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Mischna. On ne fait pas le Zimun avec un Nocri (non-Juif).

Ghémara. Ceci encore va sans dire. Rép. : Mais il est ici question d'un prosélyte qui est circoncis sans être baptisé ; car R. Zira a dit avoir entendu dire à R. Johanan : on ne devient jamais prosélyte tant qu'on n'est pas circoncis et baptisé, et aussi long-temps qu'on n'est pas baptisé on est Nocri (ou Goi)27).

Mischna. On ne fait pas le Zimun avec les femmes, les valets et les mineurs.

Ghémara. R. Jose disait qu'on peut faire le Zimun avec un enfant couché dans le berceau (ribonva). Cependant nous avons appris : femmes, valets et mineurs on ne fait pas le Zimun avec eux. Rép. : R. Jose parle comme R. Jehochua, fils de Lévi, qui disait : quoiqu'on ait dit : on ne fait pas de Zimun avec un enfant couché dans le berceau, on peut cependant en faire un supplément (pour compléter le nombre) de dix. R. Jéhochua, fils de Lévi, disait encore : neuf personnes et un valet s'associent (pour le Zimun). Question : Il arriva à R. Eliéser qu'étant entré dans la Synagogue il n'y trouva pas dix personnes. Il mit donc en liberté son valet, et compléta le nombre de dix. (Il l'associa au Zimun) parce qu'il le mit en liberté, et s'il ne l'avait pas mis en liberté il n'aurait pu (l y associer). Rép. : Il lui fallait deux personnes (pour compléter le nombre) il mit en liberté un valet et sortit (de con devoir en complétant le nombre dix) par un autre (qui n'avait pas été mis en liberté). Mais comment a-t-il pu en agir de la sorte, si R. Jéhuda dit : quiconque met en liberté son valet, viole un précepte affirmatif; car il est dit (Lév. XXV, 46.): et vous ferez servir (les esclaves) à perpétuité. Rép. : Pour une chose de précepte c'est un autre, cas. Mais ce

27) Raschi : on déduit cela de l' Exod. XXIV, 8. où l'on parle d'aspersion ; car il n'y a pas d'aspersion sans baptème. (Voyez Jevamoth 46. b.) Ce passage démontre que le baptème du temps de J. Ch. avait plus de valeur que la circoncision aux yeux des Juifs, ce qui paraît aussi par le témoignage de Joseph Glavius.

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serait un précepte accompli par une transgression. Rép. : Pour un précepte qui concerne plusieurs personnes c'est une autre chose. R. Jehochua, fils de Lévi, disait en outre : l'homme devrait toujours se lever de bonne heure (pour aller) à la Synagogue, et pour y avoir l'avantage d'être compté parmi · les premiers dix ; car quoique cent personnes entrent après lui, il reçoit la récompense d'eux tous. La récompense d'eux tous dis-tu ? Il faut donc dire plutôt qu'on lui accorde une récompense qui équivaut à celle de tous les autres. Rav Hunna disait : neuf et l'arche s'associent (pour Jfaire dix). Rav Nahman lui dit : est-ce que l'arche est un homme ? Rav Hunna a donc voulu dire que neuf qui ont l'apparence de dix s'associent. Les uns disent que cela peut arriver (que neuf paraissent dix) parce qu'ils se trouvent ensemble, et d'autres disent, parce qu'ils sont dispersés (et que dans l'un et dans l'autre cas on ne peut pas s'apercevoir de l'erreur). Rav Ami disait : deux et le Sabbath s'associent. Sur quoi Rav Nahman lui dit : est-ce que le Sabbath est un homme ? Rav Ami a donc voulu dire que deux disciples savans qui s'aiguisent (s'exercent) l'un l'autre dans l' Halaca s'associent (et sont comme trois). Rav Hasda définissait (cela en disant) comme p. ex. : moi et Rav Chechath ; et Rav Chechath le définissait (en disant) comme p. ex. : moi et Rav Hasda. R. Johanan disait : on peut faire le Zimun avec un petit qui commence à fleurir (ou sur lequel paraissent les signes de la virilité). Une Baraïtha porte aussi comme il suit : si un petit a fait paraître deux poils (in pudendo) on peut faire le Zimun avec lui, mais s'il n'a pas fait paraître deux poils on ne fait pas le Zimun avec lui. Cependant on n'y regarde pas de si près. Cela est contradictoire en soi-même. Tu dis : s'il a fait paraître deux poils, oui ; mais s'il ne les a pas fait paraître, non, et puis tu enseignes de nouveau qu'on n'y regarde pas de si près. Il devait en venir à un autre résultat; pourquoi en est-il doncF.4s. a. venu à ce résultat-ci? (Pour dire qu'on ne doit pas regarder de si près) si un petit qui fleurit (a atteint l'âge de 13 ans et un jour ou non). Cependant l'Halaca n'est pas

