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Voyez Bède, l. 4, c. 1; 7.5, e. 21; Guillaume de Malmesbury, de Pontif. Angl. Capgrave, etc.

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S. Brivaud fut d'abord abbé de Glastenbury; mais il se démit de sa charge pour aller vivre dans le petit monastère de Riculf b. Son dessein était de se livrer tout entier aux exercices de la pénitence et à l'étude de l'Écriture sainte : il voulait aussi se rapprocher de S. Théodore, archevêque de Cantorbéry. Mais il était bien éloigné de penser que la Providence le destinait à être le successeur de ce saint archevêque : ce qui arriva cependant l'an 692. Il édifia son diocèse par la pratique de toutes les vertus, et mourut

l'an 731.

Voyez Jean de Glastenbury, publié par Hearne; et les Antiquités de Glastenbury, par Guillaume de Malmesbury, lesquelles ont été données par Thomas Gale.

S. HONORÉ, NÉ EN BERRI, DÉCAPITÉ EN POITOU.

S. Honoré naquit sur la fin du treizième siècle à Buzançais, ville du diocèse de Bourges. Ses parens étaient des modèles de religion et de probité; il suivit leur exemple. Son père s'occupait du commerce des bestiaux, et y avait acquis une assez grande fortune, dont le superflu appartenait aux pauvres. Le jeune Honoré l'accompagnait dans ses voyages, et lui succéda dans le négoce. Il vécut avec sa mère et la consola dans sa viduité.

Une des grandes jouissances religieuses que se donnait ce vertueux jeune homme dans ses abondantes aumônes, était de doter des mariages pauvres qu'il assortissait en vertus, et cet acte de eharité lui fut si familier, que son nom est devenu populaire en fait d'union conjugale.

Une vie aussi sainte ne fut pas de longue durée. Il revenait du Poitou, quand, s'apercevant que ses domestiques avaient introduit dans le troupeau une vache enlevée furtivement, il les blâma avec a En latin, Brithwaldus et Berachtwaldus. b Ou Riculver, près l'ile de Thanet, dans le comté de Kent. Le roi Ethelbert avait un palais; et Cressy croit qu'il fut le fondateur de cette abbaye. Mais Tanner, d'après la chronique saxonne, met la date de sa fondation à l'an 669, sous le règne d'Egbert. Lc monastère de Riculver fut réuni en 949 à la cathedrale de Cantorbéry, dite de Saint-Sauveur.

force, et la fit restituer. Outrés de ses reproches, ils résolurent de se défaire de lui et de vendre le troupeau à leur profit. Ils arrivèrent, dans ces dispositions, à une demi-lieue de Thenezai, près Parthenai en Poitou ; l'endroit leur parut isolé et propre à leur coupable dessein. Ils lui coupèrent la tête, qu'ils jetèrent avec le corps

dans une fontaine. Ainsi perit S. Honoré, martyr de sa justice et victime d'une basse cupidité.

Il s'opéra des prodiges si nombreux à l'enlèvement de son corps, que, sur la demande des fidèles, il fut porté à l'église de Thenezai, qui lui fut dédiée; sa fête s'y célèbre depuis lors, le 9 janvier, jour de sa mort, ainsi qu'à Buzançais, qui le prit pour patron et protecteur de la ville.

La tête du saint resta à Thenezai, où on la conserve; son corps, envoyé à Buzançais, fut consumé et jeté aux vents en 1562, par les Calvinistes iconoclastes. Un seul os, échappé dans le transport de l'église au bûcher, se conserva jusqu'à la révolution, pendant laquelle il disparut.

S. Honoré fut béatifié en 1444.

MARTYROLOGE.

