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Ver Queux prince ne vécut pas long-temps, si toutefois on doit appeler courte, une vie aussi remplie de bonnes oeuvres que la sienne. Il mourut je 1 PF fevrier 656, a ia vingt-cinquieme annee de son âge. On l'enterra dans l'abbaye de Saint-Martin, près de Metz. Il est honoré d'un culte public dans la plus grande partie des pays sur lesquels il régna, ainsi que dans les églises et les monastères dont il avait été le fondateur. Son corps ayant été trouvé sans corruption en 1063, fut levé de terre et placé à côté du grand-autel. On le mit dans une chasse d'argent en 1170. François de Lorraine, duc de Guise, ayant été obligé, en 1552, de démolir tous les monastères des faubourgs de Metz, que Charles-Quint assiégeait, les reliques de S. Sigebert furent déposées dans l'église des Jacobins de la même ville, puis portées à la collégiale de NotreDame de Nancy.

Voyez Frédégaire, et Sigebert de Gemblours, son continuateur, dans la Vie de notre saint, avec les savantes remarques du P. Henschénius; D. Calmet, Hist. dc Lorraine, tom. I, p. 419; et Schoepflin, dans son Alsatia illustrata, p. 742; Georges Von-Eckard, Histor. Franciæ Orientalis, tom. 1; et principalement la Vie de S. Sigebert, par le P. Frizon, imprimée à Nancy en 1726.

MARTYROLOGE.

La fête de S. Ignace, martyr, qui fut le troisième évêque d'Antioche après S. Pierre. Ayant été condamné aux bêtes dans la persécution de Trajan, il fut, par l'ordre de ce prince, chargé de chaines et envoyé à Rome, où, en présence du sénat, après d'horribles suppliees, on l'exposa aux lions, qui, l'ayant mis en pièces avec leurs dents, en firent une victime de Jésus-Christ.

A Smyrne, S. Pione, prêtre et martyr, qui, après avoir composé plusieurs Apologies pour la foi chrétienne, demeura long-temps dans une prison infecte, où il encouragea un grand nombre de Chrétiens à souffrir le martyre; enfin, après de cruelles tortures, il fut percé de clous et mis sur un bûcher ardent, où il trouva une sainte et heureuse mort : quinze autres Chrétiens souffrirent avec lui.

A Ravenne, S. Sévère, évêque, qui, à cause de ses grands mérites, fut élevé à l'épiscopat, une colombe s'étant reposée sur lui.

A Trois-Châteaux en France, S. Paul, évêque, célèbre pendant sa vie

par l'éclat de ses vertus, et dont la mort précieuse est attestée par ses miracles.

Le même jour, S. Éphrem, diacre de l'église d'Édesse, aussi illustre par sa sainteté que par sa doctrine, lequel, après beaucoup de tra

a S. Sigebert laissa un fils nommé Dagobert, qui n'avait que sept ans à la mort de son père, qui fut depuis roi, et qui est honoré comme saint. Voyez sa Vie sous le 23 de décembre.

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vaux entrepris pour maintenir la foi chrétienne, sous l'empereur Va. lens, alla jouir du repos du Seigneur.

En Irlande, sto Brigide, vierge, qui, pour preuve de sa virginité, ayant touché le bois de l'autel, le fit tout-à-coup reverdir.

A Castel-Florentin en Toscane, la bienheureuse Véridienne, vierge, recluse, de l'ordre de Vallombreuse.

Saints de France. A Poitiers, S. Liène, confesseur, dont le corps était en l'église de Saint-Hilaire.

En Berri, proche de la Châtre, S. Chartier, prêtre à Lugny, bourg qui depuis a pris le nom du saint.

A Gap, le décès de S. Terrèdes, évêque.
A Aouste en la province de Tarantaise, S. Ours, prêtre.
A Braspars en Bretagne, S. Tujan, abbé.
Au diocèse de Valence en Dauphiné, Ste Jalle, vierge.

A Vély sur Aisne, au diocèse de Soissons, S. Précorz, confesseur, dont le corps était en la grande église de Corbie, au milieu de plusieurs autres corps saints.

A Terrasson en Périgord, sur la rivière de Vézères, aux frontières de Limousin, S. Sour, solitaire, respecté particulièrement par le roi Gontran, et par le saint abbé Subran qui se trouva à ses obsèques.

En Vivarais, S. Agrève, évêque de Puy en Velay, massacré en un lieu qui se nommait pour lors Chinac, et qui porte présentement le nom de ce şaint. Avec lui fut aussi tué S. Ursicin son serviteur, qui a donné son nom à une église lout proche. Leurs corps sont honorés à Notre-Dame du Puy.

A Metz, S. Sigebert, roi des Français en Austrasie, dont le corps était en la magnifique église de Notre-Dame de Nancy.

