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ne réussit pas mieux , quoiqu'il eût employé les promesses et les menaces. Agapet resta inflexible, vices qui ont fait détester son administration à plusieurs égards. Il régna depuis l'an 527 jusqu'à l'an 565. I entreprit la réformation des lois qui, par leur confusion , leur, multitude et leurs contradictions étoient devenues extrêmement nuisibles an peuple pour lequel elles avoient été faites. IL donna le code , qui est un recueil d'un certain nombre de constitutions des empereurs précédens , et le publia en 529. Cet ouvrage reparut en 534 avec des améliorations. Les déci. sions des plus habiles jurisconsultes furent données sous le titre de digeste ou de pandectes en 533. L'empereur fit diviser ses institutes en quatre livres, pour servir d'introduction aux pandectes. Il donna encore un grand nombre de lois ecclésiastiques et civiles, sous le titre de novelles. Ces différens ouvrages composent ce qu'on appelle le corps du droit romain. Les lois , les édits et les lettres qui portent le nom de Justinien , sont marqués au coin de la sagesse, et mettent ce prince au-dessus de tous les législateurs qui l'avoient précédé; mais en rendant à ce prince toute la justice qui lui est due , on doit convenir qu'il étoit plus jaloux de publier de bonnes lois , que de donner de bons magistrats à ses sujets, et qu'il visoit moins à la gloire d'administrer la justice avec impartialité, qu'à celle de passer dans la postérité pour un législateur célèbre. Il s'en falloit beaucoup que ses actions portassent l'empreinte de cette équité si fortement recommandée par ses propres lois. Voyez le père Daude, Jésuite , t. II, de son Hist. univ. romani imperii, imprimée à Wurtzbourg en 1754.

Le questeur Tribonien, païen de religion, dont l'empereur se servit pour la rédaction du droit romain , étoit à la vérité un des plus habiles jurisconsultes de son temps; mais il avoit l'ame vénale, et ne suivoit quelquefois que sa passion. Voyez Procope, l. de Bello Persico , 24, 25, et Suidas, Voyez Trebon.

Justinien embellit sa capitale, et d'autres villes de l'empire, d'églises magnifiques et d'édifices superbes, ce qui ajouta un nouveau lustre à son règne : mais il paroit que la vanité étoit le principal mobile de sa conduite. S'il délivra l'Afrique et l'Italie des mains des barbares, il dévora la substance de ses propres sujets ; il employa les voies les plus iniques pour amasser des trésors destinés à satisfaire ses fantaisies et ses passions , ainsi que celles de l'impératrice Théodore et d’Antonine , feinme de Bélisaire. Jamais prince ne se mêla plus des affaires de l'église, comme on le voit par cette multitude de lois insérées dans ses novelles , où il attribue le droit de régler presque tout ce qui concerne la discipline. Il eut la fureur de disputer sur les matières les plus abstraites de la

soif ,

et Anthime retourna à Trébizonde, de peur d'être obligé de recevoir le concile de Galcédoine. Le saint pape le déclara excommunié, à moins qu'il ne prouvât sa catholicité en souscrivant ce concile. Cette fermeté anima contre lui la fureur des Eutychiens, et celle de l'impératrice ; mais, la théologie , ce qui lui emportoit un temps qu'il eut bien mieux fait de donner au gouvernement de l'état. Comme il avoit peu de savoir , au rapport de Suidas , il choisissoit mal ses théologiens, et par là il contribua beaucoup à fomenter et à augmenter la division des églises d'Orient. Enfin il tomba dans l'hérésie des Incorrupticoles, et il la proposa daps, un édit où il déclaroit que le corps de Jésus-Christ, dans son état de mortalité, n'étoit susceptible d'aucune altération , ou d'aucune passion naturelle', telles que la faim ,

la douleur; en sorte que le Sauveur, comme homme, maageoit sans aucune nécessité de manger. Voyez Procope , de Bello Gothico , l. 3, c. 33 et 35 , et Anecd., c. 18.

