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durant la persécution de Maximien, furent les uns arrosés de plomb fondu, les autres percés sous les ongles avec des roseaux très-aigus; et après plusieurs autres tourmens horribles, qu'on réitéra souvent, tous méritèrent par une glorieuse mort de recevoir de Dieu la couronne de gloire.

A Alexandrie, S. Isidore, martyr qui, pendant la persécution de Dèce, eut la tête tranchée pour la foi de Jésus-Christ, par l'ordre de Numérien, général d’armée.

Au Japon, le trépas de vingt-six martyrs, qui, pour la foi catholique, furent mis en croix et percés de coups de lance; supplices dans lesquels ils moururent en célébrant les louanges de Dieu, et en prêchant cette même foi.

A Vienne en Dauphiné, S. Avit, évêque et confesseur, qui, par sa foi, par son habileté et son admirable doctrine, préserva les Gaules. de la contagion de l'arianisme.

A Bressenon, les saints évêques Génoin et Alboin, dont la vie a été éclatante

par
leurs miracles.

Saints de France, outre S. Avit.
A Telman en Assyrie, S. Abrame, évêque d'Arbèle, décapités par
Pordre de Sapor, roi de Perse.

A Renty aux frontières d'Artois et de Boulenois , S. Bertulphe, conJesseur, dont le corps est à Saint-Pierre de Gand.

A Soissons, S. Voël, confesseur, reclus dans l'avant-cour du monastère des religieuses de Notre-Dame de Soissons.

A Cologne, ste Adelaïde, vierge, abbesse de Vilich, près de Bonn, sous la règle de S. Benoit.

Autres. A Quiet en Abruzze, au royaume de Naples, S. Légontien et S. Domitien, martyrs.

A Calaffe en Catalogne, Ste Calamandre, dont le corps est honoré en ce lieu dans l'église paroissiale de Saint-Jacques.

A Scapvic, près de Pederton au pays de Sommerset en Angleterre, S. Indract, massacré par des voleurs avec quelques autres, dont les corps, portés à Glassembury, y ont été honorés durant plusieurs siècles.

A Milstadt, au diocèse de Saltzbourg en Allemagne, S. Tuitien, duc de Carinthie, du nom duquel il y a en cette ville une église paroissiale.

SIXIÈME JOUR DE FÉVRIER.

ste DOROTHÉE, VIERGE ET MARTYRE.

Voyez S. Adhelme, Adon, Usuard et Bollandus, p. 771.

Voici ce que S. Adhelme' nous apprend de cette sainte, d'après les Actes de son martyre. Fabritius, gouverneur de Césarée en Cappadoce, lui fit souffrir les plus horribles tourmens, pour l'obliger à se marier, ou à adorer les idoles. Dorothée persista généreusement dans sa première résolution, et convertit même deux femmes apostates qu'on avait chargées de la séduire. Rien n'étant capable d'ébranler sa constance, le juge la condamna à perdre la tête. Comme on la menait au supplice, un jeune homme, nommé Théophile, qui lui entendait dire qu'elle allait trouver son divin époux, lui demanda, en raillant, des fruits et des fleurs du jardin de cet époux. La sainte, par un effet de la toute-puissance divine, lui envoya réellement des fruits et des fleurs. Ce prodige frappa tellement Théophile, qu'il se convertit sur-le-champ. On croit que le

martyre de notre sainte arriva sous Dioclétien. Son dans la célèbre église qui porte son nom à Rome, et qui est au-delà du Tibre. Elle est nommée en ce jour dans l'ancien Martyrologe attribué à S. Jérôme.

Rufino parle d'une autre sainte du même nom, qui était d'une des plus riches et des plus illustres familles d'Alexandrie. Celle-ci, pour avoir constamment refusé de satisfaire la passion brutale de Maximin, fut dépouillée par cet empereur de tous ses biens, et condamnée à l'exil en 308.

corps est

Le sang des martyrs a été, selon S. Justin, une semence féconde de Chrétiens. « On nous massacre, disait autrefois ce célèbre

apologiste de notre religion o; mais nous nous multiplions à mesure » que notre sang coule. Plus on s'acharne à nous persécuter et à » nous détruire, plus nous faisons de prosélytes. Il en est de nous » comme d'une vigne, qui, après avoir été taillée, pousse de nou» veaux rejetons, et produit une plus grand eabondance de fruits.» Ceci s'est vérifié dans les siècles de persécution, et dans tous les pays où il y a eu des persécuteurs. La raison en est que le divin auteur de notre religion se joue des projets insensés des hommes. On ne doit donc pas écouter un écrivain moderne, qui n'a que trop d'admirateurs. « Il n'est presque pas possible, dit-il, que le » christianisme s'établisse jamais à la Chine. Les veux de virginité, L. de laud. Virgin. c. 25.

