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Seigneur du monde, trois expériences ( p72) qui exposent à la mort, tu as créées pour les femmes, (et d'autres disent trois occasions (opa7) de donner la mort) savoir : l'observance des règles des femmes, celle du gâteau et de la lampe à allumer !*), ai-je commis la plus légère transgression sur une seule de ces trois choses ! (Ib.) Et si lu donnes à ta servante la semence des hommes (bou>N). Que veut dire la semence des hommes (au pluriel) ? Rav dit: un homme (qui se distingue) parmi les autres hommes; et Samuel dit : une semence (qui soit digne) d'oindre deux hommes. Et qui sont ces deux hommes ! Saül et David. Et R. Johanan dit : une semence qui équivale à deux hommes. Et qui sont ces deux hommes ? Moïse et Aaron; car il est dit (Psau. XCIX, 6.): Moïse et Aaron ont élé | entre ses sacrificateurs et Samuel entre ceux qui invoquaient son nom. Et les rabbins disent que la phrase une semence d'hommes veut dire : une semence qui soit comme absorbée parmi les hommes. Et Rav Dimi étant survenu, dit (que les rabbins avaient voulu dire): un homme qui ne fût ni long, ni court, ni petit, ni muet, ni blanc, ni roux !*), ni savant, ni stupide**).

(Ib. vs. 26.): Je suis cette femme qui me tenais debout ici avec toi. R. Jehochua, fils de Lévi, dit : on déduit de là qu'il est défendu (à celui qui ne prie pas comme p. ex. ici Elie) d'être assis dans les quatre coudées de la prière (ou du lieu un autre prie, comme fait ici Hanna). (Ib. vs. 27.) : pour cet enfant j'ai prié, etc. R. Eléazar dit que Samuel a enseigné une Halaca en présence de son précepteur; c'est pourquoi il est dit (ib. vs. 25.): Puis ils égorgèrent un veau, et ils amenèrent l'enfant à Elie. A

12) Voy. Préface et Théorie. du Judaïsme. La plus légère négligence de ces trois préceptes qui sont les seuls qui obligent les femmes devrait être, selon le Talmud, punie de mort.

13) Raschi : u) 7" roux ou rosso dans la langue des barbares.

14) Raschi : afin que l'oeil malin (v-mri jo») n'ait pas de pouvoir sur lui, comme il arrive aux hommes qui dépassent la médiocrité : absorbé parmi les hommes est donc celui qui ne dépasse pas lo médiocrité. -

cause donc qu'ils ont égorgé un veau ils ont amené l'enfant à Elie. Mais cela signifie qu'Eli a dit à ses gens : appelez un prêtre, afin qu'il vienne tuer (ce veau). Et Samuel ayant remarqué qu'ils allaient effectivement chercher un prêtre pour tuer, leur dit : pourquoi allez-vous chercher un prêtre pour tuer, lorsqu'il est permis à un profane (laique) aussi de tuer la victime ? On le conduisit alors devant Elie qui lui dit : d'où tiens tu cela ? Il lui répondit : est-ce qu'il est écrit (Lév. I, 5.): et le prêtre tuera ? Il est écrit que les prêtres offriront. Depuis la réception (du sang de la victime) et plus loin commence l'office des prêtres ; d'où on peut conclure que la cérémonie de tuer la victime peut être exécutée par un profane. Alors Elie lui dit : ce que tu viens de dire est fort bien; mais tu as en-o seigné une Halaca en présence de ton précepteur, et quiconque enseigne une Halaca en présence de son précepteur, mérite la mort. Sur ces entrefaites vint Hanna et s'écria devant Elie : Je suis la femme qui me tenais ici avec toi, etc. Il lui répondit: laisse-moi, afin que je le punisse, et j'implorerai la divine miséricorde, et elle t'accordera un fils plus grand que celui-ci. Elle lui dit : c'est pour cet enfant que j'ai prié. (Ib. vs. 13.) Or, Hanna parlait en son coeur. R. Eléazar dit au nom de R. Jose, fils de Zimra, (que cela signifie) pour les affaires de son coeur, et qu'elle voulut dire en présence de Dieu : Seigneur du monde, de tout ce que tu as créé dans la femme tu n'as pas créé une seule chose qui soit superflue; les yeux pour voir, les oreilles pour entendre, le nez pour sentir, la bouche pour parler, les mains pour vaquer au travail, les pieds pour marcher, les mamelles pour nourrir; mais ces mamelles que tu m'as placées sur mon coeur à quoi doivent-elles me servir ? N'est-ce pas à nourrir ? Donne-moi donc un fils, et je le nourrirai. R. Eléazar a aussi dit au nom de R. Jose, fils de Zimra : si quelqu'un se met en jeûne pendant le samedi (pour avoir fait un rêve sinistre) on lui déchire le décret , de la justice divine (ou de sa destinée) quand même il serait écrit depuis 70 ans (ou depuis sa tendre enfance).