Procope, cité plusieurs fois dans cette note , étoit de Cesarée en Palestine, et suivit Belisaire , en qualité de secrétaire , dans les expéditions de ce général en Afrique et en Italie. Il composa deux livres de la guerre de Perse, deux de la guerrc des Vandales , quatre de la guerre des Goths, et six édifices de Justinien. Il fait, dans ces différentes histoires , une peinture brillante des belles actions de l'empereur. Nous avons encore de lui un ouvrage intitulé, Anecdotes ou histoire secrète , qui va jusqu'à l'an 562, et dans lequel il raconte les crimes énormes auxquels se livroient en particulier Justinien , Théodore , Bélisaire et Antonine. La cour impériale y est représentée sous les couleurs les plus hideuses. On

eu raison d'omettre dans les imprimés le détail des impudicités de Théodore , lequel se trouve dans un missel de la bibliothèque du Va can. Ceci prouve que Procope ne suivoit point la vérité pour guide. Il a imité Velleius-Paterqulus qui , après avoir comblé Séjan d'éloges, l'auroit réprésenté comme un monstre digne d'exécration, s'il eût écrit après la chute de ce ministre. Son dernier ouvrage paroît lui avoir été dicté par l'ambition ou la baige, et il y a toute apparence qu'il n'est qu'un tissu de calomnies. Procope se donne pour chrétien; mais il ne l'étoit probablement que par intérêt : il marque en effet dans plusieurs endroits de son histoire secrète, de l'aversion pour la foi , et de l'attachement pour les superstitions du paganisme.) Voyez Eichelius, Præf. in Procop. anecd. , n. 17 ad 22.) Au reste , nous n'avons pas besoin de cet ouvrage pour bien connoître le caractère de Justinien.

par son

constance d’Agapet triompha des efforts des héma rétiques. Mennas, aussi recommandable savoir que par sa piété, fut élu patriarche de Constantinople. Le pape le sacra lui-même.

Les catholiques lui ayant porté plusieurs plaintes contre Sévère et quelques autres évêques du parti des Acéphales , il se proposa de les faire examiner dans un concile ; mais il tomba malade, et mourut à Constantinople le 17 Avril 536, après avoir siégé onze mois et trois semaines. Son corps fut porté à Rome, et enterré dans l'église de Saint-Pierre du Vatican, le 20 du mois de Septembre suivant, jour auquel on honore sa mémoire. Les Grecs font sa fête le 17 Avril.

Voyez les épitres du Saint, et les autres monumens qui le concernent, t. V, concil. ; Libérat, Brev. c. 21 Liber pontificalis , seu de gestis Rom. pontificum , quem cum cod. Mss. collatum cmendavit et supplevit Joannes Vignolius , Bibl. Vaticanæ præfectus alter, Romæ 1756, 3 vol. in-4.0 Clé, l'un des continuateurs de Bollandus, t. VI, Sept. p. 163.

22 ; le

Site SUSANNE, VIRRGE ET MARTYRE EN PALESTINE. SUSANNE , fille d'un prêtre idolâtre, naquit à Eleuthéropolis dans la Palestine, sous le règne de Maximin ou Maximien, vers l'an 310. La mort lui ayant enlevé ses parens , elle fut instruite dans la religion chrétienne , et reçut le baptême. Quoique jeune encore, elle donna tous ses biens aux pauvres, et alla servir Dieu dans la solitude, de l'avis de Philippe, l'un des plus célèbres archimandrites de la Palestine, et auquel Rufin donne de grands éloges. Ayant été accusée , sous Julien l'Apostat, d'avoir renversé des idoles, le gouverneur d’Eleuthéropolis la condamna à mort vers l’an 362. Baronius , d'après les ménéloges grecs,

a inséré son nom dans le martyrologe romain, au 20 Septembre.

Voyez le P. Stilting , t. VI, Sept. p. 151.

