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parle de la prière du matin) Rav Cohana a dit que l'Halaca est selon R. Jéhuda en rapportant le texte de la Behirta; mais que faut-il penser ici (par rapport à la prière de le l'après-midi) ? Il se tut et ne lui dit mot. Rav Hasda reprit : nous pouvons voir (ce qu'il faut penser là-dessus) par cette action de Rav qui priait la prière du samedi dans la veille du samedi, pendant qu'il faisait encore jour. De cela on peut déduire que l' Halaca est selon R. Jéhuda. Maintenant comme tout cela n'est pas clair, on peut dire que l'Halaca n'est ni comme un docteur ni comme l'autre, et que celui qui se conforme à l'avis du premier fait aussi bien que celui qui se conforme à l'avis du second. Rav s'étant rendu chez Gheneva et faisant la prière du samedi la veille de ce jour, il arriva que R. Jérémie, fils d'Ava, restait en prière derrière lui. Rav finit et ne voulut pas interrompre la prière de R. Jérémie (en passant devant lui), conduite d'où il faut conclure trois choses, savoir : qu'on prie la prière du samedi la veille de ce jour; que le disciple doit se tenir derrière son maître dans la prière et qu'il est défendu de passer devant ceux qui sont en prière. Cela vient à l'appui de l'opinion de R. Jehochua, fils de Lévi, qui dit cela expressément. Mais ce n'est pas ainsi, vu que R. Ame et R. Ase sont passés l'un devant l'autre. Rép. : R. Ame et R. Ase sont passés à la distance de plus de quatre coudées. . Mais comment R. Jérémie a-t-il pu faire ce que nous venons de voir, si Rav Jéhuda disait avoir entendu dire à Rav : l'homme ne doit jamais prier ni à côté de son Rabbi ni derrière son Rabbi, et une Baraïtha porte : R.F.27.b. Eliéser dit : celui qui prie derrière son Rabbi, celui qui le salue ou qui lui rend le salut (sans y ajouter le titre de Rabbi), celui qui dispute contre l'école de son Rabbi ou qui dit une chose qu'il n'a pas entendue de sa bouche, est cause que la Chekina abandonne Israël. Rép. : C'est une autre chose pour R. Jérémie, fils d'Ava, qui était un disciple gradué. Et cela combine avec la manière dont R. Jérémie, fils d'Ava, a parlé (dans cette circonstance) à Rav; car il lui a dit : as-tu fait la séparation (entre le

jour ouvrier et le samedi) ? et il lui répondit : oui je l'ai faite. Or, nous voyons qu'il ne lui dit pas : avez-vous · fait, mon maître, la séparation **)? Mais avait-il réellement fait cette séparation si R. Avin nous dit : une fois Rav faisait la prière du samedi la veille de ce jour, puis il est entré , dans le bain, puis il en est sorti et nous a expliqué quelques sections et cependant il ne faisait pas encore obscur *o)! Sur quoi Rava dit qu'il était entré dans le bain pour transpirer et que cela s'était passé avant que les rabbins eussent fait une défense à ce sujet. Mais ce n'est pas ainsi, vu qu'Avaï permettait à Rav Dimi, fils de Kivaï, de parfumer les paniers avec du souffre **). Rép. : Tout cela n'a été qu'une méprise**). Mais est-ce qu'une méprise oblige de répéter la prière ? Cependant Avidan nous dit qu'une fois les cieux s'étaient si fortement enveloppés de nuages que tout le monde s'avisa de dire qu'il faisait déjà obscur. On entra donc dans la Synagogue, et on fit la prière de la sortie du Sabbath pendant que le samedi n'était pas encore fini; mais les nuages s'étant dissipés et le soleil ayant reparu, on alla demander l'avis de Rav qui dit : puisqu'on a déjà prié une fois cela suffit. Rép. : C'est une autre chose lorsqu'il s'agit de la Synagogue, qu'on doit tâcher de ne pas trop fatiguer. R. Hija, fils d'Avin, dit : Rav faisait la prière du Sabbath la veille de ce jour, et R. Jochia faisait celle de la sortie du Sabbath dans ce jour même. Quant au premier je demande s'il a dit ou non la Keducha (ou la sanctifi| cation) sur le calice ? Viens et écoute ce que Rav Nahman disait avoir entendu dire à Samuel : l'homme fait la prière du samedi la veille de ce jour, et dit la Keducha sur le calice, et l'Halaca est selon lui. Je demande aussi quant au second, s'il a dit ou non l' Havdala sur le calice ? Viens et écoute ce que Rav Jéhuda disait avoir entendu dire à Samuel : l'homme fait la prière de la sortie du Sabbath le samedi, et dit l' Havdala sur le calice. R. Zira dit avoir entendu dire à R. Ase que R. Eléazar disait avoir entendu dire à R. Hanina, et celui-ci à Rav : c'est à côté de cette colonne que R. Ismaël, fils de Jose, a fait la prière du Sabbath la veille de ce jour. Mais lorsqu'Ulla survient, il dit que cela s'était passé à côté d'un palmier, et non d'une colonne, et que ce n'avait pas été R. Ismaël, fils de Jose (la personne en question), mais R. Eléazar, fils de R. Jose, et qu'il n'avait pas fait la prière du Sabbath la veille de ce jour, mais celle de la sortie du Sabbath le samedi.