A Antioche, la fête de S. Julien, martyr, et de Ste Basilisse, vierge, sa femme, qui passèrent à une vie plus heureuse sous les empereurs Dioclétien et Maximien. Basilisse, ayant gardé la virginité avec son mari, finit tranquillement ses jours. Quant à Julien, après qu'on eut brûlé un grand nombre de prêtres et de ministres de l'Eglise, qui s'étaient réfugiés chez lui pour éviter la cruauté de la persécution, il souffrit de très-rigoureuses tortures, et fut décapité suivant l'arrêt du président Marcien. Avec lui perirent Antoine, prêtre; Anastase, que Julien ressuscita et rendit participant de la grâce de Jésus-Christ; Celse, jeune enfant, et Marcionille, sa mère, avec sept frères, et plu. sieurs autres de leurs compagnons.

Dans la Mauritanie Césarienne, Ste Marcienne, vierge, qui, ayant été exposée aux bêtes, parvint à la gloire du martyre.

A Smyrne, les saints martyrs Vital, Révocat et Fortunat.

En Afrique, les SS. Epictète, Jucond, Second, Vital, Félix et sept autres saints martyrs.

A Sébaste en Arménie, S. Pierre, évêque, frère de S. Basile le Grand.

A Ancône, S. Marcellin, évêque, qui, par le secours de Dieu, préserva cette ville d'un grand incendie, suivant le témoignage de S. Grégoire.

Saints de France, A Dijon, Ste Pascase, par l'intercession de laquelle S. Grégoire de Tours dit qu'il a été guéri du mal des yeux.

A Thenezai en Poitou, S. Honoré, honoréen ce lieu-là comme martyr. En l'abbaye de Fécamp, au pays de Ca:x en Normandie, S. Vaneng,

confesseur, qui fit båtir ce monastère pour des religieuses, cl y reçut S. Léger, persécuté par Ebroïn. Son corps était à Ham en Picardie, en l'église abbatiale de Notre-Dame.

A Saint-Florent-le-Vieux en Anjou, S. Mauronce, abbé de ce lieu.

Le même jour, le vénérable Piesse de Pontigny, nommé saint au Ménologe de Cileaux.

Autres, En Afrique, S. Artaxes et quelques autres, martyrs, brûlés viss sous Sévère. En Ecosse, S. Filan, abbé.

A Cantorbéry, S. Adrien de Niridan, abbé de Saint-Pierre en la même ville, monastère dit depuis Saint-Augustin.

A Cantorbéry encore, S. Brivaud, évêque.

Au monastère d'Augare près de Nicomédie, S. Eustrace, supérieur de ce lieu.

1

S. GUILLAUME, ARCHEVÊQUE DE BOURGES.

Tiré de deux Vies du saint, dont l'une fut écritè pur une personne qui l'avait

connu particulièrement à Bourges ; et l'autre par Pierre, moine de Chális, peu de temps après sa mort. La première de ces Vies a été abrégée par Surius. Dom le Nain les a suivies dans son Histoire de l'ordre de Citeaux, tom. 7. Voyez les notes de Bollandus, qui rapporte encore un fragment d'une troisième Vie de S. Guillaume; et les auteurs du Gallia Christiana nova, ton. 2, p. 60.

L'AN 1209

GUILLAUME BERRUYER sortait de l'illustre famille des anciens comtes de Nevers. Le soin de son éducation fut confié à Pierre l'Ermite, son oncle maternel, et archidiacre de Soissons. Cet habile maître lui apprit de bonne heure à mépriser les richesses et les grandeurs périssables du monde, à en détester les plaisirs, et à craindre le poison qu'ils cachent sous un appât séduisant. Guillaume répondit parfaitement aux vues de son oncle : il n'avait d'ardeur que pour l'étude et les exercices de la piété. Il s'engagea dans l’état ecclésiastique, et fut successivement chanoine de Soissons et de Paris. Mais comme le dégoût du monde croissait en lui de plus en plus, il résolut de le quitter entièrement, et de se retirer dans la solitude. Il choisit celle de Grandmont, et y vécut dans la pratique des plus grandes austérités de la pénitence. Une contestation, survenue entre les religieux de cheur et les frères convers, ayant ensuite troublé la paix dont il jouissait, il passa dans l'ordre de Cîteaux, qui répandait alors de toutes parts la bonne odeur de Jésus-Christ. Il fit profession dans l'abbaye de Pontigny, où il devint bientôt un modèle accompli de la perfection monastique. Après avoir été quelque temps prieur de cette maison, il fut élu abbé de Fontaine-Jeana, puis de Châlis 6. Loin de se prévaloir de sa place, il se regardait comme le dernier des frères. Il vivait dans une mortification absolue de ses sens et de ses inclinations : aussi mérita-t-il d'obtenir de Dieu une admirable pureté de cour, et le don de prière dans le degré le plus éminent. Il joignait à une merveilleuse simplicité, de grandes lumières qu'il puisait dans la plus sublime oraison. On découvrait à la sérénité de son visage le calme intérieur de son âme; et, malgré toutes ses austérités, il

