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tion de son monastère. L'abbaye de La-Val-Benois « ayant été ruinée, on porta son corps à Forcalquier, où l'on bâtit une église sous son invocation. Cette translation s'y célèbre encore aujourd'hui. L'église de Saint-Mary de Forcalquier, qui était collégiale, prenait le titre de co-cathédrale de Sisteron.

Voyez les fragmens de la Vie de S. Mary, dans Bollandus, avec les observations préliminaires de ce savant agiographe. Voyez encore Chastelain, qui relève les bévues de plusieurs martyrologistes, au sujet de S. Mary.

S. THIERRI, ÉVÊQUE D'ORLÉANS. Ce saint, issu d'une famille distinguée, naquit à Château-Thierri. Il fut élevé à Sens, dans le monastère de Saint-Pierre-le-Vif, dont Rainard, son parent, était abbé. Le roi Robert, qui connut son mérite et ses vertus, le fit venir à sa cour, et lui donna souvent des marques de sa confiance. Le siége d'Orléans étant devenu vacant, il le nomma pour le remplir. Plusieurs personnes, à la tête desquelles était Odalric, désapprouvèrent cette élection, et employèrent même la calomnie pour empêcher qu'elle n'eût lieu. Mais il ne fut pas difficile au saint de prouver son innocence. Ses défenses satisfirent même Fulbert de Chartres, qui s'était fortement laissé prévenir contre lui. Thierri fut donc sacré évêque d'Orléans. Inutilement ses ennemis voulurent encore s'opposer à son ordination. Sa bonté les désarma enfin; et Odalric, le principal auteur de ces troubles, vint se jeter à ses pieds pour lui demander pardon. L'évêque, pour lui prouver qu'il était parfaite : ment réconcilié avec lui, et qu'il ne conservait aucun réssentiment du passé, lui donna la première place après lui dans son église. Au reste, si Thierri s'était rendu coupable de quelques fautes, Dieu les lui fit expier par les maladies qui l'affligèrent le reste de sa vie. Quelque grandes que fussent ses souffrances, il n'en remplissait pas avec moins d'exactitude tous les devoirs d'un bon pasteur. Il visitait souvent le monastère de Saint-Pierre-le-Vif, pour s'entretenir dans l'esprit de ferveur et de recueillement. Dieu lui ayant fait connaître que sa fin approchait, il voulut faire le pélerinage de Rome pour se préparer à la mort. Mais il tomba malade en arrivant à Tonnerre, et il y mourut le 27 janvier 1022. On l'enterra dans cette ville; et son tombeau, qui était dans

a En latin, Vallis Bodonensis. Baillet et quelques autres auteurs se sont trompés en traduisant Vallis Bodonensis par Beuvons ou Beuvoux. Il n'y a point de lieu qui porte ce nom dans le diocèse de Sisteron. Le village de Bevons, situé à une lieue de cette ville, n'offre aucune trace de monastère. On voit encore les ruines de l'abbaye de La-Val-Benois dans le village de Saint-May, au piême diocèse,

l'église de Saint-Michel, devint célèbre par les miracles que le ciel opéra par son intercession.

Voyez Baillet, sous ee jour; le P. Longueyal, Hist. de l'Eglise gallic. tom. 7, p. 167 et suis.; et le Gallia Chr. nova, tom. 8,

p. 1431.

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gte ANGÈLE MÉRICI, VIERGE,
FONDATRICE DES URSULINES.

L'AN 1540. ANGÈLE MÉRICI, qui vit le jour à Densenzano, dans le Bressan, en Italie, le 21 mars, vers l'an 1470, sortait d'une famille distinguée par son rang et par sa piété; elle eut le bonheur de recevoir une éducation chrétienne, et se montra, dès son enfance, grave et modeste. Elle pratiqua à cet âge encore si tendre de grandes mortifications, et son père se vit obligé d'en modérer souvent l'ardeur. Angèle perdit ses parens de très-bonne heure, et fut recueillie par son oncle, à Salo, avec une de ses soeurs, qui partageait avec elle son goût pour la piété. Leur oncle leur laissait une parfaite liberté de suivre leur attrait pour les exercices religieux; mais cela ne suffisait pas à leur zèle, car elles désiraient mener une vie plus parfaite, et s'enfuirent un jour de la maison pour se retirer dans une grotte située dans les montagnes, à quatre lieues de Salo. Comme elles n'avaient prévenu personne de leur projet, l'on fut inquiet de cette disparition, et l'on se mit à leur recherche. On les découvrit enfin, et elles, furent ramenées chez leur oncle, qui leur laissa comme auparavant toute la latitude de servir Dieu.