25) Mais le traite d'égal à égal.

26) Ce qui prouve qu'il n'était pas accoutunté de faire la prière du samedi après s'être défait de toutes ses occupations du jour ouvrier.

27) Raschi : pour les rendre couleur de souffre et cela après avoir fait la prière du samedi la veille de ce même jour.

28) Raschi : comme il faisait sombre il avait cru par méprise que le samedi était déjà commencé.

Mischna. La prière du soir n'a rien de déterminé.

Ghémara. Que veut dire l'expression : n'a rien de terminé ? , Doit - on dire (qu'elle signifie ) que si l'on veut on peut s'en acquitter pendant toute la nuit ! Mais alors la Mischna aurait dû parler ainsi : le temps de la prière du soir dure toute la nuit : que veut-elle donc par la phrase : elle n'a rien de déterminé ? Elle veut parler selon celui qui dit que la prière du soir dépend de la libre volonté de chacun; car Rav Jéhuda dit avoir entendu dire à Samuel : quant à la prière du soir Rabban Gamaliel dit qu'elle est de devoir, et R. Jehochua qu'elle dépend de la libre volonté de chacun, et Avaï dit que l'Halaca est selon le Rabbi qui dit qu'elle est de devoir, et Rava dit que l'Halaca est selon le Rabbi qui dit qu'elle dépend de la libre volonté de chacun. Les rabbins ont appris qu'il arriva qu'un écolier étant venu en présence de R. Jehochua, lui dit : la prière du soir est-elle arbitraire ou de devoir ? Il lui répondit : elle est arbitraire. L'écolier vint alors en présence de Rabban Gamaliel et lui dit : la prière du soir estelle arbitraire ou de devoir ? Il lui répondit : elle est de devoir. L'écolier reprit : mais pourtant R. Jehochua m'a dit qu'elle est arbitraire, et Gamaliel lui répondit : attends jusqu'à ce que les armés de bouclier*o) soient entrés dans la --"

