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PARIS,
FIRMIN DIDOT FRÈRES, LIBRAIRES-EDITEURS,

IMPRIMENIRS DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE.

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Je le dis, et il me semble que je n'ai fait cet ouvrage que pour le prouver : l'esprit de modération doit être celui du législateur; le bien politique, comme le bien moral, se trouve toujours entre deux limites. En voici un exemple.

Les formalités de la justice sont nécessaires à la liberté. Mais le nombre en pourroit être si grand qu'il choqueroit le but des lois mêmes qui les auroient établies; les affaires n'auroient point de fin; la propriété des biens resteroit incertaine; on donneroit à l'une des parties le bien de l'autre sans examen, ou on les ruineroit toutes les deux à force d'examiner.

Les citoyens perdroient leur liberté et leur sûreté; les accusateurs n'auroient plus les moyens de convaincre, ni les accusés le moyen de se justifier.

DE L'ESPRIT DES LOIS. T. III.

1

CHAPITRE II.

Continuation du même sujet.

Cécilius, dans Aulu-Gelle", discourant sur la loi des douze tables qui permettoit au créancier de

couper en morceaux le débiteur insolvable, la justifie par son atrocité même, qui a empêchoit qu'on n'empruntât au delà de ses facultés. Les lois les plus cruelles seront donc les meilleures. Le bien sera l'excès ; et tous les rapports des choses seront détruits.

CHAPITRE III.

Que les lois qui paroissent s'éloigner des vues du législateur

y sont souvent conformes.

La loi de Solon, qui déclaroit infames tous ceux qui dans une sédition ne prendroient aucun parti, a paru bien extraordinaire : mais il faut faire attention aux circonstances dans lesquelles la Grèce se trouvoit pour lors. Elle étoit partagée en de

Liv. XX, chap. 1.

• Cécilius dit qu'il n'a jamais vu ni lu que cette peine eût été infligée ; mais il y a apparence qu'elle n'a jamais eté établie. L'opinion de quelques jurisconsultes, que la loi des douze tables ne parloit que de la division du prix du débiteur vendu, est très vraisemblable..

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