Images de page
PDF
ePub

Certificats d'immatriculation. A lut étudiant qui en fera la demande, il sera délivré gratuitement un certificat constatant qu'il a suivi les cours de l'Université.

Enseignement général de la Faculté. Tous les étudiants étrangers immatriculés, quelle que soit la durée de leur séjour, pourront assister gratuitement aux cours et conférences de la Faculté des lettres.

BIBLIOGRAPHIE

M. GRAMMONT.

Le vers français, ses moyens d'expression, son harmonie. Paris, A. Picard, 1904.

M. M. Grammont, le linguiste bien connu, étudie dans ce livre la partie artistique du vers, l'harmonie et l'expression. Pour déterminer les moyens d'expression, l'auteur s'est bien gardé de prendre des vers pour point de départ de ses recherches et de s'appuyer sur ce qu'il fallait démontrer. Dans l'étude de l'harmonie, le même danger n'était pas à craindre et les vers pouvaient servir d'exemple sans inconvénient.

La première partie (p. 9-154) traite la question du rythme considéré comme moyen d'expression. Le type idéal du vers classique de douze syllabes se compose de quatre mesures égales de trois syllabes. Le rythme est produit par le retour à intervalles égaux des quatre temps marqués. Mais le nombre de syllabes de chaque mesures peut varier de un à cinq. La durée d'une mesure demeurant immuable, alors que le nombre de syllabes varie, le débit devra varier avec le nombre de syllabes, devenant plus rapide si ce nombre est plus grand, plus lent s'il est plus petit. Les mesures de moins de trois syllabes exprimeront la lenteur, les mesures de plus de trois syllabes exprimeront la rapidité; pour mettre un mot en relief, on se servira de la mesure lente. Le vers romantique de douze syllabes diffère du vers classique en ce qu'il n'a, en général, que trois accents rythmiques et par conséquent trois mesures au lieu de quatre. Si l'on appelle ce vers un trimètre, le vers à quatre mesures prendra le nom de tétramètre. L'introduction d'un trimètre dans une série de tétramètres produira un éveil de l'attention et l'impression d'un accroissement de vitesse; toute augmentation de vitesse par le resserrement des sons fera sentir le groupement plus étroit des idées; le trimètre sera tout désigné pour contenir l'idée destinée à frapper l'esprit du lecteur ou de l'auditeur. Les pentamètres et hexamètres, c'est-à-dire les vers à cinq et six accents rythmiques, produisent les impressions contraires à celles du trimètre : la lenteur et l'analyse du détail. Les poèmes en vers de mesure différente donnent lieu à des effets du même genre, mais plus variés et complexes. Le petit vers venant après un grand vers exprime la rapidité, sert à donner une conclusion, à exprimer une idée essentielle. Lorsqu'une idée aura été énoncée dans un grand vers, on en mettra les détails en relief en la développant en plusieurs petits vers. Les monomètres de La Fontaine, loin de servir à escamoter l'idée, mettent cette idée en évidence et y insistent. Quand un grand ver's vient après un plus petit, il y a éveil de l'attention, ralentissement, analyse des détails, expression de gravité ou de noblesse. Dans les poèmes en strophes semblables, le poète doit sarranger de façon à ce que tout changement de mètre soit justifiable par le sens. Si la strophe présente une grande variété de mètres, la difficulté devient considérable.

La deuxième partie (p. 155-318) est, avec la troisième, la partie la plus neuve et la plus originale du livre. Elle a pour objet les sons considérés comme moyen d'expression. Le principe est incontestable. Dans tous les mots qui expriment des bruits aigus, nous avons des voyelles aiguës : ex. aigu, cliquelis, cliquel (comparez claquel); les mots qui expriment un grincement contiennent un r et une voyelle claire ou aiguë : yrincer, crisser, all. knirren, kritzeln; les mots qui expriment des bruits sourds contiennent des voyelles soinbres : gronder, all. knurren. L's, lg, le z indiquent un souffle. Mais les sons du langage ne peuvent prendre une valeur expressive que lorsque le sens du mot dans lequel ils se trouvent s'y prête; ainsi casser est expressis, lasser ne l'est pas; briser est expressif, griser ne l'est pas. La l'épétition d'un même son exprime un mouvement ou un bruit régulier. Le même procédé marque le parallélisme de deux actions dont la seconde suit rapidement la première ou sert à insister sur des faits analogues. Parmi les voyelles, l'i et l'u expriment spécialement l'acuité et, par suite, les bruits aigus, les supplications, la joie, la colère, l'ironie, le mépris. Les voyelles claires é, è, ce, i, u, sont propres à exprimer la ténuité, la légèreté, la douceur. Les voyelles éclatantes : a, ò, e, expriment les bruits éclatants, la réclame, l'orgueil, l'allégresse. Les voyelles sombres :

[ocr errors]

ou, ó, peignent un bruit sourd, la lourdeur, les idées graves. Les voyelles nasales jouent, en général, le même rôle que les voyelles orales du même ordre qu'elles; mais lorsqu'elles sont plus nombreuses que les voyelles orales, elles expriment la lenteur, la langueur, la mollesse. Parmi les consonnes, les explosives peuvent contribuer à l'expression d'un bruit sec et répété, d'un mouvement saccadé, et par suite de l'ironie, de la colère et de l'hésitation. Les consonnes nasales expriment la douceur, la mollesse; 1 exprime la liquidité, le glissement; r exprime le grincement, le grondement, l'écrasement; les chuintantes : ch, ,, conviennent pour un souffle accompagné de chuchottement, tandis que les labio-dentales : f, v, expriment un souftle mou accompagné ou non d'un bruit très sourd; les spirantes dentales : 8, 7, supposent un souffle accompagné d'un sifflement, un bruissement. La combinaison des consonnes des divers ordres donne lieu à des expressions plus complexes. M. Grammont fait remarquer avec raison que l'hiatus n'est proscrit qu'en apparence des vers français, puisque les poètes semblent plutôt le rechercher à l'intérieur des mots. La rime est aussi un moyen d'expression. La répétition des mêmes rimes exprimera l'accumulation de faits analogues et l'insistance.

