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d'empêcher que tous ces germes de corruption ne se développent. Il en sortirait un poison qui troublerait notre tranquillité, et qui aurait bientôt les suites les plus fàcheuses. On commence par céder sans scrupule à quelques tentations qui paraissent peu impor tantes; mais qu'il est ordinaire de voir les petites fautes préparer la voie au crime! Et si l'on n'en vient pas jusqu'aux derniers excès, n'est-il pas au moins à craindre que l'âme ne reste enchaînée, et comme engourdie, dans un cercle d'imperfections et de . défauts?

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Les Actes de S. Chrysole sont trop incertains pour que nous puissions compter sur ce que l'on rapporte de sa vie. Le point sur lequel on s'accorde est qu'il prêcha l'Evangile dans le territoire de Tournay, en même temps que S. Piat et S. Eubert, c'est-à-dire sur la fin du troisième siècle. La petite ville de Commines a fut le principal théâtre de ses travaux apostoliques. Il fut martyrisé dans le lieu appelé aujourd'hui Verlenghem, et enterré à Commines, qui n'en est pas éloigné. La tradition du pays porte que S. Eloi renferma ses reliques dans une châsse précieuse, que relevait encore la beauté du travail. Les malheurs occasionés par la guerre privèrent la ville de Commines de ce précieux trésor. On le garde aujourd'hui, partie à Saint-Donatien de Bruges, partie à NotreDame de Lens. En 1611, les chanoines de Bruges envoyèrent à ceux de Tournay une côte qu'ils avaient tirée de la châsse du saint martyr. On honore S. Chrysole le 7 de février.

Voyez le Propre de l'église de Commines; ceux de la cathédrale de Tournay et de la collégiale de Lille; la Synopsis vitæ Episcop. Tornacens. præfixa Statutis Synod. ejusd. Dioecesis, p. 33; Molan, Sanderus; Buzelin dans ses Annales de Flandre, et Chastelain, Not. sur le Martyr. Rom. p. 564.

S. THÉODORE D’HÉRACLÉE,

SURNOMMÉ STRATÉLATE, MARTYR. Les Grecs honorent ce saint parmi ceux auxquels ils ont donné le titre de Grands-Martyrs, tels que sont S. Georges, S. Panta

a Sur la Lys, dans la Flandre française et la châtellenie de Lille, au diocese de Tournay.

léon, etc. Ils ont une vénération particulière pour S. Théodore le Stratélate a, S. Démétrius, S. Procope, et S. Théodore d’Amasée, surnommé Tyron. Le martyr dont nous parlons ici était général des troupes de Licinius, et gouverneur du pays des Mariandins b, qui avait alors pour capitale Héraclée du Pont. Il faisait sa résidence ordinaire dans cette ville. Ce fut là qu'il eut la tête tranchée pour la foi, par l'ordre de Licinius. Son martyre arriva le 7 de février 319, selon les Ménées et les Ménologes des Grécs c. Sa fête était anciennement d'obligation jusqu'à midi dans l'Eglise grecque d; on l'y honorait le 7 de février, qui est le jour de son martyre, et le 8 de juin, qui est celui de la translation qu'on avait faite de ses reliques peu de temps après sa morte. Le saint ayant demandé à être enterré dans le tombeau de ses pères, on porta son corps à Euchaïtes, qui était à une journée d'Amasée, métropole du Pont. La ville d'Euchaîtes devint si célèbre par les miracles qui s'opérèrent devant la châsse de notre saint martyr, qu’on changea son nom en celui de Théodoropolis. La dévotion y attirait un grand nombre de pelerins de toutes les contrées de l'Orient f. Nous lisons dans Zonare et dans Cédrénus, que l'empereur Jean I er, surnommé Zimiscès, se croyant redevable à l’in. tercession de S. Théodore d'une victoire complète qu'il remporta sur les Sarrasins, l'an 970, fit rebậtir avec beaucoup de magnificence l'église d’Euchaïtes, où l'on avait déposé ses reliques 6. La république de Venise a une vénération singulière pour la mémoire de cet illustre martyr, et il était le premier patron de l'église de Saint-Marc, avant que le corps du saint évangéliste y eût été transporté ". On voit aussi à Venise la statue de S. Théodore sur une des magnifiques colonnes qui sont dans la place de Saint

a C'est-à-dire général d'armée.

