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avec de l'huile le samedi*o), mais il doit mettre beaucoup d'huile *!) dans un Anigaron et l'avaler. Cela va sans dire. Que diras-tu donc ? Que comme c'est pour en faire une médecine qu'il prépare ceci, on n'a pas du tout besoin d'y faire une bénédiction. C'est pourquoi on nous fait entendre que comme on en a une jouissance en même temps, on est aussi tenu d'y faire une bénédiction. Sur la farine de froment Rav Jéhuda dit (la formule): celui qui crée le fruit de la terre, et Rav Nahman dit (l'autre formule) : car tout existe par sa parole. Rava dit à Rav Nahman : ne t'oppose pas à l'opinion de Rav Jéhuda, car R. Johanan et Samuel sont du même avis que lui. En effet, Rav Jéhuda dit avoir entendu dire à Samuel, et de même R. Isaac dit avoir entendu dire à R. Johanan : quant à l'huile d'olivier, la bénédiction qu'on y fait est: celui qui crée le fruit de l'arbre. Nous voyons donc que malgré que (l'olive) se change (en huile) l'essence de la chose reste toujours (et l'on dit le fruit de l'arbre). De même ici quoique (le froment) se change (en farine) l'essence de la chose reste toujours (et l'on doit dire : le fruit de la terre). Mais comment ces deux choses seront-elles semblables si ' l'huile ne subit pas une autre altération, tandis que la farine va plus loin dans ces altérations en devenant pain, et lorsqu'une autre altération a lieu on ne bénit pas en disant : celui qui crée les fruits de la terre, mais : car tout existe par sa parole ? Cependant R. Zira dit avoir entendu dire à Rav Mattana que Samuel disait : pour la courge crue et pour la farine d'orge on fait la bénédiction : car tout existe par sa parole. Ne faut-il pas (déduire de cela) que pour le froment (qui est bien plus noble, il faut faire la bénédiction): celui qui crée les fruits de la terre ? Non, car pour le froment aussi il faut dire : tout existe par sa parole. Il devait donc nous faire entendre (qu'il faut faire cette bénédiction) sur le froment, et alors on pouvait con

20) Raschi : car les savans ont défendu de prendre un remède le samedi à cause qu'on ne peut pas broyer les ingrédiens nécessaires pendant ce jour, sans le violer.

21) De sorte que l'huile sera alors la chose principale.