La troisième partie (p. 319-423) est consacrée à l'étude de l'harmonie du vers français. En étudiant de près quelques vers que l'on s'accorde à regarder comme harmonieux, M. Grammont peut en formuler le principe : l'harmonie résulte de la correspondance des voyelles groupées par deux ou par trois. Puis il classe quelques poètes au point de vue de l'harmonie; les statistiques faites par lui donnent le résultat suivant : Racine, Hugo, Musset, Leconte de Lisle, Boileau, Lamartine. Une conclusion développée, un index de principaux vers, une table analytique et une table des chapitres occupent les pages 387-454.

Cette sèche analyse ne peut que donner une idée des questions complexes étudiées dans ce livre. Il faut ajouter que la documentation en est si abondante que l'on ne peut guère douter des résultats auxquels est arrivé l'auteur. Le sujet n'avait jusqu'ici été traité, à part de l'ares exceptions, que par des artistes trop prompts à remplacer les démonstrations scientifiques par des affirmations tranchantes fondées sur des impressions vagues. L'ouvrage de M. Grammont est indispensable à qui veut étudier à fond les ressources de la poésie française.

G. DOTTIN.

[blocks in formation]

« Au

1. Etudier et discuter ce jugement de Victor-Hugo : XIX° siècle, un changement s'est fait dans les idées à la suite du changement qui s'était fait dans les choses... Au vent philosophique a succédé le souffle religieux... L'Art qui, depuis cent ans, n'était plus en France qu'une littérature, est redevenu une poésie ». (Littérature et philosophie mêlées.)

2. Flaubert disait à Maupas. sant : « Quand vous passez devant un épicier assis sur sa porte, devant un concierge qui

fume sa pipe, montrez-moi cet épicier et ce concierge, leur pose, toute leur apparence physique, contenant aussi, indiquée par l'adresse de l'image, toute leur nature morale, de façon à ce que je ne les confonde pas avec

aucun autre épicier ou avec aucun autre concierge ». (Maupassant. Préface de « Pierre et Jean ».) Que pensez-vous de ce conseil?

3. La poésie de Ronsard. Idée que Ronsard s'est faite du poète et de la poésie. — Thèmes poétiques, images; rythme.

Thème latin.

Peu de nuits avant de mettre son fils au monde, Agariste, mère de Péricles, avait cru accoucher d'un lion. Cette tradition, accréditée par l'histoire, présage le haut degré de puissance où devait parvenir celui qui donna son nom au siècle le plus brillant de la Grèce. Dès son jeune âge, Péricles apprit avec quelle facilité la popularité pouvait s'acquérir et se perdre chez un peuple inconstant et léger, au sein duquel aucun citoyen n'avait pu encore devenir impunément illustre.

Pour etre mieux aperçu, plus admiré, Péricles résolut de se montrer rarement; et afin de s'assurer l'empire que lui promettait sa naissance, ses talents et sa fortune, il ne se pressa pas de s'en emparer. Cependant, lorsque Athènes eut perdu Aristide et Thémistocle, quand, Cimon s'étant mis à la tête de l'aristocratie, le parti populaire demeura sans chef, Périclès profita d'un moment si favorable et se jeta dans la carrière des affaires publiques. Il y parut avec tant d'éclat qu'il

ne tarda pas à éclipser tous ses rivaux. Il se fit l'orateur du peuple dont il défendit les intérêts et flatta surtout la vanité; il n'avait point à se plaindre des grands : il se déclara contre

eux parce qu'ils avaient déjà un chef et que le chemin des honneurs s'ouvrait pour lui avec moins de concurrence et plus de sûreté dans les rangs populaires.

Version anglaise.

THE DREAM

I saw two beings in the hues of youth
Standing upon a hill, a gentle hill,
Green and of mild declivity, the last
As 'twere the cape of a long ridge of suchi,
Save that there was no sea to lave its base,
But a most living landscape, and the wave
Of woods and cornfields, and the abodes of men
Scatter'd at intervals, and wreathing smoke
Arising from such rustic roofs; the hill
Was crownd with a peculiar diadem
Of trees, in circular array, so fix d,
Not by the sport of nature, but of man :
These two, a maiden and a youth, were there
Gazing the one on all that was beneath
Fair as herself -- but the boy gazed on her;
And both were young, and one was beautiful :
And both were young -- yet not alike in youth.
As the sweet moon on the horizon's verge,
The maid was on the eve of womanhood;
The boy had fewer summers, but his heart
Had far outgrown his years, and to his eye
There was but one beloved face on earth,
And that was shining on him; he had look'd
Upon it till it could not pass away;
He had no breath, no being, but in hers,
She was his voice; he did not speak to her,
But trembled on her words; she was his sight,
For his eye follow'd hers, and saw with hers,
Which colour'd all his objects : - he had ceased
To live within himself; she was his life,

« PrécédentContinuer »