selon toutes ces sentences, mais selon ce qu'a dit Rav Nahman : si un petit sait déjà à qui on fait (ou dirige) la bénédiction on peut faire le Zimun avec lui. Avaï et Rava (encore mineurs) étaient assis devant Rabba qui leur dit : à qui fait-on la bénédiction ? Ils lui répondirent : à la divine miséricorde. Et la divine miséricorde où demeure-telle ? Rava indiqua le ciel du toit, et Avaï sortit dehors et porta le doigt vers le ciel. Sur quoi Rabba leur dit : vous . êtes tous deux rabbins selon ce que disent les hommes : le concombre, le concombre on le reconnaît par son calice (ou par sa tige). R. Jéhuda, fils de Rav Samuel, fils de Chechath, disait au nom de Rav : neuf qui ont mangé (des mets) de froment, et un qui a mangé des herbes peuvent s'associer. R. Zira dit qu'il avait demandé à Rav Jéhuda : huit comment ? sept comment ? et qu'il lui avait répondu : il n'y a pas de différence; mais quant à six, j'avoue que je n'ai pas eu l'idée de l'interroger. Rav Jérémie lui répondit : tu as bien fait de ne pas le lui demander; car dans le premier cas (de 9, 8 et 7.) quelle est la raison (qu'ils peuvent s'associer)? Qu'il y a pluralité. Or, dans ce cas aussi (de 6) il y a pluralité. Mais R. Zira pensait qu'il fallait une pluralité qu'on pût reconnaître comme telle au premier coup d'oeil (p. ex. 9. 8 et 7, et non 6.). Le Roi Jannaï (l' Hasmonéen) et la reine rompent le pain ensemble, et puisqu'ils avaient tué les rabbins il n'y avait personne qui leur fît la bénédiction. Il dit donc à sa femme : qui nous donnera un homme pour nous faire la bénédiction ? Elle lui répondit : fais-moi serment que si je t'amène un tel homme, tu ne lui feras point de mal. Il le lui jura, et elle fit venir Siméon, fils de Chetah son frère. Jannaï le fit asseoir entre lui et la reine et lui dit : vois-tu combien d'honneur je te fais ? Il lui répondit : ce n'est pas toi qui m'honores, mais la loi m'honore; car il est écrit (Prov. IV, 8.): Elève - la et elle t'exaltera; elle te gloriJiera quand tu l'auras embrassée 28). Le roi lui dit : tu

28) Dans le Talmud de Cracovie et dans l' Ain Jacob on lit : et parmi les princes lui fera prendre place. Citation faite ad sensum.

vois que je ne te garde aucune inimitié. Lorsqu'on lui
donna le calice pour faire la bénédiction il dit : comment
dois-je faire la bénédiction ? (Dois-je dire) béni celui qui
a nourri Jannaï et ses convives de son bien ? (Je ne peux
pas le dire, car je n'ai pas mangé avec vous.) Il vida
donc ce calice, et on lui donna le dernier calice, et il fit
la bénédiction (du Zimun).
R. Abba, fils de R. Hija, fils d'Abba, disait avoir en-
tendu dire à R. Johanan : ce que Siméon, fils de Chetah, a
fait, il l'a fait d'après son avis particulier; car c'est ainsi

qu'a dit R. Hija, fils d'Abba : R. Johanan disait qu'on ne

' tire jamais plusieurs d'entre les mains de leur devoir, jus

qu'à ce qu'on ait mangé du froment dans la quantité d'une olive. (?uestion. Rabban Siméon, fils de Gamaliel, disait : lorsque quelqu'un monte et se couche à table avec d'autres, quand même il n'aurait trempé (ses mains dans les . mets) avec eux que fort peu, et qu'il n'aurait mangé avec eux qu'une figue sèche il peut s'associer avec eux. Rép. : Il peut bien s'associer, mais pour tirer plusieurs d'entre les mains de leur devoir, il faut qu'il mange du froment dans la quantité d'une olive. Il nous a été dit aussi que Rav Hana, fils de Jéhuda, disait au nom de Rava : quand même

il n'aurait trempé sa main (dans les mets) avec eux queF.4s. b.