Angèle fit tous les jours de plus rapides progrès dans la perfection, en même temps que le Seigneur la visita par des épreuves. Sa sour, la rivale et le soutien de sa vertu,

fut enlevée par la mort; alors, ne cherchant de consolations que dans la religion, la jeune vierge entra dans le tiers-ordre de Saint-François, et pratiqua toutes les austérités que sa piété lui suggérait. Elle portait le cilice, ne mangeait que du pain et des légumes, et ne vivait que d'aumônes, malgré les représentations de son oncle. Elle puisait, dans la sainte communion qu'elle recevait tous les jours, ces grâces abondantes qui la soutenaient dans les combats pénibles que l'homme est obligé de livrer ici-bas. Sur ces entrefaites, son oncle mourut, et elle retourna à Densenzano, où elle fit connaissance avec plusieurs seurs du tiers-ordre de Saint-François. Là, elle eut une vision qui acheva de la décider à exécuter le pro

jet qu'elle avait formé depuis long-temps de se consacrer à l'instruction de la jeunesse de son sexe. Ses compagnes, auxquelles elle en fit part, adoptèrent son plan, et réunirent les jeunes filles de l'endroit, pour leur enseigner la doctrine chrétienne. Dieu bénit cette pieuse entreprise; car l'on s'aperçut bientôt des heureux changemens que les vertueuses institutrices opérèrent parmi les jeunes personnes. La ville de Brescia, capitale du Bressan, jalouse du bien qu'Angèle faisait à Densenzano, l'appela dans ses murs, où elle confirma pleinement la haute opinion que l'on avait conçue de ses talens et de ses vertus.

Quelque temps après son arrivée à Brescia, elle entreprit le voyage de la Terre-Sainte; mais elle ne put jouir du bonheur de voir les lieux sanctifiés par la présence de l'Homme-Dieu, car elle perdit l'usage des yeux avant d'arriver en Palestine , et ne recouvra la vue qu'à son retour en Italie. Elle fit le

voyage

de Rome, en 1525, pour y gagner le jubilé, et eut la consolation d'être reçue en audience par le pape Clément VII, qui lui témoigna beaucoup de bienveillance. Traversée dans ses bonnes oeuvres par les guerres qui affligèrent l'Italie, elle ne put y jeter les fondemens de son ordre qu'en 1535, en s'associant d'abord douze compagnes auxquelles elle donna une règle pour les guider dans les fonctions pénibles et méritoires d'instruire les jeunes filles. Elle donna à son institut le nom de Sainte-Ursule, pour empêcher qu'on ne lui donnât un jour son propre nom. Comme il fallait une supérieure à cet ordre naissant, Angèle fit tout ce qui dépendait d'elle pour n'être pas promue à cette charge, qu'elle fut obligée d'accepter, cependant, malgré ses répugnances. Elle voulut s'en démettre plus tard, et l'évêque du diocèse fut obligé d'interposer son autorité pour la faire rester en place.

Une maladie grave l'enleva à ses filles, le 27 janvier 1540, à l'âge de 67 ans. Sa mort répandit le deuil dans toute la ville. Elle fut enterrée près du maître-autel de l'église de Sainte-Afre, sa paroisse, selon le désir qu'elle en avait exprimé. Elle fut béatifiée le 30 avril 1768, par Clément XII, et solennellement canonisée le 24 mai 1807, par Pie VII. Son institut s'est répandu dans presque toute l'Europe, et compte, de nos jours, des maisons jusqu'en Amérique.

Voyez la Bulle de sa cànonisation, et l'Histoire des ordres religieux, par le père Héliot, t. 4, ch. 20.

MARTYROLOGE.

A CONSTANTINOPLE, S. Jean, évêque, à qui son admirable éloquence fit donner le nom de Chrysostôme, c'est-à-dire Bouche d'or. Il servit beaucoup la religion chrétienne par ses discours et ses exemples; et, après de grands travaux, il mourut en exil. Son saint corps fut porté en ce jour à Constantinople, du temps de Théodose le Jeune; dans la suite, il fut transferé à Rome, et placé dans l'église du Prince des apôtres.

A Sora, S. Julien, martyr, qui, ayant été pris durant la persécution d'Antonin, eut la tête coupée, parce qu'un temple d'idoles était tombé. pendant qu'on lui donnait la question, et reçut ainsi la couronne du martyre.

En Afrique, S. Avit, martyr.

Au même lieu, les SS. Dace, Réate, et leurs compagnons, martyrisés durant la persécution des Vandales.

De plus les SS. Datif, Julien, Vincent, et vingt-sept autres martyrs. A Rome, S. Vitalien, martyr.

Au Mans, le décès de S. Julien, premier évêque de cette ville, que S. Pierre envoya dans le Maine pour y prêcher l'Evangile.

