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qu'une abomination. Rav Zavid, et selon d'autres Rav Jéhuda, dit : on n'a enseigné cela que dans la supposition qu'il ne puisse retenir en lui-même, mais s'il peut retenir en lui-même, sa prière est valable. Et combien de temps "!)! Rav Chechath dit : autant qu'il faudrait pour faire une Parsa de chemin. D'autres enseignent que la Mischna parle de cela en ces termes : à quel cas ces paroles ontelles été appliquées ? Au cas que l'homme ne puisse rester sur lui-même **). Mais s'il peut rester sur lui-même, sa prière est valable. Et combien de temps ! R. Zavid dit autant qu'il faut pour une Parsa de chemin. R. Samuel, fils de Nahmani, dit au nom de R. Jonathan : celui qui est pressé par ses ouvertures, voilà qu'il ne doit pas prier du tout parce qu'il est écrit (Amos IV, 12.): Prépare-toi à la rencontre de ton Dieu, ô Israël. Et R. Samuel, fils de Nahmani, disait avoir entendu dire à R. Jonathan : que signifie-ce qui se trouve écrit (Eccl. V, 1.): Prends garde à ton pied lorsque tu entres dans la maison de Dieu, etc ! Rép. : Garde-toi de pécher, et si tu pèches, apporte un sacrifice devant moi. Et approche-toi pour ouir (ib.)? Rép. : Les paroles des savans. Ravi dit : sois prêt à entendre les paroles des savans qui lorsqu'ils pèchent, apportent un sacrifice et font pénitence. Plutôt que pour donner le présent des fous (ib.)! Rép. : Ne sois pas comme les fous qui pèchent et apportent le sacrifice, et ne font pas pénitence. Car ils ne savent point qu'il font mal (ib.)? Rép. : Mais si c'est ainsi, ils sont justes : cela veut donc dire : ne sois pas comme les fous qui pèchent et apportent le sacrifice, et ne savent pas s'ils l'apportent pour le bien, ou s'ils l'apportent pour le mal. Le Saint, béni soit-il, veut donc dire : quoiqu'ils ne sachent pas faire une différence entre le bien et le mal, ils apportent le sacrifice devant moi

dans la discussion qui suit, de conserver les expressions figurées du Talmud, dans la discussion qui nous occupe et dans tout autre cao semblable, afin de ne point choquer les oreilles autant que les rabbins sont accoutumés de le faire.

71) Doit-il pouvoir retenir en lui-même ?

72) C'est-à-dire : retenir ses nécessités.

Rav Ache, et selon d'autres Rav Chanina, fils de Papa, dit (que ce verset signifie): retiens tes ouvertures pendant que tu es en prière en ma présence. Les rabbins ont appris : celui qui entre dans la maison de la chaise 1*) ôte ses Tephillin**) à la distance de quatre coudées et entre. Rav Aha, fils de Rav Hunna, dit au nom de Rav Checheth : on n'a enseigné cela que pour une maison de la chaise déterminée **), mais lorsqu'il s'agit d'une maison de la chaise indéterminée"o), il s'y purge vite, et lorsqu'il en sort, il s'éloigne de quatre coudées, et les met de nouveau, et cela parce que c'est lui le premier qui a rendu cette maison de la chaise déterminée. On demanda aux rabbins, si un homme peut entrer avec les Tephillin dans une maison de la chaise déterminée pour y lâcher les eaux ? Ravina le permit, mais Rav Ada, fils de Maltana, le défendit. On vint alors proposer cette question à Rava qui leur dit : il est défendu de crainte quod alveum exoneret qu'il ne chie par hasard lorsqu'il en est habillé, et d'autres disent de crainte quod pedat lorsqu'il en est habillé. Une autre Baraïtha porte : celui qui entre dans une maison de la chaise déterminée ôte les Tephillin à la distance de quatre coudées, et les place dans une fenêtre près de la route publique et entre, et lorsqu'il en sort, il s'éloigne de quatre coudées, et les met de nouveau : paroles de la maison de Chammai ; mais la maison d'Hillel dit : qu'il doit les prendre en sa main, et entrer. R. Akiva dit : qu'il doit les prendre (envelopper) dans son habit, et entrer. Dans son habit! ces paroles pourraient te mettre dans l'esprit que, comme il arrive quelquefois que (les habits) se dénouent, ils peuvent en tomber. Il faut donc dire qu'après les avoir enveloppés dans son habit, ils doit les retenir dans sa main, puis entrer, puis les mettre dans