fort peu, et qu'il n'aurait mangé avec eux qu'une seule figue sèche, il peut s'associer; mais pour tirer plusieurs de la main de leur devoir, il ne peut pas le faire jusqu'à ce qu'il ait mangé du froment dans la quantité d'une olive. Rav Hana, fils de Jéhuda, dit au nom de Rava : l'Halaca est que si quelqu'un mange une feuille d'herbes et vide un calice de vin, il peut s'associer; mais quant à tirer (les autres de leur devoir), il ne peut pas le faire jusqu'à ce qu'il ait mangé une olive de froment.

Rav Nahman disait : Moïse a institué, pour Israël, la bénédiction 7rr à l'heure que la manne leur descendait. Josua a établi pour eux la bénédiction y^Nr lorsqu'ils entraient dans la terre (de Palestine). David et Salomon ont institué (la bénédiction) bou YoYo rt72, c'est-à - dire, David a institué les mots : sur Israël ton peuple, et sur Jérusalem ta ville; et Salomon (les paroles): sur la maison

la grande et la sainte. (La bénédiction) sotozor77 27ter fut établie à Javne pour les tués de Bether; car Rav Mattana a dit : le jour que l'on donnait la sépulture aux tués de Bether on institua à Javne sotc2r77 antor7, (savoir) 27ter parce qu'ils ne puaient pas encore, et ="to27 parce qu'on put leur accorder les honneurs de la sépulture. Les rabbins ont appris : la bénédiction de la nourriture se fait ainsi : la première bénédiction est 7rr n>na, la seconde ynNr n>na, la troisième bbuono roYa, la quatrième ="torrin antor7, et le samedi on commence par la r7r2r : (qui est la bénédiction de la construction de Jérusalem), et on finit par la rir2r1:, et on dit la sanctification du jour (du Sabbath) au milieu. R. Eliéser dit : s'il veut la dire dans la rrr1:, il peut la dire; si dans la ynNr n=na, il peut la dire; si enfin dans la bénédiction établie par les savans à Javne, il peut la dire; cependant les savans disent : il ne peut la dire que dans la r7:2ri2. Mais alors les savans diraient la même chose que le premier Tanne. Rép. : Il y a cette différence que, quand on a fait (la sanctification du jour dans une autre bénédiction que dans la rror : selon les savans, il faut la commencer de nouveau). Les rabbins ont appris : d'où savons-nous que la bénédiction de nourriture est de la loi ? De ce qu'il est dit (Deut. VIII, 10.) : et tu mangeras et seras rassasié, et tu béniras (ce qui signifie la bénédiction de la nourriture) l'Eternel ton Dieu (ce qui signifie la bénédiction du Zimun) pour la terre (ce qui est le y-Nr n>-a) bonne (ce qui est le bbu>nno i7272). De même il est dit (ib. III, 25.): cette bonne montagne, le Liban, qu'il t'aura donnée (cela est le antir ="tonrin). Ceci ne me prouve autre chose, si ce n'est (qu'il Jfaut bénir) après le repas; mais avant, d'où le savonsnous! Fais à cet effet un a minori ad majus, en disant : si celui qui est rassasié doit bénir, d'autant plus celui qui a faim. Rabbi dit : et tu mangeras et seras rassasié (cela est la bénédiction de la nourriture; mais la bénédiction du Zimun on la déduit du Psau. XXXIV, 4.: magnifiez l'Eternel avec moi) pour la terre (c'est le y-Nr n=-2) bonne (c'est la b5u57m" i7272, et de même il est dit : cette bonne montagne de Liban). La bénédiction a°b2r77 anbr7 a été

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