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8° Le livre contre Auxence, composé avant l'an 367. S. Hilaire y découvre tous les artifices d'Auxence, évêque arien de Milan.

Le livre des Fragmens qui nous restent de l'histoire que S. Hilaire avait faite des conciles de Rimini et de Séleucie, fournira des matériaux très-importans à ceux qui voudraient écrire sur l'arianisme.

Il se trouve quelques endroits obscurs dans les ouvrages de S. Hilaire : mais cette obscurité n'est pas, telle qu'on pourrait d'abord se l'imaginer, comme pous l'avons observé dans la vie de notre saint. Il a toujours été regardé comme un savant évêque, comme un excellent docteur, comme un astre brillant que Dieu fit paraître dans un temps où les portes de l'enfer semblaient être sur le point de prévaloir contre l'Église; comme un homme très-éloquent, qui, par la force de ses raisonnemens, la beauté de ses pensées, l'onction de ses discours, se rend tout à la fois maitre de l'esprit et du coeur. De là vient que S. Jérôme le compare au Rhône, qui, par la rapidité de ses eaux, entraine tout ce qu'il ren. contre. Hilarius latinæ eloquentiæ Rhodanus. Hieron. in 2 lib. Comm. ad Galat.

Les éditions les plus estimées des ouvres de S. Hilaire sont celles de D. Cous. tant, bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, et du marquis Scipion Maffei. La première parut à Paris en 1693, et la seconde à Vérone, en 1730.

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$. FÉLIX DE NOLE, PRÊTRE ET CONFESSEUR. Tiré des poèmes que S. Paulin a composés sur sa vie. Tillemont prouve, lom. 4, p. 246, que ce qui est rapporté par S. Paulin doit passer pour indútitable, et que son récit est confirmé par d'anciens monumens contre lesquels on ne peut s'inscrire en faux. Voyez encore D. Ruinart, Act. sine. p. 256, et Muratori, Añecd. lat. qui a donné quatre nouveaux poèmes de S. Paulin, sur l'anniversaire de S. Félix. Ces quatre nouveaux poèmes ont été ajoutés aux anciens dans la dernière édition des OEuvres de S. Paulin, donnée à Vérone en 1736, in-fol. Voyez aussi les fragmens des poèmes de S. Paulin sur S. Félix, et sur plusieurs miracles opérés par son intercession.

VERS L'AN 256. Félix naquit à Nole, dans la Campanie, où son père Hermias, Syrien d'origine, était venu s'établir, après avoir long-temps servi dans les armées de l'Empire. Il avait un frère qui embrassa le parti des armes, n'y ayant point alors d'état qui conduisît plus sûrement aux honneurs. Pour lui, sans penser à sa qualité d'aîné, qui semblait devoir le retenir dans le monde, il ne voulut jamais marcher sous d'autres étendards

que sous ceux de Jésus-Christ, le Roi des rois. Ainsi la mort ne lui eut pas plus tôt enlevé son père, qu'il distribua la plus grande partie de ses biens aux pauvres. Quelque temps après il s'attacha au service des autels, et fut successivement ordonné lecteur, exorciste, et enfin prêtre, par S. Maxime, qui gouvernait l'église de Nole. L'innocence de ses moeurs et sa prudence consommée le rendirent extrêmement cher à son évêque, dont il fut le principal soutien dans les temps de trouble. Aussi le désigna-t-il pour le remplacer après sa mort":

1 s. Paulin, Poem. 15 seu natal. 4, p. 391, Veron. 1736.

