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lativement au précepte négatif (Deut. XVII, 11.): tu ne te détourneras point*!). Mais on s'est moqué de lui en disant : le précepte négatif : tu ne te détourneras point est aussi prescrit par la loi**). Sur quoi Rav Cohana répondit : c'est un grand homme qui a dit cette chose, ne vous en moquez pas; car on appuie toutes les ordonnances des rabbins sur le précepte négatif : tu ne te détourneras point, mais lorsqu'il s'agit de rendre honneur aux créatures, les rabbins eux-mêmes ont permis (de s'en détourner).

Mais viens et écoute : Il est écrit au sujet des animaux égarés (Deut. XXII, 1.): Et te cacheras d'eux r72 nrob»nr77**) pour faire entendre que quelquefois tu peux te cacher d'eux, et quelquefois tu ne peux pas te cacher. Comment cela ? P. ex. : en cas que ce soit un prêtre, et que l'animal égaré entre dans un cimetière 84) ou lorsqu'il s'agit d'un vieillard, car l'action (de poursuivre un animal égaré) n'est pas compatible avec son honneur. Ou enfin lorsque le prix du travail (que tu devrais interrompre) surpasse celui de l'animal égaré de ton prochain 85). C'est pourquoi il est dit : et tu te cacheras. Mais dans ce cas aussi on devait plutôt dire : il n'y a pas de science, ni d'intelligence, ni de conseil vis-à-vis de Dieu. Rép. : C'est une autre chose dans le cas où il est écrit expressément : et tu te cacheras d'eux. Donc nous pourrions faire une conclusion a pari de cela oo). Rép. : d'une défense pécuniaire on ne fait pas de pareilles conclusions**). Mais viens et écoute (ce qui est écrit) (Nomb. VI, 7.): ni pour sa soeur, que veut-on nous apprendre par là **)? Que comme dans les cas où le Nazarien va sacrifier son agneau pascal ou circoncire son fils, et qu'il entend qu'un de ses proches parens vient de mourir, on pourrait croire qu'il doit revenir sur ses pas et se rendre impur, il est dit (ib. expressément): il ne se contaminera point *o). Et comme d'autre part on pourrait croire aussi que de même qu'il ne doit pas se rendre impur pour ses proches parens, il ne le doit pas non plus pour le mort de précepte*o). C'est pour cela que l'Ecriture ajoute (ib.) : ni pour sa soeur, | (ce qui veut dire) pour sa soeur il ne doit pas se rendre F. 20, a. impur, mais il doit bien le faire pour le mort de précepteo !). Mais comment! Ne fallait-il pas plutôt dire : il n'y a pas de science, ni d'intelligence, ni de conseil vis-à-vis de Dieu ? Rép. : C'est une autre chose ici où il est écrit expressément : ni pour ta soeur. On pourrait donc conclure a pari la même chose (pour les mélanges défendus

81) C'est-à-dire : l'honneur des créatures ne chasse que le précepte négatif de ne se détourner ni à droite ni à gauche des paroles des sages. En d'autres termes : on ne peut violer qu'une ordonnance des rabbins pour honorer les hommes comme dans le cas ci-dessus.

82) Raschi : Ceux qui ont ri se sont imaginé que ce docteur a voulu dire , qu'on peut se détourner des paroles des sages ou des vieillards, quand même ils nous prescrivent une chose de la loi. Mais il n'a voulu parler que des ordonnances des rabbins.

83) Tandis que par la négative Nb placée au commencement du verset on défend de se cacher devant les animaux égarés et on ordonne de les reconduire à leurs maîtres.

84) Où il est défendu aux prêtres d'entrer.

85) Raschi : car il n'est pas probable que le maître de I'animal égaré veuille l'indemniser au dela de la valeur de ce même animal.

86) Raschi : relativement aux mélanges défendus par la loi. Nous pourrions dire de même qu'il y a des cas où on ne ramène pas les animaux égarés , de même il y en a aussi où on ne se déshabille pas dans la rue à cause des mélanges.