On doit cependant lui faire porter la peine du droit de la - - H 2

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réjouissance du Sabbath 1*). Et comment peut-il corriger cette faute ? Rav Nahman, fils d' Isaac, dit : en jeûnant en- core une fois après ce jeûne. R. Eléazar dit en outre : Hanna a proféré des mots contre le très-haut; car il est dit (ib. vs. 10.), et elle adressa sa prière vers (5») (Talm. : contre) l' Eternel, ce qui veut dire qu'elle proféra quelques mots contre le trèshaut. Le même R. Eléazar ajoute qu'Elie aussi a proféré quelques mots contre le très-haut; car il est dit (I Rois XVIII, 37.): et tu as fait tourner leurs coeurs en arrière. F. 32.a. R. Samuel, fils de Rav Isaac, dit : d'où savons-nous que le Saint, béni soit-il, a reconnu et avoué son tort à Elie ! De ce qu'il est écrit (Michée IV, 6.): et celle que j'avais affligée (onn»-r7) (Talm. : à laquelle j'ai fait du mal !o). R. Hama, fils de Hanina, dit : s'il n'y avait pas par hasard le trois versets (suivans)**) les pieds des ennemis d'Israël (des fils d' Israèl) chancelleraient (devant le tribunal de Dieu): le premier porte (ib.): à laquelle j'avais fait du mal; dans le second il est écrit (Jéré. XVIII, 6.): Voici comme l'argille est dans la main d'un polier, ainsi êtesJous dans ma main, maison d'Israël. Et dans le troisième il est dit (Ezéch. XXXVI, 26.): Et j'ôterai de votre chair le coeur de pierre, et vous donnerai un coeur de chair. R. Papa dit : qu'il résulte la même chose du verset qui suit (ib.): et je mettrai mon esprit au dedans de vous, et je ferai que vous marcherez dans mes statuts. R. Eléazar dit encore que Moïse lui-même a proféré quelques mots contre le très - haut; car il est dit (Nomb. XI, 2.): Et Moïse adressa sa prière à (>N) l' Eternel. Ne lis pas bN (à) mais b» (contre), car la maison de R.

15) C'est-à-dire : d'avoir enfreint la loi qui prescrit de se réjouir dans le Sabbath.

16) Raschi : Dieu est cause du mal, parce qu'il a créé les mauvaises inclinations. Cette erreur qui se réfute d'elle-même détruit la liberté de l'homme et conduit au fatalisme le plus absurde.

17) Raschi : et qui nous apprennent que nos désirs tant bons que mauvais dépendent de Dieu et que nous pouvons par conséquent nous excuser devant lui de nos péchés. ·

