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200 DE LA SPHÈREavec indication de tempête; au douze des mêmes calendes, le coucher des cornes du taureau, vent de nord, froid et pluie; au onze, coucher du matin; à la veille des mêmes calendes, coucher total des mêmes hyades, le favonius ou l'auster soufflent. Il y a quelquefois de la pluie. Germanicus César ' marque au quatorze avant les calendes de mai un coucher du soir des hyades, accompagné de mouvemens orageux sur terre et sur mer. Il en est aussi question au douze des mêmes calendes sous le nomd'astre parilicium.

Ceux qui comptent sept hyades, au lieu de cinq,' comprennent sous ce nom les deux étoiles qui sont à la naissance des cornes2.

TROISIEME. SIGNE.

GKMEAUX.

Les astronomes et les mythologues anciens ont placé dans ce signe les dioscures 3, ou les deux frères gémeaux, fils de Tyndare, ou plutôt de l'épouse de Tyndare et de Jupiter4, connus dans la fable sous le nom de Castor et de Pollux 5, divinités tutélaires des navigateurs, adorés en Laconie et surtout à Samothrace 6. Toute l'antiquité a vanté leur union fraternelle et leur amour pour la plus par

1 Germ. Caes., c. fo. 2 Hygin., 1. 3, c. 20. — 3 Eratosth., c. 10. — 4 Hygin., Fab. i55. — * Germ. Caes., p. 9. Hygin., l.'a, c. a3. — 6 Germ. ibi<L

faite égalité entre eux; ce qui leur a mérité d'être placés aux cieux par Jupiter au nombre des astres les plus brillans '. Neptune crut aussi devoir les récompenser en leur donnant les chevaux dont ils se servent, et en leur accordant le privilège singulier de protéger les navigateurs contre les naufrages *•. Je remarquerai ici que dans lesmonumens anciens, et même dans ceux du moyen-âge, on trouve encore les gémeaux avec des chevaux. Ils sont ainsi représentés dans le monument trouvé dans l'église de Notre-Dame de Paris, lequel remonte au règne de Tibère, et sur le portail de l'église de Strasbourg. Leur apparition bienfaisante les fit appeler des divinités salutaires ou des Dieux sauveurs 5. Nigidius les nomme les divinités de Samothrace, dont il n'est pas permis de révéler la nature, à cause du secret qu'exigent ceux qui président à ces redoutables mystères 4. Le même auteur prétend que Castor et Pollux, fils de Tyndare, furent honorés du titre de sauveurs après avoir rétabli la tranquillité sur les mers qu'infestaient les pirates. Compagnons de Jason et d'Hercule dans la fameuse expédition en Colchide, ils firent preuve du plus grand courage sur la mer au milieu des orages les plusviolens; et sur la terre, en bravant toutes les fatigues et les dangers de la guerre. Jupiter, pour récompenser leur courage, les plaça aux cieux, et ils lui demandèrent de les fixer dans un lieu où ils pus

1 Hygin., 1. 2, c. 23.— s Diod. Sic., 1. 4, c. /»3. —3 Germ., c. 9. — 4 Gerraan. ibid.

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sent encore servir les hommes, et veillera leur conservation : ce qui leur fut accordé; et encore aujourd'hui , leur vue inspire de la confiance aux mortels qui ont besoin de leur secours.

On raconte 1 qu'Idas et Lynceus, fils d'Apharée de Messène, avaient pour amantes Phébé et Hila- ria filles de Leucippe, deux jeunes filles d'une éclatante beauté. L'une, Phébé, était prêtresse de Minerve, et sa sœur prêtresse de Diane. Castor et Pollux en devinrent amoureux et les enlevèrent. Leurs amans prirent les armes pour les délivrer des mains des ravisseurs. Le combat s'engagea; Castor tua Lyncée dans l'action. Idas, après la mort de son frère, abandonna ses armes et le soin de reprendre son amante, et il ne songea plus qu'à donner la sépulture à son malheureux frère. Taudis qu'il rassembait les débris de son corps et qu'il se préparait à lui élever un monument, Castor survint et voulut s'y opposer, disant qu'il l'avait terrassé comme il aurait fait d'une timide femme. Idas indigné tira son épée et l'enfonça dans, l'aîne de Castor qu'il tua. A peine Pollux en fut instruit qu'il accourut pour venger son frère. Idas expira bientôt sous ses coups. Il s'occupa de suite de donner la sépulture à Castor. Comme il avait luimême reçu de Jupiter une étoile, tandis que son frère Castor n'en avait pas , parce qu'il était né du sang deTyndare ainsi que Clytemnestre, au lieu que.

