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dans l'origine il n'est pas obligé de prendre le bain d'Ezras*7). Mais il oblige de le prendre celui qui est seulement pollué. Et si tu voulais dire que cela vaut aussi pour celui qui est seulement pollué, c'est-à-dire, que R. Jéhuda délivre du bain lui aussi, et que la différence d'avis sur celui qui ayant un flux a vu une pollution ne sert qu'à faire connaître la force (la rigueur) des rabbins, je te dirai alors : (que penses-tu) de la Sepha (qui porte) : celle qui dans l'acte marital a vu du sang a besoin de se baigner ? D'après qui enseigne-t-on cela ! Dirons-nous que c'est d'après les rabbins ? Mais cela irait ici sans dire, attendu que celui qui ayant un flux a vu une pollution n'est pas obligé dans l'origine de prendre le bain d'Ezras, et cependant les rabbins l'y ont obligé, d'autant plus la femme qui dans l'acte conjugal a vu du sang, et qui par là est dans l'origine obligée de prendre un bain **). Cela est donc enseigné d'après F.22.a. R. Jéhuda qui dit expressément : la femme qui dans l'acte conjugal voit ses règles n'a pas besoin du bain d'Ezras ; mais celui qui est seulement pollué en a besoin. On ne devait pas dire dans notre Mischna Tnan (il bénit), mais nr7-mr72 (il médite). Selon R. Jéhuda l'expression nrrnrin peut-elle avoir lieu ? Cependant une Baraïtha porte :, le pollué qui n'a pas d'eau pour se baigner, peut faire la lecture du Chema, mais il ne bénit ni avant ni après, et mange son pain et bénit après (l'avoir mangé), et ne bénit pas avant, mais il médite (nnnrro) (la bénédiction) dans son coeur sans la faire sortir de ses lèvres : paroles de R. Meïr. R. Jéhuda dit : tant dans ce cas que dans l'autre il l'a fait sortir de ses lèvres *o). Sur quoi Rav Nahman, fils d'Isaac, dit : R. Jéhuda envisage ces bénédictions

37) Car il y a une autre espèce d'impureté plus grave que le bain d'Ezras ne peut pas faire cesser.

38) Raschi : car la pollution précède dans ce cas le sang des règles, et la femme est obligée de se baigner pour la première impureté et après pour la seconde; tandis que pour celui qui avait un flux avant la pollution vaut précisément le contraire.

39) Ce qui prouve que selon R. Jéhuda l'expression "rt mitro ne peut pas avoir lieu.

comme les Halacas de la manière dont il faut se conduire dans le monde (ynN 7n7)*°), car la Baraïtha porte : il est écrit (Deut. IV, 9.): Et tu les feras connaître à tes enfans et aux enfans de tes enfans; et il est aussi écrit immédiatement après (vs. 10.) : le jour que tu te tins devant l'Eternel ton Dieu en Horeb. Or, de même (qu'on se tint en Horeb) avec terreur, avec crainte, avec consternation . et en tremblant (Exod. XX.), de même (il.faut étudier la loi) avec terreur, avec crainte, avec consternation et en tremblant, d'où on a déduit que ceux qui ont un flux, les lépreux et ceux qui couchent avec leurs femmes rendues impures par les règles peuvent lire la loi, les prophètes, les hagiographes et étudier la Mischna, le Talmud, les Halacas et les Agadas, et que les pollués ne le peuvent pas* !). R. Jose dit qu'ils peuvent répéter les choses qui leur sont familières**) à condition qu'ils ne tâchent pas d'appuyer les paroles de la Mischna (par des citations de la Bible)**). R. Jonathan, fils de Joseph, dit qu'ils peuvent bien le faire dans la Mischna, mais qu'ils ne doivent pas le faire dans le Talmud. R. Nathan, fils d'Avichalon, dit qu'ils peuvent faire cela même dans le Talmud, seulement ils doivent se garder de prononcer le nom de Dieu, qui se rencontre dans ces citations. R. Johanan Sandelar, discîple de R. Akiva, dit au nom du même R. Akiva, qu'ils ne doivent s'immiscer dans aucune explication, et d'autres disent qu'ils ne doivent entrer sous aucun prétexte dans une école. R. Jéhuda dit qu'ils peuvent enseigner (ou péter) les Halacas de la manière de se conduire dans le monde. Il arriva que R. Jéhuda ayant souffert une pollution, marchait sur les bords d'un fleuve, et que ses disciples lui dirent : apprends-nous, notre maître, une section dans

