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Cependant on nous dit dans la Baraïtha : Celui qui garde un mort, quoiqu'il ne soit pas son mort, est dispensé de la lecture du Chema et de la prière et des Tephillin et de tous les préceptes qui sont dits dans la loi. Celui qui le garde est donc dispensé, quoiqu'il ne soit pas son propre mort; mais comme d'autre part, lorsqu'il s'agit de son propre mort, on est dispensé, lors même qu'on ne le garde , pas, on pourrait dire que tant dans le cas de son propre mort, que dans celui de garder un mort on est dispensé, et que c'est seulement dans les cas qu'on se promène dans · un cimetière qu'on n'est pas dispensé. Cependant nous avons dans une autre Baraitha : l'homme ne doit pas se promener dans un cimetière les Tephillin sur la tête, le livre de la loi sur le bras, et en lisant le Chema; et quiconque fait cela pèche contre ce qui est dit (Prov. XVII, 5.): celui qui se moque du pauvre déshonore celui qui l'a Jfait. Rép. : Dans le cimetière si le mort est éloigné de moins de quatre coudées, il est défendu (de lire le Chema); mais lorsqu'il est éloigné de plus de quatre coudées il faut le lire; car Mar dit : un mort embrasse quatre coudées pour la lecture du Chema. Mais dans notre cas, lors même que le mort est éloigné de plus de quatre coudées on en est dispensé. Il est dit dans la même Baraïtha !o): celui qui garde un mort, lors même qu'il n'est pas son propre mort, est libre de la lecture du Chema, de la prière, des Tephillin et de tous les préceptes qui sont dits dans la loi. S'ils sont deux, l'un garde et l'autre s'éloigne pour lire, puis celui qui gardait va lire à son tour. Le fils d'Aza dit : s'ils sont entrés (avec le mort) dans un vaisseau, ils le placent dans un coin, et ils prient tous les deux dans un autre coin. En quoi donc diffère-t-il de l'autre docteur ? Ravina dit qu'il diffère par rapport à la crainte que les souris (n'entament le mort), car un docteur pense qu'il faut que nous ayons toujours cette crainte, et l'autre soutient que nous ne devons pas l'avoir (dans un navire).

Les rabbins ont appris : celui qui transporte les os d'un

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19) ND72 Le corps ou la suite de la même tradition porte.

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mort d'un lieu à un autre, ne doit pas les mettre dans un sac, ni les placer sur la croupe d'un âne et monter dessus ; car en en usant de la sorte envers eux il montre qu'il les méprise; mais s'il craint quelque insulte de la part du Goïm, ou des brigands (bot bb gr.), il lui est permis de le faire, et ce qu'ils disent concernant les os vaut aussi par rapport au livre de la loi. Mais sur quoi se rapportent ces derniers mots ! Dirai-je qu'ils se rapportent à la Recha de cette tradition ? Cela va sans dire, car le livre de la loi doit-il être moins respecté que les os 20)? Ils doivent donc se rapporter à la Sepha 2 !).

Rahva disait avoir entendu dire à R. Jéhuda : quiconque voit un mort et ne l'accompagne pas, pèche contre le texte qui dit (Prov. XVII, 5.): Celui qui se moque du pauvre, déshonore celui qui l'a fait. Mais s'il l'accompagne, quelle sera sa récompense ? R. Ase dit : c'est de lui que l'Ecriture a dit (ib. XIX, 17.) : celui qui a pitié du pauvre prête (rin52) à l'Eternel (Talm. : c'est comme s'il accompagnait l'Eternel)**). Et autre part (ib. XIV, 31.): mais celui honore (Dieu) qui a pitié du nécessiteux 23).