S. MATTHIEU, APÔTRE ET

ÉvangéliSTE. Tiré de saint Matthieu , c. 9; de saint Marc, c. 2; de saint

Luc, c. 5. Voyez Tillemont , Calmet , Ceillier, Hammond , etc.

Saint Matthieu est appelé Lévi par deux évangélistes. Ces deux noms ont une origine hébraïque (a) Il portoit le second avant sa conversion, et il paroit avoir pris le premier lorsqu'il se fut attaché à Jésus-Christ, pour montrer qu'il avoit renoncé à sa profession, et qu'il étoit devenu un homme nouveau. Saint Marc l'appelle fils d’Alphée; mais on auroit tort de conclure de là qu'il étoit frère de saint Jacques le Mineur. Il paroit qu'il étoit Galiléen de naissance. Il exerçoit la profession de publicain, ou de receveur des tributs pour les Romains (b), profession qui étoit fort

(a) Lévi signifie associé, et Matthieu , qui est donné, et en latin donatus.

(6) Les Romains envoyoient des publicains dans les provinces pour ramasser les impôts ; et cet emploi , que l'on regardoit chez eux comme honorable, se donnoit ordinairement aux chevaliers romains. T. Flavius Sabinus , père de l'empereur Vespasien , fut publicain des provinces de l'Asie. Ces publicains généraux en prenoient de subalternes, et les choisissoient dans le pays qu'ils étoient censés connoitre mieux que personne. Les receveurs des impôts commettoient d'ordinaire de cruelles exactions pour s'enrichir , ce qui les faisoit souvent traiter de voleurs publics, même par les païens ; aussi voyons-nous que Zachée, un de ces principaux receveurs, pensant aux occasions qu'il avoit eues d'opprimer le peuple, offrit au Sauveur de restituer le double de ce qu'il avoit pris injustement. Les juifs traitoient les publicains de personnes infâmes ; ils les haïssoient voyoient en eux les ennemis de leur liberté, parce qu'ils les réputoient souillés par leur commerce avec les Gentils , et parce qu'ils les croyoient d'accord avec les Romains pour

parce qu'ils

que

odieuse parmi les Juifs. On pense qu'il avoit la recette du droit de péage que payoient les marchandises qui venoient par le lac de Génésareth, ainsi tous ceux qui traversoient ce laç; c'est pour cela

que dans l'évangile en hébreu, publié par Munster, le mot publicain est rendu en cet endroit , par le Seigneur du passage. On lit dans saint Marc que quand le Sauveur appela: saint Matthieu , il étoit assis au bureau des impôts sur le bord du lac.

Jésus , après la guérison d'un paralytique, sortit de Capharnaüm, et marcha sur les bords du lac de Génésareth, enseignant le peuple qui le suivoit en foule. Ayant aperçu Matthieu qui étoit assis à son bureau , il l'appela , et celui-ci se mit à sa suite. Matthieu avoit un poste avantageux : il voyoit bien ce que lui coûteroit la démarche qu'il faisoít, et il n'ignoroit pas que la pauvreté alloit devenir son partage; mais toutes ces considérations ne l'arretèrent point; la gloire de devenir le disciple de Jésus-Christ lui parut préférable à tout. Il est à présumer qu'il connoissoit la personne et la doctrine du Sauveur; il demeuroit dans le voisinage de Capharnaüm ou Jésus-Christ avoit résidé quelque temps, où il avoit prêché et opéré plusieurs miracles; ainsi il étoit en quelque sorte préparé aux impressions de la grâce qui l'appeloit à l'apostolat. On lit dans saint Jérôme qu'il fut touché et fortement attiré par un certain éclat de majesté, mêlé d'une douceur aimable qui brilloit sur le visage de Jésus. Il se convertit, suivant tenir leur patrie dans l'esclavage : de là cette attention à ne point communiquer avec eux dans les cérémonies de la religion , et même dans la société civile. Saint Jérôme ep. 246 ad Damas , prouve contre Tertullien que les Gentils n'étoient pas les seuls qui exerçoient les fonctions de publicains.

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