40) Car un pollué peut étudier ces Hälacas sans faire usage du bain d'Ezras. 41) Raschi : car les premiers sont en état de lire la loi avec crainte et respect , mais les seconds sont soupçonnés d'y apporter trop de légèreté d'esprit. 42) Raschi : parce qu'elles me demandent pas trop d'attention. 43) Car il lui est défendu de lire dans la Bible.

les Halacas sur la manière de se conduire dans le monde. Il descendit (dans le fleuve), se baigna et la leur apprit. Il lui dirent : mais ce n'est pas ainsi, que selon ce que tu as bien voulu nous apprendre, doit se conduire celui qui enseigne les Halacas sur la manière de se conduire dans le monde. Il leur dit : quoique je tâche d'être facile pour les autres je suis toujours difficile pour moi-même. Baraïtha. R. Jéhuda, fils de Bethira, était accoutumé de dire : les paroles de la loi ne contractent pas d'impureté **). Il arriva qu'un disciple (pollué) parlait tout bas en présence de R. Jéhuda, fils de Bethira. Il lui dit : mon fils, ouvre ta bouche, et que tes paroles luisent (se fassent entendre), car les paroles de la loi ne contractent pas d'impureté, selon ce qui a été dit (Jér. XXIII, 29.) : ma parole n'est-elle pas comme un feu ? dit l'Eternel. Or, de même que le feu ne contracte pas d'impureté, de même les paroles de la loi ne la contractent pas non plus. Mar vient de dire qu'un pollué peut éclaircir la Mischna, mais qu'il ne peut pas éclaircir le Talmud (par des citations de la Bible) ce qui vient à l'appui de l'opinion de R. Elaï ; car R. Elaï dit que Rav Aha, fils de Jacob, disait au nom de notre Rav **) que l'Halaca est qu'il peut bien éclaircir ainsi la Mischna, mais qu'il ne peut pas éclaircir le Talmud selon une Baraïtha qui porte : il peut éclaircir la Mischna, mais il ne peut pas éclaircir le Talmud; paroles de R. Meïr. R. Jéhuda, fils de Gamaliel, dit au nom de R. Hanina, fils de Gamaliel, que l'une et l'autre choses sont défendues, et selon d'autres que l'une et l'autre choses sont permises. Celui qui dit que l'une et l'autre choses sont défendues est du même avis que R. Johanan Sandelar, et celui qui dit que l'une et l'autre choses sont permises est , du même avis que R. Jéhuda, fils de Bethira. Sur quoi R. Nahman, fils d'Isaac, dit : le monde est accoutumé de se conformer à l'avis de ces trois vieillards*o). Savoir, à l'a

44) C'est-à-dire : elles ne peuvent pas étre contaminées par le

pollué.
45) *: "2-, notre Rabbi ou notre Rav.

46) Raschi : parce qu'ils facilitent.

vis de R. Elaï dans le prémices de la toison, à celui de R. Jochia dans les mélanges (défendus par la loi), et à l'avis de R. Jéhuda, fils de Bethira, dans l'étude de la loi. A l'avis de R. Elai dans les prémices de la toison, car la Baraïtha porte : R. Elaï dit : n'est-ce pas que l'on est en usage de donner les prémices de la toison seulement dans la terre de Palestine ? A l'avis de R. Jochia dans les langes selon ce qui est écrit (Deut. XXII, 9.): Tu ne semeras point dans ta vigne diverses sortes de grains. R. Jochia dit : l'homme ne manque pas à cette loi qu'il n'ait semé du froment, de l'orge et des pepins, en les jetant (sur la terre) dans la même poignée. A l'avis de R. · huda, fils de Bethira, dans l'étude de la loi selon la Baraïtha qui porte : R. Jéhuda, fils de Bethira, dit : les paroles de la loi ne contractent pas d'impureté. Zeïra étant survenu dit que le bain d'Ezras avait été aboli, et d'autres rapportent qu'il dit qu'on avait aboli l'usage de se laver les mains**). Celui qui dit cela de l'abolition du bain est du même avis que R. Jéhuda, fils de Bethira, et celui qui . dit cela de l'abolition du lavement des mains, pense comme Rav Hasda qui maudit celui qui était retourné à la maison pour se procurer de l'eau dans le temps de la prière.

