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cience ne nous soit contraire ! Il est dit encore de Siméon, qu'après avoir eu le bonheur de voir Jésus-Christ, il ne conserva plus aucune attache pour le monde et les créatures visibles. Cette disposition est-elle bien commune parmi ceux qui se prétendent disciples du même Jésus-Christ? Que l'on en juge par le soin qu'ils prennent de se procurer toutes leurs aises, et par la crainte qu'ils ont de quitter une vie dont presque tous les instans sont marqués par de. nouvelles infidélités. Les entend-on soupirer après le jour où l'âme des justes, dégagée des liens du corps, et affranchie de la servitude du péché, ira s'abîmer éternellement dans le sein de Dieur, pour l'aimer sans partage comme sans interruption ? Sur la bénédiction des cierges et sur la procession qui se font en

ce jour. La procession que l'on fait en ce jour avec des cierges allumés; est fort ancienne dans l'Eglise 4. Le concours de peuple rassemble par cette cérémonie, ést, selon S. Bernard, le symbole de notre union et de notre charité, et rend nos prières beaucoup plus agréables au Seigneur. On bénit les cierges que l'on porte à la procession, parce que l'Eglise a coutume de sanctifier par la prière et la bénédiction tout ce qui doit être employé au service divin. On porte des cierges allumés pour représenter le feu de l'amour sacré qui doit embraser nos coeurs, et en bannir tout mélange de feu étranger, tel que serait celui des diverses passions que produit la concupiscence. Par-là nous honorons encore Jésus-Christ, qui est désigné dans l'Ecriture sous le titre de lumière, et qui est venu sur la terre pour dissiper nos ténèbres spirituelles. Nous nous rappelons aussi l'obligation où nous sommes de préparer ses voies par de bonnes

cuvres, qui doivent nous rendre la lumière du monde 2. Enfin cette cérémonie a été instituée pour honorer la purification de la sainte Vierge, et pour remercier Jésus-Christ de ce qu'il a bien voulu se revêtir de notre chair, et se présenter à Dieu son Père, pour notre rédemption. Le moyen de nous la rendre utile, est d'entrer dans les sentimens de piété et d'amour que nous aurions éprouvés, si, comme Siméon et Anne, nous eussions été les témoins oculaires des mystères qui s'opèrent en ce jour,

· Joan. 1, 9; Luc. II, a Le pape Gélase ier,'s. Ildefonse , 5. Eloi, Serm. 2, s: Sophrone de Jérusalem, s. Cyrille d'Alexandrie, etc. en parlent dans les discours qu'ils ont faits

6 La coutume d'allumer des cierges dans l'église pendant la célébration des divins mystères, la lecture de l'évangile, et l'administration des sacremens, date des premiers siècles du christianisme. Elle fut introduite par le désir de rendre aux choses saintes l'honneur et le respect qui leur sont dus. C'était aussi pour cela que chez les Juifs on allanait des "lanipes devaut le Seignenr,

3.

. Math. V, 6.

sur cette fête.

Sur la pratique observée dans l'Eglise de relever les femmes aprés

leurs couches. Le Seigneur, dans l'ancienne loi, avait déclaré impures certaines actions, qui, quoique innocentes en elles-mêmes, avaient cependant un rapport éloigné au péché. De ce nombre était l'accouchement. Dieu faisait entendre par là que l'origine de l'homme était impure, qu'il était conçu et né dans le péché. Les rites judaïques ayant été abrogés par la promulgation de l'Evangile, on ne doit plus craindre les impuretés légales, et il y aurait une superstition criminelle à recourir aux cérémonies usitées dans la Synagogue, sous prétexte de se purifier. Les mères chrétiennes ne vont donc point à l'église avec l'intention que se proposaient les femmes juives en allant au temple; c'est-à-dire pour être purifiées de quelque tache contractée par leur accouchement; mais elles y vont pour s'acquitter d'un devoir commun à tous les hommes, pour payer au Seigneur un juste tribut de louanges et d'actions de grâces.

Voici comment le pape Innocent III s'exprime sur ce sujet : « Si les femmes désirent entrer dans l'église immédiatement après » leurs couches, elles ne pèchent pas en y entrant; et on ne doit » pas les en empêcher; mais si par respect elles aiment mieux s'en

éloigner pour quelque temps, nous ne pensons pas qu'on doive » blâmer leur dévotion '. » Ce temps est limité dans quelques diocèses à un certain nombre de jours. Dans les lieux où la coudans le tabernacle et dans le temple. (Exod. XXVIII, 20.) Anciennement on recevait les grands avec des flanıbeaux allumés, comme nous l'apprenons du 2e livre des Machabées, c. 4, v. 22, où nous voyons que le roi Antiochus fut reçu de la sorte à Jérusalem. Les illuminations sont aussi le symbole de la joie. De là vient qu'on en faisait autrefois à l'arrivée des empereurs romains, et dans les événemens où l'on voulait exprimer l'allégresse publique. Ceci se pratique encore aujourd'hui. Mais pour revenir à l'usage des lumières dans l'église, on ne peut douter qu'il ne soit de la plus haute antiquité. Les canons apostoliques parlent de l'huile destinée à l'entretien des lampes qui brûlaient dans l'église.