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lui était, ainsi qu'Hélène, du sang de Jupiter, Pollux demanda à son père de partager avec son frère cette marque distinctive; ce qui lui fut accordé et ce qui donna lieu, dit-on , d'imaginer qu'ils se remplaçaient successivement dans la vie. Les Romains retracent cette idée dans leurs courses où un seul cavalier court avec deux chevaux. Quelques auteurs veulent ' que Castor ait été tué dans la guerre des Athéniens contre les Lacédémoniens, et qu'il ait péri à la ville d'Ariadné. On trouvait en Laconie beaucoup de monumens 2 qui rappelaient les événemens prétendus de-leur vie, et qui consacraient leur mémoire par un culte religieux. On les représentait à Lacédémone par deux bâtons-unis, symbole simple et semblable au caractère abrégé par lequel on désigne encore ce signe 5. D'autres mythologues désignent les deux gémeaux sous les noms d'Apollon et d'Hercule \ Effectivement on les trouve souvent, dans les anciens monumens, décorés des attributs de chacun de ces Dieux : l'un tient en main la lyre, et l'autre la massue. Chez les Germains on adorait Castor sous le nom d^lcts, qui est un des noms d'Hercule , Alcides 5~.

Certains auteurs y ont vu Triptolême et Jasion 6 chéris de Cérès, et qui jouent un rôle dans l'histoire de cette Déesse, surtout Triptolême.

1 Hygin., 1. a,c. 1%. German., c. 9. —- 2 Pausan. Lacon. — 3 Plut- de Anaor. Frat. — 4 Hygin., 1. 2, ç. a3. Varro, de Re rust, 1, 2, ç. 1. —s Tacit. de ]$orit»- Gera»., ç. 43.—6 Hygin, 1. a, c. a3.

D'autres enfin les ont appelés Âmphioh et Zethus 1, qui bâtirent les murs de Thèbes au son de la lyre : l'un d'eux était représenté'tenant une lyre, et l'autre avait une ceinture.

Oppien 2 donne à Castor l'épithète de lumineux ou de phaësphore. Les Argiens appellent Castor Mixarchagêtès, et révèrent Pollux comme un des Dieux de l'Olympe 3. Hésychius appelle ces astres agastores *.

On" donnait encore d'autres noms aux gémeaux dans les diverses langues.

Les Arabes les nomment algeaze b et elgeute.

Ils appellent le premier des gémeaux avellar et aphellan : c'est Apollon; et abracaleus et iracleus: c'est Hercule 6.

D'autres sphères y peignent deux paons 7; les Perses deux chevreaux*8.

Les Indiens les nomment doupexer* en pelhvi l0, et mitonna en langue brame.

Les Hébreux les appellent thomin et tamim11; les Chaldéens tammech; les Grecs didymoi1', dioscuroi, cabciroi, \escabires on grands Dieux.

Les Latins, gemini, ledœi juvenes, tyndaridœ.

Blaeuli> les nomme Phœbi sidus, Helence fratres,

1 Germ. Cses., c. g.—2 Oppian., 1. a, v. i4-—3 Plut. Quaest. Grec, p. 296.— 4 Hesych.— 5 Caes., c. 3, p. 38. Coram. sur Alfrag., p. 108. Kirk. OEdip., p. 198. — 6 Bayer, tab. 34. Alphonf., p. 210. — 7 Scalig., p. 435-4/|4. — 8 Hyde de vet. Pers. Relig. — 9 Anqiielil. — <° Gentil, Voy. de l'Inde, t. 1. —11 Epiph. adv. Hseres. Ricciol.,y. 126.—12Hipparch., 1. i, c. 2, — I3 Caes., c. 3, p. 38.

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