87) Parce que la loi n'est pas aussi sévère dans les causes pécuniaires que dans les autres défenses.

88) Raschi : une fois qu'il est écrit que le Nazarien ne se rendra impur pour aucune personne morte (ib. vs. 6.) à quoi bon ajouter (vs. 7.) ni pour sa soeur ? C'est pour nous faire entendre une autre chose en passant, ou une exception à la règle générale. Voy. Nazir 45. a.

89) Ce qui détruit cette supposition.

90) Too Flo mortuus praecepti, c'est-à-dire, celui qui est mort dans un bois ou dans un champ, et qui n'a personne qui pense à l'ensévelir. Il est du devoir de chaque pieux et de chaque magistrat de se charger de sa sépulture.

91) Raschi : Le Nazarien viole dans ce cas un précepte négatif pour l'honneur des créatures.

par la loi). Rép. : (Non, car la règle) : Sois assis et ne Jfais pas, diffère beaucoup (du cas dont il s'agit) 92). Rav Papa disait à Avaï : d'où vient que ceux qui nous ont précédés ont abondé en miracles, et qu'on n'en fait pas beaucoup pour nous ? Est-ce à cause de l'étude ? Cependant au temps de Rav Jéhuda toute leur étude consistait dans l'ordre Nezikin (ou des dommages) tandis que nous apprenons tous les six ordres : de plus, lorsque Rav Jéhuda parvenait à cet endroit du traité Oketsin (ou des queues des fruits) (où il est dit): si une femme met des herbes potagères dans un pot, etc. et d'autres disent : des olives assaisonnées avec leurs feuilles, elles sont pures**), il disait : nous voyons ici toute l'essence de Rav et de Samuel**) tandis que nous apprenons le traité Oketsin selon les explications de treize écoles. Cependant lorsque Rav Jéhuda ôtait un de ses souliers o*) la pluie tombait de suite. Nous au contraire nous affligeons nos âmes et nous crions beaucoup; mais on ne fait pas attention à nous. L'autre lui répondit : ceux qui nous ont précédés exposaient leur vie pour la sainteté de Dieu; mais nous n'exposons pas la nôtre pour la même cause. Ainsi nous voyons que Rav Ada, fils d'Ahava, s'étant aperçu qu'une Goia (non-juive) était couverte d'un grand voile sur la place, et supposant qu'elle était une israélite, se leva et le lui déchira. Mais alors il se découvrit qu'elle était une Goia, et il fut condamné à payer 400 florins. Il lui dit : quel est ton nom ! Elle lui répondit : Mathon. Il reprit : Mathon, Mathon équivaut à 400 florinsoo). Rav Ghidel avait coutume d'aller s'asseoir devant les portes du bain, et disait aux femmes : baigne-toi ainsi, baigne-toi ainsi. Sur quoi les rabbins lui dirent : Est-ce que Mar ne craint pas les effets du mauvais penchant ? Il leur répondit : elles semblent à mes yeux comme des oies blanches 97). - R. Johanan avait coutume d'aller s'asseoir aux portes du bain, et se disait : lorsque les filles d'Israël iront au bain et en reviendront, elles pourront me considérer et avoir des enfans aussi bien faits que moi. Sur quoi les rabbins lui dirent : est-ce que Mar ne craint pas les effets d'un mauvais oeil ? Il leur répondit : Je descends de la semence de Joseph sur qui mauvais oeil ne pouvait rien; car il est écrit (Gen. XLIV, 22.) : Joseph est un rameau fertile, un rameau fertile près d'une fontaine (joy obv). Sur quoi R. Avhu dit : ne lisez pas 7"» ob» (sur une fontaine), mais Toy •5"» (l'emportant sur l'oeil mauvais). R. Jose, fils de R. Hanina, dit qu'on déduit ceci de cet autre passage (ib. XLVIII, 16.): Et qu'ils croissent en nombre comme les poissons au milieu de la terre. De même que les poissons de la mer sont couverts d'eaux, et que l'oeil malin ne peut rien sur eux, de même sur la semence de Joseph , l'oeil malin n'a aucun pouvoir. Et si tu veux je peux dire : un oeil qui n'a pas voulu se repaître de ce qui ne lui appartenait pas**) n'a rien à craindre du pouvoir d'un oeil malin. Mischna. Les femmes, les domestiques et les miF.2o.b. neurs sont dispensés de la lecture du Chema et des Tephillin , mais ils sont tenus à la prière, à la Mezuza et à la bénédiction des mets. Ghémara. De la lecture du Chema ! Cela va sans