Can. 3). Plusieurs Chrétiens allumaient aussi des lampes devant les corps des saints; ce dernier fait est attesté par Prudence (Hymn. 2.) et par S. Paulin. (Nat. 3, v. 98). N'est-il pas juste en effet que les créatures corporelles que Dieu a créées pour notre usage, servent aussi à son honneur et à sa gloire? Elles contribuent d'ailleurs à exciter la dévotion dans nos âmes; car elles sont à nos yeux ce que les paroles sont à nos oreilles; l'impression qu'elles font sur nos organes remue les affections de nos cours. ( Voy. le Traité des devoirs d'un Pasteur, par feu M. Butler, évêque de Durham.) Nous avouons que la piété est quelque chose d'intérieur et de spirituel, et qu'elle consiste dans la ferveur de l'âme; mais on doit avouer en même temps que les signes sensibles contribuent beaucoup à la soutenir et à l'animer. Ce serait donc être bien té. méraire que de condamner certaines cérémonies que l'Eglise a instituées pour de très - bonnes raisons, c'est-à-dire pour donner de la décence et de la majesté au culte extérieur, et pour aider notre faiblesse, qui a besoin de quelque chose de sensible, afin de s'élever jusqu'à Dieu. Condamner l'Eglise en ceci , ne serait-ce pas condamner en quelque sorte Jésus-Christ lui-même, qui se servit de signes sensibles dans l'institution des sacremens, ainsi que dans plusieurs des guérisons miraculeuses qu'il opéra parmi les Juifs ? * Cap. unico, de Purificat. post partum,

(C

pour

tume ni aucun statut particulier n'ont rien décidé sur cet article, une mère chrétienne doit remplir ce devoir aussitôt qu'elle peut sortir de sa maison sans courir aucun risque. Il est bien juste en effet que sa première visite soit pour l'Eglise. Là elle doit premièrement remercier le Seigneur de son heureuse délivrance, et le prier de répandre ses bénédictions tant sur elle que sur son enfant. La nature seule nous dit qu'un bienfait exige de la reconnaissance. Est-ce que nous nous flatterions d'être dispensés de ce devoir à l'égard de Dieu ? La foi ne nous enseigne-t-elle pas que l'ingratitude tarit la source des grâces? Nous ne sommes pas moins obligés de remercier Dieu de ses bienfaits, que de le louer et de l'aimer. De là vient que saint Paul recommandait si fortement aux fidèles l'action de grâces, et que les Chrétiens avaient si souvent à la bouche ces paroles : Grâces à Dieu. C'était même leur formule ordinaire de salutation, selon S. Augustin, qui s'écrie à ce sujet :

Que pouvons-nous penser, dire ou écrire de mieux que ceci : » Grâces à Dieu' ? » En effet, remarque S. Grégoire de Nysse 2, Dieu nous ayant comblés de bienfaits par le passé, nous en promettant d'inestimables l'avenir, et nous donnant à tous les momens de notre vie de nouvelles preuves de sa bonté, ne devrions-nous pas, s'il était possible, l'en remercier à chaque instant?

Il est certain que les grâces signalées méritent de notre part une reconnaissance toute particulière. Or c'est le cas où se trouve une mère chrétienne. Elle met son heureuse délivrance, ainsi que la naissance de son enfant, au nombre des grâces signalées. Il est donc bien juste qu'elle aille se prosterner aux pieds du Seigneur, pour lui protester solennellement qu'elle n'oubliera jamais ses miséricordes. Ce serait

peu,

si elle s'en tenait là. Il faut encore qu'elle demande les secours dont elle a besoin pour élever dans la vertu l'enfant qu'elle a mis au monde, et qu'elle prenne une ferme résolution de préserver son âme des souillures du péché. Car, quelui servirait d'être devenue mère, si le fruit de ses entrailles devait tomber sous la puissance du démon, et être ensuite condamné aux supplices de l'enfer? Qu'elle ait soin, la première fois qu'elle paraîtra dans l'église après ses couches, de consacrer son enfant au Seigneur. Son sacrifice ne peut manquer d'être accepté si elle entre dans les dispositions où était la sainte Vierge le jour de sa purification, si elle la prie de présenter elle-même à Dieu les actes de reconnaissance, de demande et d'offrande qu'elle doit produire avec tous les sentimens de piété et de ferveur dont elle est capable. ' Ep. 41, olim. 77.