a Dans le diocèse de Sens. Ce monastère était une filiation de Pontigny. Il avait été fondé en 1124 par Pierre de Courtenay, fils de Louis le Gros.

b Près de Senlis. Ce monastère, beaucoup plus nombreux que le précédent, était aussi une filiation de Pontigny. Louis le Gros l'avait fondé en 1136, un peu avant sa mort.

ne perdit jamais cette sainte gaîté qui prête tant de charmes à la

vertu.

Pendant que notre saint goûtait les douceurs de la retraite, la mort enleva Henri de Sully, archevêque de Bourges. Le clergé ne pouvant s'accorder sur le choix de son successeur, députa vers Eudes, évêque de Paris, et frère du feu prélat, pour le prier de venir l'aider dans une affaire aussi importante. Eudes, à son arrivée, trouvá que l'on proposait trois abbés de Cîteaux, recommandables par leur sainteté, du nombre desquels était Guillaume. Il fit écrire leurs noms sur trois billets séparés, et les mit sur l'autel où il devait célébrer la messe. Lorsqu'il l'eut finie, il pria Dieu de manifester sa volonté, puis tira le premier billet qui s'offrit sous sa main. Le ciel permit que ce fût le billet où était écrit le nom de Guillaume, celui des trois abbés qui auparavant avait eu le plus de suffrages. Cette élection se fit le 23 novembre 1200. C'est en général tenter Dieu, que de lui demander un miracle par la voie du sort, à moins que l'on n'y soit autorisé par une inspiration particulière de son esprit. Mais la conduite du clergé de Bourges n'avait rien de répréhensible. Son unique but était d'obtenir que Dieu, par les règles de sa Providence ordinaire, déterminât le choix entre des sujets qui, selon les lumières de la prudence humaine, avaient été jugés également dignes de l'épiscopat. On sait que dans l'élection de S. Matthias, faite par la voie du sort, les apôtres agirent par une inspiration particulière de l'esprit de Dieu.

Guillaume n'eut pas plutôt appris la nouvelle de son élection, qu'il en fut pénétré de la plus vive douleur; et jamais il n'aurait donné son consentement, si le vou d'obéissance lui eût permis de se soustraire à l'autorité réunie du pape et du supérieur général de son ordre. Il quitta donc sa chère solitude, mais en versant un torrent de larmes. Il prit la route de Bourges, où il fut reçu comme un ange envoyé du ciel. Son premier soin fut de régler son extérieur aussi bien que son intérieur sur les maximes de l'Evangile; car il était persuadé que tout homme, et principalemont un évêque, doit commencer par établir en lui le règne de Jésus-Christ. Il rėdoubla ses austérités, parce qu'il avait à expier, disait-il, et ses propres péchés, et ceux de son peuple. Il garda son habit monastique, sous lequel il portait continuellement un cilice. Ses vêtemens étaient les mêmes en hiver et en été. Il s'interdit

pour jours l'usage de la viande, quoiqu'il en fît servir aux étrangers qui mangeaient avec lui.

La sollicitude du saint archevêque embrassait indifferemment tout son troupeau; mais il s'intéressait d'une manière particulière

tou

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