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bornait à relever, et que ce serait lui prêter gratuitement que de voir autre chose dans son Demi-Monde qu'une peinture attachante, ressemblante et vraie, digne d'être applaudie sans doute, mais non pas d'être récompensée comme ayant atteint un but auquel l'auteur n'avait point songé.

<< Reprenant alors le texte même de l'arrêté du 12 octobre 1851, on n'a eu qu'à relire l'article 4, ainsi conçu : « Une prime de cinq <<< mille francs pourra être accordée chaque année à l'auteur d'un ou<< vrage en cinq ou en quatre actes, en vers ou en prose, représenté « avec succès à Paris, pendant le cours de l'année, sur tout autre « théâtre que le Théâtre-Français..., et qui serait de nature à servir ■ à l'enseignement des classes laborieuses par la propagation d'idées «saines et le spectacle de bons exemples. ▾ La seule lecture de ce paragraphe si précis a mis fin à la discussion, et la Commission, à l'unanimité, n'a eu qu'à passer outre.

« Il restait quelques ouvrages encore qui avaient appelé son attention au premier choix : l'un (1), une agréable pièce de jour de l'an, qu'animait une inspiration sensible, une jolie idée née du cœur ; l'autre (2), un grand drame touchant, construit de bonne main et avec habileté, plein de larmes, de repentirs, de fautes intéressantes cruellement expiées, et de naïves vertus ignorées de ceux qui les pratiquent. Mais ce dernier ouvrage, fondé, comme presque tous ceux du même genre, sur ce qu'on peut appeler l'adultère fondamental et antérieur à l'action, n'a point paru d'ailleurs différer notablement en mérite d'autres drames de la même famille, déjà couronnés les années précédentes; et quant à l'agréable petite comédie donnée à la veille du nouvel an, c'eût été l'exagérer que de l'élever isolément jusqu'à 'importance d'un enseignement utile.

<< Monsieur le Ministre, la Commission ne s'est point résignée, sans prendre beaucoup sur elle, à ces conclusions négatives sur tous les points. Quand des récompenses publiques sont proposées par l'État, il est de bon exemple qu'elles trouvent leur objet; il est pénible de venir déclarer après examen qu'il n'y a pas lieu à les décerner. Dans le cas présent du moins, ce ne sont pas les talents qui ont fait faute; il n'y a que la direction de ces talents qui ne s'est point rencontrée avec le sens de l'arrêté; et cette direction elle-même, bien qu'on n'ait pu la comprendre dans l'encouragement proposé, ne mérite point pour cela le blâme. En considérant de plus près les termes de l'arrêté du 12 octobre 1851, il a semblé par moments à la Commission que les circonstances sociales, très-différentes d'alors, dans lesquelles nous vivons, permettraient peut-être aujourd'hui d'exprimer un conseil autre et de parler un langage différent. Le ministre, homme de bien,

(1) Je dine chez ma mère, par MM. Decoarcelles et Thiboust.

(2) Le Médecin des enfants, par MM. Anicet-Bourgeois et Adolphe Dennery.

qui a laissé une mémoire si honorée (1), en recommandant expressément aux auteurs dramatiques, à la date de 1851, une direction morale formelle et un enseignement d'une utilité presque directe, portait secours là où il y avait encore danger; il cherchait à proportionner le contre-poids à la force de l'entraînement qui avait précipité les esprits en sens contraire. Quand la société était en péril continuel de verser, il était tout naturel que l'autorité mît fortement la main du côté opposé. Aujourd'hui que, selon une expression mémorable, la pyramide a été retournée et replacée dans son vrai sens, quand la société est remise sur sa large base et dans son stable équilibre, ne serait-il pas plus simple, dans cet ordre aussi de récompenses dramatiques, de rendre aux choses leur vrai nom, d'encourager ce qui a toujours été la gloire de l'esprit aux grandes époques, ce qui est à la fois la morale et l'art, c'est-à-dire l'Art même dans sa plus haute expression, l'Art élevé, sous ses diverses formes, la tragédie ou le drame en vers, la haute comédie dans toute sa mâle vigueur et sa franchise? La Commission, en terminant un travail qui, cette année comme la précédente, est resté sans fruit, ne se hasarderait pas toutefois à exprimer ce vœu, monsieur le Ministre, si elle ne sentait qu'elle va en cela audevant de vos désirs, et si elle ne confiait l'idée à votre goût.

<< J'ai l'honneur d'être avec respect, monsieur le Ministre, etc., etc. »

(1) M. Léon Faucher.

FIN DU TOME DOUZIÈME.

AVERTISSEMENT.....

Les chants modernes, par MAXIME DU CAMP...

SANTEUL, ou de la Poésie latine sous Louis XIV.

Cuvres inédites de RONSARD...

LE MARQUIS D'ARGENSON d'après les Manuscrits.

Histoire du Consulat et de l'Empire, par M. THIERS. Tome XII.

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OEuvres de FRÉDÉric-le-Grand. Correspondance) I..

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avec le PRINCE HENRI....

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LA MARGRAVE DE BAREITH..

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Paris. Imp. E. CAPIOMONT et C1, rue des Poitevins, 6.

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