Les rabbins ont appris qu'un pollué sur lequel on verse neuf Cabs d'eau devient pur. Nahum Isch Gamza dit cela en secret à R. Akiva, et R. Akiva le répéta aussi en secret au fils d'Azaï, mais le fils d'Azaï sortit et l'enseigna publiquement à ses disciples. Sur quoi il y a une disparité d'avis entre deux Amoraïm d'Occident, R. Jose, fils d'Avin, et R. Jose, fils de Zavida. L'un soutient que le fils d'Azaï l'enseigna publiquement, et l'autre soutient qu'il l'enseigna en secret. Celui qui soutient qu'il l'a enseigné publiquement le fait à cause de la négligence de l'étude de la loi et de la pratique du précepte : croissez et multipliez**), et celui qui soutient qu'il l'a enseigné en secret,

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*7) C'est-à-dire : l'usage de faire laver les mains au pollué avant de lire la loi.

*o) Raschi : car le pollué est souvent contraint de s'abstenir d'étu

le fait afin que les disciples des savans ne se trouvent pas auprès de leurs femmes comme les coqs *o). R. Janaï dit : j'ai entendu que plusieurs se montraient très-rigoureux à ce sujet, et j'ai entendu que d'autres traitaient cette chose très-légèrement, mais quiconque s'y montre très-rigoureux lorsqu'il s'agit de lui-même, ses jours et ses années seront prolongés. R. Josua, fils de Lévi, dit : quel est l'avantage des pollués qui se baignent le matin ? Quel est l'avantage ! N'est-ce pas lui-même qui dit ci-dessus qu'il est défendu à un pollué de lire dans la loi! Il veut donc dire : quel est l'avantage de ce pollué qui se baigne avec 40 Seas d'eau lorsqu'il suffirait de le faire avec 9 Cabs, ou quel est l'avantage des pollués qui se baignent lorsqu'ils pourraient seulement se faire jeter de l'eau sur son corps *o). Sur quoi R. Hanina dit : on a fait là-dessus une haie bien compacte, car la Baraïtha porte le fait suivant : un pollué ayant sollicité une femme à commettre un grand péché elle lui dit : Reca (stupide) as-tu 40 Seas d'eau pour pouvoir t'y baigner avant ! Alors le pollué se retira de suite. Rav Hunna disait à quelques rabbins : mes précepteurs, pourquoi faitesvous si peu de cas de ce bain (des pollués)? Est-ce à cause du froid ! Mais on peut se baigner aussi dans des eaux chaudes**). Rav Hasda lui dit : est-ce un bain qu'un bain chaud ? Rav Ada, fils d'Ahava, lui dit : je suis de ton avis. R. Zira restant assis dans un bassin d'eau dans un bain disait à son domestique : va et apporte moi neuf Cabs d'eau, et verse-les sur moi. R. Hija, fils d'Abba, lui dit : à quoi bon pour un docteur (pour vous) tout ceci, une fois que le docteur est assis au milieu de l'eau ? Il lui dit : (Il en est de 9 Cabs) comme de 40 Seas; de même que

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dier la loi et de coucher avec sa femme à cause qu'il manque d'eau pour se baigner.

49) C'est-à-dire : trop souvent.

50) C'est-à-dire : se faire jeter 9 Cabs d'eau sur le corps au lieu de se baigner dans 40 Seas.

51) Sur tout pour les rabbins qui, selon Raschi, doivent tous être envisagés comme autant de malades.

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