73) Latrine. 74) Car de ce temps on portait à toutes les heures du jour les Tephillin. Voy. Talmud de Jérusalem Berac. 9. a. 75) Raschi : où il y a déjà des excrémens. 76) Raschi : neuve, où on entre pour la première fois; dans ce cas il n'a besoin que de tenir les Tephillin daus la main.

les trous qui sont près de la maison de la chaise, et non les placer dans les trous qui sont près de la route publique, car les passans pourraient par hasard s'en emparer, et il s'exposerait alors à un grave soupçon; car il arriva à un disciple qui avait mis ses Tephillin **) dans les trous placés tout près du grand chemin qu'une femme publique vint à passer, les prit et les rapporta dans l'école en disant : voyez ce que m'a donné N. en paiement. Aussitôt que ce disciple eût entendu cela, il monta sur le sommet d'un toit, se laissa tomber et mourut. Ce fut alors qu'on établit qu'on devait envelopper (les Tephillin) dans son habit, et tout en les retenant entre les mains, entrer (dans la maison de la chaise). Les rabbins ont appris : au commencement on ayait l'habitude de placer les Tephillin dans les trous qui restaient du côté de la maison de la chaise; mais comme les souris venaient et les prenaient, on établit qu'on les mettrait dans les fenêtres, qui restaient du côté de la route publique, et qu'on entrerait; mais comme les passans venaient et les prenaient; alors on établit qu'on les retiendrait à sa main, et qu'on entrerait. R. Miacha, fils de R. Jehochua, fils de Lévi, dit : l'Halaca est, qu'il faut les rouler comme un livre (volume), et les tenir dans sa droite 1 s) contre son coeur. Rav Joseph, fils de Maniomi, disait avoir entendu dire à Rav Nahman : cela vaut à condition qu'il ne sorte pas plus d'un palme de courroies au-dessus de la main "o). R. Jacob, fils d'Aha, disait avoir entendu dire à R. Zira : on n'a enseigné cela que dans le cas qu'il reste autant de jour qu'il en faut pour les mettre (avant la prière); mais s'il ne reste pas assez de jour pour les mettre, alors on leur fait une espèce de bourse d'un palme pour les y placer*"). Rabba, fils du fils de Hunna, disait

77) N'oublions pas qu'autrefois les Juifs étaient toujours habillés de Ieurs Tep,iillin.

78) Raschi : sans les envelopper dans les habits d'où ils pourraient tomber.

79) Car au-dessus d'un palme, commence leur sainteté.

80) C'est-à-dire : 'oa a sur soi une bourse pour les y placer sans les rouler afin de faire plus vite, lorsqu'il faut les remettre.

