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r s5.a. Comment doit-on. bénir sur les fruits !)? Sur les fruits d'un arbre on dit : Béni, toi, etc. qui crées les fruits de l'arbre. Excepté le vin; car sur le vin on dit : qui crées le jfruit de la vigne. Et sur les fruits de la terre on dit : qui crées le fruit de la terre; excepté le pain, car sur le pain on dit : qui produis le pain de la terre. Et sur les herbes on dit : qui crées le fruit de la terre. R. Jéhuda dit : qui crées les différentes espèces d'herbes 2).

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D'où déduisons-nous ces choses là ? De ce que les rabbins nous ont appris que dans les paroles (Lév. XIX, 24.): Sainteté des louanges de Dieu (nob,br, u,7p)*) (il y

, 1) L'auteur de la Mischna ne demande pas si on doit faire la bénéa le pluriel bonbr) pour faire entendre que les fruits sont chargés d'une bénédiction avant et d'une bénédiction après. Il faut en déduire, dit R. Akiva, qu'il est défendu à l'homme de goûter quoi que ce soit avant de l'avoir béni. Mais est-ce que cette phrase bo51br u "p vient ici pour prouver cela ! Le pluriel y est nécessaire parce que (si on y lit) bo5o5r) profanés au lieu de bo575r loués, un 575r7 (proJane) signifie que la divine miséricorde a voulu dire par là qu'il faut faire (le fruit de la quatrième année) proJane (rtorN)*) et après le manger. Et l'autre 575n signifie qu'une chose qui est chargée d'un cantique de louange est aussi chargée d'une prafanation (ou de l'obligation de la racheter), et que ce qui n'est pas chargé d'un cantique, n'est pas non plus chargé d'une profanation. Cela est selon l'opinion de R. Samuel, fils de Nahmani, qui dit avoir entendu dire à R. Jonathan : d'où savans-nous qu'on ne disait le cantique que sur le vin (qu'on versait sur l'autel)? De ce qu'il est dit (Jug. IX, 13.): Et la vigne leur dit : me ferait-on quitter mon bon vin qui réjouit Dieu et les hommes ? S'il réjouit les hommes (c'est qu'ils le boivent), mais en quoi pourrait-il réjouir Dieu (qui ne le boit pas) ? Il faut donc déduire de là qu'on ne disait le cantique que sur le vin. Cette déduction serait juste pour celui qui enseigne que le verset (Lév. XIX, 24.) concerne chaque plante de la quatrième année; mais pour celui qui enseigne qu'il concerne seulement la vigne de la quatrième année comment déduire la bénédiction (des deux bo575ri)o); car on nous a dit que R. Hija et R. Siméon, fils de Rabbi, sont en dispute à ce sujet; l'un enseigne que (le verset concerne) la vigne de la quatrième année, et l'autre enseigne qu'il concerne chaque plante fruitière de la quatrième année. Cependant pour le premier l'argumentation (ou la déduction de la bénédiction) est juste s'il l'a faite

diction des fruits ; parce qu'il veut faire entendre qu'il est déjà reçu comme règle générale dans la Synagogue qu'on ne peut jouir de rien dans ce monde sans commencer à en faire la bénédiction. La formule par laquelle toute bénédiction commence, dit Maimonides, est : Béni, toi Dieu notre Seigneur, roi du monde. Le même Maimonides observe que l'expression 7x"> comment, est une contraction des trois mots "RP 7X- 777- Ces contractions vulgaires qui déposent de Porigine du Talmud reparaissent bien plus souvent dans les particules parce que leur usage est très-étendu dans le discours.

2) Mais l' Halaca n'est pas selon R. Jéhuda.