? Or. I de prec, tom. 1, p. 715,

S. FLOSCULE ou FLUSCOLE, VULGAIREMENT S. FLOU,

DLXIÈME EVEQUE D'ORLÉANS Ce saint vivait vers l'an 480. On trouve son nom au 2 de février, dans le Martyrologe d'Usuard. En 1029, ses reliques furent solennellement transférées, par l'ordre dủ roi Robert, dans l'é glise de Saint-Agnan; S. Flou était patron titulaire d'une église d'Orléans, dite autrefois de Sainte-Marie, et plus tard de la Canception. Cette église était paroissiale, et en même temps un prieuré de l'ordre de S. Augustin.

Voyez le Gallia Christ. nova, tom. 8, col. 1413.

S. LAURENT, ARCHEVÊQUE DE ÇANTORBÉRY. Ce saint fut un de ceux qui accompagnèrent S. Augustin en Angleterre, lorsqu'il passa dans cette île, vers l'an 597, pour y prêcher l'Evangile. Après la mort de ce saint missionnaire, il fut jugé digne de lui succéder sur le siége épiscopal de Cantorbéry. Eadbaud, fils et successeur du saint roi Ethelbert, ayant donné dans les superstitions de l'idolâtrie, et ayant même épousé la veuve de son père, Laurent mit tout en usage pour le retirer de l'abîme où il s'était précipité; mais il eut la douleur de voir tous ses efforts. sans succès. Désespérant donc de convertir un prince qui était tout à la fois païen et incestueux, il résolut de passer en France, comme quelques autres Chrétiens l'avaient déjà fait. Il était même sur le point d'exécuter son dessein, et il allait partis, sans un événement extraordinaire qui le retint. S. Pierre lui apparut en songe la veille de son départ, et il lui reprocha la lâcheté qui lui faisait abandonner un troupeau racheté de tout le sang de Jésus-Christ; il le fouetta ensuite si rudement, qu'il en eut le corps tout couvert de plaies. Le roi, qui vit de ses propres yeux les plaies causées par

les coups que Laurent avait reçus, en fut si vivement frappé, que ses yeux s'ouvrirent à la lumière. Il se convertit, embrassa la religion chrétienne, et ne chercha plus que les moyens de faire connaître Jésus-Christ à ses sujets. Notre saint ne survécut pas de beaucoup à ce merveilleux changement. Il mourut en 619, après avoir gouverné onze ans son église. On trouve son nom dans le Martyrologe romain a.

a On lit dans Rède (!. 1, c. 27) les paroles suivantes : Augustin envora à Rome le prêtre Laurent et le moine Pierre. Quelques modernes ont inféré de

Voyez Bède, Hist. I. 2, c. 4, 6,7; et Guillaume de Malmesbury, l. 1, Pontif. Angl.

MARTYROLOGE.

LA Purification de la bienheureuse Vierge Marie, que les Grecs apo pellent la Rencontre du Seigneur.

A Rome, sur la voie Salaria, le martyre de S. Apronien, geôlier, qui, étant encore païen, et tirant de prison Ş. Sisine pour le faire comparaitre devant le préfet Laodice, entendit ces paroles prononcées par une voie venue du ciel : Venez, les bénis de mon Père; possédez le royaume qui vous a été préparé dès la création du monde. Aussitôt il crut, et reçut le baptême'; et persévérant dans la suite à confesser, Notre-Seigneur, il fut condamné à perdre la tête,

A Rome encore, les saints martyrs Fortunat, Félicien, Firme et Candide.

A Césarée en Palestine, S. Corneille le Centurion, que S. Pierre baptisa, et fit évêque de cette ville.

A Orléans, S. Floscule, vulgairement S. Flou, évêque.

A Cantorbéry en Angleterre, S. Laurent, évêque, qui gouverna cette église après S. Augustin, et convertit le roi à la foi de Jésus-Christ.

Saints de France, outre S. Flou d'Orléans. A Orléans encore, Ste Sicaire, vierge.

En Périgord, S. Adalbaud, duc, tué par ceux qui avaient voulu traverser son mariage avec ste Rictrude. Son corps était à Saint-Amand en Flandre.

Autres. En Afrique, les saints martyrs de Cartère, à la fête desquels S. Augustin précha.

A Kitzing en Franconie, autrefois monastère de religieuses, Ste Halloie, vierge.

A Virsbourg, capitale de Franconie, le décès de S. Burcard, évêque de cette ville.

là que S. Laurent n'était point moine, mais prêtre séculier. Il est aisé de sentir le peu de solidité de cet argument. Voyez Collier, Dict. suppl. et le P. Henschénius, p. 290.

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