paroisse de Saint-Cosme de Paris, ainsi que l'église collégiale de Luzarches au même diocèse , possèdent également chacune une portion des reliques de nos saints martyrs.

Saint Cosme et saint Damien s'estimoient heu

c. 11.

(2) Procope , de ædific. Justinian. I. 2,
(3) Ad an. 516. (4) L. de Glor. Mart.
(5) Stilting, S. 5, p. 447.

(6) Flaminius-Cornelius, senator Venetus , de Ecclesiis Venetis , t. VIII, p. 127.

6) Ibid. p, 49.

reux de trouver dans leur profession la facilité de procurer à leurs frères souffrans de la consolation et du secours. Soyons, comme eux, charitables et bienfaisans , même à l'égard de nos ennemis et de nos persécuteurs, et nous pourrons alors nous regarder comme de véritables disciples de Jésus-Christ; par-là nous ressemblerons à notre divin modèle , et nous nous montrerons enfans du Père céleste, qui supporte les plus grands pécheurs , qui les invite à la pénitence, et qui ne cesse de leur faire ressentir les effets de sa miséricorde. Il ne fait éclater sa justice contre eux que quand ils s'opiniâtrent à mépriser sa grâce, et à rejeter les preuves de son amour. Sa nature même est une bonté sans bornes , et il en fait continuellement descendre les émanations sur ses créatures. Tout ce qu'elles ont de perfections vient de lui; il en est le principe et la source. C'est dans l'imitation de la bonté divine, proportionnée aux efforts dont chacun est capable, que consiste la perfection chrétienne ; et lorsqu'elle est fondée sur les motifs de la vraie charité, elle est l'accomplissement de la loi. On peut donc se sanc,ifier dans les professions où l'on est engagé pour le service du prochain : il suffit d'agir par l'impression de la charité; cela n'empêche pas que l'on ne se propose

de pourvoir à sa subsistance et à celle de sa famille; c'est même une obligation dont l'accomplissement est une vertu, si l'on se conduit par un motif également pur et parfait.

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S. FLORENTIN ET S. HILIER,

MARTYRS EN BOURGOGNE. LES Barbares étant tombés sur les Gaules au commencement du cinquième siècle , plusieurs Chrétiens furent mis à mort pour la foi. On compte parmi ces Chrétiens, saint Florentin et saint Hilaire, vulgairement appelé saint Hilier. Ils demeuroient dans la ville de Pseudun, au diocèse d'Autun, de laquelle il ne reste plus que le village de Sémont, dépendant de la paroisse de Saint-Marc près de la Seine. Ils s'excitoient à l'envi au jeûne , à la prière , et à la pratique de toutes les vertus chrétiennes. Après avoir été dépouillés de tous leurs biens, ils firent le sacrifice de leur vie , plutôt que

de renoncer à la foi. On met leur mort au 27 Septembre vers l'an 406. Leurs corps furent transportés de Pseudun à Lyon , au milieu du neuvième siècle, et déposés dans le monastère d'Aisnay. Il se fit dans la suite plusieurs distributions de leurs reliques. La paroisse de Brémur sur Seine, qui est à une demi-lieue de Sémont , prétend posséder le chef de saint Florentin.

Voyez D. Mabillon , sect. 4. Ben. part. 2 ; les martyrologes d’Adon et d'Usuard, et Baillet.

S.to HILTRUDE, VIERGE ET RECLUSE A LIESSIES.

Sainte HILTRUDE étoit une fille du comte Wibert, gentilhomme du Poitou , qui alla depuis demeurer dans le Hainaut. Résolue de passer sa vie dans la virginité, elle refusa l’établissement que sa famille lui offroit dans le monde ; elle s'enfuit même de la maison paternelle pour faire échouer plus sûrement un mariage qu'on projetoit pour elle : mais ayant appris que celui qu'on

destinoit épousoit Berthe sa soeur, elle revint chez son père, qui lui laissa une entière liberté. Elle alla demander le voile à l'évêque de Cambrai , et se retira dans une cellule attenante à l'église du monastère de Liessies , qui étoit gouverné par Gontrand son frère. Elle y fut bientôt suivie par plusieurs personnes de son sexe qui tendoient à la perfection, et qu'elle réunit en corps de communauté. Uniquement occupée de la prière et des pratiques de la pénitence , elle évitoit le commerce des personnes du monde, et ne voyoit que son frère avec lequel elle s'entretenoit des vérités du salut. On dit qu'elle mourut sur la fin du huitième siècle, et qu'elle fut enterrée dans l'église de Liessies. Ses reliques sont encore présentement dans cette abbaye. Sa fête est marquée en ce jour.

Voyez Mabillon , sect, 2, Ben. part. 2, p. 421 ; Baillet , etc.

S. ELZÉAR, Comte d'ARIAN, ET S. te DELPHINE

SA FEMME.

Saint Elztar, vulgairement appelé saint Augias, étoit de l'illustre et ancienne maison de Sabran en Provence. Hermengaud de Sabran son père fut fait comte d’Arian au royaume de Naples. Laudune d'Albes sa mère sortoit également d'une famille très-distinguée. Elzéar naquit en 1285, à Robians, près du château d'Ansois, au diocèse d'Apt. A peine fut-il né, que sa mère, surnommée la bonne comtesse, à cause de sa charité et de ses autres vertus , le prit entre ses bras et l'offrit à Dieu , le conjurant avec ferveur de l'enlever plutôt après son baptême, que de permettre qu'il souillât jamais la pureté de son ame par le péché.

Le jeune Elzéar parut dès son enfance uniquement né pour la vertu. Il avoit un amour singulier

pour les malheureux, et il s'attristoit lorsque les personnes chargées de son éducation ne lui donnoient pas de quoi assister ceux qu'il voyoit dans la peine. Souvent il partageoit son diner avec de pauvres enfans. Les premières leçons de vertu qu'il avoit reçues de sa mère furent perfectionnées par un de ses oncles : C'étoit Guillaume de Sabran , abbé de Saint-Victor à Marseille. Il prit son neveu dans son monastère , et se chargea du soin de le former aux sciences, et de l'établir solidement dans la piété. Elzéar portoit dès lors une ceinture armée de pointes aiguës qui lui déchiroient le corps, en sorte qu'on en voyoit quelquefois couler le sang. Son oncle le reprit sévèrement des austérités extraordinaires qu'il pratiquoit, en admirant toutefois son zèle pour la mortification dans un âge si tendre.

Elzéar n'avoit encore que dix ans lorsque Charles II, roi de Sicile et comte de Provence, le fit fiancer à Delphine de Glandèves , qui n'avoit que douze ans. Delphine étoit fille unique de Sinha , seigneur de Pui-Michel, qui possédoit une fortune considérable. Quatre ans après cette cérémonie, le mariage se célébra au château de PuiMichel; mais les deux époux s'engagèrent d'un consentement mutuel à vivre dans la continence. Les austérités qu'ils pratiquoient l'un et l'autre en carême, retraçoient la vie de ces saints pénitens de la primitive église. Ils jeûnoient à peu près de la même manière en Avent , et plusieurs autres jours de l'année. Ayant passé sept ans au château d'Ansois, ils se retirèrent à celui de PuiMichel. Elzéar avoit vécu jusque-là dans une parfaite soumission à ses parens. S'il les quitta , ce

fut de leur consentement, et uniquement dans la i vue d'être plus libre dans la solitude.

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