clure a majori ad minus la même chose pour l'orge. Mais s'il nous avait fait entendre cela du froment, j'aurais pu supposer que cela vaut seulement pour le froment, et que pour l'orge (qui est moins noble) on ne fait aucune bénédiction; voilà pourquoi il nous parle expressément (de l'orge aussi). Mais comment ? Est-ce que l'orge est moins noble que le sel et la saumure (n"zot Louoç), car nous avons appris que sur le sel et la saumure on dit: tout existe par sa parole. Cependant il lui fallait (parler de cela expressément), car autrement il pouvait me venir dans l'esprit, que le sel et la saumure sont préparés pour l'homme dans le but de les jeter dans leur bouche (pour les manger), mais comme la farine d'orge sert aussi de spécifique contre les vers des intestins (N pop) (on pourrait dire) qu'il ne faut pas y faire de bénédiction; voilà donc pourquoi on fait sentir le contraire expressément. Et puisqu'elle procure une espèce de jouissance, elle exige aussi qu'on y fasse la bénédiction. · Pour la partie tendre du palmier selon Rav Jéhuda il faut dire : celui qui crée les fruits de la terre, et selon Samuel : car tout existe par sa parole. Rav Jéhuda soutient qu'il faut dire : celui qui crée les fruits de la terre, parce que c'est une espèce de fruit, et Samuel est d'avis ' qu'il faut dire : tout existe par sa parole, parce qu'il finit par devenir dur. Samuel disait à Rav Jéhuda : spirituel que tu es ! je pense comme toi, lorsque tu es d'avis que le raifort devient enfin dur, et néanmoins on fait sur lui la bénédiction : celui qui crée les fruits de la terre; mais cependant ce n'est pas ainsi, car les hommes plantent le raifort dans l'intention d'en avoir la partie qui est bonne à manger (Nb37b), mais quant à la palme, les hommes ne la plantent pas dans le but d'en avoir la partie tendre qui est bonne à manger (N"7p), et dans tous les cas, où les hommes ne plantent pas dans le but d'en manger on n'est pas tenu de faire la bénédiction. Cependant le câprier est planté par les hommes dans le but d'en avoir la fleur (Nrine), et nous avons appris : sur les différentes espèces (des produits) que donne le câprier, savoir sur les feuilles et sur les calices, on doit dire : celui qui crée les fruits de t la terre, et sur les baies et les câpres (ou écorces de la capre jobonepn gr.) on doit dire : celui qui crée le fruit de l'arbre. R. Nahman, fils d'Isaac, dit : le câprier est planté par les hommes dans le but d'en avoir les feuilles tendres (Nnnu qu'on peut cueillir sans nuire à la plante); mais les hommes ne plantent pas le palmier dans le but d'en avoir les parties tendres (qui ne lui nuisent pas), et quoique Samuel ait applaudi aux paroles de Rav Jéhuda, cependant l'Halaca est selon l'avis de Samuel. Rav Jéhuda dit avoir entendu dire à Rav : si le câprier a encore le prépuce (ou il n'a pas trois ans) hors de la terre de Palestine, on doit en jeter les baies et en manger les câpres (capris ou les écorces). Devons-nous conclure de cela que les baies sont un fruit, et que les capris n'en sont pas ? Mais alors je pourrais objecter cette autre tradition : sur tout ce que produit le câprier, savoir sur les feuilles et sur les calices, on doit dire : celui qui crée les fruits de la terre, et sur les baies et sur les capris on doit dire : celui qui crée le fruit de l'arbre (donc les capris aussi sont un fruit). Rép. : Rav Jéhuda est ici du même avis que R. Akiva ; car nous avons appris : R. Eliéser dit que le câprier paie la dime pour les calices, pour les baies et pour les capris; mais R. Akiva dit qu'il ne paie la dîme que pour les baies; car elles seules sont le fruit. On devait donc dire que l'Halaca est selon R. Akiva. Mais s'il avait dit que l'Halaca est selon R. Akiva, j'aurais cru que même dans la terre de Palestine (on doit jeter les baies et manger les capris). On nous fait donc entendre par là la règle : que si quelqu'un facilite une loi dans la terre de Palestine, l'Halaca est selon son avis hors de la terre de Palestine; mais non dans la Palestine même. Il fallait donc dire que l'Halaca est selon R. Akiva hors de la terre de Palestine, s'il est vrai que quiconque facilite dans la terre de Palestine, l'Halaca est selon lui hors de cette terre. Mais s'il avait dit - ainsi, j'aurais cru que cela a seulement lieu pour la dime des arbres**) de la terre de Palestine même, ce qui est une ordonnance des rabbins **). Mais pour ce qui concerne le prépuce des arbres de la terre, comme il se fonde dans la loi (cette règle ne peut pas lui être appliquée). J'aurais donc dit que même hors de la terre de Palestine les rabbins ont ordonné (de ne point manger le capris): voilà pourquoi on nous fait entendre expressément le contraire. Ravina ayant trouvé Mar, fils de Rav Ache, qui jetait les baies et mangeait les capris lui dit : comment, tu es donc de l'avis de R. Akiva parce qu'il facilite? Dans ce cas Mar devait plutôt se régler sur l'avis de la maison de Chammaï qui facilite encore davantage; car nous avons appris que le câprier, selon ce que dit la maison de Chammaï, constitue une espèce de mélanges (b"N>>) dans une vigne, et que selon la maison de Hillel, il ne constitue · aucun mélange dans une vigne; mais que les uns et les autres sont d'accord qu'il est sujet à la loi du prépuce. Tout ceci est contradictoire en lui-même; car tu as dit: le câprier selon ce que dit la maison de Chammaï constitue un mélange dans la vigne : donc elle l'envisage comme une espèce d'herbe, et puis on enseigne de nouveau que les uns comme les autres se trouvent d'accord pour l'assujétir à la loi du prépuce, donc on l'envisage comme une espèce d'arbre. Non, cela n'est pas contradictoire, car la maison de Chammaï ayant une opinion douteuse là-dessus a choisi le parti le plus difficile (le plus sûr) dans l'un comme dans l'autre cas : mais toujours il faut dire selon la maison de Chammaï qu'il s'agit ici d'un prépuce douteux, et nous avons appris : un prépuce douteux est défendu dans la terre d' Israël et permis en Sorie 2*). Mais hors de la terre de Palestine on peut descendre (dans le jardin) et l'acheterE 36. . librement à condition qu'il ne voie pas lorsqu'on cueille (le prépuce douteux donc la maison de Chammaï est celle qui facilite ici). Rép. : Mais par tout ou R. Akiva est en