b ll contenait une partie de la Bithynie, du Pont, et de la Paphlagonie. Hé. raclée, qui en était la capitale, était une ville grecque d'origine, ayant été fondée par une colonie de Mégaréens.

c On ne doit nullement compter sur les Actes grecs de notre saint, publiés sous le nom d'un certain Augare. Ils sont trop visiblement apocryphes, pour avoir quelque autorité.

d Nous apprenons ceci d'une novelle de l'empereur Alexis Comnène, et des scolies de Balsamon sur le Nomocanon de Photius, tit. 7, c. 1. l’oyez Thomassin, l. 1, c. 7, n. 3.

e Les Grecs modernes ont mis sa fête au 8 de février.

f Nous lisons ces particularités dans le Pré spirituel, c. 180; dans Zonare, 3 part. Annal. et dans Cédrénus, in Joan. Zemisce Imper.

& Baronius, dans ses notes sur le Martyrologe romain, ad 9 nov. critique avec raison ceux qui ont confondu notre saint avec S. Théodore, surnommé Tyron. Ceci n'a pourtant pas empêché Fabricius dc tomber dans cette faute, Biblioth. Græc. tom. 9, p. 147. Baronius se trompe toutefois en plaçant à Euchaîtes les reliques de S. Théodore, surnommé Tyron, et en lui attribuant les miracles qui ont été sûrement opérés par l'intercession de S. Théodore d'Hée : raclée.

A cette translation ne se fit que d'un autre endroit de Venise. Voyez Bernard Justiniani, de Rebus Venetis, l. 6.

Marc. Ses reliques sont dans l'église de Saint-Sauveur de la même ville. Les historiens de Venise assurent qu'elles y furent apportées de Constantinople en 1260, par Marc Dandolo. Celui-ci les tenait de Jacques Dandolo, général des galeres de la république, qui les avait trouvées, en 1256, à Mésembrie, ville archiepiscopale de la Romanie.

Voyez Falconius, Not. in tabulas Cappon. et M. Joseph Assé mani, in Calend. univers, ad 8 et 17 feb. et 8 juin. Voyez aussi Lubin, Not. in Martyr. Rom. p. 283, et le Synaxaire grec:

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S. AUGULE, VULGAIREMENT S. AULE,

ÉVÈQUE ET MARTYR. · S. AUGUle est peut-être le même que celui que l'on nomme $. Ouil dans un canton de Normandie. Quoi qu'il en soit, on trouve son nom dans tous les manuscrits du Martyrologe attribué à S. Jérôme. Celui d'Esternach, qui est fort ancien, lui donne, ainsi que plusieurs autres, le titre de martyr. Il paraît avoir été martyrisé peu de temps après S. Alban, au commencement du quatrième siècle. Il souffrit à Londres, anciennement appelée Augusta a, et non point à Yorck b. Il est nommé Auguste et Augure par quelques anciens martyrologistes.

Voyez Chastelain, p. 557.

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S. TRÉSAIN, PRÊTRE. Ce saint, qui était irlandais , quitta sa patrie, et vint prêcher l'Evangile en France. Il fut fait curé de Mareuil-sur-Marne, et mourut dans le sixième siècle. On garde ses reliques avec beaucoup de vénération à Avenay en Champagne. Il y avait au Pontaux-Dames en Brie un ossement de S. Trésain, enchâssé dans un reliquaire de vermeil. Cette relique fut autrefois apportée d'Avenay.

Voyez sa Vie dans Colgan et Bollandus, et Chastelain, Not, sur le Martyr. p. 565.

å C'est Ammien-Marcellin qui nous apprend, l. 27 et 28, que Londres portait anciennement le nom d'Augusta.

