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gesses de la mère patrie accordées à la Guadeloupe, sous les auspices tutélaires de la patronne auguste de toute bienfaisance française, de celle que nos cours ont nommée notre Reine de bon secours.

« Sous de semblables auspices, les bienfaits ont continué; ils surpassent aujourd'hui tout ce que la France a donné pour soulager, sur le sol métropolitain , les plus grandes infortunes, inoins grandes, il est vrai, que celle qui, naguère, a détruit, dans les Antilles, une cité tout entière et te tiers de ses habitants.

Contemplons un autre spectacle, digne de consoler votre âme paternelle. La mer Atlantique a vu s'accomplir, sur ses bords, le mariage fortuné d'un prince, espoir de la marine et des colonies, qui sut gagner à la Vera-Crux, à Saint-Jean-d'Ulloa, la gloire, sa plus belle dot, pour conquérir, au Brésil, une princesse impériale.

«Les colons sont fiers de penser qu'une créole vienne disputer, ou plutôt partager le prix de l'élégance, de la grâce et de la beauté, dans une cour où ces dons, si rares et si précieux , brillent avec tant d'éclat chez ses nouvelles sæurs.

« Vos acquisitions coloniales marchent de pair avec vos conquêtes de famille.

« Dans l'océan Pacisique, des peuples nouveaux s'estiment heureux d'accepter, sous votre règne, les lois de la France.

« Dans la Méditerranée, un de vos fils ajoute à la gloire nationale par des faits d'armes, dont l'audace chevaleresque a pris d'assaut la capitale mobile de cet émir qu'il semble plus difficile encore d'atteindre que d'abattre. Maintenant, il va faire fleurir, par un sage gouvernement, la partie la plus opulente de notre grande colonie africaine.

« A côté des prospérités des établissements nouveaux, pour lesquels tout encore est sacrifice, on continuera, nous l'espérons, de soulager les établissements anciens, qui produisent de plus en plus, malgré leurs souffrances, ou plutôt

1 La Smala.

qui produisent ainsi, pour atténuer, à force de travail, le funeste avilissement des prix. Votre bonté paternelle, Sire, nous en sommes sûrs, ne cessera pas de chercher à rendre moins pénibles de tels maux, et la reconnaissance des populations coloniales en deviendra plus vive encore.»

Nous donnons ici l'analyse de la réponse faite par Sa Majesté; nous regretions de ne pouvoir pas en citer les paroles textuelles.

«Je reçois toujours avec un nouveau plaisir les félicitations dont vous êtes l'organe, et l'expression des sentiments des Français habitants de nos colonies. Vous savez quelle affection je leur porte ; la sympathie qu'ont fait éclater en moi, comme dans toute ma famille, les grands désastres de la nature, qui les ont tour à tour affligées, et quel bonheur c'est pour moi, comme pour les miens, d'aider à soulager de tels malheurs. L'année dernière, mon gouvernement a fait tous ses efforts pour venir en aide à la production des colonies par une législation équitable. Je serai toujours prêt à les faire jouir des avantages que la bienveillance et le bon droit peuvent leur assurer.

« Je vous remercie de la justice que vous rendez à mes fils, et de l'intérêt que les colons portent à leurs services envers la patrie, à leurs succès, à leur bonheur. Ils seraient prêts au besoin à visiter, pour les défendre, les colonies qu'ils ont visitées avec tant d'intérêt pour en connaître les ressources et les besoins. »

N11.

NoȚIce nécrologique sur la vie, les travaux et les services de Charles

Étienne baron COQUEBERT DE MONTBRET, ancien commissaire de la marine.

Nous devons à la mémoire du baron Coquebert de Montbret, soit comme ayant appartenu autrefois au département de la marine, soit comme nous ayant quel

quefois aidé de ses conseils et de sa collaboration dans les temps difficiles de notre publication, de reproduire la notice suivante, que nous empruntons au numéro 11, ive série, novembre 1843, du Recueil de la Société polytechnique, par M. de Moléon.

Le baron Ch.-Ét. Coquebert de Montbrei, était né à Paris le 3 juillet 1755; il était fils d'un conseiller à la cour des comptes. Il termina à 16 ans ses études au collége du Plessis. Rentré dans sa famille, il se livra à l'étude des langues vivantes qui le mirent à même d'approfondir les meilleurs ouvrages d'histoire et de droit public.