Eliéser, fils de Jacob, lit ordinairement, au lieu de l'Aleph, l' Ain, et au lieu de l'Ain, l' Aleph. Mais la maison de R. Jannaï déduit la même chose de l'expression (Deut. I, 1.): et Dizahab (artr "). Que veut dire =r7r •7? La maison de Jannaï dit (que cela signifie) que Moïse a dit ainsi en pré'sence du Saint, béni soit-il: Seigneur du monde, comme tu as donné de l'argent et de l'or (artr) à Israël en tant d'abondance qu'ils ont dire assez ( 7), cela a été cause qu'ils ont fait le veau ! *). La maison de R. Jannaï ajoute : un lion ne rugit pas auprès d'un panier rempli de paille, mais auprès d'un panier plein de viande. Sur quoi R. Jehochua dit : cela ressemble à un homme qui possède une vache maigre et qui n'a que les os, il lui donne à manger de la vesce, et elle se rue contre lui; il lui dit : quelle est la cause que tu me donnes des coups de pieds si ce n'est la vesce que je te donne à manger ? R. Hija, fils d'Abba, disait avoir entendu dire à R. Johanan : cela ressemble à un homme qui a un fils qu'il fait baigner, oindre, manger et boire beaucoup, et lui ayant suspendu au cou une bourse il le fait asseoir devant la porte d'une courtisanne; que pourrait-il faire ce fils autre chose que pécher ? R. Aha, fils de Rav Hunna, disait avoir entendu dire à Rav Chechath : cela combine avec ce que disent les hommes : un ventre plein (pousse) à toute sorte d'abominations; car il est dit (Hos. XIII, 6.) : Selon leurs pâturages ils ont été rassasiés, ils ont été rassasiés, et leur coeur s'est élevé, et c'est pourquoi ils m'ont oublié. R. Nahman dit qu'on peut déduire (la même chose) de ce passage (Deut. VIII, 14.): que ton coeur ne s'élève pas, et que tu n'oublies pas l' Eternel. Et les rabbins disent : de cet autre passage (ib. XXXI, 20) : Et il mangera, et sera rassasié et engraissé,

18) Voici la plus impie de toutes les maximes, c'est-à-dire, celle qui oPPrend que Dieu est la cause du péché, appuyée sur l'étymologie d'un ooo Propre. Les altérations les plus étranges des paroles de la Bible sOnt dans le Talmud justement celles qui servent à propager les princiPo dointolérance et d'immoralité, ce qui prouve encore une fois que ormer le Judaïsme ou ramener les Juifs au véritable sens de la Bible sont deux propositions parfaitement identiques.

".

puis il se détournera vers d'autres dieux. Et si tu veux je peux dire que de cet autre passage (ib. XXXII, 15.): Le droiturier (7nnnu " ou Israël) s'est engraissé, et a regimbé. R. Samuel, fils de Nahmani, disait avoir entendu dire à R. Jonathan : d'où savons-nous que le Saint, béni soit-il, est revenu de son tort, et l'a avoué à Moïse ? De ce qu'il est dit (Hos. II, 8.): Et de l'argent et de l'or que je leur ai multiplié ils ont fait un Baal.

Et l'Eternel dit à Moïse (Exod. XXXII, 8.): Va, descends. Que veulent cesideux mots : va, descends ? R. Eléazar dit que le Saint, béni soit-il, dit à Moïse : Moïse, descends de ta grandeur. Est-ce que je t'ai donné de la grandeur pour autre raison que pour Israël; mais maintenant qu'Israël a péché, à quoi me sers-tu ? De suite s'est affaiblie la force de Moïse, et il n'en avait pas autant qu'il fallait pour parler. Mais lorsque Dieu ajouta (Deut. IX, 14.): Laisse-moi, et je les détruirai, Moïse dit : cette chose dépend donc de moi. De suite il se tint debout, se fortifia dans la prière, et supplia la divine miséricorde. Cela ressemble à un roi que se fâche contre son fils, et le frappe de bonne raison, et son favori est assis en sa présence, et craint de lui dire un mot jusqu'à ce que le roi dise : si ce n'était par les égards que j'ai pour mon favori qui est ' assis en ma présence je t'aurais tué. Alors le favori se dit : cette chose dépend donc de moi. De suite il se lève debout et le sauve. (Exod. ib. vs. 10.) Et maintenant laisse - moi, et ma colère s'embrasera contr'eux, et je les consumerai, et je te ferai chef d'une grande nation, etc. R. Avhu dit : si , par hasard on ne trouvait pas écrit ce verset on ne pourrait pas le répéter !o), car cela nous fait entendre que Moïse a saisi le Saint, béni soit-il, comme un homme qui saisit son camarade par l'habit, et qu'il a dit en sa présence : Seigneur du monde, je ne te laisserai pas jusqu'à ce que tu

19) Car l'expression : laisse-moi donne à penser que Dieu prend un corps par lequel on peut le saisir. Les Juifs eux-mêmes sont donc tenus d'admettre une espèce d'incarnation.

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