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n'aies pardonné, et ne te sois rendu exorable envers eux : Et je te ferai chef d'une grande nation, etc. R. Eléazar ditque Moïse tint ce discours devant le Saint, béni soit-il: Seigneur du monde, si un trône de trois pieds (Abraham, Isaac et Jacob) ne peut se tenir debout devant toi dans l'heure de ta colère, un trône d'un seul pied (soutenu par · moi seulement ) d'autant moins. Et non seulement cela, mais j'ai honte devant mes ancêtres; car ils peuvent dire maintenant : voyez ce Parnas (Magistrat) que Dieu a constitué sur eux, il a cherché sa propre grandeur et ne sait pas intéresser la divine miséricorde en leur avantage. (Ib. vs. 11.) Alors Moïse s'appliqua à se rendre propice (brio) la face de l' Eternel. R. Eléazar dit : cela nous apprend que Moïse se tint debout en prière devant le Saint, béni soit-il, jusqu'à le rendre malade (ribri ou à l'ennuyer),

et Rava dit : jusqu'à lui faire annuler son voeu de détruire .

Israël; car il est écrit ici bri"n, et il est aussi écrit autre part (Nomb. XXX, 3.): Il ne violera pas (brio) sa parole, sur quoi Mar dit (Hagiga 10.) que celui qui a fait un voeu ne peut pas l'annuler, mais les autres peuvent bien l'annuler*°). Et Samuel dit : cela nous apprend plutôt que Moïse voulut se livrer à la mort (55r ) en leur faveur; car il est dit (ib. vs. 32.): Si non, efface-moi maintenant de ton livre (de la vie). Rava dit avoir entendu dire à Rav Isaac : cela nous apprend que Moïse a fixé sur eux (ribrinu voy. II Sam. III, 29.) l'attribut de la divine miséricorde, et les rabbins disent que cela nous apprend que Moïse a dit en présence du Saint, béni soit-il : Seigneur du monde, loin de toi (7o5r) de faire une chose pareille. Il y a sur le même verset une Baraïtha qui porte : R. Eliéser le grand dit : cela nous apprend que Moïse est resté debout en prière · devant le Saint, béni soit-il, jusqu'à ce qu'il ait été saisi

20) Ainsi Dieu ne pouvait pas annuler son voeu de détruire Israël, mais Moïse pouvait bien le faire pour lui. Et cependant le Talmud vient de nous avertir par une autre assertion aussi blasphématoire que - celle-ci, que Dieu change d'avis et avoue ses torts. Les docteurs de la loi ont un bien puissant adversaire dans le ridicule dont ils se couvrent en toute occasion.