R. Hija et R. Jonathan se promenaient ensemble dans un cimetière, et, comme le cordon des Tsitsiths de R. Jonathan était tombé, R. Hija lui dit de le ramasser, afin que les morts n'eussent pas lieu de dire **) : demain ils descendront chez nous, et maintenant ils nous insultent. L'autre lui dit : comment peuvent-ils savoir tout cela, s'il est écrit (Eccles. IX, 5.): mais les morts ne savent rien ? Il reprit : si tu as lu ceci, tu ne l'as pas répété, et si tu l'as répété, tu n'y es pas revenu une troisième fois, et si tu y es revenu une troisième fois, on ne te l'a pas expliqué **); car il est dit (ib.) : certainement les vivans savent qu'ils mourront, ceux-ci sont les justes qui même dans leur mort sont appelés vivans (nor); car il est dit (II. Sam. XXIII, 20.): Et Benaja, fils de Jehojadia, fils d'Isch-hai (or U"N) (Talm. : fils d'un homme vivant) qui avait fait de grands exploits et (qui était) de Kabseel; il frappa les deux lions de Moab, il descendit aussi et frappa un lion dans F. 18.b. une fosse en un jour de neige. "r u>"N 72 fils d'un homme vivant. Crois-tu donc que tous les autres sont fils des morts? Rép. : Il est dit : fils d'un homme vivant parce que même dans sa mort cet homme a été appelé vivant : 2" 5Nxspa boÈvE (qui avait fait de grands exploits de la ville de Kabseel) cela veut dire qu'il avait multiplié (r72vn) et rassemblé (yap) les ouvriers (nob»ne) de la loi : rier Norn aNT2 >NonN *>u nN (et il a frappé les deux lions de Moab), cela veut dire qu'il n'a pas laissé un seul individu qui lui fût semblable ni sous le premier ni sous le second temple*o), abur bra noar 7na •-Nr nN r=r77 Tn° Norin (et il est descendu et il a frappé un lion au milieu d'une fosse en un jour de neige). Il y en a qui disent que cela signifie qu'il a cassé des morceaux de grêle, et s'y est placé pour se baigner *7). Mais d'autres disent que cela signifie qu'il a étudié dans la Siphra de la maison de Rav **) un jour d'hiver. Quant aux paroles : Cependant les morts ne savent rien, ce sont les impies qui sont appelés morts, même pendant leur vie*o); car il est dit (Ezéch. XXI, 30.): Et toi profane (5bn Talm. : tué) impie, Prince d'Israël. Et si tu veux je peux prouver cela par cet autre passage (Deut. XVI, 6.) : Sur la parole de deux ou de trois moins on fera mourir le mort. Cependant il est encore en vie. Rép. : Mais il est mort en lui-même (ou par ses actions) *0). Les fils de R. Hija étant sortis hors de la ville *!) oublièrent ce qu'ils avaient appris, et ils étaient tristes de ce qu'ils ne pouvaient pas s'en souvenir. Alors l'un dit à l'autre : notre père **) saura-t-il, quelque chose de cette tristesse ? L'autre répondit : comment peut-il le savoir s'il est écrit (Job XIV, 21.) : Les enfans seront honorés (Talm. : affligés) et il n'en saura rien. Comment, dit un troisième, ne le saura-t-il pas s'il est écrit (ib. vs. 22.): aussi long-temps que sa chair est sur lui, elle souffre, et son âme sur lui s'afflige, et R. Isaac dit qu'un ver est aussi incommode pour un mort qu'une aiguille dans la chair d'un vivant. (Les autres frères) dirent : quant à leur propre affliction les morts la savent fort bien, mais ils ne savent pas l'affliction d'autrui. Comment non ! (dit l'autre) si nous avons dans une Baraïtha ce qui suit : Il arriva à un pieux qui avait donné un denier à un pauvre la veille de la nouvelle année dans une année de disette, que sa femme en fut de mauvaise humeur. Il s'en alla donc, et étant obligé de passer la nuit dans un cimetière, il entendit les esprits de deux femmes **) qui causaient ensemble, et dont l'une disait à sa compagne : ma compagne, sortons et parcourons le monde, et nous entendrons de derrière le voile **) quelles sont les calamités réservées au monde (cette an

20) C'est-à-dire : si les os ne doivent pas être mis dans un sac et sur le dos d'un âne etc., à plus forte raison doit-on se garder de le faire par rapport au livre de la loi. 21) En tant que la crainte seule peut dispenser d'avoir plus d'égards pour le livre de la loi que pour les os d'un mort. 22) Car le verbe I715 veut dire également prêter et accompagner. 23) Raschi : il n'y a pas un être au monde qui soit plus pauvre qu'un mort. 24) En voyant cette marque de peu de respect pour eux°

25) Cette maxime sert à expliquer la formule notre retour sur toi etc. , ainsi que nous l'avons dit à la fin de la 1re Section.

