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Ile Utila (côte de Mosquitos), par le commander R. Owen, 1835.

Ile Crooked (Bahama), par le même, 1834.

Mers de l'Inde et côtes de Chine.

Rivière Yang-tse-Keang (rivière de Nankin), reconnue par les capitaines, C. R. D. Bethune, H. Kellett et R. Collinson. Échelle 6 millimètres par mille.

Cette carte comprend jusqu'à Nankin.

L'ile Bourbon, avec les rades de Saint-Denis, de SaintGilles et du port d'Abord.

Le Grand-Port (île Maurice), par le lieutenant Col. Lloyd, 836.

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Océanie.

Baie Apia (îles des Navigateurs), par M. G. Johnson,

master.

N° 29.

Quelques mots sur le progrès des arts maritimes en France.

Les trois articles qui ont paru successivement, dans ces Annales, sur le progrès des arts maritimes au xix° siècle en Angleterre ont été lus avec beaucoup d'intérêt. En France, dès l'année 1820, et dans ce même recueil (page 377 de la partie non officielle), M. Charles Dupin , alors simple ingénieur, aujourd'hui inspecteur général du génie maritime, publia le rapport qu'il avait fait à l'Institut, dont il était déjà membre, sur les progrès des sciences et des arts de la marine française depuis la paix. Il serait bien à désirer que cet exposé fût repris et continué jusqu'à nos jours. On y verrait les immenses développements que les divers établissements de la marine ont pris depuis cette époque, ainsi que

les améliorations et les perfectionnements de toute espèce in

troduits dans nos arsenaux et sur les bâtiments de l'État; on rendrait à chaque auteur ou inventeur la justice qui lui est due. En attendant qu'une main habile et impartiale prenne ce soin et réponde à nos vaux dans un précis historique, qui pourrait même remonter à l'origine de nos institutions maritimes et à la fondation de nos grands ports, Brest, Toulon, Rochefort, Lorient et Cherbourg, nous nous bornerons à dire quelques mots sur le vaste tableau de la force navale, une des trois parties des Voyages dans la Grande-Brctagne par le savant français que nous venons de citer. La sont jugés avec autant d'impartialité que de profonde perspicacité les inventions, les perfectionnements les plus remarquables dus à nos voisins d'outre-mer. Aussi les opinions émises par l'illustre ingénieur ont-elles fait et font-elles encore autorité dans la marine britannique et même en plein parlement. Dès 1817, la Société royale de Londres insérait dans sa grande collection des Philosophical Transactions le beau mémoire de M. Dupin, dans lequel est soumise au calcul la charpente oblique de Robert Seppings, système dont l'adoption en France avait été proposée, dès 1815, par l'auteur de ce mémoire, lequel ne fit autorité chez nous qu'après cette haute marque d'estime du premier corps savant de l'Angleterre. C'est aussi M. le baron Dupin qui, dès 1817, proposait d'adopter les perfectionnements anglais qu'il révélait, et dont il démontrait les avantages dans la confection des cordages. C'est lui qui faisait adopter et qui introduisait dans la marine française les câbles de fer pour les vaisseaux, les caisses à eau en fer, les caisses à poudre en cuivre, ainsi qu'une foule d'autres innovations relatives à l'installation, a l'arrimage, à la mâture, à la voilure, à l'armement des vaisseaux, à leur conservation après les désarmements, aux travaux des ateliers, à l'introduction dans nos arsenaux d'une soule de machines nouvelles, dont il rapportait la description, les plans, l'usage et les avantages. A ces immenses travaux, relatifs à la force navale, et dont les Annales ma

ritimes ont rendu compte à différentes époques, il faut ajouter des travaux, des importations, des services

comparables pour

l'armée et l'artillerie de terre, ainsi que pour les travaux hydrauliques et pour les ponts et chaussées. Aussi, lorsque les papiers publics eurent appris à l'Angleterre la promotion de M. le baron Charles Dupin à sa haute position dans le corps du génie maritime, les organes de l'opinion publique se sont-ils empressés de citer cette éclatante justice rendue par le gouvernement français aux plus éminents services comme un modèle de conduite digne d'être imité dans la marine britannique.

Dans un prochain article, nous reviendrons sur le grand ouvrage de M. Dupin, Voyages dans la Grande-Bretagne , principalement en ce qui intéresse la marine.

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N° 30.

RAPPORT au ministre de la marine et des colonies sur les anciens actes

relatifs à l'histoire de la marine, qui se trouvent dans les différents dépôts d'archives de la Rochelle et de Rochefort; par M. BARDON, employé à la section historique.

Paris, le 20 février 1844.