i spol. 2, ol. 1. L. 8, c. 17,

» les assemblées des femmes dans les églises, leur communication » nécessaire avec les ministres de la religion, leur participation » aux sacremens, la confession auriculaire, l'extrême-onction, le

mariage d'une seule femme, tout cela renverse les moeurs et les » manières du pays, et frappe encore du même coup sur la religion » et sur les lois ?. » Depuis quand le bras de Dieu est-il raccourci ? L'Evangile ne peut-il plus, comme autrefois, triompher des pré-, jugés les plus invétérés, et renverser tous les obstacles qu'une po litique mondaine et une science frivole voudraient lui opposer ? IF s'est établi au milieu des plus grandes contradictions, et malgré la fureur avec laquelle les princes exterminaient ceux qui en faisaient profession; il peut encore s'établir de la même manière, quand il plaira à la divine Providence. Jugera-t-on toujours des Quvres de Dieu par les ouvres des hommes? Encore une fois, ne bornons point la puissance de Dieu, et n'en mesurons point l'étendue sur les faibles lumières de notre intelligence a.

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S. VAAST, ÉVÊQUE D'ARRAS. Tiré de ses deux différentes Vies: la première, qui est fort courte, fut écrité peu de temps après sa mort; la seconde, qui est plus longue, a été corrigée par Alcuin. Henschénius a publié l'une et l'autre avec des remarques, tom. 1, febr. p. 782. Voyez aussi dans le P. Martenne, Amp. Collectio, tom. 1, page 50, la Lettre d'Alcuin aux moines de Saint-Vaast, et le Gallia Christ. nova, tom. 3, p. 3.

L'AN 539. S. VAast, qui paraît être né dans quelque province occidentale de la France, quitta sa patrie, et se retira dans le diocèse de Toul, où il vécut quelque temps caché, et uniquement occupé des exercices de la pénitence. Mais la réputation de sa vertu l'ayant fait connaître à l'évêque du lieu, il l'attacha à son église, et l'éleva à la dignité du sacerdoce. On s'aperçut bientôt que Dieu avait sur lui des vues particulières. Clovis I er, revenant de Tolbiac, où il avait remporte une victoire complète sur les Allemands, passa par Toul, et demanda un prêtre qui pût l'instruire de la religion chrétienne, et le préparer au baptême qu'il allait recevoir à Reims,

· L'Esprit des lois , l. 19, c. 18. a il n'en est pas de notre religion comme de la philosophie humaine. La première s'est établie par les moyens mêmes qui paraissaient devoir empêcher son établissement. La seconde ne pourrait, malgré toute la protection des prin ces, introduire ses maximes dans une seule ville. On sait que le philosophe Plotin sollicita inutilement l'empereur Gallien de rebâtir une ville ruinée dans la Campanie, afin qu'il pût, avec ses disciples, y réaliser la république de Plagon. Nous avouons qu'un système de philosophie prendra quelquefois parmi les honimes; mais ce ne sera qu'à proportion qu'il favorisera les préjugés et les passions,

conformément au vou qu'il en avait fait. Vaast fit chargé de cette importante fonction. Tandis qu'il passait la rivière d'Aisne avec le roi, un aveuglé, qui était sur le pont, le pria à grands cris de lui rendre la vue. Il était bien éloigné de se croire thaumaturge; mais une inspiration subite qui venait du ciel le porta å prier, et à former le signe de la croix sur les yeux de l'aveugle, qui

' recouvra la vue à l'instant. Ce miracle contribua beaucoup à fortifier le roi dans sa résolution, et disposa plusieurs de ses courtisans à embrasser la foi.