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par la maladie appelée borN. Mais qu'est-ce que la maladie borN ? R. Eléazar dit : un feu dans les os (nnnx» bu uN), et que veulent dire ces paroles? Avaï dit qu'elles répondent aux paroles chaldéennes ozon27 Nnu N un feu des os*). (Ib. vs. 13.) Souviens-toi d'Abraham, d' Isaac et d'Israël tes serviteurs auxquels tu as juré par toi-même (72). Que signifie le mot 72? R. Eléazar dit : il signifie que Moïse parla ainsi en présence du Saint, béni soit-il : Seigneur du monde, si par hasard tu leur avais fait serment par les cieux ou par la terre j'aurais pu dire : comme les cieux et la terre passent, de même ton serment peut passer; mais maintenant que tu leur as prêté serment par ton grand nom, de même que ton grand nom vit et dure éternellement et dans les siècles des siècles, de même ton serment durera éternellement et dans les siècles des siècles. (Ib.) Et tu leur as dit : je multiplierai votre postérité comme les étoiles des cieux, et toute cette terre dont j'ai parlé, etc. Pourquoi dit - on dont j'ai parlé tandis qu'il fallait dire dont tu as parlé ? R. Eléazar dit que jusqu'ici (c'est-à-dire, jusqu'aux étoiles du ciel) les paroles sont du disciple; mais d'ici et plus loin les paroles sont du maître (c'est - à - dire, de Dieu). Et R. Samuel, fils de Nahmani, dit : tant les unes que les autres sont paroles du disciple, mais c'est ainsi que Moïse a voulu dire en présence du Saint, béni soit-il : Seigneur du monde, les paroles que tu m'as dit d'aller répéter à Israël en ton nom, je suis allé et je les leur ai dites en ton nom; mais maintenant que pourrai-je leur dire ? (Il est écrit Nomb. XIV, 16.): Parce que l' Eternel ne pouvait faire entrer, etc. (n5n>o). On devait dire ici 5n-° (au masculin). Sur quoi R. Eléazar dit que Moïse a voulu dire ainsi en présence du Saint, béni soit - il (en se servant du genre féminin): Seigneur de l'univers, maintenant les peuples du monde diront : la force de Dieu s'est affaiblie comme celle d'une femme, et il n'a pu sauver (son peuple). Mais le Saint, béni soit-il, répondit à Moïse est-ce qu'ils n'ont pas déjà vu les signes et les prodiges que j'ai faits pour eux sur la mer ? Alors Moïse reprit en sa présence : Seigneur du monde, ils auront cependant de quoi dire : il a pu résister à un seul roi (d'Egypte), mais il ne peut pas tenir tête aux trente et un roi (de la terre de Canaan). R. Johanan dit : d'où savons-nous que le Saint, béni soit-il, s'est rétracté et a avoué son tort à Moïse ? De ce qu'il est dit (ib. vs. 20.): Et l' Eternel dit : j'ai pardouné selon ta parole. Il y a une Baraïtha de la maison de R. Ismaël sur l'expression : selon ta parole, qui porte : les peuples du monde diront ainsi à l'avenir : heureux le disciple à qui le précepteur avouera son tort. (Ib. vs. 21.) Mais certainement je suis vivant. Rava disait avoir entendu dire à Rav Isaac que (cette manière de parler) nous apprend que le Saint, béni soit - il, a voulu dire ainsi à Moïse : Moïse, tu m'as fait revivre par tes paroles (aux yeux des peuples du monde). R. Chamlaï fit cette exposition : toujours l'homme doit ranger en premier lieu la louange du Saint, béni soit-il, et puis faire la prière. D'où savons-nous cela ? De Moïse; car il est écrit (Deut. III, 23.) : Et je demanderai grâce (7>rinNT) à l'Eternel en ce temps-ci. Puis il est aussi écrit (vs. 24.) : Seigneur Eternel, tu as commencé de montrer à ton serviteur ta grandeur et ta main forte, car qui est le Dieu fort au ciel et sur la terre qui puisse faire des oeuvres comme les tiennes, et selon ta vigueur ? Puis il est écrit immédiatement après (vs. 25.): que je passe, je te prie, et que je voie le beau pays, etc. Signes ou marques de souvenir **) : E"s»: oeuvres, rip7x aumône, j=np offrande, jrib prêtre, no>yn jeûne, b»:2 verrou, 57 na fer. Oeuvre. R. Eléazar dit : la prière est plus méritoire E 32. b.

21) On voit par ce passage que les rabbins de ce temps comprenaient mieux le chaldéen que lPhébréux.

que les bonnes oeuvres; car personne ne s'est distingué

22) 7'3o5 Signum memoriale, c'est-à-dire, un ou plusieurs mots qui renferment le contenu d'une période ou d'une Halaca entière, et qui servent à aider la mémoire. Je conjecture qu'avant Juda Je Saint, les disciples auxquels il était défendu 'd'écrire les traditions, notaient moyennant des signes semblables, les traditions qu'ils avaient entendues de leurs précepteurs.