avoir entendu dire à R. Johanan : le jour on les roule en guise de livre, et on les met dans sa main contre son coeur, et la nuit on leur fait une espèce de bourse d'un palme où on les place. Avaï dit qu'on n'a enseigné cela que pour des bourses qui sont destinées à cet usage; mais celles qui ne sont pas destinées à cet usage peuvent être encore moindres d'un palme. Mar Zutra, et selon d'autres Rav | Ache, dit : tu peux déduire cela de ce que des fioles moindres (d'un palme) sauvent de l'impureté dans la tente d'un mort. Et Rabba, fils du fils de Hunna, dit : lorsque nous suivions R. Johanan qui avait besoin de monter dans la maison de la chaise, s'il avait entre les mains un livre de l'Agada, il nous le donnait; mais s'il avait les Tephillin il ne nous les donnait pas, mais il disait : puisque les rabbins l'ont permis nous les retiendrons (entre les mains) * 1). Rava rapporte que Rav Nahman faisait précisement la mêmeF 23. . chose. Les rabbins ont appris : l'homme ne doit pas prendre les Tephillin dans sa main et le livre de la loi sur son bras et prier**). Il ne doit pas non plus épancher de l'eau, ni dormir son sommeil ordinaire ou extraordinarie les ayant sur lui**). Samuel dit qu'il en est de même d'un couteau d'argent, d'un bassin et du pain**). Rava disait avoir entendu dire à l'Halaca (quant à épancher de l'eau avec les Tephillin) n'est pas ainsi, car cette Mischna est de la maison de Chammaï so); en effet, si elle était de la maison d'Hillel; comme elle permet (d'entrer les Tephillin dans la main) dans une maison de la chaise déterminée, cela va sans dire (qu'elle permet aussi d'épancher de l'eau avec les Tephillin) dans une maison indéterminée. Sur quoi on a objecté cette tradition : les choses que je

81) Raschi : afin qu'ils nous servent d'amulette.

82) Raschi : car la crainte qu'ils ne tombent l'empêche de prier aVec attention.

83) Raschi : nam fieri potest quod pedat in somno.

84) Car le soin de les garder peut l'empêcher de prêter attention à la prière.

85) Et l'Halaca doit être sur ce point selon la maison d'Hillel

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t'ai permises ici, te les ai-je défendues là ! Que peuventelles être (ces choses) si ce n'est les Tephillin ? Or, tout ira bien si tu dis que ces paroles sont de la maison d'Hillel (selon laquelle la phrase): Je t'ai permis ici (peut signifier) un privé déterminé (et l'autre)je t'ai défendu là, un privé indéterminé. Mais si tu dis que ce passage est de la maison de Chammaï, elle ne permet rien, elle ne parle pas même d'une permission*o). Rép. : Cette tradition est relative à un palme et deux palmes (et non aux Tephillin), car nous avons appris dans une Baraitha : quand quelqu'un fait ses nécessités il doit se découvrir par derrière d'un palme, et de deux palmes par devant; et dans une autre Barailha : par derrière d'un palme, et par devant de rien du tout. N'est-ce pas que l'une et l'autre traditions sont applicables à l'homme sans que cela souffre la moindre difficulté ; car dans l'une on parle des grandes, et dans l'autre des petites nécessités ? Mais si tu opines qu'il y est aussi question des petites nécessités, à quoi bon pour cela un palme par derrière ! Il faut donc dire que l'une comme l'autre tradition est relative aux grandes nécessités sans que cela souffre la moindre difficulté, car alors la première parle de l'homme, et la seconde de la femme. Mais si c'est ainsi, comment expliquer ce qui est dit plus loin dans la même tradition : voilà un a majori ad minus qui n'admet pas de réplique **)! Mais que veut-on dire (par ces paroles) qui n'admet pas de réplique ? Que le train de la chose porte nécessairement ainsi**). Donc il s'agit là des

86) Il faudrait donc conclure de cela que cette tradition n'appartient pas à la maison de Chammaï.

87) Raschi : ce qui prouve que cette tradition est relative aux Tephillin et non à un palme et deux palmes, c'est que dans la première supposition je peux faire une argumentation a majori ad minus et dire : qui permet d'entrer, les Tephillin en main, dans un privé déterminé d'autant plus doit permettre d'entrer dans un privé indéterminé ; tandis que dans la seconde supposition je ne peux faire aucune argumentation de ce genre.

88) Raschi : c'est-à.dire, que comme il est déjà reçu que l'homme et non la femme doit se découvrir par devant en faisant ses nécessités il est inutile de faire à leur égard un a majori ad minus ; mais relativement aux Tephillin il n'est pas inutile.

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