92) C'est-à-dire : en portant sur les habits ces mélanges on viole la loi par une action défendue ; tandis que lorsqu'on contracte l'impureté par l'enterrement d'un mort de précepte on cesse seulement de pratiquer la loi du Nazaréat pour exécuter une autre loi. Dans le premier cas nous sommes actifs, et passifs dans le second. Dans le second cas il y a collision de préceptes et il n'y en a pas dans le premier

93) Le premier de ces deux cas se trouve Tahoroth C. 2. M. l. et le second Oketsin C. 2. M. 1.

94) Raschi : Ces deux cas sont aussi difficiles pour moi s'écriait Rav Jéhuda que toutes les questions proposées par Rav et Samuel dans le reste du Talmud.

95) En se proposant de jeûner, de demander de la pluie

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96) Jeu de mots entre le nom propre 7mn2 et le nombre jnN2 deux cent. Ce voile était trop précieux pour une Juive,

97) C'est-à-dire : elles ne me font aucune impression.

98) Raschis abuser de la femme de son maître,

dire, car c'est un précepte affirmatif qui dépend du temps; et tout précepte affirmatif qui dépend du temps n'oblige pas les femmes. Mais comme tu pourrais dire (les femmes sont obligées à lire le Chema) parce qu'il contient le royaume des cieux, voilà pourquoi on nous fait entendre expressément (qu'elles en sont dispensées). Et des Tephillin ! Cela va sans dire. Mais comme tu pourrais penser que les Tephillin peuvent être comparés à la Mezuza oo) : voilà pourquoi on nous fait entendre expressément (qu'elles en sont dispensées). Et ils sont tenus à la prière ! Cela va sans dire, car eux aussi ont besoin de miséricorde, mais comme tu pourrais dire : puisqu'il est écrit là-dessus (Psau. LV, 18.): Le soir, le matin et à midi la prière est comme un précepte affirmatif qui dépend du temps ·(et dont les femmes sont dispensées), voilà pourquoi on nous fait entendre expressément le contraire. Et à la Mezuza ! Cela aussi va sans dire !oo). Mais comme tu pourrais dire que la Mezuza peut être comparée à l'étude de la loi !) voilà pourquoi on nous en parle expressément. Et à la bénédiction des mets ! Il était inutile de le dire; mais comme tu pourrais penser, que puisqu'il est écrit (Exod. XVI, 12., : Quand l' Eternel vous aura donné ce soir de la chair à manger, et que le matin il vous aura rassasiés de pain, on pourrait regarder cela comme un précepte affirmatif qui dépend du temps: voilà pourquoi on l'énonce ici expressément. Rav Ada, fils d'Ahava, dit: les femmes sont tenues à la

99) Raschi : comme il est écrit pour la Mezuza ainsi que pour les Tephillin, tu les liras et tu les écriras (Deut. VI, 8.) on pourrait dire : si les femmes sont obligées à la Mezuza elles doivent l'être aussi aux Tephillin.

Ioo) c'est-a-dire : il était inutile de nous en avertir, car la Mezuza : ne dépend pas du temps.

1) Raschi : parce qu'il est écrit dans l'ordonnance de la Mezuza, vous les enseignerez à vos enfans, ce qui est relatif à l'étude de la loi. On pourrait donc dire comme les femmes sont dispensées d'étudier la loi parce qu'il est dit : à vos garçons et non à vos filles, elles Peuvent être aussi dispensées de la Mezuza.

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