29) Raschi : les savans qui triomphent les uns des autres dans ! l'Halaca. 4 •

maison de la recherche (dans l'école). Lorsque les armés de bouclier furent entrés, le postulant (l'écolier) se leva et fit cette question : la prière du soir est - elle arbitraire ou de devoir ? Rabban Gamaliel lui répondit : de devoir, et puis il s'adressa aux autres savans et leur dit : y a-t-il un seul individu qui soi: d'un avis contraire (au mien) là-dessus? R. Jehochua lui répondit que non. Gamaliel reprit : pourquoi donc on me dit en ton nom qu'elle est arbitraire, puis il continua : lève-toi Jehochua sur tes pieds afin qu'on témoigne contre toi. , R. Jehochua se leva sur ses pieds et dit : si moi par hasard, j'étais vivant et lui était mort par hasard, le vivant pourrait impunément taxer de mensonge le mort; mais maintenant que je suis en vie, et que lui aussi est en vie, comment le vivant pourrait-il dire que le vivant en a menti ? (J'avoue donc avoir dit qu'elle est arbitraire.) Alors Rabban Gamaliel continuait à expliquer la loi étant assis, et R. Jehochua restait sur ses pieds jusqu'à ce que tout le peuple commencât à murmurer, et dit à Hotspith, l'interprête *o), de s'arrêter, et il s'arrêta : jusqu'à quand (disait l'un à l'autre) continuera-t-il à le mortifier ? L'année passée il l'a mortifié comme il est dit dans le Rosch Hachana*!), et au sujet de l'affaire de R. Tsadoc dont il est question en Becoroth *2) il l'a aussi mortifié. Venez donc et déposons-le (Gamaliel), mais qui mettronsnous à sa place ? Substituons lui R. Jehochua. Mais il est partie dans cette affaire. Mettons donc à sa place R. Akiva; mais peut-être Rabban Gamaliel lui reprochera qu'il n'a pas de mérite du côté de ses ancêtres (qu'il n'est pas noble d'origine). Eh bien ! mettons à sa place R. Eléazar, fils d'Azarie, qui est savant, riche et de la dixième génération d'Ezras. En tant que savant, si Gamaliel lui fait

30) 723"hni7 Trucheman qui interprétait au peuple juif en chaldéen ou en syriac ce qui dans les assemblées religieuses était dit ou lu en hébreux. , 3l) Traité Rosch Hachana F. 25. a. Le Talmud cite ici la Ghémara de ce traité comme si elle était connue déjà avant celle du traité Beracoth. 32) Traité Becoroth F. 36. a. même observation.

des questions difficiles (sur la loi) il pourra bien se tirer d'affaire. En tant que riche, s'il y a quelque service à ren· dre à la maison de César, lui aussi pourra aller et rendre ce service. Et puisqu'il est de la dixième génération d' Ezras, il possède les mérites des ancêtres, et Gamaliel ne trouvera pas de prétexte pour lui faire des reproches à ce sujet. Ils allèrent donc et dirent à R. Eléazar : trouverezvous bon, ô Mar, de devenir le Chef de notre académie ? Il leur répondit : j'irai et je prendrai conseil des hommes de ma maison (de ma femme); il alla et demanda le conseil de sa femme, qui lui dit : peut-être te déposeront-ils toi aussi. Il lui répondit : on fait monter dans la sainteté, et on ne fait pas descendre **). Peut-être te morti-F. 2s. a. fieront-ils toi aussi. Il lui répondit : (il est bon de jouir) · un seul jour d'un calice précieux qui le lendemain doit être | cassé. Elle reprit : mais tu n'as pas encore de cheveux blancs; en effet, il n'avait ce jour là que 18 ans. Alors il lui arriva un prodige, et 18 séries de cheveux se changèrent en blancs. Cela combine avec ce que R. Eléazar, fils d'Azarie, a dit autre part **): Voilà je suis comme si j'avois 70 ans, et il n'a pas dit : j'ai 70 ans. Nous avons appris que le même jour on a renvoyé la garde de la porte , (de l'académie), et on a donné la faculté d'entrer aux disciples; car Rabban Gamaliel avait fait une proclamation qui portait : tout disciple dont l'intérieur n'est pas comme l'extérieur ne doit pas entrer dans la maison de la recherche , en se fondant sur la sentence : quiconque instruit un écolier indigne c'est comme s'il jetait une pierre à Marcolis **). Mais R. Eléazar, fils d'Azarie, dit : comment pouvons-nous savoir s'ils ne sont pas dignes ? Car il était d'a

33) Cette phrase est marquée dans le Talmud de Cracovie avec plusieurs petits cercles qui indiquent qu'elle est déplacée dans cet endroit.

34) Voy, ci-dessus. C. 1. Misch. V.

35) e*bop-» Statue de Mercure de trois pierres, deux verticales et une placée au-dessus transversalement. Antour de ces statues on jetait d°autres pierres en marque d'adoration. Ce passage a été retranché du Talmud depuis que les auteurs du Toledoth Jesu et du Maase Telut ont eu l°insolence de l'appliquer à J. Ch. en l'accusant d'avoir adoré les

astres. C'est de l'Ain Jacob de Venise que nous l'avons tiré.

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