Au monastère de La-Val-Benois, S. Mary ou May, abbé.

A Brescia, Ste Angèle Mérici, vierge, du tiers-ordre de Saint-François, et institutrice de la congrégation des Ursulines, qui, après s'être rendue remarquable par la sainteté de sa vie, alla en

jour se réunir à son divin Époux. Devenue célèbre par ses miracles, elle fut canonisée par

le
pape

Pie VII. Saints de France, outre S. Julien du Mans et S. Mary. En basse Normandie, S. Sulpice de Baye, solitaire, dont le corps est honoré à Saint-Guilein en Hainaut, où l'abbé Simon l'apporta au retour d'un pélerinage qu'il avait fait au mont Saint-Michel.

A Châlons-sur-Saône, S. Loup, évêque.
A Bourdieu en Berri, S. Félix, honoré comme evêque.

En l'ile de Corse, Ste Divue, dont le corps est honoré à Monaco, où elle est tutélaire.

En Catalogne, S. Emère, né en France, abbé de Bagnoles, au diocese de Gironne, dont le corps est en l'église paroissiale de SaintEstève de Guialbes.

A Tonnerre, S. Thierri, évêque d'Orléans, second de ce nom, qui, allant à Rome, mourut à Tonnerre. Son corps y est honoré en l'église de Saint-Michel

A Chartres, S. Gédouin, diacre, chanoine de Saint-Sanson de Dul, wort à vingt-quatre ans, dont le corps est honoré à Saint-Fère en 'Vallée,

Autres.
En Syrie, S. Pierre l'Egyptien, solitaire.
A Fayet en Bavière, S. Gamelbert, curé de Mikelsbuk.
Dans l'Ossorie en Irlande, S. Noël, abbé de Kilnamanach,

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S. CYRILLE, PATRIARCHE D'ALEXANDRIE.

Tiré de ses ecrits, de Socrate, de Marius Mercator, et des conciles. Voyez Tillemont, tom. 44, p. 267; Ceillier, tom. 13, p. 241.

L'AN 444. On peut dire que S. Cyrille fut suscité de Dieu pour défendre le mystère de l'incarnation, dans un temps où l'hérésie s'était déchaînée pour l'anéantir a. Ce saint docteur avait été nourri dès l'enfance dans l'étude des livres sacrés, sous les yeux du patriarche Théophile, son oncle. Il y joignit ensuite celle de la tradition; et il fut toujours si attaché à la doctrine des anciens Pères, qu'il n'enseignait rien que d'après eux, comme il nous l'apprend lui-même. Ses livres contre Julien l'Apostat font voir qu'il avait aussi une grande connaissance des auteurs profanes. Il répète, en plusieurs endroits de ses ouvrages, qu'il ne recherchait point les fleurs de l'éloquence humaine; mais cela n'empêche pas que ses écrits n'aient toujours été beaucoup estimés dans l'Eglise. On y désirerait cependant un peu plus de clarté dans le style, et de pureté dans la diction.

Théophile étant mort en 412, il y eut de grandes disputes pour l'élection de son successeur; mais S. Cyrille l'emporta, et fut intronisé trois jours après la mort de son oncle. Il commença l'exercice de sa nouvelle dignité par un coup de vigueur contre les Novatiens; il fit fermer les églises que ces hérétiques avaient à Alexandrie, et s'empara de tous les vases et de tous les meubles qui s'y trouvaient é. Quelque temps après, il chassa les Juifs, coupables de plusieurs violences contre les Chrétiens. Oreste, gouverneur d'Alexandrie, fut vivement piqué de cet acte d'autorité, et en écrivit à l'empereur. Cyrille lui écrivit aussi de son côté, afin de l’informer des excès auxquels les Juifs s'étaient portés. Il paraît que le prince eut égard aux remontrances du patriarche; car les Juifs ne revinrent plus à Alexandrie, quoiqu'ils y eussent joui de plusieurs priviléges depuis Alexandre le Grand. Cependant la haine du gouverneur pour Cyrille augmentait de jour en jour; les apparences ne furent même pas gardées, et la rupture devint publique. Le saint, vivement affligé de ce scandale, mit tout en

a Le P. Thomassin, dans sa Théologie dogmatique, dit que S. Cyrille est appelé le Docteur du Dogme de l'Incarnation, comme s. Augustin est appelé le Docteur de la Gráce.

b Socrate blâme fort cette action de S. Cyrille ; ce qui ne paraitra pas étonnant à ceux qui savent que cet auteur favorise toujours les Novatiens. Il faut pourtant avouer qu'on ignore les motifs qui déterminèrent le saint patriarche à agir de la sorte.

Ep. 56 et 35, apud Lupum,

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