22) Raschi : car l'opinion d'Akiva concerne les fruits des arbres. 23) Raschi : car la loi n'oblige à payer la dîme que du froment, du vin et de l*huile.

24) Raschi : en Aram Tsova qui ayant été soumise par David et ajoutée à la terre de Palestine n'était pas regardée comme un pays totalement étranger.

dispute avec R. Eléazar nous nous conformons à l'avis du premier; tandis que là où la maison de Chammaï n'est pas d'accord avec la maison de Hillel, la première ne change pas d'avis (en grâce de la seconde). Mais tu pourrais déduire de là que le capris est fait pour être le gardien du fruit, et que la divine miséricorde a dit (Lév. XIX, 23.): son prépuce avec (nN) son fruit. La particule nN (avec) signifie quelque chose qui est attachée au fruit, et cela ne peut être que ce qui garde le fruit. Sur quoi Rava dit : où disons-nous que cela est le gardien du fruit ? (Nous le disons) dans le cas que ce gardien se trouve sur le fruit, tant quand il est cueilli que lorsqu'il reste attaché à la plante ; mais ici (les capris) demeurent sur le fruit aussi long-temps qu'il est attaché à la plante, et lorsqu'il en est détaché ils n'y sont plus**). Alors Abaï objecta cette tradition : la couronne d'une grenade est comptée 26), mais sa fleur **) n'est pas comptée. Or, comme l'on dit ici que sa fleur n'est pas comptée on doit en conclure qu'elle n'est pas bonne à manger. Cependant nous avons appris relativement au prépuce : les écorces d'une grenade et sa fleur, les écorces des noix et leurs enveloppes sont soumises à la loi du prépuce **). Mais Rava dit : où disons-nous que cela devient le gardien du fruit ! Dans le cas où il se trouve encore sur le fruit au moment que celui-ci est parvenu à sa pleine maturité. Mais le capris ne s'y trouve plus dans le temps que le fruit est parvenu à son entière maturité. Cependant ce n'est pas ainsi ; car Rav Nahman disait avoir entendu dire à Rabba, fils d'Avhu : les écorces d'une datte qui est orla (prépuce) sont défendues parce qu'elles sont devenues le gardien du fruit. Mais quand sont-elles devenues le gardien du fruit ? Lorsqu'il est encore petit (ou qu'il n'est pas mûr), et cependant on les

25) Raschi : parce qu'ils tombent aussitôt que le fruit est mûr. 26) Raschi : avec le reste du fruit pour constituer la grandeur d'un oeuf et pour contracter l'impureté des mets, 27) La fleur dans la , grenade est comme le capris dans les baies. 28) Ce qui prouve que la - fleur est regardée comme un gardien, quoiqu'elle tombe lorsqu'elle est sèche.

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