A Sens, le vénérable Evrard, archevêque, honoré à Sainte-Colombe.

A Şéclin en Flandre, S. Eubert, corévêque, dont le corps est honoré à Saint-Pierre de l'Isle.

A Rennes en Bretagne, S. Aubert, moine de Landevenec, chapelain des religieuses de Saint-Sulpice.

En Bretagne encore, le B. Jean de La Grille, évêque de Saint-Malo, qui avait été chanoine régulier et abbé de Sainte-Croix de Guingamp. Il s'employa beaucoup à la réforme de plusieurs monastères, et introduisit les religieux de Saint-Victor de Paris dans sa cathédrale. On a les lettres qu'il écrivit à S. Bernard.

Autres. A Elvire au royaume de Grenade, le natalice de S. Cécile, évêque, premier prédicateur évangélique de ce lieu.

A Nicée, S. Tryphon, martyr.
Chez les Grecs, le martyre de S. Theïon, et de deux enfans avec lui.
Près d'Antioche, S. Pierre le Galate, reclus en un sépulcre.

Ce même jour, le martyre de S. Vindémial sous Hunéric, rapporte par S. Grégoire de Tours.

A Kildare en Irlande, Ste Dorlaie, vierge.

LA PURIFICATION,
COMMUNEMENT APPELÉE LA CHANDELEUR.

Dieu voulant faire connaître aux hommes qu'en qualité d'enfans d'Adam, ils étaient conçus et naissaient tous dans le péché, avait ordonné dans l'ancienne loi qu'une femme nouvellement accouchée serait regardée comme impure, et que, durant le temps de son impureté, elle ne paraîtrait point en public, et ne toucherait à rien de consacré au Seigneur'. Ce temps était de quarante jours pour un garçon, et de quatre-vingts pour une fille, en comptant du jour de la naissance de l'un et de l'autre. Lorsqu'il était expiré, la mère devait porter à la porte du tabernacle, et ensuite à celle du temple, un agneau d'un an que le prêtre offrait en holocauste, pour reconnaître le souverain domaine de Dieu, et pour le remercier de l'heureux accouchement de la mère. Elle devait aussi présenter un pigeonneau ou une tourterelle, qui étaient offerts pour le péché. Après ce double sacrifice, elle était purifiée de son impureté légale, et rétablie dans ses premiers droits. Les pauvres, qui n'étaient point en état de donner un agneau, y suppléaient par un second pigeonneau ou une seconde tourterelle, qui fournissait la matière de l'holocauste?.

La sainte Vierge étant devenue mère par l'opération du SaintEsprit, et sans perdre sa virginité, il est évident, par les termes mêmes de la loi 3, que la cérémonie de la purification ne pouvait l'obliger. Elle s'y' assujettit néanmoins, et s'en tint à la lettre de la loi, parce que les Juifs ignoraient qu'elle avait conçu d'une manière miraculeuse. Elle voulait d'ailleurs cacher son auguste qualité de mère de Dieu; et elle y réussissait en se comportant à l'extérieur comme les femmes ordinaires. On voit ici la différence qu'il ya entre les orgueilleux et les humbles. Les premiers s'empressent de publier leurs avantages; les seconds au contraire font leurs délices d'être dans l'obscurité; uniquement occupés de la bassesse de leur néant, ils fuient avec soin l'estime et les distinctions : s'il leur revient quelque gloire de la part des hommes, ils la rapportent à Dieu, comme au seul principe de tous les dons de la nature et de la grâce.

Marie étant pauvre se présenta au temple avec deux tourterelles, comme la loi l'exigeait en pareil cas *; mais la pauvreté de son of frande fut singulièrement relevée par ces sentimens du coeur, que 1 Levit. XII, 2.

s Ibid. v, 2. * {bid, V, 8.

Luc. U, 24.

»

Dieu regarde comme l'âme des sacrifices. Fixons un moment nos esprits sur la conduite que tient le Sauveur dans le choix de celle qu'il avait destinée à être sa mère. Il pouvait naître sans doute d'une femme distinguée aux yeux du monde. Pourquoi ne l'a-t-il pas fait ? C'est qu'il voulait nous faire sentir les avantages de la pauvreté, et nous guérir de cet orgueil qui nous aveugle et nous empêche de nous bien connaître.