3) Le verset tout entier porte : mais en la quatrième année tout son fruit sera une chose sainte pour en louer l'Eternel. Le Talmud s'attache ici à expliquer pourquoi on se sert du pluriel bob7br7 au lieu du singulier, dans le texte sacré,

4) Raschi : C'est-à-dire, rachète - le si tu veux le manger hors de Jérusalem. 1

5) Raschi : vu qu'il a besoin d'un 51bri pour le rachat, et de l'autre pour prouver qu'une chose qui est chargée du chant est aussi charselon la forme a pari; car une Baraïtha porte : Rabbi dit qu'il est dit ici (Lév. XIX, 25.) : afin qu'il vous multiplie son rapport (onN7an), et il est dit ailleurs (Deut. XXII, 9.) : et le rapport de ta vigne (Nmann). Ainsi donc de même que dans un passage on parle de la vigne, de même on doit en parler dans l'autre passage, et alors il lui reste un bo5ri pour la bénédiction. Mais s'il n'argumente pas u pari, · d'où pourrait-il déduire la bénédiction ? Et lors même qu'il argumente a pari nous trouvons seulemeat qu'il doit bénir après o); d'où savons-nous donc qu'il doit aussi bénir avant ? Cela ne constitue pas une difficulté, car on peut Ie déduire a minori ad majus, en effet, s'il est tenu de bénir lorsqu'il est rassasié, d'autant plus lorsqu'il a faim. Nous trouvons qu'il faut faire la bénédiction pour le fruit de la vigne, mais pour les autres espèces d'arbres, d'où le déduisons-nous ? Nous l'apprenons de la vigne ; car de même que la vigne est une chose dont on jouit et est chargée d'une bénédiction, de même toute autre chose dont on a une jouissance doit être chargée d'une bénédiction. Il y a cependant des objections à faire là - dessus : pourquoi la vigne est-elle chargée d'une bénédiction ? C'est sans doute parce qu'elle est chargée (donc tout ce qui n'est pas chargé du grapillage n'est pas chargé d'une bénédiction) de la loi du grapillage (nn55"» Lév. XIX, 10.)7). Rép. : Le blé qui est encore sur sa tige (rmp) prouve le contraire (car il est chargé d'une bénédiction) (Deut. VIII, 10.): quoique les nn55"» ne le regardent pas). Mais pourquoi le blé sur sa tige est-il chargé d'une bénédiction ? C'est sans doute parce qu'il est chargé de la loi du tourteau ? (Nomb. XV, 20. : donc tout ce qui n'est pas chargé de la loi du tourteau, etc.). Rép. : ici c'est la vigne qui prouve le contraire. Le raisonnement fait donc un tour et revient la première conclusion) parce que ce qui ne

gée du rachat. | -

6) Raschi : car la loi ordonne expressément de faire la bénédiction

des mets après les avoir mangés, Deut. VIII, 1O. 7) C'est pourquoi on ne peut pas en déduire la nécessité de faire

une bénédiction 'pour les autres fruits qui ne sont pas sujets à la loi du grapillage.