26) Racht et Tosepheth : Il a dompté les siècles (":u) par son mérite. Les deux lions de Moab sont David et Salomon qui descendaient de Ruth, femme moabite, et qui bâtirent le temple.

27) Raschi : pour se purifier d'une pollution et pour être ainsi en état de lire dans la loi.

28) Tosepheth : La Siphra est un commentaire du troisième livre de Moïse qui est appelé lion parce qu'il est plus difficile que les quatre autres livres, et milieu de la fosse parce qu'il est au milieu des autres. Ce commentaire est donc selon le Talmud tout au moins aussi ancien que l'aïeul de Benaja.

29) Ce qui peut servir à éclaircir la phrase de l'Evangile : laisse les morts ensévelir les morts. 30) ;TTP"»n a principio, a prima radice. 31) Raschi : pour s'occuper de l'agriculture. 32) Qui était déjà mort. 33) Raschi : les esprits de deux demoiselles. 34) Raschi : qui est étendu devant le Saint des Saints du ciel comme il était étendu devant le Saint du Saint ou la Chekina du temple.

née) 3 5). Alors sa camarade lui répondit : moi je ne le peux pas; car j'ai été ensévelie dans une natte de roseau 3 o), mais va et tu me conteras ce que tu auras entendu. Elle alla, et après avoir parcouru le monde elle revint, et sa compagne lui dit : ma camarade, qu'est-ce que tu as entendu de derrière le voile ? L'autre lui répondit: j'ai entendu que quiconque semera dans le premier quartier 31) la grêle détruira (sa moisson)**). L'homme qui avait écouté les esprits) alla donc et sema dans le second quartier de sorte que la moisson de tous les autres*o) fut détruite, mais la sienne ne fut pas détruite *o). L'année suivante il alla encore une fois et passa la nuit dans le même cimetière. Il entendit les mêmes esprits qui conversaient ensemble, et l'une disait à sa camarade : sortons et parcourons le monde, et nous entendrons de derrière le voile quelles calamités viendront dans le monde. L'autre lui dit : ma camarade, ne t'ai-je pas dit que je ne peux pas; parce que j'ai été ensévelie dans une natte de roseau ; mais va et tu me rapporteras ce que tu auras entendu. Elle alla et parcourut le monde et rentra. Alors l'autre lui dit; ma camarade qu'est ce que tu as entendu de derrière le voile ! Elle lui dit : j'ai entendu que quiconque semera dans le second quartier, la rouille frappera (sa moisson), (alors l'homme qui avait écouté tout ce discours) s'en alla et sema dans le premier quartier. Et comme la moisson de tous les autres avait été brûlée, et que la sienne n'avait pas été brûlée, sa femme lui dit : pourquoi l'année passée tout ce qui appartenait aux autres a été détruit et

35) C'était la nouvelle année, fête pendant laquelle Dieu juge le monde pour toute l'année suivante. 36) J'ai honte de paraître dans cette parure. 37) Raschi : de la première pluie ou de la pluie des semailles qui a trois quartiers ; le 1er depuis la nouvelle année jusqu'au 17e du mois Marheschvan ; le 2d depuis le 17° jusqu'au 23e du même mois, et le 3e depuis ce jour jusqu'au 1er du mois Kisler. 38) Raschi : en tombant à l'époque où la tige de ce qui aura été semé le premier quartier aura de la consistence. 39) Raschi : qui avaient semé dans le premier quartier. 40) Raschi : car à cette même époque elle était encore tendre.

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