M. Basset et M. Tourelle deux anciens amis de sa famille, lui inspirèrent le goût de l'histoire naturelle et des sciences physiques ; il herborisait avec eux dans les bois de Chevreuse et de Saint-Germain ; et, l'hiver, il suivait les cours de Valmont de Bomare et de l'abbé Nollet,

En 1773, Coquebert fut appelé à Versailles pour être attaché au bureau des consulats, et, un an après, il fut envoyé, comme commissaire de la marine, à Hambourg. En 1777, il était consul général près les villes anséatiques, fonctions qu'il remplit, pendant 9 ans, à la grande satisfaction des deux Gouvernements dont il était le médiateur. Il mit å profit les années qu'il passa en Allemagne, dans l'intérêt de l'agriculture, de l'administration et du commerce; les notes précieuses qu'il recueillit attirèrent sur lui l'attention, et on lui conlia le projet de la libre navigation du Nord, pour lequel il rédigea l'arrêt du conseil à ce sujet, en 1783.

Coquebert de Montbret, succéda en 1789, à son père, en qualité de conseiller correcteur à la cour des comptes ; puis , lorsque cette place fut supprimée, il fut nommé agent de la marine et du commerce de France à Dublin, fonctions qu'il dut quitter en 1793, lorsque la guerre se déclara entre la Grande-Bretagne et la France. C'est à cette époque que les connaissances exactes qu'il possédait lui pro

curèrent l'occasion de se lier avec Monge, Fourcroy, Prony, Guyon de Morvau, Berthollet, etc., qui le sirent mettre en réquisition par le comité de salut public pour les aider dans leurs travaux de perfectionnement de la fabrication des poudres et salpêtres. Il fut encore, pendant plusieurs années, inembre de l'agence des poids et mesures, avec Legendre et Gattey, et il prit part d'une manière très - remarquable à la rédaction du Journal des mines.

L'activité d'esprit qui distinguait Coquebert, ses nombreuses connaissances, et les travaux multipliés auxquels il prenait part, fixèrent l'attention de l'Empereur, qui le nomma commissaire des relations commerciales à Amsterdam, et de là à Londres, où il fut accueilli par les savants de ce pays, notamment par sir Joseph Bancks, Blagden, Haschett et Davy. La rupture de nos relations avec l'Angleterre, pour le traité d'Amiens , forcèrent notre savant géographe de revenir à Paris, où il trouva des liaisons honorables avec MM. Huzard, Yvart et Parmentier. Bientôt après il fut nommé ministre plénipotentiaire pour l'établissement de l'octroi de navigation du Rhin , ct, au retour de cette mission délicate, maître des requêtes au conseil d'État, section du contentieux.

La partie administrative, que possédait d'une manière si spéciale Coquebert, lui fit concevoir l'idée d'organiser la direction de la statistique d'une manière fructueuse pour le Gouvernement. Malheureusement, les sages dispositions qu'il mit en ouvre furent oubliées, et le pays ne put en profiter. La direction des douanes en Hollande, alors réunie à la France, qu'il fut appelé à organiser, lui servit en quelque sorte de dédommagement, et il mit en ordre tous les matériaux de son grand travail sur la géographie physique, statistique et commerciale de l'Europe. Malheureusement encore Coquebert était doué d'une si grande modestie, qu'on ne put jamais le décider à faire imprimer le résultat de ses recherches. Espérons que M. Eugène Coquebert, son fils,

qui a hérité des connaissances de son père, publiera un jour la partie la plus importante de ces travaux. Rien ne doit être perdu pour le pays d'un homme qui possédait une si grande variété de connaissances utiles, telles que les notions les plus étendues sur la botanique, la géologie. la géographic historique et physique, la météorologie, la physique et surtout la philologie, car toutes les langues de l'Europe et plusieurs de celles de l'Asie lui étaient familières : il fut chargé de la publication du dictionnaire chinois composé par

le P. Bazile de Glémona. M, le baron Coquebert de Montbret s'était marié, en 1780, avec mademoiselle Hazon, sa cousine germaine; en 1830, la cinquantaine de cette union prospère put être célébrée, et le 9 avril 1831 il rendit le dernier soupir. — 11 était chevalier de la Légion d'honneur, maître des requêles au conseil d'Etat, membre de l'Institut, de la Société royale et centrale d'agriculture, de celle d'encouragement, de géographie, des antiquaires, philomatique, et d'un grand nombre d'autres sociétés savantes de Paris, de France et d'Espagne.

Publications faites par M. Coquebert. -Système des poids et mesures (Société d'encouragement 1804). ---- 2. Commerce d'exportation et d'importation (Société d'encouragement, 1817). —- 3. Divers articles dans le Journal des mines, depuis sa fondation. — 4. Divers Mémoires insérés dans les Mémoires de l'Académie des sciences, depuis 1814. 5. Les Annales maritimes ont mentionné en 1823,

page 535 du tome l', son rapport à l'Institut au nom de la commission de statistique, rapport dont les conclusions ont été comprises dans l'annonce des prix décernés. Elles étaient précédées de réflexions importantes sur plusieurs ouvrages qui venaient de paraître, et qui avaient pour objet d'étendre les connaissances que nous avions déjà sur le territoire de la France ct des colonies.

Cinq ans plus tard, en 1828, page 374 du tome II, nous

1.

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