Outre la loi dont nous venons de parler, il y en avait une autre qui portait que le premier né serait offert au Seigneur avec des cérémonies particulières, et qu'on le racheterait après cela?, moyennant une somme modique d'argent. Marie porta donc son fils au temple, afin de l'offrir au Seigneur par les mains du prêtre. Elle donna ensuite les cinq sicles pour le racheter, et le reçut dans ses bras comme un dépôt qui était confié à ses soins, jusqu'au moment où le Père éternel le redemanderait pour accomplir l'oeuvre de la rédemption du genre humain. Il est hors de doute que Jésus-Christ n'était pas compris dans la loi. Car, dit S. Hilaire », « si le fils d'un » roi, et l'héritier présomptif de sa couronne, est exempt de toute

servitude....., à combien plus forte raison Jésus-Christ, qui était » le rédempteur de nos corps et de nos âmes, était-il dispensé de » se racheter lui-même ? » Mais ce divin Sauveur voulait nous donner un exemple d'humilité, d'obéissance et de piété ; il voulait renouveler dans le temple, d'une manière publique et solennelle, l'oblation qu'il avait déjà faite à son Père dès le moment de son incarnation. Qui pourrait exprimer tous les sentimens dont cette oblation fut accompagnée ? Oui, ce fut alors que le Père éternel reçut un sacrifice capable de désarmer sa colère allumée par nos crimes, et d'arracher nos âmes à ce feu dévorant qui ne s'éteindra jamais !

Offrons-nous à Dieu en ce jour avec Jésus-Christ. Ayant un tel médiateur, nous ne pouvons craindre que notre sacrifice soit re- , jeté. Si jusqu'ici nous avons manqué à un devoir aussi essentiel, réparons notre faute par les larmes de la pénitence. Mettons notre ceur dans la disposition où était celui de S. Augustin, et écrionsnous ensuite avec lui : « Je vous ai connu trop tard, j'ai commencé » trop tard à vous aimer, ô beauté plus ancienne que le monde ! » Mais ne nous y trompons pas; notre sacrifice ne peut être agréé du Seigneur, s'il est imparfait. Ce serait l'insulter que de lui offrir en union avec Jésus-Christ un caur partagé entre son amour et celui des créatures, ou un caur infecté de quelque souillure volontaire. Purifions-donc le nôtre de tout ce qui pourrait blesser

; In Matth. c. 17, n. 11, p. 696, 697,

I Lev. Ibid.

% Exod. XIII,

13.

les yeux de son infinie Majesté; examinons s'il n'y a point quelque réserve secrète pour le monde et pour ses faux biens; faisons succéder à cet examen le repentir de nos infidélités passées, et urte ferme résolution de ne plus vivre que pour Dieu, de nous consacrer entièrement à son service, et de rapporter uniquement à sa gloire l'usage de nos sens et de toutes les facultés de notre âme. Si nous sommes dans de pareilles dispositions, le sacrifice que nous ferons de nous-même au Seigneur ne pourra manquer d'être accepté, et d'attirer sur nous les plus abondantes bénédictions. Il est encore une chose que nous ne devons pas perdre de vue; c'est que Jésus-Christ voulut être présenté au temple par les mains de sa sainte mère. Prions aussi Marie de se charger du soin de présenter à Dieu notre offrande. Elle est le canal des grâces; quoi de plus propre à exciter en nous une entière confiance en sa puissante médiation ?

La cérémonie de ce jour fut terminée par un troisième mystère, par la rencontre qui se fit dans le temple du vieillard Siméon et de la prophétesse Anne avec Jésus et ses parens a. Siméon ayant pris dans ses bras le divin Enfant, l'objet de ses désirs les plus ardens, se livra aux transports de la plus vive reconnaissance, et bénit Dieu de lui avoir accordé la consolation de voir le Messie attendu depuis si long-temps. Il prédit ensuite à Marie qu'elle serait transpercée d'un glaive de douleur au pied de la croix sur laquelle son fils expirerait; et qu'en même temps qu'il serait une cause de salut et de résurrection pour ceux qui croiraient en lui, il serait une cause de ruine et de réprobation pour ceux qui refuseraient de le reconnaître, ou qui, l'ayant une fois reconnu, ne vivraient pas d'une manière conforme à ses maximes. Marie écouta en silence 'cette terrible prédiction; et au lieu de s'abandonner au trouble et à la crainte, elle se soumit aux ordres du ciel avec autant de résignation que d'humilité. Anne, qui survint dans le même instant, louait aussi le Seigneur, et parlait de Jésus à tous ceux qui attendaient la rédemption. Cette prophétesse était une sainte veuve qui, depuis la mort de son mari, demeurait sans cesse dans le temple, servant Dieu nuit et jour dans les jeûnes et la prière. De tous les Juifs, il n'y eut que Siméon et Anne qui connurent JésusChrist. Ceci ne nous étonnera point, si nous nous rappelons que ce divin Sauveur ne se manifeste qu'à ceux qui le cherchent avec de vifs sentimens de ferveur, d'humilité, de simplicité et d'amour. Les avons-nous ces sentimens sans lesquels on peut trouver sus-Christ ? Qu'il est à craindre que le témoignage de notre cons

a C'est pour cela que les Grecs appelaient anciennement cette fête hypante, c'est-à-dire, rencontre,

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