pas qu'il

L'empereur Dèce ayant allumé le feu de la persécution en 250 de Jésus-Christ, Maxime, qui savait que les premiers coups des païens tombaient ordinairement sur les évêques, résolut de prendre la fuite et de se cacher dans les déserts. Ce n'était craignît la mort, puisqu'elle était l'unique objet de ses désirs; mais il voulait se réserver pour les besoins de son troupeau : et il était d'ailleurs persuadé qu'on tente Dieu en recherchant de soi: même le martyre. Les persécuteurs, furieux de ne l'avoir pas trouvé, se saisirent du prêtre Félix, qui gouvernait l'église de Nole durant son absence. Le magistrat auquel on le conduisit ordonna qu'il fût fouetté. On le jeta ensuite dans un cachot ténébreux, après lui avoir lié les pieds et les mains. Le fond de cette horrible demeure était tout couvert de morceaux de verre et de pots cassés, et il fallait que le saint fût dessus, soit qu'il se couchât, soit même qu'il se tînt debout ! Quelque temps après, un ange tout rayonnant de gloire descendit dans la prison. Il approche de Félix, et lui ordonne d'aller secourir son évêque, réduit à la dernière extrémité. Le confesseur voit aussitôt ses chaînes rompues et les portes de la prison ouvertes. Il suit l'ange, et va au lieu où Maxime s'était retiré. Il trouve le vieillard sans parole, sans connaissance, sans sentiment et presque sans vie. C'était autant l'inquiétude causée par le péril qui menaçait son troupeau, que le froid et la fin, qui l'avaient mis en cet état. Mais que peut faire Félix? il manque de tout. Sa foi ne l'abandonne point; il a recours à la prière. Aussitôt il aperçoit une grappe de raisin sur des conces qui étaient là; il en exprime le jus, qu'il fait couler dans la bouche du saint évêque. Maxime étant revenu peu à peu, reconnaît son libérateur, l'embrasse ten drement, et le prie de le ramener à son église. Félix le prend șur ses épaules, le porte à la maison épiscopale avant que le jour paraisse, et le confie aux soins d'une femme vertueuse?

Lorsque le saint eut reçu la bénédiction de son évêque, il gagna secrètement sa maison, et y resta quelque temps caché, uniquement occupé à prier pour la paix de l'Eglise. Le feu de la persécution s'étant un peu ralenti, il reparut, et se mit à instruire le peuple chrétien comme à son ordinaire. Les idolâtres, irrités du fruit que produisaient ses discours et ses exemples, s'attroupèrent, et vinrent, l'épée à la main, pour l'arrêter. Ils le rencontrèrent en chemin, mais sans le connaître. Ils lui demandèrent même où était Félix. Trompés par la réponse indirecte qu'il leur fit, ils passèrent outre, et quand ils se furent aperçus de leur erreur, le saint n'y était plus. Il venait de se glisser par le trou d'une vieille mu

· Prud. de cor. Hymn. 5; $. Paulin, S. Paulin, Poem. 15, natalı 4, rat. 4, p. 394.

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P. 400.

aille, qu'une toile d'araignée avait aussitôt couvert. Ses ennemis déconcertés se retirèrent enfin, après mille recherches inutiles. Il resta six mois caché dans une citerne à demi sèche, où une femme chrétienne lui apportait de quoi subsister; il en sortit lorsque la paix eut été rendue à l'Eglise par la mort du persécuteur a. On le reçut dans la ville comme un ange envoyé du ciel.

Après la mort de S. Maxime, il n'y eut qu'une voix pour élever Félix sur le siége de Nole; mais il évita cette dignité, en persuadant au peuple que Quintus devait lui être préféré, parce qu'il avait été ordonné prêtre avant lui. Le nouvel évêque, qui connaissait le mérite de notre saint, eut toujours pour lui les sentimens d'une vénération profonde. Il le regardait comme son père, et n'entreprenait rien d'important sans l'avoir consulté.

Le peu de bien que Félix s'était réservé de son patrimoine avait été confisqué durant la persécution. Il aurait pu le redemander après le rétablissement de la paix, et on le lui eût même rendu, comme à beaucoup d'autres chrétiens; mais il n'en voulut rien faire, quoique plusieurs personnes le lui conseillassent. La raison qu'il en donna, fut que la pauvreté était le plus sûr moyen de parvenir à la possession de Jésus-Christ'. Il porta le désintéressement jusqu'à refuser ce que les riches lui offraient. Il loua un petit champ, qu'il cultivait de ses propres mains, afin d'avoir de quoi subsister et faire quelques aumônes. Son amour pour les pauvres avait quelque chose d'extraordinaire. S'il avait deux habits, il leur donnait le meilleur; souvent même il échangeait contre leurs haillons l'unique habit qui lui restait.

