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La précession des équinoxes, en déplaçant les constellations du zodiaque des lieux qu'elles occupaient dans la division duodécimale 1 de ce cercle, de trente degrés en trente degrés, ou en douze maisons, à commencer du point équinoxial de printemps, toujours mobile et rétrograde, a donné lieu à une distinction entre les animaux ou signet intellectuels, et qui n'existent que dans l'imagination qui les. conçoit, et les animaux visibles des douze constellations du zodiaque. Ces derniers sont les configurations d'animaux ou les images qui groupent un certain nombre d'étoiles d'une étendue plus ou moins grande, et qui mettent plus ou moins de temps à monter , à raison du plus ou moins de longueur de la constellation et de son obliquité: ces temps sont appelés temps anaphoriqties. Les anciens supposaient que tous les cent ans chaque image avançait d'un degré dans l'ordre des maisons, par l'effet de la rétrogradation du point où commençait la division duodécimale \ Ce mouvement des images célestes les tirait des cases auxquelles elles correspondaient dans la division duodécimale que l'imagination concevait indépendante des astérismes qui y répondaient, mais elle n'affectait en rien les dodécatémories ou maisons intellectuelles qui étaient toujours attachées au colure des équinoxes, et qui ne variaient jamais leurs rapports avec les cercles principaux de la sphère

1 Salraas. Prsel. Ann. Clim., p. l4>—8 Euseb. Prap. Eyang., 1. 6, et Origen.

dont elles suivaient exactement la rétrogradation. La première division on Ja première maison était toujours renfermée dans les trente premiers degrés, à compter de l'équinoxe, quoique la constellation ou l'image qui y répondait autrefois n'y fût plus. Ainsi aujourd'hui le bélier, ouïes étoiles sur lesquelles est peint un bélier , sont éloignées de plus de trente degrés du colure, et en conséquence ne sont plus comprises dans la première division duodécimale. Ce sont les astérismes des poissons qui y répondent. En conséquence, le zodiaque sensible et mobile, et le zodiaque intellectuel et fixe ne s'accordent plus dans les divisions; la différence est de tout un signe. Mais quand il est question de suivre le soleil et les astres dans les maisons célestes, c'est toujours dans le zodiaque intellectuel, et non dans le zodiaque sensible qu'on fixe son lieu. C'est au zodiaque intellectuel que sont liés les équinoxes et les solstices, ou les colures qui y passent. s.

Deux cents ans environ avant le siècle de Ptolémée, les pieds du taureau posaient sur le cercle équinoxial; aujourd'hui ils en sont fort éloignas.

Saumaise 1 prétend que, dans les déterminations astrologiques, on n'avait égard, au moins chez les Chaldéens et chez les P^gypliens, qu'au zodiaque intellectuel, et non au zodiaque sensible; et qu'on ne considérait que la position respective des planètes suivant les différentes maisons où elles se trouvaient , et nullement les figures symboliques des

1 Salroas., p. a5-a6.

animaux, comme firent depuis les. astrologues grecs. Voilà, dit Saumaise, quelles étaient les dodécatémories intellectuelles qui ne sont autre chose que les douze lieux ou stations, par lesquelles voyagent les planètes pour produire ou annoncer les destinées humaines; lesquelles stations étaient égales entre elles, et chacune de trente degrés.

Outre la division duodécimale dont nous venons de parler, on imagina encore une autre division du zodiaque en trente-six parties de dix degrés chacune; c'est celle que nous avons déjà indiquée sous le nom de décans '.

On la trouve dans Manilius 2, dans Firmicus5, dans Saumaise \ Firmicus attache une haute importance à cette théorie. Chérémon dit qu'elle entrait dans la composition des anciennes fables sacrées des Egyptiens; et Celse qu'elle servait à la médecine astrologique. On attribuait à Nécepso l'invention de cette science des décans, qui a imprimé son sceau à tous les monumens de l'astrologie ancienne, et souvent à ceux de la religion. Aussi Firmicus n'en parle-t-il qu'avec le ton respectueux du mystère. Il ne placepas néanmoins leur énergie dans toute l'étendue du tiers de signe, mais dans certains degrés; et il distingue les lieux vides et les lieux pleins. C'est d'après l'inspection de ces lieux, pleins ou vides, auxq'uels répondaient les planètes, qu'on tirait l'horoscope de l'enfant nais

1 V. t. i, 1. a, c. 3, p. /(38 etsiuv.—2 Manil., 1. 4, v. agir. — 3 Firmic.,1. 4,c. 16.— 4 Salmas. ann. Clim., p.6'10.

sant. Il donne les noms égyptiens des décans. Comme nous les avons fait déjà graver ailleurs, nous ne les rapporterons pas ici.

Les décans ou génies inspecteurs des signes se composaient des formes du signe, du caractère de la planète qui y présidait, et des formes symboliques des constellations qui, par leur lever ou leur coucher, se liaient avec le signe ou avec les parties de signe, autrement appelées astres paranatellons, dont nous allons bientôt parler. Teucer le Babylonien avait composé un ouvrage sur ces Dieux paranatellons 1 et sur les décans. Il n'y avait aucune partie, aucun degré du signe % qui ne fût caractérisé par quelque figure, quelque image d'homme, de femme, d'animaux; c'est ce qu'on appelait des formes célestes. Plusieurs auteurs arabes ont écrit sur ces formes célestes et sur les décrets de la fatalité qu'on en tirait. Les Arabes et les Hébreux les appellent des faces 5; les Grecs ont traduit ce nom par prosopa. On en distinguait de visibles, et d'autres que l'imagination de l'astrologue créait, et qu'on nommait intellectuelles. Il en était de même, suivant Saumaise, des paranatellons *. On donnait aussi à ces images le nom de zodia ou d'animaux, comme à ceux du zodiaque, et de formes ou niorphoseis 5.'

La théorie des décans tient principalement au zodiaque; celle des paranatellons se lie à l'hori

1 Salm. Ann. Clim., p. a6. — 2 P. 28. — 3 Scalig. Not. ad Manil., 1. 4, 394.— * Salm., p. 3o-3i.—5 P. 38o. Tome ix. ir

zou et au zodiaque tout epsemble. Car c'est à l'horizon que s'observent les paranatellons ou les astres, dont le lever et le coucher coïncident avec le développement d'un signe du zodiaque, au lever pu au coucher du signe. Les paranatellons n'ont point lieu dans la sphère parallèle, ou pour un homme placé aux pôles de la terre, puisque pour lui les astres ne se lèvent ni ne se couchent. Toutes ces observations doivent se faire au méridien» et alors les paranatellons de chaque signe, « on peut leur donner ce nom, seront ceux qui seront compris entre les cercles de déclinaison qui passent par le commenceront de chaque signe, ou qui passeront au méridien, depuis le passage du premier degré du signe jusqu'au passage du dernier degré.

Dans la sphère droite, ou pour un homme placé sur l'équaleur terrestre, la succession du lever ou du coucher des astres, comparée avec celui de tous les degrés d'un signe, sera absolument ce qu'elle est au méridien pour celui qui est dans la sphère droite, et sera également comprise entre le lever ou le coucher du premier degré du signe, el le l'eyer ou le coucher du dernier degré.

Il n'en sera pas de même pour la sphère oblique; tous ces phénomènes varient à raison du plus OH moins d'obliquité de la roule des astres i ou. du plus ou moins d'élévation du pôle. Les paranatelr Ions seront bien encore tous les astres qui se lèvent ou se couchent avec le signe, depuis le premier degré jusqu'au trentième degré; mais ils ne seront pas compris dans le fuseau formé par deux cercles

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