6 Henschenius a place mal à propos à Yorck le martyre de notre saint. C'est le mot Augusta qui l'a induit en erreur. Il s'est persuadé que la ville ainsi nommée signifiait la capitale d'Angleterre. Or, dit-il, l'Angleterre avait Yorck pour capitale, du temps de la domination des Romains. Mais ce raisonnement est détruit par l'autorité d'Ammien-Marcellin, cité dans la note précédente.

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S. RICHARD, ROI. Ce saint régnait vers le huitième siècle, parmi les Saxons occidentaux qui s'étaient établis en Angleterre. Il fut père de Winebaud, de Guilbaud et de Walburge, qui sont tous trois honorés comme saints; mais, soit qu'il eût été privé de ses Etats que révolution, soit qu'il eût abdiqué volontairement la couronne, il fit un pélerinage à Rome , avec ses fils Winebaud et Guilbaud. S'étant donc embarqué à Hamble-Haven, il aborda sur les côtes de la Neustrie , d'où il se rendit à Rouen. Après avoir fait un assez long séjour dans cette ville, il continua sa route, donnant par-, tout les plus grandes marques de piété. Il ne put aller jusqu'à Rome, et il mourut subitement à Lucques, en Italie, vers l'an 722. On l'enterra dans l'église de Saint-Fridien. Les miracles que Dieu avait accordés à la piété de ce prince avant sa mort, et ceux dont il a depuis honoré ses reliques, lui ont mérité une place parmi les saints. Le culte de S. Richard est fort célèbre dans la ville de Lucques , qui fait sa fête le 7 de février. Il est aussi nommé en ce jour dans le Martyrologe romain.

Voyez la Vie de S. Guilbaud, écrite par une religieuse d'Heindenheim, dans les Lectiones Antique de Canisius, de l'édition de Basnage, et le P. Henschénius, febr. tom. 2, p. 70.

MARTYROLOGE.

S. ROMUALD, abbé, père des Camaldules, dont la fête se célèbre le 19 jour de juin.

A Londres en Angleterre, S. Aule, évêque, qui, ayant terminé le cours de ses années par le martyre, mérita de recevoir la récompense éternelle.

En Phrygie, S. Adauque, qui, étant d'une illustre famille d'Italie, fut élevé par les empereurs à presque toutes les dignités de l'empire, et qui exerçait encore la charge de questeur lorsque, pour la défense de la foi, il fut honoré de la couronne du martyre.

Au même lieu, plusieurs Chrétiens, habitans d'une ville dont le même Adauque était gouverneur, lesquels, persistant constanıment dans la confession de la foi, furent brûlés par ordre de l'empereur Galère-Maximien.

A Heraclée, S. Théodore, général d'armée, qui, sous l'Empire de Licinius, après divers tourmens, fut décapité, et entra victorieux dans le ciel.

En Égypte, S. Moïse, évêque vénérable, qui passa dans la solitude les premières années de sa vie; mais, en étant sorti à la prière de

Mauvie, reine des Sarrasins, pour être élevé à l'épiscopat, il convertit à la foi une grande partie de cette nation féroce, et mourut en paix, plein de vertus et de mérites.

A Lucques en Toscane, le décès de S. Richard, roi d'Angleterre. A Bologne, Ste Julienne, veuve.

Saints de France. A Vrelinghen en Flandre, S. Chryseuil, martyr, disciple de S. Denys de Paris et de S. Piat, qui fut enterré à Commines.

A Mareuil-sur-Marne, S. Trésain, curé de ce lieu.

En Irlande, S. Meudan, dont les reliques furent apportées en France par S. Fursy, et depuis placées à Pérone, où on l'honore comme évêque. Ce même jour, Ste Lioubette, honorée à Sainte-Croix de Poitiers.

Autres. En Phrygie, le décès de S. Apollinaire, évêque d'Hierapolis, célèbre par ses écrits et par son zèle contre les Cataphryges.

A Nole, le décès de S. Maxime, évêque, célébré par S. Paulin en la Vie de S. Félix.

En Hellespont, S. Parthène, évêque de Lampsaque.
A Siponte au royaume de Naples, $. Laurens, évêque.

A Assise, le bienheureux Antoine de Stroncone, frère lai de l'ordre de Saint-François.

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