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© U V R E S

DE VOLTAIRE.

TOME ONZI È M E.

DE VOLTAIRE.

NOUVELLE ÉDITION,

AVEC DES NOTES ET DES OBSERVATIONS

CRITIQUES,

PAR M. PALISSO T.

MÉLANGES DE POÉSIES.

Τ Ο Μ Ε Ι.

A PARIS,

SSTOUPE, IMPRIMEU R.
Chez

SERVIERE, LIBRAIR E.

1 7 9 2.

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6: AVERTISSEMENT
au Jupiter olympien, couvrait son attelier
de fragmens d’or & d'ivoire.

Ce qui est peut-être plus étonnant encore , c'est que ce talent ne l'abandonna jamais. Il avait plus de quatre-vingts ans dorsqu'il adressa à madame Dudeffans la pièce charmante qui cominence ainsi :

En quoi ! vous êtes étonnée
Qu'au bout de quatre-vingts hivers,
Ma muse faible & surannée

Ore encor fredonner des vers ! &c.
Il est même remarquable qu'en vieil-
lissant, il mêlait à ces pièces une teinte
de sensibilité douce & tendre qui en aug-
mentait le prix, & qui lui était moins
familière à l'âge où, fi nous l'ofons dire,
il prodiguait l'esprit à pleines mains.

Peut-être fallait-il, dans une si grande abondance, sacrifier quelques pièces qui, n'ayant que la valeur du moment ou de l'à-propos , deviendront indifférentes pour la postérité, & c'est ce que nous nous sommes permis quelquefois. D'ailleurs, quelques-unes étant douteuses , & toutes n'étant pas d'un égal mérite, c'était le

cas d'appliquer le proverbe : In sylvam ne ligna feras.

Remontez de Chaulieu à Voiture, remontez même à des époques plus éloignées, & réunissez tous ceux de nos poètes qui se sont acquis une grande célébrité par leurs poésies fugitives, tous ensemble ne formeraient pas en ce genre une collection égale à celle de Voltaire; & (ce que nous n'oserions dire d'aucune autre ) que l'on ouvre celle-ci au hasard, on y trouvera presque par-tout l'abandon, la facilité, la grâce, souvent même la profondeur.

Autant qu'il nous a été possible, nous avons conservé dans ces pièces l'ordre chronologique , plus indispensable encore dans la poésie que dans la prose, parce qu'on ne peut saisir sans lui les progrès de l'imagination & du talent.

Nous avons supprimé les différens noms sous lesquels Voltaire se plaisait à se cacher dans ses dernières années. Il avait pris tour-à-tour ceux de Guillaume Vadé,

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