S. Félix mourut le 14 de janvier 6, dans un âge fort avancé. On trouve son nom dans le Martyrologe attribué à S. Jérôme, et dans plusieurs autres des plus anciens. On a bâti cinq églises dans le lieu, ou plutôt, auprès du lieu où il avait été enterré. Ses reliques sont dans la cathédrale de Nole. Il y en a cependant quelques portions à Rome, à Bénévent, et dans d'autres églises. Il s'est

fait plusieurs miracles à la châsse de S. Félix. Le pape Damase, qui l'était venu visiter par dévotion, y fut guéri d'une maladie; c'est lui-même qui nous l'apprend dans un poème que la reconnaissance lui fit composer en l'honneur du saint.

Dans le cinquième siècle, quarante-six ans après la mort du pape S. Damase, S. Paulin, sénateur romain, étant venu d'Espagne à Nole, y fut ordonné portier de l'église de Saint-Félix. Il nous apprend qu'il s'y faisait, au jour de la fête du saint, un concours a Dèce mourut l'an 251 de Jésus-Christ, au mois de novembre ou de décembre. Vers l'an 256; d'autres reculent sa mort de dix ans. · Dives egebo Deo; nam Christum pauper habebo.

Paulin. carm. 20, Natali S Felicis 5, v. 272, p. 412.

prodigieux de peuple, que la dévotion y attirait de Rome, de toute I'Italie, et des pays les plus éloignés. Tous les pélerins apportaient des présens à cette église, chacun suivant ses facultés. Pour moi, ajoute-t-il, j'offre au saint l'hommage de ma langue, et même de toute ma personne, quelque indigne que j'en sois'. C'est par son intercession, continue-t-il, que j'ai reçu tant de grâces du ciel, et que j'espère obtenir la gloire éternelle 2. Rien, en un mot, n'est plus tendre que les expressions dont S. Paulin se sert pour marquer toute l'étendue de sa dévotion pour S. Félix a.

Il rapporte un grand nombre de miracles opérés à son tombeau, et dont il avait été témoin oculaire. Il répète fréquemment qu'il a éprouvé lui-même d'une manière sensible les effets de sa protection3. S. Augustin parle aussi de miracles opérés à Nole, par

l'intercession de S. Félix *. On voulait par dévotion être enterré dans l'église du saint, située hors les murs, parce que l'on espérait ressentir après la mort les effets de sa protection. S. Paulin consulta sur ce sujet S. Augustin, qui lui répondit dans son livre, du Soin des morts, que les personnes dont il lui parlait jouiraient dans le ciel du fruit de leur foi, et qu'elle leur serait aussi utile que

les suffrages et les bonnes oeuvres des fidèles vivans le sont aux fidèles défunts.

LES SS. MARTYRS DE RAÏTHE ET DE SINAİ.

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L'EGLISE honore en ce jour quarante ermites du mont Sinai, martyrisés par les Arabes en 373 : du nombre de ces ermites étaient S. Isaïe et S. Sabas.

La même année, les Blemmyens, peuple barbare d'Ethiopie, massacrèrent aussi plusieurs solitaires de Raïthe b, dont les princi

Ego munere linguæ,
Nudus opum famulor, de me mea debita solvens,
Meque ipsum pro me, vilis licèt hostia, pandam.

Natal. 6, v. 48, p. 418. 9 Natal. 1, 2, etc.

Ep. 78, olim 137, et l. de Cura Ep. 28 et 36; Carm. 13, 18, 21, 22, pro mortuis, c. 16. 23, 29, etc.

a. Il fait la description de plusieurs tableaux qui décoraient l'église de SaintFélix. On y voyait représentée toute l'histoire de l'Ancien Testament. On ne pouvait les regarder sans se sentir le cæur enflammé. C'étaient comme autant de livres qui instruisaient les ignorans. S. Paulin éprouvait les plus vifs sentimens de piété à la vue de chacun d'eux. Voyez Nat. 9, 10.

N. B. Muratori a prouvé que S. Paulin composa son premier poème pour la fête de S. Félix, dans l'année 394, et celle d'avant son arrivée à Nole. Selon le même auteur, le second fut composé en 394, et le treizième en 406. Il ajoute. que les quinze poèmes de S. Paulin n'en doivent faire que quatorze, l'un ayant été divisé en deux. Voyez Muratori, Proleg. p. 446.

6 Près de la mer Rouge, et à deux jours de chemin du mont Sinal..

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