S. Remi, que l'expérience avait instruit de tout le mérite de Vaast, le sacra évêque d'Arras; afin qu'il pût travailler à rétablir la foi dans un pays où elle était presque totalement éteinte. Ce fut en 499 que notre saint arriva dans la ville d'Arras. En y entrant, il guérit un aveugle et un boiteux, ce qui prépara les esprits et les cours à recevoir favorablement l'Evangile. Les peuples de cette contrée avaient été éclairés des lumières de la foi, lorsqu'ils étaient encore sous la domination des Romains; mais les ravages des Alains et des Vandales avaient ou dispersé ou exterminé ce qu'il pouvait y avoir de disciples de Jésus-Christ. Le paganisme s'était

peu à peu rétabli, et le saint évêque ne put découvrir aucune trace du christianisme que dans la mémoire de quelques anciens habitans du pays, qui lui montrèrent hors de la ville les débris d'une église où les fidèles s'assemblaient. Il gémit en voyant l'ancienne maison du Seigneur hérissée de buissons et devenue la retraite des bêtes farouches; il s'adressa par une prière fervente au Père des miséricordes, et le conjura de rétablir

son culte dans un pays où il avait été autrefois adoré. Il ne fut pas long-temps à s'apercevoir qu'il avait à instruire un peuple grossier et opinià.. trément attaché à ses superstitions; cependant il ne perdit point courage, et il vint à bout, par sa patience, sa douceur et sa charité, de faire goûter les maximes de Jésus-Christ. S. Remi, pour donner encore plus d'étendue aux travaux apostoliques de Vaast, le chargea, en 510, du soin de gouverner le diocèse de Cambrai, qui était alors fort vaste a. Nous ne savons plus rien de notre saint, sinon qu'il rendit son église très - florissante, et qu'il remplit dignement tous les devoirs d'un bon pasteur jus-, qu'à sa mort, qui arriva le 6 février 539. Il fut enterré dans la cathédrale d'Arras, dédiée sous l'invocation de la sainte Vierge. Son corps y resta jusqu'au temps de S. Aubert, qui fut le septième évêque d'Arras et de Cambrai après lui. Ce saint prélat le transporta solennellement, en 667, dans une petite chapelle que S. Vaast

L'union des siéges d'Arras et de Canfrai dura lobig-temps, même après.

la mort de S. Vaast.

avait bâtie en l'honneur de S. Pierre. Il changea cette chapelle en une église qui prit le nom de notre saint, et y jeta les fondemens d'un célèbre monastère, qui fut achevé par Vindicien, son successeur. Lorsque S. Aubert fit la translation des reliques de S. Vaast, il en laissa une partie dans la cathédrale a. Les Anglais avaient anciennement une grande dévotion à S. Vaast, et l'honoraient sous le nom de S. Foster 6. Le célèbre Alcuin nous a laissé un monument authentique de sa dévotion pour le même saint, en écrivant sa Vie, et en composant un office particulier et une messe en son honneur. Il l'appelle son protecteur, dans la lettre qu'il écrivit, en 769, aux moines de Saint-Vaast d'Arras.

S. BARSANUPHE, ANACHORÈTE. S. BARSANUPHE passa quelques années dans le monastère de Saint-Séridon, situé près de Gaze en Palestine, où vécurent en même temps que lui, Jean le Prophète, le bienheureux Dorothée et S. Dosithée. L'amour de la contemplation le porta, en 540, à se renfermer dans une cellule écartée, afin de n'avoir plus de commerce qu'avec Dieu. Ce fut là qu'il écrivit un Traité contre les moines qui étaient tombés dans l'origenisme. Les Grecs avaient tant de vénération pour sa mémoire, qu'ils mirent son image dans la grande église de Constantinople, près de celles de S. Antoine et de S. Ephrem d. S. Barsanuphe est honoré le 6 de février, avec la qualité de premier patron, à Oria près de Siponto, en Italie, où ses reliques furent transférées dans le neuvième siècle. Son office se trouve au même jour dans les Synaxaires des Grecs. Le cardinal Baronius a inséré son nom dans le Martyrologe romain, sous le 1 i d'avril.

Voyez Evagre", l. 4, c. 33; le P. Pagi, sous l'an 548, n. 10; Bulteau, Hist. Mon. d'Orient, l. 4, c. 9, p. 695.

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S. AMAND, ÉVÊQUE DE MAESTRICHT. Co saint naquit aux environs de Nantes, de parens recomman. dables par leur piété, et qui étaient seigneurs du pays. Il quitta le

. L'abbaye de Saint-Vaast fut considérablement enrichie par les libéralités du roi Thierri, qui y fut enterré avec sa femme Doda.

6 Camden prétend que c'est de ce saint que la famille de Foster tire son ( Voyez le P. Montfaucon, in Bibliot. Coislin. . Nous apprenons ceci du moine Studite, auteur de la préface qui est à la tête des Instructions de S. Dorothée. Ces instructions ont été traduites en français par le célèbre abbé de Rance, réformateur de la Trappe. e li a fini son histoire à l'an 593.

Dom.

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