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Les femmes proscrites. Réflexions sur Napoléon à ce sujet. -Venise. --Le marquis de Salvo. — La comtesse Attems. -Sa soeur, femme de Spencer-Smith, frère de l'amiral. Ce qu'elle était. - Importance que l'empereur attachait à elle. -- Le maréchal Lauriston. — M. de La Garde, directeur de la police, à Venise. — Le théâtre San-Samuel. - La comédie. - La jolie femme. L'interrogatoire et les gendarmes. - Projet de fuite. - Les deux enfans et le précepteur. - Fusina. — Ils partent. — Lettre du marquis de Salvo à madame Spencer-Smith. -Elle refuse. - Il lui écrit de nouveau.-Elle accepte.

e. Ils o

partent. — Ils sont escortés par cinq gendarmes. — Amédée , leur chef. Vérone. Description de Vérone. Roméo et Juliette. - Les Arènes à minuit. - L'ami prudent. Brescia.

Fausse nouvelle. — Le lac de Guarda. - Salons. - Le marquis arrange la fuite.

L'opium.

Encore les gendarmes. L'échelle de corde.

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Avant de parler du général Malet, il me faut raconter ici une histoire qui trouve admirablement

sa place après celle de madame Récamier et demadame de Chevreuse.., c'est l'aventure étonnante de madame Spencer-Smith, belle-soeur du brave et chevaleresque amiral sir Sidney Smith. Elle doit trouver son rang dans les Mémoires d'une femme, pour montrer en ce lieu combien elle est digne de figurer parmi les plus nobles caractères et les plus grands courages '; il me faut revenir sur mes pas, mais cela est toujours permis.

En 1896 il était malaisé de trouver dans toute l'Europe ai seul coin de terre où l'on fût à l'a. bri de la volonté de l'empereur quand elle voulait vous atteindre. L'Italie lui était soumise;l'Allemagne était presque conquise à sa couronne depuis le traité de Presbourg, et jusqu'aux steppes de la Russie, rien ne pouvait être refuge pour de malheureux proscrits.

Venise n'était plus cette ville voluptueusement belle , où la seule chose imposée à ses habitans était d'être heureux. La domination française ayait étendu son bras jusqu'au lion de Saint-Mart;

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• Une particularité singulière, c'est que je connais le marquis de Salvo depuis un grand nombre d'années, et que ja. mais il ne m'avait parlé de cette histoire, qui est pourtant la plus extraordinaire de toute sa vic. Ce n'est qu'à son dernier voyage que, lui en parlant moi-même, il me certifia de toute

sa vérité.

le code Napoléon punissait le gondolier de la Brenta, et l'empêchait de chanter.

Il y avait néanmoins à cette époque, à Venise, une grande quantité d'étrangers. Le marquis de Salvo, seigneur sicilien , âgé seulement de vingt ans à cette époque, avait quitté la Sicile et même Naples, et voyagait dans le reste de l'Italie. Son esprit remarquable et supérieur aujourd'hui, était déjà à cette époque d'une nature capable de le faire apprécier, ainsi que ses talens et sa connaissance du monde, malgré sa jeunesse; aussi était-il accueilli parfaitement dans les maisons étrangères de bonne compagnie. De ce nombre était celle de la comtesse Attems, fille du baron Herbert , internonce d'Autriche à Constantinople', c'était une femme parfaitement aimable et qui recevait tout ce qu'il y avait de mieux dans Venise,

On parlait beaucoup, dans l'intérieur de la comtesse Attems , d'une jeune soeur à elle, qui était arrivée depuis peu de temps d'Allemagne pour rétablir sa santé. Elle était faible et délicate, et de meurait constamment dans son appartement; c'était madame Spencer-Smith, dontle mariétait ambassadeur d'Angleterre à Stuttgard. Ceux qui la

. Il l'était même déjà en 1785. - Voyez M. de Choiseul. Gouffier. Il parle de leur relation politique,

connaissaient disaient qu'elle était ravissante de grâces et de beauté; que son esprit supérieur était au-dessus de celui de toutes les femmes; elle parlait, disait-on , sept langues avec pureté, était excellente musicienne, et connaissait toutes les littératures des langues qu'elle parlait... tout ce que le marquis de Salvo entendait ainsi raconter de cette jeune femme lui donna un excessif désir de la connaître.

- Je voudrais bien lui être présenté, dit-il un jour à la comtesse Attems, faites-moi donc obtenir cette faveur.

La comtesse Attemslepromit; mais sa soeur était toujours souffrante, et jamais elle ne paraissait dans le salon de la comtesse. Enfin un jour madame Attems écrivit au marquis en lui envoyant la clef de sa loge au théâtre San-Samuel.

«On y donne une pièce nouvelle du chevalier Guarini, lui écrivait-elle... venez-y, et je vous présenterai à ma soeur... elle

у sèra.... Le marquis aurait eu dix invitations qu'elles auraient pâli devant celle-là... aussi se trouva-t-il avant l'heure dans la loge de la comtesse Attems, qui arriva bientôt avec une jeune femme, dont la délicate et élégante tournure,

la

peau blanche et diaphane, les cheveux blonds, les mouvemens onduleux, toute une tournure impossible à dé

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