se trouve pas dans l'une de ces deux choses (la vigne et le blé), se trouve dans l'autre et vice-versa. Cependant le côté par lequel elles se ressemblent, c'est qu'elles procurent une jouissance et qu'elles doivent être chargées d'une bénédiction ; d'où il suit que toute chose qui procure une jouissance doit être chargée d'une bénédiction. Mais pourquoi le côté commun qui est en elles est - il chargé d'une bénédiction ? C'est sans doute parce qu'elles ont un côté pour l'autel*). Alors l'huile encore viendrait sous cette même cathégorie; car elle aussi a un côté pour l'autel. Mais est-ce que l'huile vient sous cette cathégorie par le côté qu'il a pour l'autel ! C'est parce que (l'olivier) est appelé dans la Bible b-e; car il est écrit (Jug. XV, 5.) : Et il brûla tant le blé qui était en gerbes que celui qui était sur pied, même jusqu'aux vignes d'oliviers (nor nn>). Sur quoi Rav Papa répond : il est vrai que l' Ecriture dit (en parlant des oliviers) vigne d'oliviers, mais elle ne dit pas vigne tout simplement. Néanmoins il reste toujours cette difficulté : pourquoi le côté commun est-il chargé d'une bénédiction ? C'est sans doute parce qu'elles ont un côté pour l'autel (donc tout ce qui n'a pas un côté pour l'autel, etc.). Rép. : Mais on peut déduire l'obligation de la bénédiction des sept espèces (de produits de la terre de Canaan, Deut. VIII, 8.) en raisonnant ainsi : de même que ces sept espèces sont des choses dont on jouit, et qui sont chargées d'une bénédiction (ib. vs. 10.), de même toute chose dont on a une jouissance doit être chargée d'une bénédiction. Mais pourquoi les sept espèces sont-elles chargées d'une bénédiction ? C'est sans doute parce qu'elles sont chargées de la loi des prémices ? En outre, cela ne peut prouver que pour la bénédiction qu'on doit faire après, mais d'où déduirions-nous alors celle que l'on doit faire avant ? Rép. : Ceci ne constitue pas une difficulté, car on pourrait la déduire d'un a minori ad majus. En effet, si on doit bénir lorsqu'on est rassasié, d'autant plus on doit bénir lorsqu'on a faim. (Mais la première question est indissoluble.) Pour celui qui enseigne que (dans le même passage de la loi, Lév. XIX, 24.) on parle de toutes les plantes de la quatrième année (reste un 515r pour la bénédiction; mais on pourrait objecter) que ce 515n sert à prouver qu'il faut faire une bénédiction sur le fruit d'une plante quelconque ; mais d'où déduit - on qu'il en faut faire autant pour tout - ce qui n'est pas planté, comme p. ex. la viande, les oeufs, ' les poissons ? Rép. : Ce n'est au fond qu'une opinion (ou conjecture Nnab) qu'il soit défendu à l'homme de jouir de quelque chose dans ce monde sans une bénédiction. (Mais il n'y a pas un verset de la Bible qui le prouve.)o) Les rabbins ont appris : qu'il est défendu à l'homme de jouir de ce monde sans une bénédiction, et quiconque en jouit ainsi, commet une prévarication. Et comment doit-il la réparer ? Qu'il aille chez un sage !o). Qu'il aille chez un sage ? Et que peut-il lui faire, si ce n'est que lui dire que c'est défendu ? Mais Rava dit : qu'il aille chez un sage du commencement (avant de jouir d'une chose quelconque), et qu'il lui enseigne les bénédictions, afin qu'il ne vienne pas entre les mains de la prévarication. Rav Jéhuda disait avoir entendu dire à Samuel: quiconque jouit de ce monde sans une bénédiction, c'est comme s'il jouissait des choses consacrées à Dieu; car il est dit (Psau. XXIV, 1.): La terre appartient à l' Eternel avec tout ce qui est en elle. Sur quoi R. Lévi a fait cette opposition (de deux versets de la Bible) : il est écrit (ib.): la terre appartient à l'Eternel avec tout ce qui est en elle, et il est aussi écrit (Psau. CXV, 16.): quant aux cieux, les cieux sont à l' Eternel; mais il a donné la terre aux enjfans des hommes. Cela ne constitue pas une difficulté; car F. 35. b. un passage vaut avant d'avoir fait la bénédiction, et l'autre après avoir fait la bénédiction. R. Hanina, fils de Papa, dit : quiconque jouit de ce monde sans bénédiction, c'est

s) Rasehi : on pourrait dire qu'on doit les bénir parce qu'elles servent pour les libations et pour les Minhas, et qu'on n'a pas besoin de bénir les autres fruits qui ne servent pas pour l'autel.

9) Tosepheth : et le verset qu'on a cité à ce sujet n'est qu'une espèce de souvenir. 1o) Pour le consulter comme lorsqu'on s'accuse de ses péchés.

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