Monsieur le ministre, étant allé prendre les bains de mer à la Rochelle, d'après l'avis des médecins de Paris, et avec l'autorisation de Votre Excellence, j'ai voulu , autant que possible, faire tourner un voyage de santé au profit de la section historique à laquelle j'ai l'honneur d'appartenir.

En conséquence, je me suis proposé de rechercher, dans les différents dépôts d'archives de la Rochelle et de Rochefort tous les anciens actes qui pouvaient avoir quelque intérêt pour l'histoire de la marine.

J'étais bien sûr d'entrer ainsi dans les pensées de Votre Excellence , car je n'ignorais pas, monsieur le ministre , que

votre intelligence est trop élevée pour tout renfermer dans le présent, et que vous aimez à la fois l'avenir et le passé, la tradition comme le progrès, parce que vous êtes de ceux qui comprennent qu'il n'y a pas de progrès sans tradition.

La Rochelle d'abord semblait me promettre une curieuse récolte. Cette ville, en esset, forma, jusqu'au commencement du xviie siècle, une sorte de république indépendante gouvernée par une mairie élective, qui joua parfois un rôle glorieux; elle eut, avec des troupes de terre, une marine militaire et marchande, dont elle se servit tour à tour pour combattre les étrangers ou les vaisseaux du roi de France. Sans contredit, il eût été précieux de pouvoir établir, au moyen de pièces contemporaines, l'état, la force et l'organisation de cette marine locale. Malheureusement le cardinal de Richelieu, lorsqu'il pénétra en vainqueur dans ce fameux boulevart du protestantisme, ne se contenta pas

d'en abattre les remparts; il en fit encore enlever tous les papiers publics, qu'il considérait sans doute comme des titres de rebellion et d'anarchie. Je tenais cependant à savoir, d'une manière positive, si rien n'avait échappé aux agents du cardinal. A cet effet, je visitai premièrement la bibliothèque de la ville; elle ne possédait pas un seul manuscrit relatif à l'objet de mes recherches. Toutefois, j'y rencontrai quatre imprimés contenant le récit des événements maritimes les plus importants qui eurent lieu pendant le siége de 1628, et dont je transcris ici les titres :

1° L'heureuse arrivée des vaisseaux de guerre du Havre-deGrâce au canal de la Rochelle , conduits par des chevaliers de Malte ; ensemble le bastiment et travail des digues faictes à l'entour du dit canal avec la prise de plusieurs navires chargés de blé et autres munitions qui venoient à la Rochelle, et la rude charge faicte sur ceux qui sortaient de la dite ville.

2° La victoire du Roy contre les Anglois , au siège de la Rochelle , du 18 mai 1628, l'état de l'armée navale , la mort du genéral et autres chefs anglois, la perte de 10 de leurs vaisseaux

tant échoués que brûlés, et la retraite des autres en pleine mer.

3. Relation du grand combat naval fait devant la Rochelle , le 3 octobre 1628, envoyée par le Roy à la reyne mère de Sa Majesté.

4° Le naufrage et débris de la flotte angloise et le nombre des capitaines et soldats qui ont esté arrestés à Quimper-Corentin et autres côtes de Bretagne.

Ces imprimés sont devenus extrêmement rares à Paris : je me suis assuré que la Bibliothèque royale seule en possède quelques exemplaires. Or, comme ce sont là des documents d'une grande utilité pour l'histoire de la marine, sous le règne de Louis XIII, il serait à désirer, monsieur le ministre, que la bibliothèque du ministère de la marine pût obtenir de la Bibliothèque royale un exemplaire de chacun de ces opuscules.

Avec ces imprimés, le bibliotlıécaire de la Rochelle me communiqua également un Recueil manuscrit de mémoires , édits, déclarations , ordonnances, arrêts et règlements touchant la distribution des congés et commissions en guerre de S. A. S. monscigneur le comte de Toulouse, amiral de France, les droits des dits congés et conmissions , ancrage, balise, lestage et delestage:

Les salaires et vacations des officiers de l'amirauté;

Ensemble l'estat des amirautés et de la recepte des droils de S. A. S., en 1705;

Comme aussi divers mémoires et règlements touchant le département de la Rochelle et l’anion des départements de Xaintonge et Poitou à celui-cy; Fait

par le sieur Vaverin, pour son instruction, en 1711. Ce recueil, qui forme, un gros in-fo, et dont j'ai donné le titre à M. le chef du bureau des archives, lui fournira peut-être un jour le moyen de compléter quelqu'une de ses collections.

De la bibliothèque je passai au bureau de l'inscription maritime, où j'espérais du moins recueillir quelques ren

Tome 1. 1844,

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