dans les bonnes oeuvres autant que Moïse notre maître, et néanmoins il n'a été exaucé qu'à l'aide de la prière; car il est dit (Deut. III, 26.): ne me parle plus de cette affaire, mais on ajoute à cela (ib. vs. 27.): monte au sommet de cette colline, etc. **) Aumône : R. Eliéser dit aussi : le jeûne est plus méritoire que l'aumône. Quelle en est la raison! car le premier consiste dans le corps (afflige le corps), et le second dans l'argent (7277zon 7722). Offrande : R. Eléazar a dit encore : la prière est plus méritoire que les offrandes; car il est dit (Esa. I, 11.) : qu'ai-je à faire de la multitude de vos sacrifices ? Et il est écrit plus loin (ib. vs. 15.): et quand vous étendrez vos mains (pour prier), etc. Prêtre : R.Johanan dit : tout prêtre qui a tué un homme ne lève pas ses mains pour bénir; car il est dit (ib.) : vos mains sont pleines de sang. . Verrou : R. Eléazar a dit en outre : dès le jour que la maison sainte fut dévastée, les portes de la prière ont été verrouillées; car il est dit (Lament. III, 8.): même quand je crie et frémis il ferme l'oreille (Talm. : les portes) à ma prière. Cependant quoique les portes de la prière soient verrouillées, les portes des larmes ne sont pas verrouillées; car il est dit (Psau. XXXIX, 13.) : Ecoute ma requête, ô Eternel, prête l'oreille à mon cri et ne sois point sourd à mes larmes. Jeûne : Rava ne décrétait pas le jeûne dans un jour de nuages; car il est dit (Lament. III, 44.): Tu t'es couvert d'une nuée afin que la requête ne passât point. Fer : R. Eléazar a dit enfin : dès le jour que la maison sainte a été dévastée, une muraille de fer fait une séparation entre Israël et son père qui est dans le ciel; car il est dit (Ezéch. IV, 3.): Et toi prends-toi une poèle de fer, et place-la pour un mur de fer entre toi et la ville. R. Hanin disait avoir entendu dire à R. Hanina : si quelqu'un prolonge sa prière, elle ne reviendra pas vers lui

23) Raschi : car c'est à cause de ta prière que j'ai consenti à te faire voir la terre de promission.

sans effet. D'où le savons-nous ? De Moïse notre maître ; car il est dit (Deut. IX, 18 et 26.) : et j'ai adressé ma prière (une longue prière) à l'Eternel, etc. et il est aussi | écrit tout de suite après ( vs. 19.): Et l'Eternel m'exauça aussi cette fois là. Mais ce n'est pas ainsi, vu que R. Hija, fils d'Abba, disait avoir entendu dire à R. Johanan : quiconque prolonge sa prière et en attend (un effet favorable)finit par être mis entre les mains de l'affliction de · coeur; car il est dit (Prov. XIII, 12.): l'espoir différé fait languir le coeur. Comment corriger ce défaut ? En s'occupant dans la loi; car il est dit (ib.): mais le souhait qui , arrive est l'arbre de la vie, et l'expression arbre de la vie ' ne signifie autre chose que la loi; car il est dit (ib. III, 18.): elle (la sagesse) est l'arbre de la vie pour tous ceux qui se fortifient en elle. Mais cela n'implique pas contradiction, car une sentence est relative au cas où l'on prolonge . la prière, et on en attend le résultat favorable, et l'autre au cas où l'on la prolonge, sans en attendre ce résultat. R. Hama, fils de Hanina, dit : si l'homme voit que sa prière n'est pas exaucée, il doit toujours continuer à prier; car il est dit (Psau. XXVII, 14.): espère dans l' Eternel, tiens bon, et il fortifiera ton coeur, et espère dans l'Eternel. Les rabbins ont appris : quatre choses ont besoin d'un effort de perséverance (pnrn), savoir : la loi, les bonnes oeuvres, la prière et la manière de se conduire dans le monde. D'où savons - nous cela par rapport à la loi et aux bonnes oeuvres? De ce qu'il est dit (Jos. I, 7.): seulement fortijie-toi (pir), et te renforce (y2N) de plus en plus, afin que tu prennes garde de faire selon toute la loi Le mot prri se rapporte ici à la loi, et l'autre y2N aux bonnes oeuvres. Et d'où savons-nous cela quant à la prière ? De ce qu'il est dit (Psau. XXVII, 14.) : mets ton attente dans l'Eternel, fortifie - toi (prr), et il renforcera ton coeur, mets ton attende dans l'Eternel. Et d'où savons-nous la même chose relativement à la manière de se conduire dans le monde ? De ce qu'il est dit (II Sam. X, 12.) : Sois vaillant (prri), et portons nous vaillamment pour notre peuple, etc. ( Il est écrit Esa. XLIX, 14.) Mais Sion a dit :

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